Paca : le Front national se pose en arbitre du scrutin

Le Figaro – 26/02/2010

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Le socialiste Michel Vauzelle est donné favori en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour autant, Thierry Mariani (UMP) ne s’avoue pas vaincu.

Jean-Marie Le Pen , tête de liste FN en Paca, est crédité de 16% d'intentions de vote.

Jean-Marie Le Pen , tête de liste FN en Paca, est crédité de 16% d'intentions de vote. Crédits photo : AFP

Le Front national sera une nouvelle fois l’arbitre des élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). Dans cette région où toutes les grandes villes sont ancrées à droite, et où 36 députés sur 40 sont des élus de la majorité, le conseil régional est présidé, depuis 1998, par le socialiste Michel Vauzelle, qui brigue cette année un troisième mandat. La région Paca demeure l’un des derniers bastions du FN (26,64 % des voix aux régionales à un tour de 1998, 21,01 % en triangulaire au second tour en 2004), et même si Jean-Marie Le Pen, qui conduit la liste FN, est en recul avec 16 % des intentions de vote dans le dernier sondage Ifop pour Paris Match, La Provence et Public Sénat, une nouvelle triangulaire, le 21 mars, paraît inévitable.

Pour son dernier combat électoral, Le Pen, 81 ans, mène principalement une campagne nationale et martèle que «la réforme des retraites va se faire sur le dos des retraités», qui représentent 25 % des électeurs en Paca. Une autre liste d’extrême droite, conduite par le maire d’Orange, l’ex-FN Jacques Bompard (Ligue du Sud), ne lui fait pas d’ombre. Elle est créditée de 1 % des voix.

Après le retrait de l’homme fort du Var, Hubert Falco (UMP), secrétaire d’État aux Anciens Combattants, l’UMP a choisi comme chef de file régional le député du Vaucluse Thierry Mariani, spécialiste des questions de sécurité et d’immigration. Comme l’avait fait Renaud Muselier en 2004, Thierry Mariani tend la main aux électeurs frontistes, qu’il «respecte», en leur disant : «En votant Front national, vous aboutirez une fois de plus à faire élire la gauche. Car, à chaque élection, Michel Vauzelle est sauvé par son meilleur complice, Jean-Marie Le Pen.» Rudy Salles, le seul député Nouveau Centre de Paca (Alpes-Maritimes), a le même mot d’ordre : «Le vote utile, c’est dès le premier tour, en faveur de nos listes.»

L’élu vauclusien peut compter sur la mobilisation des deux ministres du département, Christian Estrosi et Hubert Falco, qui font la course à l’échalote pour que les listes de la majorité arrivent en tête dans les Alpes Maritimes et le Var. Le maire de Toulon, Hubert Falco, qui a fait salle comble en accueillant le premier ministre, François Fillon, le 12 février, lors d’un meeting de soutien à Mariani, tiendra dix-sept réunions publiques d’ici au premier tour.

Le sénateur maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, attaque résolument Michel Vauzelle, qui «veut entrer en résistance contre le pouvoir central en prenant pour cible Nicolas Sarkozy et François Fillon» et qui «refuse tout débat» avec le chef de file régional de l’UMP. Marie-José Roig, la députée maire UMP d’Avignon, et Bernard Deflesselles, député UMP des Bouches-du-Rhône, soulignent que la négociation en vue de la fusion des trois listes de gauche (PS, Europe Écologie, Front de gauche) entre les deux tours sera «très difficile car leurs programmes ne sont pas compatibles».

Le MoDem à 2,5%

Créditée de quelque 13 % des voix, Laurence Vichnievsky, tête de liste d’Europe Écologie, parachutée en Paca, qui tutoie par ailleurs Nicolas Sarkozy, mettra des «conditions» à un accord de second tour, notamment pour que la région renonce à financer le projet Iter. À l’instar des Verts, la tête de liste du Front de gauche, Jean-Marc Coppola, vice-président PC de la région, fait partie des «dissidents» de la majorité sortante.

En dépit des attaques de l’UMP sur l’endettement de la région, la mauvaise gestion des TER et sur les affaires touchant son entourage, Michel Vauzelle n’a pas l’air inquiet. Tous les sondages le donnent gagnant au second tour. Prudent, le président sortant, qui veut attirer à lui «les déçus du sarkozysme», pilonne le chef de l’État qui veut «démolir les régions» avec la réforme territoriale et qui «joue avec le feu» avec le débat sur l’identité nationale.

Et sur les dix listes en lice le 14 mars, celle du MoDem, conduite par Catherine Levraud, n’obtiendrait que 2,5 % des voix, une vraie descente aux enfers pour le parti de François Bayrou.

Sophie Huet

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