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Régionales : ces sondages qui restent dans les tiroirs des partis

Tefy Andriamanana – Marianne | Jeudi 21 Janvier 2010 à 14:01 | Lu 9331 fois

D’habitude, les sondages pullulent avant les élections. Pour les régionales, on doit se contenter de sondages nationaux sans intérêt. Mais les partis disposent d’autres informations grâce aux sondages locaux qu’ils commandent. Des études gardées secrètes.

Louison

La presse aime les sondages. Mais pour les Régionales, les seuls chiffres disponibles sont des études nationales, vides de sens puisqu’il s’agit d’un scrutin local. C’était déjà le cas pour les Européennes. Pourtant, difficile de trouver des sondages locaux même dans la presse régionale. De là, difficile de se faire une idée même vague des régions gagnables pour chaque camp.

Seule l’Île-de-France a droit des sondages réguliers, comme la récente étude IFOP pour Valeurs actuelles. Ailleurs, pas grand chose à se mettre sous la dent. Rares exceptions : des sondages Opinionway parus dans le Figaro en novembre et décembre sur les régions Rhône-Alpes et Paca. C’est bien maigre pour un pays aussi sondé que la France!

« Ce n’est pas un scrutin qui mobilise les foules » explique Adélaïde Zulfikarpasic, directrice du département opinion à LH2, jointe par Marianne2. L’institut avait déjà réalisé une enquête sur la notoriété des présidents de régions en décembre avec France Bleu et le Syndicat de la Presse Régionale. Une étude électorale devrait toutefois voire le jour avec les mêmes partenaires. A l’institut CSA, on a également une étude en préparation. Idem à BVA. Rien, pour l’instant, du côté d’Ipsos ou de la Sofres.

Les sondages secrets ou presque de Vauzelle

Mais cela ne veut pas dire que ces sondages locaux n’existent pas, comme le démontrent quelques fuites sur des études commandées par les partis politiques  et n’ayant pourtant pas vocation à être publiées.

Ainsi en décembre dernier circulaient des chiffres sur les scores du Nouveau Centre dans le cas où il aurait présenté des listes autonomes au premier tour. Le parti s’est finalement rallié à l’UMP.  Selon ces données, André Santini, désormais rallié à Valérie Pécresse, aurait pu recueillir seul 11% des voix en Île-de-France. Au Nouveau Centre, on dément être à l’origine de cette dernière étude.  Autre exemple, le 7 décembre, sur le plateau de France 5, Roland Cayrol, fondateur de l’institut CSA mais où il n’occupe plus de fonctions effectives, disait que « dans les sondages », Ségolène Royal est donnée gagnante « à tous les coups » dans sa région. Une citation repérée par un contributeur du Post.fr.

Quel scoop! Mais sur quels chiffres se basent le politologue ? Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion, rappelle que Cayrol « ne parle pas au nom de l’institut CSA » et dément être à l’origine de ces chiffres évoqués. Du côté des équipes de campagne, tant chez Royal que chez son rival UMP Dominique Bussereau, on dément avoir tout sondage à disposition.

Pour la région Paca, l’UMP Thierry Mariani, rival du sortant socialiste Michel Vauzelle, dit n’avoir aucune étude à sa disposition.  Même discours dans l’équipe du socialiste. Pourtant Libémarseille.fr a publié le 20 janvier un sondage de l’institut iSAMA montrant que Vauzelle ariverait serait en tête au premier tour (30%) devant Mariani (28%) et Jean-Marie Le Pen (19%). La liste Europe Ecologie de Laurence Vichniewsky obtiendrait 9%. Selon nos informations, les équipes de Vauzelle ont en leur possession plusieurs autres sondages. Les chiffres montrant une montée du FN, ils ont finalement choisi de diffuser cette étude. Un beau coup politique pour mobiliser les électeurs.

Rétention d’informations ?

Mais l’UMP, parti le plus riche de France et qui glose beaucoup sur ces chances lors du scrutin, a-t-il acheté des sondages indiquant région par région ses possibilités de reprendre des régions à la gauche ? Malgré plusieurs appels au siège national, nous n’avons pu obtenir de réponses. C’est probable. D’où la question : est-ce parce que ces études sont peu favorables qu’aucun média ne les publie ? Pourquoi, dans ce cas, le camp opposé ne communique pas d’études à la presse ? Au PS, on nous a renvoyés vers les têtes de listes.

D’autres admettent avoir commandé des sondages, comme les responsables du Nouveau Centre, qui ont commandé des études confidentielles concernant trois régions : Haute-Normandie, Champagne-Ardennes, Bourgogne. Le parti, avant l’accord, avec l’UMP, voulait tester son poids en cas de candidature autonome au premier tour.  Il s’agissait alors de « montrer à l’UMP le poids que peut avoir le parti », histoire de peser dans la composition des listes. « On a vu que le Nouveau Centre obtenait à peu près les mêmes scores que l’UDF en 2004 » nous dit-on. Dans l’équipe de Valérie Pécresse, une étude sur les propositions de la candidate a déjà été réalisée avec l’institut Sofres.

Martinon vicitme d’un sondage secret

Du côté des instituts, si on admet l’existence de ce genre d’études on refuse d’en dire plus, arguant qu’elles sont « confidentielles ». A LH2, Adélaïde Zulfikarpasic évoque une étude faite en novembre mais n’en précise ni le parti commanditaire, ni la région concernée même si elle précise que son institut « n’est pas celui qui travaille le plus avec les partis ».

Même silence à l’IFOP. On parle juste d’études sur « l’image des candidats, les intentions de vote ou les propositions ». Tous les instituts disent travailler « avec tous les partis ».Les sondages locaux existent donc bel et bien. Mais impossible de savoir s’ils remettent en cause les sondages nationaux paraissant dans la presse. A défaut d’informer, ils servent parfois d’arme politique.

En février 2008, l’UMP David Martinon, à l’époque porte-parole de l’Elysée, avait dû renoncer à se présenter aux municipales de Neuilly suite à la parution dans le Figaro d’un sondage confidentiel réalisé par BVA le donnant dépassé au 1er tour par le divers droite Jean-Christophe Fromentin, actuel maire de la ville. La voix de l’opinion est parfois celle de la guillotine.

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