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Michel Vauzelle tient la corde

Sud Ouest – 04/03/2010

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Michel Vauzelle, un sortant conforté par les sondages. (photo afp)

Michel Vauzelle, un sortant conforté par les sondages. (photo afp)

PACA. Menée par un dur de l’UMP, Thierry Mariani, la liste de droite craint une nouvelle triangulaire avec Jean-Marie Le Pen. Une situation qui ouvrirait un boulevard au président socialiste sortant, Michel Vauzelle

Ce devrait être son dernier combat électoral. À 81 ans, Jean-Marie Le Pen n’a aucune chance de le gagner. Il ne sera pas président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur au soir du 21 mars. Mais, sur ces terres où le FN a réalisé ses scores les plus spectaculaires, il est bien possible que son patron fasse une dernière victime : Thierry Mariani, le chef de file de l’UMP en Paca.

L’un après l’autre, les sondages accordent à la liste Le Pen un confortable score à deux chiffres au premier tour. En conséquence, une triangulaire au parfum mortifère se profile pour Mariani au deuxième tour. En 2004, dans des conditions similaires, son prédécesseur, Renaud Muselier, s’était cassé les dents sur les 21 % du frontiste Guy Macary et n’avait pu empêcher le socialiste Michel Vauzelle de rempiler pour six années de mandat.

Accrocheur, dynamique, héraut d’une droite décomplexée qui ratisse large sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité, Thierry Mariani balaie ce scénario défaitiste. « On me donne battu mais le deuxième tour sera une autre élection. L’enjeu, c’est de virer en tête au premier tour et d’avoir une dizaine de points d’avance sur le FN. Alors, tout sera possible », assure-t-il derrière le bureau de sa permanence de député à Orange, dans la circonscription qu’il détient depuis 1993.

L’homme enchaîne sans relâche les rendez-vous électoraux. Le soir même, il tient meeting dans la salle Alphonse-Daudet de la cité vauclusienne. Devant 200 militants acquis à sa cause, Mariani fustige l’« immobilisme » régional alimenté par les désaccords PS-Verts. Il s’appesantit sur les mises en examen de cadres de haut niveau du Conseil régional, l’ancien directeur de cabinet de Michel Vauzelle et l’ancien directeur général des services. « Il faudra que la justice fasse son travail. Dommage qu’elle ne le fasse pas plus vite », lance-t-il à propos d’une affaire de subventions à des associations fantômes qui fait tanguer le PS.

Des coups en campagne

Le ton est mordant. Il est à l’image d’une campagne où les inimitiés pour l’adversaire s’expriment sans fard. À l’image des moeurs politiques régionales, plutôt rudes sous le mistral. L’agressivité de l’UMP est d’autant moins contenue que la simple arithmétique électorale parle pour elle. En Paca, les votes se sont portés à 62 % sur Nicolas Sarkozy en 2007. La majorité présidentielle a envoyé 34 députés sur 40 au Palais-Bourbon. Elle détient la totalité des grandes villes : Marseille, Nice, Toulon, Aix-en-Provence, Avignon…

Réussir son pari serait un formidable tremplin pour Thierry Mariani. À 51 ans, ce parlementaire de l’arrière-pays ne fait pas d’ombre aux cadors du littoral, Jean-Claude Gaudin à Marseille, Christian Estrosi à Nice ou Hubert Falco à Toulon. C’est aussi pour cela qu’il a été choisi.

« Je représente un département qui pèse 11 % du corps électoral. C’est un handicap en matière de notoriété. C’est aussi un avantage », glisse-t-il dans un sourire sibyllin.

Vauzelle en résistant

En face, Michel Vauzelle se pose en résistant au sarkozysme ambiant. L’ancien garde des Sceaux, qui avait ravi le fauteuil à l’UMP Jean-Claude Gaudin en 1998, est peu disert sur son bilan. Il ne l’est pas plus sur son programme, dévoilé sur le tard. Il veut faire de son Conseil régional un refuge face à la « régression sociale », un refuge dédié « aux républicains sans considération d’étiquette, aux gens attachés au modèle de la Sécurité sociale et des services publics comme au maillage associatif ».

Michel Vauzelle en profite pour attaquer violemment la réforme des collectivités territoriales portée par le gouvernement, « ce retour aux gouverneurs d’avant les lois de décentralisation ». Le sortant y décèle les signes avant-coureurs de l’émergence de « deux personnages tout-puissants, le maire de Marseille et celui de Nice ».

Conforté par les sondages qui lui donnent grosso modo 10 points d’avance au second tour, Vauzelle doit composer avec une majorité éparpillée. En 2004, il était parti au combat à la tête de la coalition de l’Olivier, le rassemblement des gauches dès le premier tour. Le Front de gauche (PCF et Parti de gauche) et surtout Europe Écologie font cette fois entendre d’autres musiques.

Une juge chez les Verts

La surprise est venue des écologistes, qui ont porté à leur tête la magistrate Laurence Vichnievsky, ancienne consoeur d’Eva Joly à l’instruction et actuelle avocate générale à la cour d’appel de Paris. Varoise de coeur à défaut d’y être établie, Vichnievsky a débarqué avec une étiquette de « Madame Propre » qui tranche dans le paysage local et qui n’est guère goûtée par le PS. Elle s’est empressée de dénoncer le « saupoudrage » des aides du Conseil régional et, en creux, son clientélisme.

En position de se maintenir au second tour si elle obtient plus de 10 % des suffrages, Europe Écologie pourrait faire payer cher son ralliement d’entre-deux-tours. Pionnier de la friche culturelle Belle de Mai à Marseille et secrétaire départemental des Verts dans les Bouches-du-Rhône, Ferdinand Richard analyse le rapport de forces en fin connaisseur du biotope politique provençal. « Nous sommes le laboratoire d’idées du PS. C’est nous qui écrivons le programme », s’amuse-t-il. Mais il ne s’enflamme pas.

« On a fait 20 % aux européennes, mais 20 % de quoi ? À la Castellane, la cité où Zidane a grandi, il y avait 11 % de participation à 18 heures. Combien y aura-t-il de votants cette fois-ci ? » interroge-t-il. Une large partie du projet pour Paca dans les quatre ans qui viennent peut en dépendre.

Il y a surtout Iter et les TER

Parmi les dossiers emblématiques de Paca figure Iter, le sigle pour International Thermonuclear Experimental Reactor, un prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération. En construction à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, ce projet va mobiliser un personnel international de haut niveau. Il est vivement souhaité par le PS comme par la droite, mais rejeté par Europe Écologie, qui voudrait réinjecter dans un grand programme d’isolation thermique du logement social les crédits absorbés par Iter.

Les trains et la dispersion de l’habitat tiennent également le haut du pavé. Les TER de Paca ne sont pas loin d’un niveau de service catastrophique dans une région où les trajets domicile-travail s’allongent. Chacun s’accorde à dire qu’il faut y mettre bon ordre. Mais pour l’UMP comme pour le PS, il faut mener de front la bataille pour la ligne TGV de l’arc méditerranéen, de Gênes à Barcelone.

jean-denis renard

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