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A Marseille, le préfet tacle le monde du foot et délivre ses « prix citron »

12 janvier 2010
A Marseille, le préfet tacle le monde du foot et délivre ses « prix citron »
Libération Marseille

BONNE ANNEE! Haro sur le foot, ses violences, ses salaires « indécents » et ses dirigeants « arrogants ». Haro sur les « parangons de vertu » et autres « ayatollahs du statu quo », soit quelques élus locaux. Et haro sur le principe de précaution, « une histoire de fous » dont « on crève »: Michel Sappin, préfet des Bouches-du-Rhône et de la Région Paca, a délivré mardi, lors des voeux à la presse, ses « prix citron ». Et réitéré son souhait de voir Aix et Marseille travailler ensemble au sein d’une future structure métropolitaine.
LE FOOT
« J’adore le foot, dit le préfet, je vais à tous les matches de l’OM, mais le monde du foot a perdu complètement la tête. Il y a un tel climat de haine! Marseille à feu et à sang plusieurs fois! »
Le préfet fait référence aux divers incidents survenus lors d’Egypte-Algérie et d’OM-PSG, à l’automne.
« Pour le dernier OM-PSG, on a mobilisé 1 500 policiers et gendarmes pour 22 joueurs. Soit, pour qu’un joueur puisse taper dans un ballon, il faut 100 personnes chargées de la sécurité: mais elles ont autre chose à faire! Si on continue à déconner au niveau des supporteurs ou pseudo-supporteurs, il faudra jouer ces matches à huis clos, on sera plus tranquilles. Si le monde du foot est un monde de voyous, arrêtons de jouer au foot. »

Le préfet est aussi dégoûté par les salaires « scandaleux ». Notamment celui proposé à Mancini, que l’OM essaye de faire venir de l’Inter de Milan: « On discute pour savoir si ce sera 300 000 euros mensuels net ou brut…300 SMIC par mois! C’est indécent, quand on se tape une crise comme on la connaît, de voir des salaires pareils jetés à la tête des Français. »
Michel Sappin s’en prend aux dirigeants de la Ligue et de la Fédération, dont il critique « l’arrogance », « l’isolement et l’égocentrisme »: « Ils n’ont pas de leçon à donner, je n’en accepte pas d’eux. »
Seul le patron de l’OM, Jean-Claude Dassier, trouve grâce à ses yeux: « Je suis bien content qu’il y ait eu un changement à la tête de l’OM. Pape Diouf [le précédent président, débarqué avant l’été 2009], en deux ans, je ne l’ai jamais vu. Jean-Claude Dassier, on le voit, et les contacts sont positifs. Il arrive dans ce monde avec une attitude un peu saine et réaliste. »
LES « PARANGONS DE VERTU »
Pour le préfet, les « ayatollahs du statu quo » qui « pensent qu’ils sont les meilleurs » devraient arrêter leur « discours hypocrite ».
Michel Sappin ne donne pas de nom. « Il y en a dans les milieux politiques, économiques, et sociaux, notamment dans les syndicats. »
Le préfet vise notamment les élus locaux en colère contre la réforme des collectivités locales. « Tous sont d’accord pour dire qu’il faut changer quelque chose [dans l’organisation des collectivités]. Mais chez eux, non. Chez le voisin. »
On croit saisir que ces remarques concernent aussi Michel Vauzelle, le président de la Région PS, avec qui il a eu quelques mots. Notamment sur les crédits européens rendus car non consommés, du fait, selon Vauzelle, des carences de l’Etat.
Le président de Région les avait chiffrés à 17 millions d’euros. « Face à la catastrophe annoncée avec légèreté par certains, la réalité est divisée par quatre », assure Michel Sappin.
Dans une interview à Objectif Méditerranée de décembre-janvier, Michel Sappin précise: « Michel Vauzelle a tenu des propos erronés sur les fonds européens, qui reposaient sur des chiffres qui n’étaient pas bons. Il voulait faire de la polémique et de l’agitation dans un climat préélectoral. Les Conseils régionaux bénéficient-ils de fonds européens importants ? Oui… En ont-ils fait un usage magnifique ? Non… […] J’ai lu quelque part que Michel Vauzelle souhaitait des excuses. Je n’ai à m’excuser de rien. »
LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION
Selon les déclarations du préfet, ce mardi, « on crève du principe de précaution. C’est une histoire de fous. Vous imaginez, si Christophe Collomb avait pensé au principe de précaution? On attendrait toujours de découvrir l’Amérique. C’est contre-productif. C’est un frein. »
Le préfet est pour un « devoir de précaution », pas un principe. « C’est une paralysie à terme. Il faut que ça cesse. La précaution comme but absolu de l’activité humaine, c’est absurde. »
L’ABSENCE DE GRANDE MÉTROPOLE
C’est le dada du préfet: « Il faut que la communauté Aix-Marseille voit le jour. »
Il y a du boulot.
« Marseille, Aix, étang de Berre: cette gouvernance a été ratée. Mais il faut que les moyens soient redistribués. Que les riches aident les plus pauvres. Qu’il y ait une gouvernance partagée. »
Voeu pieux, pour l’instant.
Dans l’interview à Objectif Méditerranée, le préfet estime qu’il faudrait passer par la contrainte:
« Doit-on laisser faire les choses, croire au volontariat ou imposer une plus grande ambition métropolitaine ? Christian Frémont [ancien préfet des Bouches-du-Rhône, désormais directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy à l’Elysée] et moi savons bien que le volontariat ne suffira pas… »
« Lorsque la loi sur les grandes métropoles sera discutée, je suggère d’imposer un certain nombre de décisions. On a raté la communauté urbaine de Marseille. Gaston Defferre comme Robert Vigouroux [tous deux anciens maires] n’ont jamais été des fanatiques de l’intercommunalité. Ils ont cru qu’ils pourraient se développer seuls : ils se sont plantés ! »
« Et, quand la décision de créer une intercommunalité a été prise, on est restés sur un petit braquet. Il fallait aller jusqu’à l’étang de Berre, Aix-en-Provence. […] On a donc créé une communauté marseillaise pauvre, alourdie par les charges de centralité et dont les richesses fiscales sont à l’extérieur. […] »
Il ajoute, à propos d’Aix et Marseille, dont les maires, du même bord (UMP), se regardent en chiens de faïence:
« Quand on survole les deux communautés, on se rend compte qu’elles se touchent déjà, avec l’Arbois et Plan-de-campagne. Dans les faits, cette agglomération-là existe déjà, avec un aéroport commun, deux gares TGV. Ce rapprochement se fera-t-il sur la base du volontariat ? On peut en douter… On n’ira pas jusqu’au bout sans une incitation forte inscrite dans la loi, voire une obligation. »
Un peu plus loin dans l’interview, il en remet une louche:
« Cette région a plus besoin de dynamisme et de vigueur que de consensus. Le rôle d’un préfet n’est pas d’être campé dans la réserve, où l’on fait des courbettes aux uns et aux autres du matin au soir. Je le redis : je pense profondément que l’organisation de la métropole marseillaise est complètement défaillante. »
Mais le préfet se méfie des expressions comme le « Grand Marseille » prôné par Renaud Muselier (UMP).
Dans cet interview à Objectif Méditerranée, Sappin suggère de gommer « l’expression « Grand Marseille », qui fera fuir Aix et d’autres. Parlons donc d’une grande métropole provençale. Il s’agit de faire en sorte que cette grande métropole, qui existe dans les faits, qui va jusqu’aux lisières du Vaucluse et d’Avignon, qui passe par Arles et Nîmes jusqu’à Toulon, devienne une réalité institutionnelle. »
Avec des transports à la hauteur:
« Quand on mesure la faiblesse des transports entre Marseille et Aix, Marseille et Avignon ou encore Marseille et Toulon, c’est honteux par rapport à ce qui devrait exister. On a inauguré l’année dernière, sur une moitié de trafic, la deuxième voie ferrée entre Aix et Marseille. C’est extraordinaire ! La deuxième ville de France et la onzième n’étaient réunies que par une seule voie ! Entre Marseille et Toulon, on vient de poser en grandes pompes la première pierre de la future troisième voie ! Tout ça est scandaleux ! Le XXe siècle a totalement ignoré les transports en commun en région PACA. Il y a une grande responsabilité des hommes politiques de ces époques-là. Contrairement à ce qui s’est passé ailleurs en France, ici, on s’est fichu des transports collectifs ! Nous n’avons que deux lignes de métro à Marseille ! Il faudra aller au-delà. »
M.H.

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