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Un marqueur identitaire de la gauche

La Marseillaise – 26/02/2010

Front de gauche. Près de 300 personnes ont participé au débat sur la politique culturelle de la région.

Débat culture à la friche mercredi soir. Photo MLTHOMAS

Curiosité à l’égard de ce nouvel objet politique qu’est le Front de gauche? Recherche d’un espace progressiste renouvelé? Désir de confronter les champs de la culture et ceux de la politique? En tous cas, ils étaient très nombreux à avoir répondu à l’invitation des listes conduites par Jean-Marc Coppola, mercredi soir à la Friche de la Belle-de-Mai. Près de trois cent acteurs de la vie  culturelle régionale ont échangé pendant plus de deux heures sur les enjeux des prochaines régionales mais aussi et surtout sur la place de la culture dans la société.

« Elle n’est pas un secteur parmi d’autres, a souligné en introduction Alain Hayot, vice-président de PACA en charge de la culture. Elle donne le sens à toute l’action publique. Vecteur d’émancipation humaine, d’appréhension et de transformation du monde, de construction du vivre ensemble dans une société de liberté, la culture est un marqueur identitaire de la gauche ». Il rappelle les grandes étapes de son mandat. « Ce fut un combat » lance-t-il « pour donner du sens à nos actions, définir des priorités, lutter contre le clientélisme et la pratique détestable  des dossiers signalés véritable soumission du culturel à l’égard du politique, nous battre pour obtenir des moyens supplémentaires ».

Mettre en commun nos expériences

S’il n’est pas contesté, ce bilan aiguise les réflexions de nombreux intervenants qui dressent un état sans concession de l’intervention culturelle. « Que faut-il inventer pour que la culture ne fonctionne pas selon les règles du marché? », s’interroge le responsable d’un lieu culturel des Hautes-Alpes qui souhaite qu’elle s’insère toujours plus « dans l’économie sociale et solidaire ». « Nous devons travailler à mettre en commun nos expériences », à partager l’expertise, ajoute un participant qui estime « que les professionnels de la culture ont des responsabilités vis-à-vis des gens ». Un autre évoque l’indispensable travail avec les comités d’entreprises.
Un comédien marseillais témoigne de la difficulté grandissante de vivre de son métier, alors qu’une syndicaliste souligne les conséquences dramatiques de « la précarité » de l’emploi culturel et redoute « la disparition de nombreux artistes ». « C’est une question majeure, confirme Alain Hayot, rappelant que ce secteur « est structurant pour l’économie régionale » et qu’il est urgent « de sécuriser les parcours professionnels ».
Le responsable du théâtre du Sémaphore de Port-de-Bouc s’inquiète de la suppression de la compétence générale pour les collectivités et craint « la fin de la co-construction des projets ». « Si la réforme est votée, nous ne pourrons plus conduire de politiques volontaristes, confirme Jean-Marc Coppola. Avec  la proposition d’une « conférence permanente de l’art et de la culture » – lire ci-dessous – il s’agit « de permettre à tous les acteurs d’avoir prise sur l’élaboration et la mise en œuvre des choix. Nous réfléchissons à lui adjoindre un budget participatif. »
Plus globalement, un metteur en scène marseillais considère que
« la culture sert à appréhender et à questionner le monde ». En écho, un autre intervenant estime que « la culture est attaquée » car on veut museler « les empêcheurs de tourner en rond ». Si plusieurs participants affichent leur déception du programme socialiste en matière de culture, d’autres s’interrogent sur la spécificité du front de gauche, sur son « utilité ». « Comment tenir dans ce marasme sans sacrifier une utopie humaniste? » ajoute l’une d’entre eux.

La gauche a besion d’être musclée, de retrouver ses valeurs

« Le front de gauche n’est ni une affaire de circonstance ni une simple alliance électorale, remarque Alain Hayot. Notre ambition n’est pas de diviser la gauche mais au contraire de susciter un débat en son sein afin de dépasser la panne politique et théorique qui l’a menée plusieurs fois dans le mur ». Pour l’élu régional, « la gauche a besoin d’être musclée, de retrouver ses valeurs. Les luttes sont importantes mais ne suffisent pas. Nous voulons redonner des perspectives politiques, rouvrir l’espoir. »

CHRISTIAN DIGNE

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