Accueil > 2nd tour, levraud/modem, politique, territoires > Jean-Luc Bennahmias : « Nous sommes prêts à envisager toutes les fusions possibles, sauf avec l’UMP »

Jean-Luc Bennahmias : « Nous sommes prêts à envisager toutes les fusions possibles, sauf avec l’UMP »

LEMONDE.FR – 16.02.10
.

oilagratter : Lorsque vous voyez les scores d’Europe Ecologie et ceux du MoDem dans les sondages, sincèrement, ne regrettez-vous pas d’avoir quitté Les Verts pour le parti de François Bayrou ? Jean-Luc Bennahmias : Non, je ne regrette rien. Les choix que j’ai faits il y a deux ans et demi, sur l’aspiration de lier la démocratie et l’écologie, sont des choix fondamentaux. J’ai d’ailleurs lancé avec de nombreux amis ce matin la fédération Ecologie et démocratie en France et en Europe, car on ne fait pas le bonheur des gens contre leur gré. Europe Ecologie et les Verts, qui ne sont pas la même organisation (nous le verrons très vite dans les semaines qui viennent) ne sont ni des ennemis ni des adversaires : ce sont des concurrents.

Pierre : Europe Ecologie se porte de mieux en mieux. Croyez-vous toujours que l’électorat écolo est forcément centriste ?

Jean-Luc Bennahmias: Le Mouvement démocrate, à sa création, et encore aujourd’hui, réunit des gens qui sont issus, certes, du centrisme, mais aussi de la gauche social-démocrate et de l’écologie. Je crois totalement qu’il existe dans ce pays une volonté de passer au-delà des vieilles divisions entre la droite et la gauche et que, aujourd’hui, se joue une opposition entre conservateurs et progressistes. Je suis de ceux qui pensent qu’une alternative démocrate, sociale et écologiste est indispensable. Le MoDem fait partie des formations qui appellent à une recomposition politique importante, après la politique de l’UMP et de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Paul : Comment vivez-vous l’ambition présidentielle dévorante de François Bayrou, dans un parti que vous espériez être le symbole du renouveau démocratique ?

Jean-Luc Bennahmias : En ce qui me concerne, et on peut être pour ou contre, le présidentialisme existant aujourd’hui dans la société française, suite à la décision du quinquennat, fait que l’élection présidentielle est devenue une élection totalement principale. Je me félicite que depuis la création du MoDem la candidature de François Bayrou n’est remise en cause par personne. D’autres formations aimeraient bien avoir les mêmes certitudes. Après, il est évident qu’on peut discuter de ce système, qui centralise et polarise l’ensemble des décisions d’une société.

afet : Quel est l’objectif chiffré du MoDem pour les régionales ?

Jean-Luc Bennahmias : Faire le mieux possible. Les sondages pour l’instant ne nous sont pas très favorables. C’est un euphémisme. Mais je l’ai dit publiquement depuis de nombreux mois, ces élections se joueront plus que jamais dans la dernière semaine, si ce n’est le dernier week-end. Les régionales – et c’est malheureusement naturel – n’intéressent pas grand-monde. Les Français ont bien d’autres soucis. Nous présentons dans les vingt-deux régions des candidates et candidats de renouveau, pour éviter notamment le cumul des mandats.

Poilagratter : Je suis électeur en Languedoc-Roussillon et j’aurais vivement souhaité voter pour la liste MoDem, mais il paraît qu’il n’y en aura pas… Peut-on savoir pourquoi ? Appelez-vous à voter pour Patrice Drevet, l’ancien présentateur météo ?

Jean-Luc Bennahmias : Excellente question. Je pense que ce soir, au bureau exécutif du Mouvement démocrate – car il existe –, nous prendrons la décision qui s’impose de soutenir une liste qui peut être celle de M. Drevet. Vous me permettrez, avant de me positionner, de voir au-delà de M. Drevet quels sont les candidats et candidates qu’il a inscrits sur ses listes.

afet : Le choix d’Alain Dolium a été très critiqué en Ile-de-France, notamment par les militants. Ne croyez-vous pas que c’est l’exemple même d’une dérive de la stratégie électorale Bayrou ?

Jean-Luc Bennahmias : Le choix d’Alain Dolium n’a pas été critiqué, contrairement à ce que vous dites, par de très nombreux militants. Le fait de choisir un chef d’entreprise (PME), « novice » en politique, est un choix courageux, et je trouve qu’Alain, dans cette campagne, se débrouille ma foi fort bien. On verra si les électrices et les électeurs sont de mon avis.

Alain R : Vous êtes déjà conseiller régional. Pourquoi ne vous êtes-vous pas représenté sur les listes PACA du MoDem ?

Jean-Luc Bennahmias : Parce que depuis fin décembre le cumul des mandats m’a rattrapé, et j’ai donc dû démissionner du conseil régional. Je suis déjà conseiller d’arrondissement de Marseille, conseiller communautaire et député européen. Cela me suffit amplement, et Catherine Levraud,  conseillère régionale sortante et tête de liste pour l’Alliance démocrates et écologistes (MoDem), est une excellente candidate qui a tout mon soutien et qui pourrait, rêvons un peu, être une excellente présidente de région. Si les électeurs en choisissent ainsi, elle ferait aussi une excellente vice-présidente.

Jean-Michel_Lucas : Pourrez-vous cumuler la vice-présidence du Mouvement démocrate et la présidence d’Ecologie et démocratie ?

Jean-Luc Bennahmias : Cela ne me pose strictement aucun problème. Je suis entouré dans Ecologie et démocratie de gens de valeur, qui se trouvent proches ou adhérents du Mouvement démocrate, et qui pensent que l’après-élections régionales sera très important. Il est temps de montrer que dans l’espace démocrate des écologistes se sentent extrêmement à l’aise pour défendre leurs positions et permettre ainsi d’accélérer les processus nécessaires et indispensables de réalisations.

Panicaut Michel : Corinne Lepage s’apprête, semble-t-il, à quitter le MoDem après les régionales. La suivrez-vous dans la création d’un vrai pôle écologique et démocrate, voire vers une association avec Europe Ecologie ?

Jean-Luc Bennahmias : Il semblerait que non. Corinne est totalement libre de ses décisions, mais il est étonnant que son organisation, partie intégrante de la fondation du Mouvement démocrate, puisse soutenir dans quasiment toute la France des listes différentes de celles du MoDem. Mais avec la fédération Ecologie et démocratie, nous sommes prêts, bien évidemment, dans les semaines qui viennent, à discuter avec Cap 21, son organisation, comme avec les nombreuses organisations qui structurent l’écologie politique.

afet : Daniel Cohn-Bendit a toujours appelé de ses vœux une union MoDem-Europe Ecologie. Pourquoi avoir refusé cette main tendue ?

Jean-Luc Bennahmias : Ce n’est pas tout à fait nous qui l’avons refusée. Mon ami Dany le sait très bien. Ce sont les Verts qui ont totalement repoussé toute possibilité de discussion et de débat pouvant aller vers des listes communes, que ce soit d’ailleurs au premier tour comme au second tour. Maintenant, c’est le résultat au soir du premier tour qui montrera si des alliances sont possibles en fonction des scores. En ce qui concerne le MoDem, si nous réussissons à exister politiquement, nous sommes prêts à envisager toutes les fusions possibles, sauf avec l’UMP.

cerrumios : Que se passe t-il au MoDem entre les ralliements au PS ou à l’UMP et le départ des militants ? Le MoDem est il mort ou la mainmise de M. Bayrou a atteint ses limites ?

Jean-Luc Bennahmias : Si je peux comprendre les difficultés de militants à s’intégrer dans un monde politique déstabilisé, en recomposition, j’ai du mal à comprendre des adhérents qui ne perçoivent pas qui est François Bayrou. Il est clair que François Bayrou est candidat à l’élection présidentielle et que cela demande une volonté de tous les instants. En ce qui me concerne, en cofondant le MoDem, j’en étais totalement conscient.

Jean-Paul : Azzouz Begag est très controversé en Rhône-Alpes. Pourquoi avoir voulu l’imposer cette fois-ci alors qu’il avait été fermement écarté lors des municipales en 2008 ?

Jean-Luc Bennahmias : Il est faux de dire qu’il avait été écarté en 2008. C’est lui-même, me semble-t-il, qui a décidé de ne pas se présenter. En ce qui concerne ces élections, une fois de plus, les gens sont libres de penser ce qu’ils veulent, mais c’est bien Azouz Begag qui est tête de liste du MoDem en Rhône-Alpes, et c’est bien lui qui a tout mon soutien.

DB : La présence de Marouane Chamack sur les listes en Aquitaine prête à sourire. On vous connaît grand fan de football, mais n’est-ce pas aller trop loin dans les candidats issus de la société civile ?

Jean-Luc Bennahmias : Je comprends que vous auriez préféré Gourcuff… Mais une précision cependant : je ne suis pas fan que de football, et notamment depuis quelques jours, je passe une partie de mes nuits à regarder les Jeux olympiques d’hiver. Et autant vous dire que j’apprécie énormément les victoires ou les médailles de nos compatriotes (celles des autres aussi, mais un peu moins), qui brillent avec une humilité qui les rend d’autant plus sympathiques.

Sophia : Que pensez-vous de la candidate voilée de la liste de Besancenot ? Auriez-vous fait la même chose au MD ?

Jean-Luc Bennahmias : Nous n’aurions pas fait la même chose, étant extrêmement laïques et républicains. Maintenant, une chose est certaine : je suis de ceux qui pensent qu’il faut laisser cette jeune femme tranquille.

  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :