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Pour les régionales, François Bayrou persiste dans sa stratégie du vote-sanction

LE MONDE | 25.01.10 | 13h53  •  Mis à jour le 25.01.10 | 13h53

algré son échec aux élections européennes, François Bayrou souhaite de nouveau utiliser les échéances régionales pour sanctionner la politique de Nicolas Sarkozy. En juin 2009, les électeurs, comme les militants, lui avaient reproché de ne pas avoir suffisamment parlé d’Europe et défendu les valeurs fondatrices du parti. François Bayrou avait reconnu ses erreurs. Sept mois plus tard, le député béarnais persiste dans sa stratégie, convaincu que l’affaire Proglio apporte de l’eau à son moulin. Pour le président du MoDem, la double casquette de ce proche de Nicolas Sarkozy, PDG d’EDF et président de Veolia, est l’illustration parfaite des « dérives » et « dérapages » du pouvoir qu’il dénonce depuis plus de deux ans.

Dimanche 24 janvier, sur la scène de la Maison de la chimie à Paris, où il lançait officiellement la campagne des régionales, M. Bayrou a exhorté les « républicains de tout bord » et les « modérés » à se « réveiller ». « Je sais qu’il y en a à droite, dans la majorité. Il faut qu’ils parlent. » Pour lui, l’affaire Proglio est la preuve de « l’entreprise de domination de l’argent sur la société ». « Dès l’instant où Nicolas Sarkozy a accepté que ce chef d’entreprise soit nommé à la tête d’EDF et reste à Veolia, il a rompu avec l’idée de séparation entre intérêt public et intérêts privés. »Le député des Pyrénées-Atlantiques dénonce le règne de l’argent où « tout doit se payer à coups de millions ». Il s’emporte contre le salaire exorbitant accordé dans une entreprise publique. « Qu’est-ce que cette idée qu’un chef d’entreprise nommé à la tête d’une entreprise publique doit, à tout prix, gagner autant ou plus que ce qu’il gagnait avant ? » Lui, défend l’idée que « la France est un pays où l’on croit encore qu’il y a quelque chose au-dessus de l’argent. Le plus grand est ce qui ne se paye pas ». Quelques heures avant, sur Europe 1, François Bayrou avait également mis en cause l’indépendance des médias au cours d’un échange virulent avec Jean-Pierre Elkabbach.

Nouvelle défection

Critiqué par ses détracteurs pour son « antisarkozysme primaire », M. Bayrou tente de justifier ses attaques. Il se défend de « toute antipathie » envers le chef de l’Etat : « Nous avons fréquenté les mêmes sous-bois de la vie politique. » Il argue que le chef de l’Etat s’est lui-même exposé en nationalisant la campagne, pour faire des élections « un plébiscite de sa politique ». L’opposant à Nicolas Sarkozy sait que ces élections régionales sont à « risque ». Une nouvelle défection a été enregistrée : Nicolas About a décidé de quitter le MoDem pour rejoindre Valérie Pécresse, tête de liste UMP aux régionales en Ile-de-France. Le président du groupe centriste au Sénat dénonce, lundi, dans Le Figaro un parti « enfermé dans une posture d’opposition systématique ». En Poitou-Charentes, la tête de liste pressentie a rejoint Ségolène Royal. Privé du vivier de ses élus, évaporés au lendemain de son échec à la présidentielle de 2007, François Bayrou a dû recruter parmi les simples militants du MoDem. Des néophytes à l’image d’Alain Dolium, sans aucun mandat, bombardé tête de liste en Ile-de-France, première région française.

Sur l’estrade de la Maison de la chimie, dimanche, c’est un peu le bal des débutants. Les candidats enchaînent les maladresses, comme la tête de liste de Provence Alpes-Côte d’Azur (PACA), Catherine Levraud, qui avoue « pour nous l’essentiel n’est pas d’être élus » ! Le député Jean Lassalle, candidat en Aquitaine, a beau être plus expérimenté, il lance : « Les gens ne le savent pas encore mais ils vont voter pour nous ! » Azouz Begag, l’ancien ministre à l’égalité des chances de Dominique de Villepin, conte avec des accents de cabaret sa campagne en Rhône-Alpes. « J’ai un slogan : Azouz Begag, président ! » Pour ne pas effaroucher les électeurs, François Bayrou théorise la nécessité « du renouvellement ». « On parle aux Français avec des personnalités nouvelles, enracinées dans leur territoire. C’est le renouvellement que la vie politique attendait », affirme-t-il.

Mais pour convaincre les électeurs, François Bayrou préfère se poser en garant des valeurs républicaines et demande aux « républicains » d’utiliser le « vecteur le plus efficace » pour dire non aux dérives du pouvoir : le bulletin de vote.

Sophie Landrin
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