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Régionales : PS et Verts jouent au poker menteur

Le Figaro – 25/02/2010

À deux semaines du scrutin, les écologistes font monter les enchères et les socialistes s’agacent de leur attitude.

La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, chef de file en Île-de-France, en campagne, jeudi matin, dans la capitale. Au PS, on s'agace d'une possible présence des écologistes au second tour.

La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, chef de file en Île-de-France, en campagne, jeudi matin, dans la capitale. Au PS, on s'agace d'une possible présence des écologistes au second tour. Crédits photo : AFP

L’écart est fait. Talonnés par les écologistes lors des élections européennes de juin 2009, les socialistes sont en passe de retrouver, à l’occasion des régionales de mars, leur prééminence à gauche. Dans la plupart des régions, les enquêtes d’opinion promettent au moins dix points d’écart entre les deux listes, martèle-t-on, avec soulagement, Rue de Solferino. Mais dans beaucoup de régions, les Verts devraient dépasser le seuil des 10 % nécessaires pour se maintenir au second tour et donc négocier chèrement leur ralliement. Voire, ils pourraient vouloir se maintenir. Conclusion : une montée d’adrénaline est prévisible au lendemain du premier tour, lorsqu’il faudra organiser la fusion des listes.

À deux semaines du premier tour, les enchères commencent déjà à monter. Au PS, on s’agace de l’attitude de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, qui brandit l’éventualité que les listes écologistes se maintiennent à certains endroits. «Il faudra qu’elle explique la signification de tout cela, pourquoi elle expose des régions à la possibilité d’une victoire de la droite», prévient le porte-parole Benoît Hamon. «Ce serait une étape supplémentaire dans la division de la gauche qui serait sévèrement sanctionnée par les électeurs.»

Rue de Solferino, on explique que le durcissement de la campagne des écolos est lié aux tensions entre partisans et adversaires de l’autonomie en 2012. «Les régions ne peuvent pas être tributaires des querelles internes des Verts», prévient Benoît Hamon.

Au-delà des déclarations de campagne qui sont autant de coups de poker, il y a des situations locales qui rendront plus ou moins difficiles les fusions de liste. Techniquement, ce sont les têtes de liste dans chaque région qui négocieront les fusions sur la base du rapport de force issu du premier tour. Les états-majors pourront appeler à la raison les uns et les autres, mais ils n’auront pas la main sur les listes à déposer.

Il y a d’abord les cas très particuliers. En Languedoc-Roussillon, «la situation est tendue», reconnaît-on. Verts et socialistes se battent à couteaux tirés pour être en mesure de défier, au second tour, le président sortant, Georges Frêche. En Alsace, les écologistes pourraient aussi devancer les listes PS. Un proche de Martine Aubry commente ces sondages favorables aux Verts : «Si j’étais cynique, je dirais que cela peut nous être utile. Si les Verts ont besoin de nous dans une région, ça va faciliter les négociations ailleurs entre les deux tours.»

Mais ailleurs aussi, les points d’achoppement ne manquent pas. Notamment sur la question énergétique, par exemple en Bourgogne, sur le pôle nucléaire, ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur, sur le financement d’Iter. Dans d’autres régions, le contentieux remonte aux élections précédentes. Ainsi en 2004, la fusion avait échoué en Midi-Pyrénées et Champagne-Ardenne, ce qui avait privé les écologistes d’élus dans ces régions.

Enfin, dans quelques endroits, la campagne locale conduit les socialistes et leurs challengeurs à durcir le ton. Par exemple en Poitou-Charentes, la tête de liste Verts Françoise Coutant regrette que la présidente sortante, Ségolène Royal, ait «débauché» des écologistes pour être candidats derrière elle. De fait, la présence de ces trois ex-Verts rendra difficile la fusion. Dans les rangs socialistes pictocharentais, personne n’a envie de devoir encore faire de la place entre les deux tours.

Mais dans l’urgence des négociations, qui ne dureront que peu de temps puisque les listes pour le second tour seront déposées le mardi 16, l’envie d’en découdre pourrait bien céder la place à l’envie d’être élu. Avant de partir en autonomes, les Verts compteront leurs chances.

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