Mariani, à droite toute !

La Marseillaise – 02/02/2010

T Mariani, B Deflesselles, JC GAUDIN. photo RT Campagne électorale. Toujours pas de projet. Ni de composition de listes. Le chef de file de la droite se contente de critiquer le bilan de la gauche. Et d’en appeler à l’électorat du FN.

Le programme ? Plus tard, début février. Les listes ? Pas encore prêtes, sans doute le 30 janvier. Pour son entrée en campagne hier à Marseille, le chef de file de l’UMP Thierry Mariani n’avait pas grand chose à se mettre sous la dent. Aussi le député de Vaucluse s’est-il arc-bouté sur un triptyque au parfum politicien, très éloigné des attentes de la population :
1)- Une imprécation : « nous avons une chance historique de gagner cette région » car la droite a remporté l’ensemble des scrutins depuis 2004.
2)- Un constat en forme d’aveu : le bilan de la gestion de la gauche est un « total échec » car elle se situe « en blocage » des orientations gouvernementales alors qu’elle devrait « amplifier la politique nationale ».
3)- Un appel du pied à l’électorat du Front national : « voter FN, c’est inutile alors qu’il est possible de faire basculer la région » et que dans les sondages « il est deux fois plus bas qu’il y a six ans ».
Accompagné des principaux caciques de la droite locale, dont Jean-Claude Gaudin, Renaud Muselier et Bernard Deflesselles, tête de liste dans les Bouches du Rhône, Thierry Mariani a délivré un message très droitier qui présage ce que seront ses deux mois de campagne.

Les grévistes responsables des problèmes des TER

En ligne de mire : les politiques régionales qui ont pris le contre-pied des choix de Nicolas Sarkozy, notamment en matière de services publics. Exemple emblématique : le réseau ferré et les TER. Alors que la région PACA a massivement investi dans ce secteur, Thierry Mariani dresse un tableau apocalyptique de la situation, assénant que « c’est la pire région en matière de TER ». Gommant la responsabilité du gouvernement et de la direction de la compagnie nationale qui réduisent les effectifs et les investissements, il pointe un doigt accusateur sur les élus de gauche coupables « de ne pas représenter les usagers mais les représentants syndicaux ». D’ailleurs, surenchérit Bernard Deflesselles, « les grévistes » sont responsables de la majorité « des suppres-sions de trains ».
Quant à la pression fiscale régionale, le député des Bouches du Rhône estime qu’elle a explosé, « augmentant de 110% » alors « que la dette s’est alourdit terriblement ». A la tête de la région, la droite assurera « une pause fiscale à la place de la folie fiscale » estime Bernard Deflesselles. Une proposition lancée sans grand risque alors que la réforme des collectivités locales souhaitée par Nicolas Sarkozy réduit à une peau de chagrin l’autonomie fiscale des régions.

«Ils isolent la région»
En fait, la droite provençale construit son appareil critique en référence à la politique mise en œuvre par Nicolas Sarkozy, et reproche à Michel Vauzelle et à la majorité de gauche d’être entrés « en résistance ». Evoquant la réforme des collectivités locales, Jean-Claude Gaudin l’affirme sans détour : « nous sommes choqués quand on profite de ses responsabilités à la tête d’une col-lectivité locale pour démolir un projet gouvernemental. On gère l’argent public, il n’est pas possible d’émettre de critique systématique ». « Ils isolent la région », précise Renaud Muselier, ju-geant que le président de la Région « donne l’impression d’être républicain, de respecter le suffrage universel, mais il fait exactement le contraire ».
Très défensive sur l’analyse du bilan, en retard sur le projet dont Thierry Mariani n’ébauche que les têtes de chapitre comme l’emploi et la sécurité (dans les établissements scolaires et les transports), la droite n’est pas en meilleure position pour la composition des listes. « Nous sommes totalement unis », prétend le chef de file. « La mayonnaise prend, partout se lève une envie de changer les choses », assure Bernard Deflesselles. Ce qui n’empêche pas Jean-Claude Gaudin de remarquer que la discussion sur les listes « n’est pas facile. L’UMP doit faire des sacrifices ».

Des souhaits pour Bompard

Dans ces conditions, croient-ils en la victoire ? Après avoir concédé que Bernard Deflesselles aurait eu « plus de légitimité que lui » à conduire les listes de la droite « car il a plus travaillé à la Région », Thierry Mariani l’espère « à condition de ne pas renouveler le même scénario » qu’en 2004. C’est à dire que Michel Vauzelle et la gauche « soient sauvés par le Front national ». D’où l’appel à peine dissimulé à l’électorat extrémiste. Auquel s’ajoute le souhait que l’autre candidat d’extrême droite, Jacques Bompard,« sera en capacité de récolter quelques points ».
C.D.

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