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Dossier Mariani – convention de partenariat France-Algérie: 14 articles

France Algérie: MARIANI demande le report de la convention de partenariat

nicerendezvous.com – Lundi 08 Février 2010

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mariani-villeneuve

UMP PACA NICEThierry MARIANI, la tête de liste UMP pour les régionales en PACA, demande le report provisoire de la ratification de la convention de partenariat entre la France et l’Algérie. Cette convention de partenariat entre le Gouvernement français et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, signée à Alger le 4 décembre 2007, devrait être ratifiée demain mardi 9 février 2010, à l’Assemblée nationale.

Thierry MARIANI demande au Gouvernement français de suspendre la procédure de ratification et le report de la discussion parlementaire pour être informé des intentions réelles du Gouvernement algérien et de son Parlement quant à une proposition de loi, déposée par 125 députés algériens, qui, selon lui, criminaliserait le colonialisme français, en créant des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux et demander à la France des excuses et des indemnités.

Si nos deux pays, au regard de leurs intérêts mutuels, de leur proximité géographique et des rapports privilégiées qu’ils puisent dans leur histoire commune, sont appelés à développer une relation singulière, elle ne saurait reposer que sur la confiance, la volonté et l’estime réciproques. Cette initiative de 125 députés algériens montre qu’il reste à l’évidence, pour eux, du chemin à faire.

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COMMUNIQUÉ

Thierry MARIANI demande le report provisoire de la ratification de la convention franco-algérienne

L’Assemblée nationale est appelée, demain mardi 9 février, à ratifier une convention de partenariat entre le Gouvernement français et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire. Cette convention de partenariat, signée à Alger le 4 décembre 2007, a pour objectif de poursuivre et d’approfondir le processus de refondation des relations bilatérales, lancé par nos deux pays en juin 2000 et confirmé par la déclaration d’Alger du 2 mars 2003.Il reste que nous venons d’apprendre ce week-end qu’il semblerait que le Parlement algérien pourrait envisager d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français, créant des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux et prévoyant de demander à la France des excuses et des indemnités.

Aussi, tout en respectant la souveraineté du Parlement algérien, j’avoue mon incompréhension et mon indignation face à cette initiative et m’interroge tant sur son objectif que sur ses motivations profondes. Sous couvert d’enjeux de pouvoir internes, c’est non seulement ceux, rapatriés, qui ont vécu aux côtés du peuple algérien jusqu’en 1962 que l’on insulte, mais aussi, avec l’ensemble de l’armée française, les harkis que l’on méprise et que l’on injurie une nouvelle fois.

Dans ces conditions, je demande solennellement au Gouvernement français de suspendre momentanément la procédure de ratification de cette convention et d’en reporter la discussion parlementaire. Avant de ratifier cette convention, nous devons en effet être informés des intentions réelles du Gouvernement algérien et de son Parlement quant à cette proposition de loi qui aurait été déposée par 125 députés algériens de différentes sensibilités politiques.

Si nos deux pays, au regard de leurs intérêts mutuels, de leur proximité géographique et des rapports privilégiées qu’ils puisent dans leur histoire commune, sont appelés à développer une relation singulière, elle ne saurait reposer que sur la confiance, la volonté et l’estime réciproques. Cette initiative de 125 députés algériens montre qu’il reste à l’évidence, pour eux, du chemin à faire.

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Colonialisme : un député proche de Sarkozy demande le report de la ratification d’une convention franco-algérienne

tsa-algerie.com/AFP – 08/02/2010

Le député UMP (majorité au pouvoir) Thierry Mariani a réclamé lundi le report provisoire de la ratification d’une convention franco-algérienne, programmée mardi à l’Assemblée, pour protester contre le projet de certains députés algériens de « criminaliser le colonialisme français ».
« J’avoue mon incompréhension et mon indignation face à cette initiative et m’interroge tant sur son objectif que sur ses motivations profondes », déclare le candidat UMP à la présidence du conseil régional de PACA. « Sous couvert d’enjeux de pouvoir internes, c’est non seulement ceux, rapatriés, qui ont vécu aux côtés du peuple algérien jusqu’en 1962 que l’on insulte, mais aussi, avec l’ensemble de l’armée française, les harkis que l’on méprise et que l’on injurie une nouvelle fois », dénonce l’élu du Vaucluse.
M. Mariani demande « solennellement au gouvernement français de suspendre momentanément la procédure de ratification de cette convention et d’en reporter la discussion parlementaire ». Avant de la ratifier, « nous devons en effet être informés des intentions réelles du gouvernement algérien et de son Parlement quant à cette proposition de loi qui aurait été déposée par 125 députés algériens de différentes sensibilités politiques », estime-t-il.
Cette convention de partenariat franco-algérienne, déjà ratifiée par le Sénat, a été signée à Alger le 4 décembre 2007. Elle a pour objectif de poursuivre et d’approfondir « le processus de refondation des relations bilatérales », lancé par les deux pays en juin 2000 et confirmé par la déclaration d’Alger du 2 mars 2003. Le texte vise à « consolider leur coopération dans les domaines scientifique, technique, culturel et éducatif et dans le domaine de la gouvernance » et « élargit cette coopération à de nouveaux domaines, tels que la coopération décentralisée et la coopération en matière de sécurité ».
Interrogé sur la demande de report de M. Mariani, le rapporteur du texte, Hervé Gaymard (UMP), a indiqué à l’AFP qu’il n’était pas au courant et qu’il ne souhaitait pas « réagir à chaud ». Le Parlement algérien envisage d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français, a indiqué dimanche un député du Front de libération nationale (FLN).
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Colonialisme : un député FLN évoque des tribunaux spéciaux pour juger les responsables des crimes

tsa-algerie.com– 07/02/2010

L’Assemblée populaire nationale (APN) envisage d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français, a indiqué, dimanche 7 février, Moussa Abdi, député du FLN. « Une proposition de loi criminalisant le colonialisme français a été déposée le 13 janvier au bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN). Le projet sera soumis au gouvernement avant d’être adopté par le Parlement probablement lors de la session de printemps », a déclaré M. Abdi au cours d’un débat au Forum du quotidien El Moudjahid.

Cette proposition de loi a été signée par 125 députés de différents partis, notamment le FLN, RND) le MSP, et El Islah, a indiqué M. Abdi. « Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a précisé M. Abdi à l’AFP. Les représentants du MSP et du parti Islah ont demandé à la France de « présenter ses excuses pour la période coloniale et d’indemniser le peuple algérien ».

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Alger veut criminaliser le colonialisme français

nouvelobs.com – 07.02.2010
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Une proposition de loi soumise au parlement algérien prévoit la création de tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux et demande à la France excuses et indemnités.

Le maire d'Alger Jacques Chevallier, ici en compagnie de paysans algériens, était favorable à des réformes pour améliorer les conditions politiques et sociales des musulmans en Algérie (1954) (AFP)

Le maire d’Alger Jacques Chevallier, ici en compagnie de paysans algériens, était favorable à des réformes pour améliorer les conditions politiques et sociales des musulmans en Algérie (1954) (AFP)

Le parlement algérien envisage d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962), a indiqué, dimanche 7 février, un député du Front de libération nationale (FLN). « Une proposition de loi criminalisant le colonialisme français a été déposée le 13 janvier au bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du parlement). Le projet sera soumis au gouvernement avant d’être adopté par le Parlement probablement lors de la session de printemps », a déclaré à Alger Moussa Abdi, député du FLN (conservateur), au cours d’un débat au Forum du quotidien El Moudjahid (gouvernemental).
Cette proposition de loi a été signée par 125 députés de différents partis, notamment le FLN, le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste) et El Islah, a indiqué Moussa Abdi.

« Injuste par nature »
Le FLN, le RND et le MSP forment l’Alliance présidentielle, largement majoritaire au Parlement. « Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a précisé Moussa Abdi à l’AFP. Les représentants du MSP et du parti Islah (réforme, islamiste) ont demandé à la France de « présenter ses excuses pour la période coloniale et d’indemniser le peuple algérien ».
Lors d’une visite en Algérie en décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait fermement dénoncé le système colonial « injuste par nature ». Mais le président français refuse toute idée de « repentance », estimant qu’il s’agit d’une forme de « haine de soi » et de « dénigrement » de son pays.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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C’est la saison des amours : Mariani, Falco et Couderc lèvent le Pied-noir

cuverville.org – lundi 8 février 2010
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DIMANCHE 7 février : l’UMP dévoile la liste varoise pour les élections régionales en présence de Hubert Falco, tête de liste départementale, et Thierry Mariani, tête de liste tout court. À cette occasion, le candidat rappelle tout le mal qu’il pense du Front national : « voter à l’extrême droite, c’est voter Vauzelle [1]. Le Pen a servi à deux reprises de bouée de secours aux socialistes ! »

Aujourd’hui lundi, le même Mariani se fend d’un communiqué où il exprime son indignation, outré que le Parlement Algérien puisse envisager « d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français, créant des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux et prévoyant de demander à la France des excuses et des indemnités ».

« Tout en respectant la souveraineté du Parlement algérien, j’avoue mon incompréhension et mon indignation face à cette initiative et m’interroge tant sur son objectif que sur ses motivations profondes. Sous couvert d’enjeux de pouvoir internes, c’est non seulement ceux, rapatriés, qui ont vécu aux côtés du peuple algérien jusqu’en 1962 que l’on insulte, mais aussi, avec l’ensemble de l’armée française, les harkis que l’on méprise et que l’on injurie une nouvelle fois ».

Les motivations profondes de Thierry Mariani ne pointent, elles, qu’un seul objectif : séduire un électorat traditionnellement acquis au Front national, héritiers de harkis et pieds-noirs revanchards peu enclins à la repentance.

On rapprochera ces déclarations de celles de Hubert Falco, multiples, quant à la création d’une « fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie » et la présentation d’une nouvelle loi visant à interdire les injures faites aux harkis. Cette dernière initiative est soutenue à l’Assemblée nationale par un député enthousiaste, Raymond Couderc, qui est aussi tête de liste de l’UMP pour les Régionales en Languedoc-Roussillon [2].

Depuis 50 ans et l’installation massive des rapatriés sur la côte méditerranéenne, les élus et candidats de droite se succèdent en ravivant avant chaque élection le flambeau du temps béni des colonies.
Pourtant, l’argument de vente de l’UMP en PACA, slogan inscrit sur tous les prospectus de Mariani, c’est « la France change, ma Région doit changer aussi ». Oui : tout doit changer, sauf l’opportunisme électoral.

[1] Actuel Président socialiste de la Région Provence Alpes Côte d’azur.

[2] On se souvient que l’actuel Président de la Région Georges Frêche, qui n’en rate pas une, avait traité les harkis de « sous-hommes ». Du coup, Raymond s’est dit qu’y avait peut-être un créneau.

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Alger veut criminaliser le colonialisme français

Blog Le Monde/Veilleur de jour – 09 février 2010

Le parlemoussa.1265697377.jpgment algérien envisage d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français, rapporte l’AFP. « Une proposition de loi criminalisant le colonialisme français a été déposée le 13 janvier au bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du parlement). Le projet sera soumis au gouvernement avant d’être adopté par le parlement probablement lors de la session de printemps », a déclaré à Alger Moussa Abdi, député du FLN (conservateur), au cours d’un débat au Forum du quotidien El Moudjahid (photo). Lire aussi le quotidien algérien La Tribune .
Cette proposition de loi a été signée par 125 députés de différents partis, notamment le FLN, le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste) et El Islah, a précisé Moussa Abdi. Le FLN, le RND et le MSP forment l’Alliance présidentielle, largement majoritaire au Parlement.

« Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a précisé Moussa Abdi, interrogé par l’AFP. Les représentants du MSP et du parti Islah (réforme, islamiste) ont demandé à la France de « présenter ses excuses pour la période coloniale et d’indemniser le peuple algérien ». Lors d’une visite en Algérie en décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait fermement dénoncé le système colonial « injuste par nature ». Mais le chef d’Etat français refuse toute idée de « repentance », estimant qu’il s’agit d’une forme de «haine de soi » et de « dénigrement » de son pays.

Le député UMP Thierry Mariani a réclamé hier lundi le report provisoire de la ratification d’une convention franco-algérienne, programmée aujourd’hui  à l’Assemblée nationale. « J’avoue mon incompréhension et mon indignation face à cette initiative », déclare le candidat UMP à la présidence du conseil régional de PACA. « Sous couvert d’enjeux de pouvoir internes, c’est non seulement ceux, rapatriés, qui ont vmoussa2.1265697405.JPGécu aux côtés du peuple algérien jusqu’en 1962 que l’on insulte, mais aussi, avec l’ensemble de l’armée française, les harkis que l’on méprise et que l’on injurie une nouvelle fois », dénonce l’élu du Vaucluse. Une indignation qui indigne la presse algérienne (ci-contre).

Cette convention de partenariat entre la France et l’Algérie, déjà ratifiée par le Sénat, a été signée à Alger le 4 décembre 2007. Le texte vise à « consolider leur coopération dans les domaines scientifique, technique, culturel et éducatif et dans le domaine de la gouvernance » et « élargit cette coopération à de nouveaux domaines, tels que la coopération décentralisée et la coopération en matière de sécurité ».

Interrogé sur la demande de report de M. Mariani, le rapporteur du texte, Hervé Gaymard (UMP), a indiqué à l’AFP qu’il n’était pas au courant et qu’il ne souhaitait pas « réagir à chaud ». Lire aussi les articles de Julia Ficatier dans La Croix et de Yasmine Zouaghi dans le journal algérien L’Expression .

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Criminalisation du colonialisme français: Les députés veulent une loi

L’Expression – 08 Février 2010

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Élus, juristes et historiens s’accordent à exiger de la France de présenter des excuses officielles à l’Algérie.

Ils étaient nombreux hier, à prendre la parole pour défendre bec et ongles, le projet de loi pour la criminalisation du colonialisme français en Algérie.Réunis autour d’une table ronde organisée par le Forum d’El Moudjahid, députés, juristes et historiens ont uni leurs voix pour insister sur la nécessité d’exiger de la France à présenter des excuses officielles à l’Algérie et à indemniser les nombreuses victimes de cette sombre période de l’histoire du pays.Le premier à prendre la parole, était Chenna Ahmed, secrétaire général de l’Académie de la société civile. Il est revenu sur les raisons qui ont incité à l’élaboration de cet instrument législatif, dont le projet a été présenté à l’Assemblée populaire nationale le 13 janvier dernier. «En tant que société civile, nous voulons construire des relations avec le peuple français basées sur le respect mutuel (…) des relations algéro-françaises inscrites dans la durée et sur des bases solides, satisfaisant avant tout le peuple algérien. Des relations sociales, économiques, diplomatiques et politiques dépourvues des blessures du passé» a-t-il argumenté. «Ces relations ne peuvent évoluer qu’après des excuses de la France» a-t-il ajouté.
Il ne s’est pas arrêté là et a renchéri en déclarant qu’«il n’existe aucune loi en Algérie qui criminalise la guerre (…) la loi va développer avec beaucoup d’attention ces termes de criminalité et de guerre en l’absence d’un autre texte qui donne aux citoyens l’opportunité d’engager des poursuites judiciaires». Des députés algériens ont déposé une proposition de loi visant à criminaliser la colonisation française en Algérie. Cette motion a été signée par un groupe de 120 députés de différents partis siégeant à la Chambre haute du Parlement.
Elle est constituée d’une vingtaine d’articles dont la teneur insiste sur la nécessité d’exiger de la France officielle à présenter ses excuses à l’Algérie et à indemniser les victimes de 132 années de colonisation. M.Moussa Abdi, député FLN a également répondu présent pour faire la promotion de cette loi.
l a expliqué le contenu de ce projet de loi. Il a alors fait savoir que la mouture en question renferme d’importants articles qui définissent d’abord les crimes coloniaux en vertu du droit international.
Le texte stipule également que la France doit reconnaître les crimes qu’elle a commis contre les Algériens au temps de la guerre de libération. Et cela non sans réclamer des indemnisations pour les victimes au cas par cas. Elles devront se faire à travers des réparations morales et financières.
A noter que le secrétaire général de l’instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem fut l’un des premiers à lancer les débats autour de cette question. Il a saisi l’occasion lors d’un conseil national du parti pour réitérer la demande adressée à la France pour reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie et à présenter des excuses et à indemniser les victimes.
Il avait en outre, appelé à «l’activation des textes juridiques qui criminalisent l’atteinte à notre histoire et aux symboles et ce à travers la promulgation par le Parlement d’une loi qui incrimine le colonialisme français».

Yasmine ZOUAGHI

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Thierry Mariani cherche-t-il à draguer l’électorat pied-noir ?

fini-parti – 09/02/2010 

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Une proposition de loi « criminalisant le colonialisme français » a été déposée le 13 janvier devant le Parlement algérien. Thierry Mariani (UMP), tête de liste de la droite en région Paca, se dit « indigné » par un projet qui « insulte l’honneur des rapatriés ».

Dimanche 7 février, le député du FLN Moussa Abdi a confirmé que le Parlement algérien pourrait voter au printemps prochain un projet de loi visant à « criminaliser la colonialisme français » et qui pourrait passer par « la création de tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant des tribunaux internationaux ».

Une posture électoraliste ?

En campagne ce week-end dans le Var et à Toulon, ville qui compte de nombreux « rapatriés » d’Algérie, Thierry Mariani n’a pas manqué l’occasion de réagir à cette annonce:

Il semblerait que le Parlement algérien pourrait envisager d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français, créant des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux et prévoyant de demander à la France des excuses et des indemnités.

Aussi, tout en respectant la souveraineté du Parlement algérien, j’avoue mon incompréhension et mon indignation face à cette initiative et m’interroge tant sur son objectif que sur ses motivations profondes. Sous couvert d’enjeux de pouvoir internes, c’est non seulement ceux, rapatriés, qui ont vécu aux côtés du peuple algérien jusqu’en 1962 que l’on insulte, mais aussi, avec l’ensemble de l’armée française, les harkis que l’on méprise et que l’on injurie une nouvelle fois. »

Dans une région où le fond de commerce de l’électorat du Front national a toujours reposé sur les nostalgiques de l’Algérie française, Thierry Mariani sait bien qu’il a tout à gagner en se positionnant en premier défenseur de l’honneur des rapatriés « que l’on insulte » et des Harkis « que l’on injurie ».

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Besson « regrette » la proposition algérienne de criminaliser le colonialisme

(AFP) – 09/02/2010

PARIS — Le ministre de l’Immigration Eric Besson a « regretté » mardi la proposition d’adoption d’une loi criminalisant le colonialisme français envisagé par le Parlement algérien et qualifié cette question de « sujet sensible ».

Cent vingt cinq députés de différents partis politiques algériens, dont le FLN, ont signé cette proposition de loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962).

« Je regrette cette proposition », a dit M. Besson sur RMC, ajoutant qu’il s’agit d’un « sujet sensible » alors qu’il reste « encore des cicatrices ». Pour le ministre de l’Immigration, « il ne faut pas oublier la colonisation et la post-colonisation » et « dépasser » cette question.

Lors d’une visite en Algérie en décembre 2007, le président Nicolas Sarkozy avait fermement dénoncé le système colonial « injuste par nature ». Mais il avait refusé toute idée de « repentance », estimant qu’il s’agit d’une forme de « haine de soi » et de « dénigrement » de son pays.

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La colonisation française en Algérie refait débat

Nouvelobs/AP – 09.02.2010

Le passé colonialiste de la France en Algérie ranime les passions des deux côtés de la Méditerranée. Le secrétaire d’Etat français à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco, a jugé « particulièrement inquiétante (et) incompréhensible » mardi une proposition de loi de députés algériens visant à « criminaliser » le colonialisme français.

Le député algérien Moussa Abdi, du Front de libération nationale (FLN, majoritaire à l’assemblée), a déclaré dimanche avoir déposé le 13 janvier au bureau de l’Assemblée nationale (APN) « une proposition de loi criminalisant le colonialisme français ». Ce texte aurait déjà recueilli les signatures de 125 députés de différents partis siégeant à l’APN et M. Abdi espère qu’il sera « adopté par le Parlement à l’occasion de la cession du printemps ».

« Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a ajouté le député, qui veut « absolument faire la lumière sur la passé colonial et établir un devoir de mémoire ». « C’est pour nous le préalable pour rebâtir nos relations avec la France. »

« Cette initiative portée par 125 députés algériens est particulièrement inquiétante, incompréhensible », a réagi Hubert Falco mardi devant l’Assemblée nationale.

Toutefois, a-t-il souligné, « il s’agit d’une proposition de loi qui n’a pas été débattue par l’Assemblée algérienne et sur laquelle le gouvernement algérien ne s’est pas prononcé », « il faut donc se garder de tout procès d’intention à l’égard de l’autorité algérienne qui ne saurait cautionner une charge anti-française aussi outrancière, profondément blessante, insultante pour nos compatriotes rapatriés et pour notre mémoire nationale ».

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a également insisté sur le fait que la proposition de loi algérienne n’était « encore qu’en phase de conception et ne fait l’objet d’aucun soutien de la part des Algériens ». Il a donc jugé « prématuré » pour le gouvernement français de prendre position.

Son collègue Eric Besson, ministre de l’Immigration, a pour sa part estimé sur RMC et BFMTV qu’une telle loi risquerait d' »enflammer » les relations franco-algériennes. « C’est ma réaction personnelle, intuitive, à chaud: je regrette, pour ne pas dire je déplore », le dépôt de cette proposition, a-t-il dit. « Les relations entre la France et l’Algérie, ce sont des feux mal éteints, nous avons encore des cicatrices, (…) c’est un sujet sensible », a-t-il rappelé.

Le sujet était d’autant plus d’actualité mardi que les députés français ont donné leur feu vert à une convention de partenariat entre la France et l’Algérie, comme l’a souligné l’élu UMP (majorité) Thierry Mariani, qui s’y opposait dans ce contexte.

Le député a fait part de son « incompréhension » et de son « indignation ». « Sous couvert d’enjeux de pouvoir internes, c’est à mon sens non seulement ceux, rapatriés, qui ont vécu aux côtés du peuple algérien jusqu’en 1962 que l’on insulte, mais aussi, avec l’ensemble de l’armée française, les harkis que l’on méprise et que l’on injurie une nouvelle fois », a-t-il jugé.

L’Algérie a été une colonie française de 1830 à 1962. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a fustigé à de nombreuses reprises le passé colonial de la France dans son pays, surtout après l’adoption en France de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif » de la colonisation. AP

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Paris joue l’apaisement

L’Expression – 10/02/2010

Au pays des 200.000 victimes du terrorisme, on supporte très mal que la France inscrive l’Algérie sur «une liste de pays à risque pour les transports aériens».

Le Quai d’Orsay et Elysée, après consultation, ont apparemment convenu de calmer «le jeu» dans leurs relations avec l’Algérie, marquées par un excès de fièvre jamais atteint ces dernières années. Coup sur coup, Paris a multiplié des signaux envers Alger annonçant une réelle volonté d’apaisement.
La ratification par le Parlement de l’Hexagone d’une convention de partenariat franco-algérienne, l’annonce d’un non-lieu en faveur du diplomate algérien, Mohamed Ziane Hasseni, requis par le parquet de Paris, ainsi que la décision du constructeur automobile Renault d’ériger une usine de véhicules à Alger sont les principaux signes -précurseurs- de cette volonté de dire «basta» à l’excès de passion entre les deux pays. Aussi, la France tente-t-elle de rattraper un lourd malentendu quand ses immenses intérêts économiques risquent d’être compromis dans un pays, l’Algérie, qui annonce un plan quinquennal 2010-2014 de 150 milliards de dollars. A plusieurs reprises, la France a blessé la fierté algérienne. Au pays des 200.000 victimes du terrorisme, on supporte en effet très mal que la France inscrive l’Algérie sur «une liste de pays à risque pour les transports aériens». «Comment l’Algérie peut-elle être parmi les pays qui luttent contre le phénomène du terrorisme et dans le même temps figurer sur la liste des pays dont les ressortissants sont soumis à des mesures de contrôle spécifiques?», a protesté le président de l’APN, Abdelaziz Ziari. Cela sans citer «l’affaire» des moines de Tibhirine relancée par les affabulations d’un général français. Mais la détérioration des rapports entre les deux pays, a été en fait entamée depuis l’affaire du diplomate Hasseni, interpellé en France en 2008 et placé sous contrôle judiciaire dans l’enquête sur l’assassinat de l’avocat Ali Mecili en 1987 à Paris. Cette affaire a été une véritable épine dans les relations entre Alger et Paris. Pour rappel, les analyses graphologiques se sont révélées négatives de même d’ailleurs que les tests ADN.

Les avatars de l’histoire

L’innocence de M.Hasseni est de ce fait alors évidente, cependant, le et les juges ont pris, il y a une année, la décision d’alléger le contrôle judiciaire qui lui était imposé. Depuis, c’est le statu quo et les relations évoluaient alors au gré des humeurs et des déclarations des politiques.
La visite du Président Bouteflika à Paris annoncée à plusieurs reprises a été renvoyée aux calendes grecques de même que l’arrivée du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner a été annulée pour des raisons qui demeurent floues. La tension est montée d’un cran depuis ces dernières semaines quand le Parlement algérien a décidé de passer à l’action. L’APN a déposé une proposition de loi pour «criminaliser» le colonialisme français, deux ans avant le 50e anniversaire de l’Indépendance en 1962. «Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux», a souligné un député FLN, Moussa Abdi, précisant que la proposition de loi avait été signée par 125 députés de différents partis. Etrange avatar de l’histoire tumultueuse entre les deux pays. Cette proposition de loi est l’exacte opposée de la loi française du 23 février 2005 vantant «le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord». Une disposition abrogée un an plus tard, sous la pression de la mobilisation de la rue algérienne ainsi que de la classe politique. La loi a été condamnée par le Président Bouteflika et qualifiée de «loi de la honte» par des parlementaires algériens. Cinq ans après, l’histoire se répète, à rôles inversés. C’est au tour des Français de «regretter» la proposition de loi algérienne. La classe politique française semble désarçonnée face à cette proposition de loi du Parlement algérien. Hier, à l’occasion de la ratification d’une convention de partenariat franco-algérienne, le projet de loi algérien avait dominé les débats passionnés au sein de l’Assemblée nationale française. «Nous avons été plus que troublés par la prise de position inacceptable de députés algériens», s’est indigné le député Jacques Remiller (UMP, majorité de droite), tout en estimant que «cet énième soubresaut de l’Histoire ne doit pas entacher sur le fond la volonté commune de travailler ensemble».

Renault revient aux bons sensiments
Le socialiste Bernard Derosier a, lui aussi, espéré que le gouvernement français ait «la sagesse de ne pas écouter les ultras» qui réclamaient le report de la ratification.La veille, Thierry Mariani, un député proche de Nicolas Sarkozy, avait réclamé le report de cette ratification. Mais finalement, les députés ont ratifié le texte donnant un signe d’apaisement des relations déjà sufisament tendues. Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, a qualifié la proposition de loi algérienne de «particulièrement inquiétante», «incompréhensible» et «outrancière».C’est le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui tente de tempérer les ardeurs de ses confrères du gouvernement. M.Kouchner a estimé qu’il était prématuré de réagir à un projet de loi qui «n’est encore qu’en phase de conception et qui ne fait l’objet d’aucun soutien de la part des Algériens». «Il faut traiter avec sérieux le problème du dialogue et de la mémoire», a-t-il dit. Ainsi, il a taclé M. le ministre de l’Immigration, Eric Besson, qui s’est empressé de regretter cette proposition du Parlement algérien. A ce puzzle d’apaisement, il convient de rajouter le constructeur Renault qui a décidé enfin, de revenir à de meilleurs sentiments. Vraisemblablement, sur injonction de l’Elysée, Renault ébauche enfin la possibilité de construire une usine de montage de véhicules en Algérie. L’information est rapportée par le journal français Le Monde dans son édition d’aujourd’hui, 10 février. Renault devrait bientôt annoncer la construction, en Algérie, d’un site de production de 50.000 véhicules par an, cite le quotidien français. Ce dernier évoque une source proche du dossier qui précise que l’investissement financier dans ce projet «dépassera plusieurs dizaines de millions d’euros». L’usine sera installée à Rouiba, dans la banlieue d’Alger, et assemblera trois modèles de véhicules: la Logan, la Sandero et la Symbol, selon Le Monde.
Dans ce partenariat annoncé, l’on ajoute que la Snvi (Société nationale des véhicules industriels) aura les 51% de parts. Qu’est-ce qui a donc fondamentalement changé dans l’attitude de ce constructeur français qui a boudé l’Algérie et a préféré produire sa Logan au Maroc depuis 2005? En fait, des éléments de réponse sont d’ores et déjà donnés. Ils font ressortir que ce pari permettra à Renault de sauvegarder un marché qui lui est très profitable, à savoir le marché algérien où il a écoulé plus de 17.000 Dacia Logan en 2009.

Brahim TAKHEROUBT

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La mauvaise humeur d’Alger à l’égard de Paris

LE MONDE – 10.02.10

ouveau signe de la mauvaise humeur d’Alger à l’égard de Paris, un député algérien propose de criminaliser le colonialisme français de 1830 à 1962. Mesure de rétorsion ? L’inscription de l’Algérie sur la liste des pays à risque pour les transports aériens aux Etats-Unis, reprise par la France, suscite en effet la colère des autorités algériennes qui ont dénoncé maintes fois une « provocation ».

Représentant du Front de libération nationale (FLN), Moussa Abdi a déposé, le 13 janvier, une proposition de loi à l’Assemblée populaire nationale visant à juger les « responsables de crimes coloniaux ». Pour le Quai d’Orsay, si le thème de la colonisation revient souvent dans les relations contrariées qu’entretiennent la France et l’Algérie, il s’agit là, d’un « angle nouveau ».

Signé par 125 députés du FLN, du Rassemblement national démocratique (RND), et du Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste), qui forment l’Alliance présidentielle, le texte reste pour l’instant à l’état de menace. « L’exécutif algérien n’a aucunement pris position sur cette proposition, son inscription à l’ordre du jour n’est donc pas certaine », a d’ailleurs souligné le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, interpellé, mardi 9 février, sur le sujet à l’Assemblée.

Au siège du FLN, à Alger, on relativise aussi l’initiative. « La prochaine cession du Parlement n’aura pas lieu avant début mars », indique un député au téléphone, non signataire du projet et soucieux de garder l’anonymat. Mais, justifie ce dernier, « des mesures ont joué un rôle négatif sur l’opinion ». En ligne de mire : le renforcement des contrôles dans les aéroports mais aussi l’écho du débat sur l’identité nationale en France.

« La proposition de loi algérienne est une mesure de rétorsion », estime Hervé Gaymard. Le député UMP de Savoie, rapporteur de la convention franco-algérienne dont l’examen était prévu mardi à Paris, a pu la faire adopter malgré l’opposition de cinq élus UMP. Thierry Mariani, notamment, demandait son report, en réaction à l’initiative de M. Abdi. Ratifiée par Alger en 2007 puis par le Sénat français, cette convention doit renforcer la coopération technique, culturelle et éducative.

Autre signe de crispation envoyé par Alger, le président de l’Assemblée algérienne, Abdelazziz Ziari, a annoncé le gel de la création d’une grande commission parlementaire algéro-française sur le modèle de celles qui existent déjà avec la Russie et le Québec. Pourtant, le déplacement de M. Kouchner, à Alger, ajourné à deux reprises, devrait avoir lieu début mars. Un geste pourrait être perçu comme une volonté d’apaisement de la France à l’égard d’Alger: le non-lieu requis le 9 février par le parquet de Paris en faveur du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni, interpellé en France en 2008 et placé sous contrôle judiciaire dans l’enquête sur l’assassinat de l’opposant Ali Mecili, en 1987, à Paris.

Isabelle Mandraud
Article paru dans l’édition du 11.02.10
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«L’Algérie continue à reprocher à la France des silences sur l’époque coloniale»

Libération – 12/02/2010

Des députés algériens viennent de déposer une proposition de loi visant à «criminaliser» la colonisation française. L’historien Benjamin Stora constate que les contentieux mémoriels se sont aggravés entre les deux pays.

Par SYLVAIN MOUILLARD

L'historien Benjamin Stora en 2003L’historien Benjamin Stora en 2003 (AFP PHOTO ERIC FEFERBERG)

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Comme un écho ironique. Il y a cinq ans, des parlementaires français votaient une loi vantant le «rôle positif» de la colonisation française, «notamment en Afrique du Nord» (une disposition finalement abrogée un an plus tard). Certains de leurs homologues algériens évoquent aujourd’hui les «crimes» de la période coloniale française.

Un groupe de 125 députés algériens, de différents partis, vient de déposer au Parlement une proposition de loi pour «criminaliser» le colonialisme français. «Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux», a expliqué un député FLN.

Une initiative vivement condamnée par plusieurs membres du gouvernement français. Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, la «regrette», alors qu’Hubert Falco, le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, la juge «particulièrement inquiétante», «incompréhensible» et «outrancière».

L’exécutif algérien ne s’est pas prononcé

Le député UMP Thierry Mariani a même demandé le report de la ratification d’une convention franco-algérienne, finalement adoptée dans un climat tendu mardi matin. Le patron des députés Nouveau centre, François Sauvadet, a demandé «une clarification de la part du gouvernement algérien sur cette initiative», qualifiée de «pas acceptable».

Finalement, c’est le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui a tempéré l’atmosphère en soulignant que «l’exécutif algérien n’a aucunement pris position sur cette proposition, son inscription à l’ordre du jour n’est donc pas certaine».

L’historien Benjamin Stora, professeur à l’université Paris 13 et auteur en 2009 de l’ouvrage «Le mystère De Gaulle. Son choix pour l’Algérie» (Robert Laffon), revient sur ce «contentieux mémoriel».

Dans quel contexte historique s’inscrit ce dépôt d’une proposition de loi sur la criminalisation de la colonisation?

Benjamin Stora. Ce n’est pas nouveau. Depuis 2005 et l’épisode du «rôle positif» de la colonisation, il y a l’idée en Algérie d’opposer à cette loi française une autre loi. Le projet a circulé entre les différents états-majors politiques. Il a disparu, a été amendé. Aujourd’hui, il réapparaît alors qu’on approche d’une échéance politique importante, avec le prochain congrès du FLN en mars.

La situation est-elle différente cette fois?

Personne n’a eu accès au texte original ou amendé, on ne sait pas vraiment ce qu’il réclame. S’agit-il de réparations financières, symboliques, d’excuses politiques? Est-ce que des faits sont établis, ainsi que des dates, des personnes? Tout cela reste très général.

Comment peut-on caractériser les relations entre la France et l’Algérie?

Sur le plan économique, elles sont très bonnes depuis l’indépendance. Mais des contentieux mémoriels se sont développés et aggravés. Les autorités algériennes continuent à reprocher à la France des silences sur la séquence historique qui va de la conquête de l’Algérie à la guerre d’indépendance. Mais il faut aussi noter certains discours d’ambassadeurs français, en 2005 et 2008, au cours desquels les massacres de Sétif (1945) ont été reconnus et caractérisés. Il y a donc eu des réponses françaises, mais pas d’examen critique de la séquence coloniale dans son ensemble. Et la barrière symbolique d’examen critique de la guerre, des années 1954-1962, existe toujours.

Comment a été perçu le discours de Nicolas Sarkozy à Constantine en octobre 2007?

Le président français avait alors condamné le système colonial au sens large. En Algérie, on avait perçu ce discours comme contradictoire avec celui prononcé à Toulon en février 2007, évoquant la mission civilisatrice de la France.

Quels sont les points dont l’Algérie souhaiterait discuter avec la France?

Elle souhaite une reconnaissance de la nature du système colonial, des massacres, mais également de la guerre. Notamment des massacres dans le Constantinois en 1955, de la bataille d’Alger en 1957, de l’utilisation du napalm, ou des conséquences sur les populations des expériences atomiques dans le Sahara.

Quel impact ce genre de discours a-t-il dans la société algérienne?

Ce discours très nationaliste a fini par atteindre la société elle-même. Elle y est très sensible. On semble l’oublier en France, mais plusieurs centaines de milliers de personnes sont mortes pendant la guerre d’Algérie. D’un côté, ce nationalisme politique reste très vivace. Mais dans le même temps, existe un sentiment dans la société algérienne que ce discours nationaliste est instrumentalisé à des fins politiques.

Comment analysez-vous les réactions des responsables politiques français?

Elles sont liées à la guerre d’Algérie. La droite l’a approuvée, la gauche – avec la SFIO de Guy Mollet – l’a menée, en votant même les pouvoirs spéciaux. Mais il existe aussi en France une tradition politique de refus de la guerre et de la torture. Cinquante ans plus tard, les acteurs politiques s’inscrivent dans ces différentes traditions. On a encore du mal à réaliser un consensus minimal sur la colonisation et l’indépendance de l’Algérie. Le problème, c’est que ce dissensus des mémoires freine le travail historique.

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La loi sur les crimes de la France en Algérie !

Mediapart – 13 Février 2010 – M. CHALLALI

Il y a cinq ans, les parlementaires français votaient la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », dont un article reconnaissait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » – une disposition abrogée un an plus tard.

Une centaines de leurs homologues algériens ont déposé le 13 janvier une proposition de loi visant à « criminaliser » la colonisation française : « Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a expliqué un député algérien. Une initiative jugée « particulièrement inquiétante », « incompréhensible » et même « outrancière » par Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants.

La philosophe et politologue, Seloua Luste Boulbina, chercheuse associée à l’Université de Paris VII, analyse et nous ici son point de vue de la polémique suscitée en France [1].

· Pourquoi la proposition de loi parle-t-elle précisément de « criminalisation » de la colonisation ?

Ce terme « criminalisation » est très important. Il signifie que les crimes commis pendant la guerre et la colonisation sont appelés à être reconnus juridiquement. Ce n’est pas de la « repentance » qui est demandée à la France. La guerre a fait proportionnellement plus de morts en Algérie que celle de 1914-18 en France. Sans compter les déportations, qu’on pratiquait aux débuts de la colonisation. On parlait même d’extermination, sans qu’il soit question, il faut le souligner, de génocide. De manière générale, il y a eu beaucoup de massacres.

· Pourquoi cette loi fait-elle si peur en France ?

La France a oublié ses guerres coloniales et leur impact sur ses adversaires. Elle préfère parler du rôle positif de la colonisation plutôt que d’ouvrir la boîte de Pandore. La France se situe, officiellement, dans une espèce de déni. L’Algérie, dans son passé français, fait partie des sujets auxquels on ne veut pas accorder trop d’importance. La mémoire du conflit aurait probablement été traitée différemment s’il s’était agi de non Européens. Comme en France, pour les sujets qui concernent la colonisation – pensons à la reconnaissance de la guerre d’Algérie, en 1999, par les parlementaires –, c’est la voie législative qui a été privilégiée en Algérie. La France n’accepte pas le miroir que l’Algérie lui tend, comme une caricature d’elle-même.

· Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, a d’ailleurs qualifié ce texte de trop « sensible ». Pour Thierry Mariani, il serait méprisant envers les harkis. Que pensez-vous de ces réactions ?

Parce que le sujet est encore sensible, il faut absolument en parler. Rappelez-vous les cicatrices monumentales qu’a laissé la guerre de 1939-45 entre la France et l’Allemagne. Elles n’ont pas empêché le dialogue de se créer. Mais il a fallu une volonté politique extraordinaire pour l’entamer. Ensuite, peut-être faut-il s’interroger sur l’origine et la trajectoire des différentes personnalités politiques qui ont réagi à cette proposition de loi. Qui en France, n’est pas lié d’une manière ou d’une autre, aux anciennes colonies françaises ? L’Algérie n’est pas neutre pour les Français, ni politiquement, ni socialement. Qui, chez les politiques, est en position de se remettre en question, d’admettre la réalité passée et les méfaits commis pendant la colonisation, puis la guerre ?

Par ailleurs, je trouve déplacé que Thierry Mariani parle de mépris envers les harkis, lorsqu’on regarde de quelle manière la France les a parqués dans des camps à leur arrivée en 1962.

· Depuis 1962 justement, la France n’a vraiment jamais reconnu ses torts ?

Les rares initiatives ne sont jamais parties du sommet de l’Etat et ont toujours coûté beaucoup d’efforts aux Français. En février 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, a reconnu l’existence du massacre de Sétif en Algérie du 8 mai 1945. Mais il l’a imputé aux dissensions entre communautés, au lieu d’admettre la responsabilité de la France. De même, le 8 février 1962, la police française a réprimé dans le sang, à Paris, une manifestation rue de Charonne, contre l’Organisation Armée Secrète (OAS) et pour la paix. Les responsables, dont Maurice Papon, n’ont jamais été inquiétés.

En 1966, la France a tiré un trait en amnistiant tous les événements liés à la guerre d’Algérie. Il a fallu attendre 2007 pour qu’une plaque commémorative soit apposée sur les lieux des affrontements. Et ce n’est pas l’Etat, mais la Mairie de Paris, qui l’a renommé « place du 8 février 1962 ».

· Pourquoi la France tarde-t-elle tant à reconnaître sa responsabilité ?

Après chaque conflit dans lequel la France a été impliquée, elle opte pour une politique de réconciliation nationale, afin d’éviter les conflits internes entre partisans de « causes » opposées. Ainsi, la France ne s’est pas débarrassée de tous ceux qui ont collaboré au régime de Vichy et leur a même permis, pour certains, de conserver leur poste après-guerre. Idem pour l’Algérie. La France a connu sur son territoire une organisation terroriste : l’OAS. Aujourd’hui, elle cherche encore à ménager les susceptibilités. Pour le chef de l’Etat, admettre la responsabilité de la France serait la dénigrer. Il l’a dit lors de l’un de ses déplacements en Algérie.

· Selon vous, quel est le message sous-jacent de cette proposition ?

Les 125 députés qui ont déposé cette proposition de loi appartiennent à la majorité parlementaire (FLN, RND, MSP, El Islah) et soutiennent le gouvernement. N’oublions pas que le FLN est l’ancien parti unique dont les racines historiques remontent à la guerre. Comme les Français, les Algériens se réfèrent à leur passé pour se définir et, nécessairement, aux 132 ans de domination française. Le sujet est récurrent. La fondation du 8 mai 1945 avait déjà eu pour mot d’ordre : non à l’oubli, non à l’impunité.

· Pourquoi cette loi maintenant ?

La proposition n’est pas sans objet, mais l’effet d’annonce, sur le plan international, est évident, surtout au moment où des discussions bilatérales sont en cours. Le message s’adresse au gouvernement français. En même temps, la diversion arrive à point nommé en Algérie, puisque la corruption est au centre des débats. Les députés du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) ne se sont pas associés à la proposition. Les autres partis politiques non plus (FFS et PT). Il n’y a donc pas de consensus. Nous sommes donc bien en présence d’un sujet « écran ». La population, de son côté, est plus concernée par son présent et son avenir.

Notes

[1] Seloua Luste Boulbina s’intéresse aux questions postcoloniales dans leurs dimensions politiques et culturelles. Responsable de séminaire (colonie/postcolonie) au Collège international de Philosophie (2005-2008), elle a notamment publié Grands Travaux à Paris – 1981-1995 (La Dispute, 2007), Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (Parangon, 2008) et a édité les textes de Tocqueville Sur l’esclavage (Actes Sud, 2008) et Sur l’Algérie (Garnier Flammarion, 2003). Elle a dirigé le numéro 58 de la revue Rue Descartes (PUF, 2007) : « Réflexions sur la postcolonie » et le numéro 10 de la revue Sens public, Les Cahiers, (Juin 2009) : « Un monde en noir et blanc – Amitiés postcoloniales ».

Interview donnée à L’Express,  le 11 février 2010

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