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Dossier PACA – Le Monde – 23/02/2010 – Portraits de candidats (2 articles)

PACA : les principaux candidats en lice

Le Monde – 23/02/2010

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Michel Vauzelle (PS)

Le président du conseil régional, qui sollicite un troisième mandat, est un socialiste en terre de droite. Les six départements de la région avaient donné des scores très confortables à Nicolas Sarkozy, lors de la présidentielle de 2007, et l’UMP est arrivée nettement devant le PS aux élections européennes de 2009. M. Vauzelle, 66 ans, réélu député des Bouches-du-Rhône en 2007, ancien maire d’Arles et ancien garde des sceaux de François Mitterrand (1992-1993), l’avait emporté avec une majorité relative en 1998, ce qui avait donné au Front national l’espoir de conquérir la région lors du scrutin suivant. C’est en fait l’UMP et son chef de file marseillais, Renaud Muselier, qui avaient pâti, en 2004, du très bon score du FN (22,9 %) au premier tour. Michel Vauzelle l’avait emporté avec 45 % des suffrages, obtenant cette fois une large majorité au conseil régional.

Laurence Vichnievsky (Europe Ecologie)

C’est incontestablement l’une des plus belles prises du mouvement Europe Ecologie. Novice en politique, l’ex-juge d’instruction de l’affaire Elf au tribunal de Paris avec Eva Joly est tête de liste régionale. Mme Vichnievsky, 54 ans, n’est pas estampillée « Verte ». Les débuts de campagne de la magistrate, aujourd’hui avocate générale près la cour d’appel de Paris, l’ont plutôt installée dans un rôle de « Madame anticorruption ». Une image qu’elle veut compléter en plaidant, notamment, pour le redéploiement sur le logement social des 70 millions d’euros de subventions du conseil régional au projet de réacteur nucléaire ITER de Cadarache (Bouches-du-Rhône).

Jean-Marie Le Pen (FN)

Les régionales sont sans doute la dernière compétition électorale du président du FN, 81 ans. En 2004, il n’avait pas pu se présenter, faute d’une domiciliation en PACA. C’est Guy Macary, aujourd’hui allié à Jacques Bompard, qui avait porté les couleurs du FN, recueillant 22,95 % des voix au 1er tour, 21 % au second. M. Le Pen aura sans doute du mal à réaliser de tels scores. Selon le sondage TNS Sofres/Logica réalisé les 8 et 9 février pour Le Monde, France 2, France 3 et France Inter, il serait crédité de 13 % des intentions de vote. Un niveau suffisant pour se maintenir au second tour. La liste de l’ex-FN Jacques Bompard, maire d’Orange, est créditée de 2 % des intentions de vote.

Catherine Levraud (MoDem)

C’est à cette ancienne militante des Verts, passée au MoDem à l’occasion des municipales de 2008, que revient la tâche difficile de conduire la liste du parti de François Bayrou, dans une région où l’affrontement gauche-droite laisse peu de place aux centristes. Catherine Levraud, 49 ans, médecin hospitalier, est entrée chez les Verts en 1987 et a été adjointe au maire d’Arles de 1995 à 2008. Elue conseillère régionale en 2004, elle a été présidente du groupe des Verts et apparentés de 2005 à 2007 et appartient toujours à ce groupe. Après avoir rejoint le MoDem, elle a été candidate du parti centriste aux élections municipales de 2008, à Arles.

Thierry Mariani (UMP)

Le député du Vaucluse, 51 ans, a été choisi comme tête de liste régionale de la majorité présidentielle en PACA, après la défection d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la défense et maire (UMP) de Toulon. Conseiller général du Vaucluse de 1988 à 2001, réélu conseiller régional en 2004, M. Mariani a été constamment réélu à l’Assemblée nationale depuis 1993. Proche de Nicolas Sarkozy, il est surtout connu pour ses prises de position radicales sur l’immigration. Il a été rapporteur à l’Assemblée nationale de toutes les lois sur le sujet depuis 2002. En septembre 2007, il avait fait adopter un amendement au projet de loi sur l’immigration de novembre 2007, imposant un test ADN aux étrangers candidats au regroupement familial. Sous les précédentes mandatures, Thierry Mariani s’était illustré par ses combats contre les 35 heures, le Pacs, les rave-parties et la Gay Pride.

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Le Front national, maître du jeu

Le Monde – 23/02/2010

Jean-Marie Le Pen, le 10 mai 2009, lors d'une conférence à Marseille. AFP/GERARD JULIEN

Thierry Mariani (UMP) face à Jean-Marie Le Pen (FN) : tel est le principal « match » des élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur. De l’issue de cette confrontation au premier tour dépendra largement l’hypothèse – qui paraît aujourd’hui probable – d’une réélection de Michel Vauzelle, président (PS) du conseil régional depuis 1998.

Si le Front national – que les sondages créditent d’au moins 13 % des intentions de vote – est en position de se maintenir et provoque une triangulaire, comme en 2004, on voit mal comment M. Mariani pourrait l’emporter. Le second tour serait plus ouvert si le FN reste en deçà du seuil des 10 % de suffrages exprimés.

La droite avait fondé quelque espoir dans la présence d’une liste concurrente d’extrême droite conduite par le maire d’Orange (Vaucluse), Jacques Bompard. Mais ce dernier ne semble pas en mesure – en tout cas à lui seul – d’empêcher le FN d’accéder au second tour.

En raison de la personnalité des deux adversaires, cette confrontation UMP-FN, dans une région où l’électorat d’extrême droite pèse de longue date, prend une signification qui dépasse les seuls enjeux locaux. En choisissant M. Mariani comme tête de liste régionale – après la défection d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la défense et maire (UMP) de Toulon -, Nicolas Sarkozy a misé sur la poursuite de sa stratégie de 2007. Elle lui avait permis, en développant les thématiques adéquates, de « siphonner » (y compris en PACA) les voix d’extrême droite dès le premier tour de l’élection présidentielle. Proche du chef de l’Etat, M. Mariani – fort peu présent au conseil régional dont il est élu depuis 2004 – s’est surtout fait connaître en défendant à l’Assemblée nationale des positions radicales en matière d’immigration et de sécurité. « Je n’ai pas un parcours centriste », confirme M. Mariani, rappelant volontiers qu’il a été « rapporteur de toutes les lois sur l’immigration depuis 2002 ».

Près de trois ans après l’élection de M. Sarkozy, dans quel état d’esprit sont les électeurs d’extrême droite ? Sont-ils prêts à suivre de nouveau l’UMP, incarnée cette fois par M. Mariani ? Ce dernier concède qu’une « forme de déception » prévaut parmi les anciens électeurs frontistes « sur la sécurité et l’immigration ». L’impact du débat sur l’identité nationale, qui leur était destiné, reste une inconnue : « Il y a autant de gens qui pensent que ça nous profite que l’inverse », indique M. Mariani.

M. Le Pen, dont c’est très probablement le dernier combat électoral, s’est efforcé d’enfoncer le clou, le 13 février, en qualifiant M. Sarkozy de « roi de l’impuissance », et en dénonçant son « incapacité de tenir les promesses qu’il fait de façon péremptoire et énergique ». Tête de liste FN dans les Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier se dit persuadé que « les électeurs en ont marre d’avoir été enfumés par celui (M. Sarkozy) qui leur avait promis d’appliquer le programme du FN ». « Après le ras-le-bol de déception, c’est le ras-le-bol d’action », assure M. Ravier, pour signifier que l’électorat d’extrême droite reviendrait au vote FN après avoir été tenté par l’abstention.

Cette partie-là étant loin d’être gagnée, la droite espère que d’autres facteurs joueront en sa faveur. « Les choses sont en train de changer. La situation s’envenime à gauche », affirme ainsi le député Bernard Deflesselles, chef de file de l’opposition au conseil régional et tête de liste UMP dans les Bouches-du-Rhône. Méthode Coué ?

En PACA comme ailleurs, les partis de gauche vont évaluer leurs forces respectives au premier tour d’un scrutin qui pourrait amorcer une possible recomposition. A ce jeu, le PS devrait conserver une nette prééminence.

Fort de sa position de sortant, M. Vauzelle mise sur la conjonction de la candidature Le Pen et d’un vote sanction à l’échelle nationale, et se contente de surfer sur son bilan. Ses conseillers tiennent à disposition une revue de presse des paroles aimables qu’ont prononcées à son égard des maires de droite, après réception de subventions du conseil régional : le fruit de « la recherche continuelle de consensus », dont s’enorgueillit le président de région.

L’ancien ministre de la justice de François Mitterrand (1992-1993) veut donner l’image d’un républicain de nouveau capable de « faire voter à gauche » une région de droite, afin de la préserver d’un « risque de dissolution de la société française ». La tentation séparatiste n’est pas très loin. « La région est un petit pays », dit M. Vauzelle. Loin de la capitale et loin du PS, ce « parti de jacobins et de conseillers généraux, où on est mal aimé ». « On a gagné en 1998 et 2004, mais personne ne s’est interrogé. On va encore gagner sans qu’aucune leçon n’en soit tirée », soupire M. Vauzelle.

Afficher cette tranquille assurance permet au député socialiste d’écarter d’un revers de main tout ce qui pourrait brouiller son image. Les affaires ? « Marseille a toujours eu une réputation désagréable, mais il y en a partout. Je crois être quelqu’un de très honnête », réplique M. Vauzelle. Ce dernier précise qu’il avait pris l’initiative de porter plainte dans l’affaire qui a valu à l’un de ses anciens directeurs de cabinet ainsi qu’à plusieurs cadres du conseil régional d’être mis en examen pour « détournements de fonds publics, escroqueries et abus de confiance » (Le Monde du 7 décembre 2009).

Une égale sérénité est officiellement de mise au PS, lorsqu’on évoque la candidature concurrente de l’ancienne juge d’instruction, Laurence Vichnievsky, aujourd’hui avocate générale près la cour d’appel de Paris et tête de liste régionale des Verts-Europe Ecologie. Ses débuts difficiles semblent avoir apaisé les tensions initiales, qui avaient surgi après que la candidate eut semblé donner de son parachutage l’allure d’une mission anticorruption.

Concentrant désormais ses critiques sur le « saupoudrage » des aides du conseil régional, Mme Vichnievsky note que « la vie n’est qu’un éternel compromis ». La répartition des postes et le règlement des pommes de discorde – comme le dossier des transports, ou le soutien apporté par le conseil régional au projet de réacteur de fusion nucléaire ITER – dépendront, eux aussi, des résultats du premier tour.

Jean-Baptiste de Montvalon
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