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Dossier PACA – Le Monde – 23/02/2010 – Portraits de territoires (7 articles)

 

Philippe Langevin : « La région PACA est un espace de très fortes inégalités »

Le Monde – 23/02/2010

La Provence-Alpes-Côte d’Azur présente la double caractéristique d’arriver en troisième position pour la richesse par habitant et d’être l’une des quatre régions où le taux de pauvreté est le plus élevé.

La région est un grand territoire, plus célèbre que connu et qui porte l’image un peu trompeuse du bonheur accessible à tous. Mais c’est aussi un espace de très fortes inégalités. Inégalités géographiques entre le littoral et l’arrière-pays ; administratives avec six départements qui ont chacun leurs spécificités ; inégalités de densité avec un écart de 1 à 17 entre les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône ; enfin et surtout, inégalités sociales. Les pauvres sont ici plus pauvres qu’ailleurs, et les riches, plus riches.

Il faut savoir qu’en PACA, la moitié des habitants ont un revenu inférieur à 1 290 euros mensuels. Et que l’écart entre le niveau de vie des 10 % les plus riches et des 10 % les plus modestes, de 3,5 en moyenne, est encore plus élevé à Marseille, Avignon et Toulon. Ce territoire de migration ne crée pas assez d’emplois pour répondre à la demande d’une population souvent peu qualifiée. Les parcs technologiques, les activités de pointe sont des points d’appui très importants pour le développement régional, mais leurs emplois ne sont pas accessibles aux chômeurs. Le tourisme, le bâtiment offrent surtout des emplois peu rémunérés, saisonniers ou à temps partiel. Ce territoire, finalement, ne tient que par son fonds culturel, son héritage, son patrimoine, la diversité de son peuplement, son économie de la nature, de la beauté et du soleil…

Face à cela, que peut la région ? Pas grand-chose, mais ce n’est pas spécifique à la Provence. La décentralisation ne s’est pas faite au bénéfice des régions, les budgets ne permettent pas d’engager des actions lourdes. Le conseil régional sortant a mis du lien, a monté des réseaux mais cela reste difficile. Les acteurs ont du mal à travailler ensemble et la région, en tant que collectivité, est minorée sur le plan politique et financier. Or, il y a ici, une forte mobilité entre les lieux de travail, d’habitat, de commerce, qui fait de la région l’échelon territorial le plus pertinent.

Philippe Langevin est maître de conférences à la faculté de sciences économiques de Marseille.

Propos recueillis par Christine Garin

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Le budget 2010

Le Monde – 23/02/2010

Le budget de PACA pour 2010 prévoit une augmentation des sommes consacrées à l’investissement de 3,7 % par rapport à 2009. Mais, selon la Direction générale des collectivités locales (DGCL), les sommes consacrées aux investissements réels avaient diminué de 4,6 % en PACA entre 2008 et 2009. Les dépenses de fonctionnement augmentent de 5 % par rapport à 2009, après une augmentation de 5,5 % entre 2008 et 2009. Les transports – notamment les TER – et les grands équipements constituent le premier poste de dépense de la région (428,5 millions d’euros en 2010), suivis par l’emploi et la formation professionnelle (389,7 millions d’euros) et les lycées (300,3 millions d’euros).

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Des TER au bord de l’asphyxie

Le Monde – 23/02/2010

Le dossier des trains express régionaux (TER) s’est d’emblée imposé comme un sujet phare de la campagne électorale, ouvrant un débat très animé entre la région, la SNCF, les syndicats de cheminots et les usagers. Michel Vauzelle, président (PS) sortant du conseil régional, répète dès qu’il en a l’occasion : « Depuis 1998, la région a financé le ferroviaire à hauteur de près de trois milliards d’euros. Le compte n’y est pas, la région est volée. »

Selon le palmarès 2009 de La Vie du rail, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) est en queue de peloton des régions françaises en termes de fiabilité du service, ce qui, ici plus qu’ailleurs, empoisonne les relations entre le conseil régional et la SNCF. Pourtant, l’engouement pour ce mode de transport ne fléchit pas dans une région où les autoroutes sont asphyxiées près des grandes agglomérations. Chaque jour, 700 TER transportent 100 000 voyageurs, dont 40 000 dans les Alpes-Maritimes. Et la ligne du littoral de la Côte d’Azur est numéro deux après l’Ile-de-France pour sa fréquentation.

Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de la région qui a versé, en 2009, à la SNCF, une subvention de 215 millions d’euros, à laquelle s’est ajoutée une commande de seize nouvelles rames, soit un investissement de 190 millions. Les voyageurs ne sont pas plus satisfaits : en 2009, les dysfonctionnements divers ont affecté près du quart des trajets et près de 16 000 trains (soit 7,2 %) ont été supprimés. Causes de ces suppressions : les grèves pour 9 587 d’entre elles, les défaillances internes à la SNCF pour 4 487, et les incidents comme la météo ou les suicides pour 1 886.

Eric Sauri anime l’association Les naufragés du TER Grasse-Vintimille. Il considère que la région est frappée d’une « malédiction ». « Vu les investissements, nous devrions avoir un TER qui tient la route, or nous avons un train de campagne, juge t-il. Pour l’instant, c’est la roulette russe. Le jour où le cadencement d’un train sera de quinze minutes aux heures de pointe, les gens utiliseront les TER. »

Saturation

La SNCF plaide coupable, mais réclame des circonstances atténuantes. D’abord en raison des particularités de la région : deux grandes agglomérations – les 2e et 5e du pays – et un réseau très élémentaire de deux voies longeant la côte. Olivier Monnot, directeur délégué aux TER à la SNCF, compare à de « l’horlogerie fine » la gestion des 500 trains quotidiens à Marseille-Saint Charles. « A Lyon, quelle que soit la direction, la SNCF dispose sur vingt kilomètres d’au moins quatre voies. A Saint-Charles, passés quelques kilomètres, le réseau passe à deux voies jusqu’à Toulon où il faut faire circuler à la queue leu leu les TGV, les TER et les convois de fret. » La création d’une 3e voie sur les 13 kilomètres qui séparent Marseille d’Aubagne, tout comme entre Antibes et Cagnes-sur-Mer (8 km) permettra de lutter contre « un niveau de saturation tel qu’au moindre grain de sable tout se bloque ». Sur ces deux lignes, les travaux seront terminés en 2014 et contribueront à combler une partie d’un retard reconnu par l’Etat. « Je n’ai jamais vu une région aussi abandonnée en termes de transports ferroviaires », a déclaré le préfet de région, Michel Sappin, lors du lancement des travaux à Aubagne.

PACA connaît, par ailleurs, davantage de conflits et de grèves à la SNCF que dans les autres régions. La situation se situe « à un niveau insupportable pour ceux qui prennent le train », estime M. Monnot, qui ajoute : « On ne sait pas, de part et d’autre, arriver à un résultat sans conflits. » La région est historiquement marquée par une activité syndicale forte : « Les cheminots restent le fer de lance du combat social », estime Joël Nodin, délégué de Sud-Rail, qui déplore « le choix de la SNCF du pourrissement des conflits ».

Le conseil régional, qui consacre un quart de son budget aux transports, aimerait ne plus être lanterne rouge pour ses TER. Il promet de taper du poing sur la table, en 2011, lors de la clause de « revoyure » prévue à mi-parcours du contrat d’exploitation des services ferroviaires régionaux qui le lie à la SNCF jusqu’en 2016. L’assemblée a voté le doublement des pénalités imposées à l’exploitant pour le non-respect de ses engagements. Pour 2009, la région estime qu’à ce titre, la SNCF aura à régler environ six millions d’euros.

Luc Leroux

 

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Maîtriser l’urbanisme, le grand défi

Le Monde – 23/02/2010

La vigne a été arrachée, mardi 16 février, sous les fenêtres du maire de Coudoux : le terrain d’un hectare, situé en plein coeur de ce village de la communauté d’agglomération du Pays d’Aix, dans les Bouches-du-Rhône, va être le théâtre d’une opération d’aménagement modeste par la taille – 80 logements – mais d’un enjeu majeur. Elle incarne, pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), la volonté de reprendre les rênes d’un urbanisme marqué par l’étalement urbain, une pression foncière d’une rare violence et une flambée des prix de l’immobilier.

« Nous sommes confrontés à la difficulté de concilier tous les défis. Il y a urgence à la fois à construire des logements, à préserver les terres agricoles et à développer le foncier économique. Sans une forte prise de conscience, on ne pourra plus répondre à ces trois enjeux de manière équilibrée », résume Cécile Helle, vice-présidente (PS) du conseil régional en charge du développement des territoires.

A l’origine de tous ces maux, une séduction jamais démentie. PACA attire, et pas seulement les retraités : les cadres forment le principal bataillon des 13 000 habitants que la région gagne chaque année par le jeu des migrations internes. « La région a accueilli 2 millions d’habitants supplémentaires depuis les années 1960. Cela représente une croissance deux fois plus rapide que la moyenne française », observe Renan Duthion, directeur général de l’Insee régional.

Problème : poussés par la recherche de l’air pur, de l’espace ou de prix moins élevés, les trois-quarts des nouveaux venus s’installent hors des villes, multipliant maisons individuelles et jardins. Ces dix dernières années, 4 400 hectares de terres supplémentaires ont été « artificialisées ». Face à la saturation du littoral et de la vallée du Rhône, c’est désormais l’arrière-pays qui encaisse le choc, à l’image du centre-Var, entre Brignoles et Draguignan.

« La population des banlieues a doublé depuis les années 1960 et celle des couronnes périurbaines a triplé, entraînant un mitage du territoire rural », décrit M. Duthion. Signe de ce grignotage des espaces naturels et des terres agricoles, le trajet à parcourir depuis le centre des agglomérations pour atteindre la campagne a été multiplié par deux depuis quarante ans, et PACA est la seule région où cette distance continue d’augmenter.

Ces bouleversements, Coudoux les subit de plein fouet. Sa situation à 17 kilomètres d’Aix-en-Provence, sa proximité avec l’autoroute A8 qui mène aux bassins d’emplois de Berre-l’Etang et de Marseille transforment le bourg provençal en arrière-cour résidentielle des pôles urbains des Bouches-du-Rhône. La commune de 3 500 habitants connaît l’une des plus fortes croissances démographiques de la communauté d’agglomération du Pays d’Aix, 2 % par an. « Le village a été largement ouvert à l’urbanisation sans politique cohérente, il a grossi par des lotissements successifs », raconte le maire (div. droite), Guy Barret. Pavillons individuels, enclaves fermées et rues en cul-de-sac sont devenus l’ordinaire de la commune. Pour les Coudoucens, un ordinaire inabordable : « Nous manquons de petits logements pour les jeunes, les retraités, et l’habitat pavillonnaire est inaccessible aux gens du village », détaille le maire.

Dans ce contexte, l’opération du « Grand Coudoux » marque une vraie rupture : en centre-village, 80 logements dont 70 collectifs, 77 de petite taille, 40 % de logements sociaux. Une prise en compte de l’environnement, avec des bâtiments basse consommation et l’installation envisagée d’une chaudière à bois alimentant un réseau de chaleur collectif. Enfin la volonté de retrouver un esprit villageois, avec des commerces et des services autour d’une vraie place publique qui fait aujourd’hui défaut.

Impossible pour une petite commune de porter seule une telle opération. Coudoux est l’un des projets pilotes du programme « Agir pour des quartiers durables », lancé en 2009 par le conseil régional pour accompagner « les communes menant une opération de rénovation urbaine ou d’aménagement insistant sur la densité, la proximité des centres existants ou des gares », précise Cécile Helle. Cette initiative s’ajoute au programme d’aménagement solidaire mis en place en 2006 par la région pour aider les intercommunalités à développer un projet urbain mettant l’accent sur la solidarité sociale et intercommunale.

Mais l’arme essentielle dont s’est dotée la région pour reprendre le contrôle de son territoire, c’est son établissement public foncier régional (EPFR). Depuis sa création, en 2001, l’EPFR a engagé 517 millions d’euros pour aider les collectivités locales à anticiper leur futur développement et mettre des terrains jugés stratégiques à l’abri de la spéculation.

En acquérant et en conservant, parfois sur la longue durée, les parcelles pour le compte des communes, l’EPFR est aussi, dans bien des cas, le levier indispensable pour construire des logements. Avec deux priorités : les habitations pour actifs, dans une région où n’ont longtemps fleuri que les résidences secondaires, et les logements sociaux : il en manque 100 000 en PACA, où l’on compte, selon la Fondation Abbé Pierre, 350 000 mal-logés.

« Les élus nous disent que le foncier est trop cher pour eux, qu’ils sont démunis face aux promoteurs qui veulent lotir les terrains. Mais les maires sont aussi frileux à l’idée d’acquérir des terrains dans le seul but de réaliser une réserve foncière, sans savoir ce qu’ils veulent en faire. Nous les interpellons pour essayer de changer leurs pratiques », détaille Cécile Helle.

La tendance pourra-t-elle être inversée, alors que des prévisions sans cesse dépassées annoncent 500 000 habitants supplémentaires dans les dix prochaines années ? « L’Etablissement public foncier agit dans le bon sens, mais c’est une goutte d’eau. Les résultats ne sont pas à la hauteur des objectifs », estime François Fouchier, délégué régional du Conservatoire du littoral, qui protège 120 km de côtes et 36 000 hectares en PACA. Pour lui, « les combats ont été gagnés sur les grands projets, mais le grignotage continue. Valoriser leurs terrains en les rendant constructibles reste un fantasme fort pour les propriétaires et les agriculteurs : les enjeux financiers sont énormes ».

Pourtant, chacun reconnaît que le contexte a changé. « La prise de conscience est récente, mais bien réelle, même si les maires, en prise directe avec leur population, n’ont pas toujours une totale liberté de manoeuvre, estime Louis Nègre, maire (UMP) de Cagnes-sur-Mer et président de l’agence d’urbanisme des Alpes-Maritimes. Le problème de l’étalement urbain est technique, mais ce que les gens comprennent bien, c’est la question des transports. La hausse du prix du pétrole a fait apparaître la fragilité de ce modèle : les familles de la grande périphérie, où la faible densité ne permet pas de développer des transports en commun, risquent de ne plus pouvoir se déplacer. »

Des portes d’Avignon à l’arrière-pays niçois en passant par les rives de l’étang de Berre, élus et aménageurs sont désormais au défi d’inventer un habitat compact, apte à détourner les familles de leur rêve de mas provençal.

Grégoire Allix

 

Organiser une « vallée des énergies nouvelles » dans le Val-de-Durance : le conseil régional a lancé, à l’automne 2009, une consultation internationale pour encadrer la croissance accélérée de ce territoire à cheval sur cinq départements. La future installation du réacteur de fusion nucléaire ITER, à Cadarache (Bouches-du-Rhône), porte le développement économique de la vallée, qui connaît l’une des plus fortes croissances démographiques de la région. Trois équipes, composées d’urbanistes, d’économistes, de paysagistes et d’ingénieurs, proposeront des scénarios pour donner une cohérence au territoire, éviter l’éparpillement urbain et préserver une agriculture de proximité.

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Le parc régional des Alpilles impose un nouveau modèle de village

Le Monde – 23/02/2010

Petite révolution dans la chaîne des Alpilles : la multiplication des lotissements de villas néoprovençales qui défigurent garrigues et forêts au pied du massif calcaire, c’est terminé. Ce revirement porte un nom : parc naturel régional (PNR) des Alpilles. Pour le conseil régional, qui compte cinq PNR et en porte cinq autres en gestation, ces parcs habités sont un moyen d’expérimenter des stratégies innovantes d’aménagement du territoire.

Le dernier-né de la famille a été créé en 2007, en même temps que les Alpilles se dotaient de la toute première directive de protection et de mise en valeur des paysages. Deux armes censées aider les élus des seize communes de ce parc périurbain de 50 000 hectares et 68 000 habitants à reprendre le contrôle de leur territoire, chahuté par une intense pression démographique. Mais elles leur imposent de réinventer, non sans difficulté, un urbanisme villageois. « Notre consommation d’espace était démesurée. Nous nous sommes aperçus que, si nous continuions, tout le territoire naturel allait partir en lotissements », raconte le maire de Mouriès, Pierre Santoire.

Logements inabordables

Les Alpilles sont à la mode depuis les années 1990. Les habitants affluent, les zones pavillonnaires s’étendent à la périphérie des bourgs provençaux, les résidences secondaires se multiplient, les projets de résidences hôtelières et de villages vacances fleurissent. « Nous étions partis pour devenir la Côte d’Azur », résume la directrice du parc, Carine Ritan. La flambée des prix et la focalisation des promoteurs – et des élus – sur les maisons familiales, au détriment des appartements, a rendu les logements inabordables pour une population locale aux revenus souvent modestes. « Nos jeunes sont obligés de quitter le village : il faut compter 500 euros de loyer pour un studio », regrette Régis Gatti, le maire d’Aureille (1 500 habitants).

La situation n’est pas encore totalement inversée. Trois ans après sa fondation, le parc est en rodage. La stratégie foncière est en cours d’élaboration. Surtout, beaucoup de communes tardent à élaborer un plan local d’urbanisme intégrant les préceptes du parc et de la directive, et fonctionnent toujours sur les plans d’occupation des sols des années 1980. Difficile, alors, pour les maires, de s’opposer à des permis de construire contraires à la charte du parc, face à la pression quotidienne de leurs administrés et à des promoteurs pressés de passer en force pendant qu’il en est encore temps.

Parmi les premiers, le maire de Mouriès a décidé de rendre inconstructibles les terrains situés à la périphérie du village, au risque de mécontenter nombre de propriétaires. « Le but n’est pas de geler la commune, mais nous devons optimiser les terrains encore disponibles en centre-bourg, construire plus dense, faire de l’habitat groupé », explique-t-il.

Dans Mouriès, un archipel compact de cinquante logements sociaux collectifs au crépi pimpant illustre cette nouvelle tendance. « C’est une poche fermée, pas encore le vrai bout de village ouvert et animé que nous aimerions voir naître dans le parc, mais c’est un début », estime Anne-Catherine Privat-Madelin, responsable de l’urbanisme pour le parc.

Tous les élus sont-ils prêts à opérer ce virage ? « Certains maires ont suivi le mouvement sans mesurer ce que la création du parc impliquait, analyse son président, Roland Darrouzes, maire (PS) de Lamanon. Aujourd’hui, ils le voient comme un monstre qui leur interdit tout. Il est temps que les élus se réapproprient le parc. »

Grégoire Allix

 

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Une politique pionnière du coup de pouce aux entreprises

Le Monde – 23/02/2010

Des pôles de compétitivité « made in PACA » : le conseil régional décline à sa manière, depuis 2007, l’initiative lancée deux ans plus tôt par l’Etat pour relier le monde de l’industrie et celui de la recherche. Les très petites entreprises composent 96 % du tissu économique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Cette réalité, confirmée par le dernier schéma régional de développement économique, a incité le conseil régional à faciliter leur mise en réseau. Vingt-neuf pôles régionaux d’innovation et de développement économique solidaire (Prides) regroupent 3 000 PME et TPE, six cents laboratoires, centres de recherches ou associations spécialisées.

Organisés autour de grands secteurs d’activité, comme les services à la personne, l’aéronautique ou les énergies renouvelables, ces réseaux représentent 165 000 emplois, soit 18 % des emplois régionaux. La collectivité a déjà investi 60 millions d’euros dans cette politique pionnière et unique en son genre. Les pôles régionaux brisent l’isolement des entrepreneurs et favorisent l’esprit collectif en matière de formation du personnel, d’innovation technologique et d’ouverture internationale. Une association, financée par le conseil régional, anime chacun des pôles et pilote les opérations de mutualisation dans des projets aussi variés que la création d’un poste partagé de cadre à l’export ou d’une veille technologique et commerciale…

La région met à la disposition des entreprises organisées en pôles aides, bourses, subventions, garanties d’emprunts, prêts à taux zéro… Elle a aussi mis en place des contrats de développement pour l’emploi (CDE) dont le rythme s’accélère. Lors de la dernière assemblée du conseil régional, le 8 février, les élus ont adopté vingt nouveaux CDE représentant un total de prêts de trois millions d’euros et la perspective de 573 emplois créés d’ici à trois ans. Le même jour, six prêts régionaux au maintien de l’emploi étaient accordés pour un montant de 950 000 euros permettant de sauvegarder 349 emplois et d’en créer 50 nouveaux.

Directeur d’Adar Provence, une association employant plus de 500 aides à domicile dans toute la région, Rémi Cabon a trouvé une planche de salut dans le Prides « Services à la personne ». Un prêt à taux zéro de 300 000 euros lui a permis de sortir d’une situation très difficile et de reconstituer son fonds de roulement. La tempête passée, il défend ardemment le jeu économique collectif : « Le Prides, dit-il, est le rare espace où je consulte mes collègues, qui sont aussi mes concurrents. Nous sommes tout à la fois en situation de coopération et de compétition, à nous d’inventer la « coopétition » ».

Les neuf pôles de compétitivité nationaux implantés en PACA ont tous reçu le label Prides. D’un point de vue financier, notamment, le « plus » accordé par le dispositif régional est loin d’être négligeable comme l’explique Sébastien Giraud, directeur adjoint du pôle euroméditerranéen sur les risques et les vulnérabilités des territoires. « Le pôle de compétitivité, explique-t-il, sert à faire émerger des projets collaboratifs de recherche et de développement. Mais le Prides nous offre des moyens financiers supplémentaires pour l’accompagnement de nos membres, poursuit M. Giraud, par exemple dans le diagnostic financier de l’entreprise ou le coaching de l’entrepreneur en vue de l’intégration de fonds privés dans son capital. Au titre du pôle de compétitivité, nous n’avions pas les moyens de ce type d’actions que nous donne la région. »

Luc Leroux

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Des bâtiments écologiques

Le Monde – 23/02/2010

Les vingt-neuf pôles régionaux d’innovation et de développement économique solidaire (Prides) servent de leviers au conseil régional pour ses politiques privilégiées. L’environnement se retrouve ainsi au coeur de neuf Prides : de la chimie verte avec Novachim aux énergies renouvelables (Capénergies) en passant par la filière bois. Le pôle bâtiments durables méditerranéens (BDM) est né d’une volonté de la région qui, en 2007, avait regroupé les acteurs de la filière pour réfléchir à l’évolution du secteur et travailler à la rédaction d’une charte du développement durable méditerranéen.

Regroupant maîtres d’ouvrages publics et privés, architectes, bureaux d’études, entreprises du bâtiment et fédérations professionnelles, l’ambition du Prides, explique sa directrice Michèle Volpe, est de « structurer une filière qualité environnementale pour tous les types de bâtiments ». Ni label ni certification, la démarche BDM propose un accompagnement. Certains critères sont obligatoires comme la basse consommation, d’autres permettent d’atteindre l’un des trois niveaux de la reconnaissance BDM, bronze, argent et or, en fonction des options environnementales plus ou moins radicales choisies.

Dix projets sont en cours et cinquante nouveaux devraient être lancés en 2010. La totalité des futures constructions ou rénovations de lycées passeront par la démarche BDM. Parallèlement, le Prides travaille à consolider une filière regroupant la commercialisation des matériaux naturels, la formation de formateurs à la haute qualité environnementale et la mutualisation des achats de matériel.

Luc Leroux
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