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Les régionales vues de Suisse, Sarkozy s’offre une interview, chronique (sombre) de campagne, remaniement en vue …

Une élection à mourir d’ennui

Le Temps/Courrier international – 03/03/2010

La campagne électorale pour les régionales ne passionne pas les foules, faute d’enjeux clairement déterminés. Reste à voir si ce grand sommeil perdurera jusqu’en 2012, année de la prochaine présidentielle.

Georges Frêche, président du conseil régional du Languedoc-Roussillon (ex-PS), Montpellier, le 23 janvier 2010

Georges Frêche, président du conseil régional du Languedoc-Roussillon (ex-PS), Montpellier, le 23 janvier 2010 - AFP

La France ronronne. En cette seconde moitié du mandat de Nicolas Sarkozy, le pays semble s’être assoupi dans une ambiance grisâtre, faite de demi-réformes qui n’intéressent plus grand monde, de statu quo malaisé, d’attente imprécise. Ce contexte explique en partie le peu d’intérêt que suscitent les élections régionales des 14 et 21 mars prochain. Celles-ci pourraient connaître une abstention record, proche de 50 %.

La réforme des collectivités territoriales, censée être la grande affaire de Nicolas Sarkozy en 2010, n’est même pas un sujet de campagne. Le président n’a pas osé supprimer les départements, trop nombreux et trop petits, mais auxquels les électeurs semblent attachés, et qui reflètent l’ADN révolutionnaire de la France moderne. A la place, il s’est contenté, comme souvent, d’un compromis où régions et départements cohabiteront, mais seront contrôlés par les mêmes élus, les conseillers territoriaux, siégeant dans deux Assemblées distinctes. Peu lisible, cette réforme ne mobilise pas, ne polarise pas. D’autant que, pour être sûr de ne fâcher personne, le gouvernement a enterré l’idée de fusionner entre elles certaines régions superflues. A quelques exceptions près, ces territoires restent des « machins » administratifs, sans identité forte. Leurs missions – promotion économique, transports, gestion des lycées et d’une partie de l’aide sociale – s’accroissent constamment, mais restent peu exaltantes.

Faute de mieux, les régions sont avant tout les symboles d’un Etat providence qu’on ne veut pas tailler, ce que confirment les sondages, donnant les socialistes largement gagnants. Au pouvoir dans 20 régions sur 22, ils font campagne en pères tranquilles, promettant de protéger leurs administrés des plans de rigueur ourdis par l’Etat central. Certains, à droite, ont bien tenté de présenter les régions de gauche et leur « folie fiscale » comme les véritables facteurs du dérapage des dépenses publiques. Mais l’analyse ne tient pas. Pour l’essentiel, ce ne sont pas elles, mais les comptes de la Sécurité sociale et de l’assurance-maladie qui sont responsables du creusement vertigineux de la dette française.

Aussi, faute de combat d’idées, l’affrontement électoral se concentre sur des personnages secondaires : Ali Soumaré, l’espoir des banlieues [tête de liste socialiste dans le Val-d’Oise], interpellé sur son casier judiciaire ; Marouane Chamakh, le buteur de Bordeaux recruté par François Bayrou pour éviter une déroute dans le Sud-Ouest [il figure en 13e position, donc non éligible, sur la liste départementale du MoDem en Gironde]. La plus considérable de ces figures locales est Georges Frêche, le président de Languedoc-Roussillon, exclu du Parti socialiste (PS) pour des propos douteux sur Laurent Fabius, les supplétifs algériens de l’armée française ou le nombre de Noirs dans l’équipe nationale de football. Avec sa mégalomanie et son intempérance verbale, le problématique Frêche incarne à lui seul les excès et les potentialités du système régional. Sous son règne, le Languedoc est devenu l’une des régions les plus dynamiques de France (on ne peut pas en dire autant de son parent pauvre, le Roussillon, accolé au sein de la même entité). Mais il incarne aussi le clientélisme, le populisme et l’autoritarisme des barons locaux qui dominent les régions. Georges Frêche a su transformer son exclusion du PS en combat de la province contre les états-majors parisiens. Mais, ailleurs, les affrontements sont beaucoup plus feutrés et le thème de la révolte des régions contre la capitale n’anime pas la campagne.

Le résultat des régionales passionnera d’abord les fans de politique : élus, universitaires, journalistes, sans oublier les quelques millions d’électeurs les plus concernés. Ils y scruteront la modification des équilibres entre grandes forces : le PS conforté dans son statut de parti des régions, la droite assise sur un bon tiers de l’électorat, mais minoritaire au second tour, l’émergence des écologistes et l’effondrement – ou pas – de François Bayrou. L’intérêt réel du scrutin sera de préparer le terrain pour l’affrontement décisif, la présidentielle de 2012. Quels enseignements Nicolas Sarkozy tirera-t-il de sa défaite annoncée aux régionales ? Tout dépendra de l’ampleur du désaveu. Mais on prête déjà au chef de l’Etat l’intention de se réinventer sous la forme d’un nouveau personnage, plus consensuel, prudent, soucieux de ne pas brusquer une société qu’il juge à la fois fragile et prompte à la violence. Si l’hypothèse se confirme, l’irrépressible ennui que dégagent ces élections régionales n’offre peut-être qu’un avant-goût des années à venir. La politique française risque de ronronner encore longtemps.

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Nicolas Sarkozy s’offre une interview la veille des régionales

L’Express – 05/03/2010

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Le président de la République doit s'exprimer dans le Figaro Magazine à la veille des régionales.

REUTERS/Charles Platiau Le président de la République doit s'exprimer dans le Figaro Magazine à la veille des régionales.

La gauche est en bonne position pour réaliser le Grand chelem le 21 mars prochain. Pour éviter la déroute, le Président de la République va monter lui-même au créneau. Il s’exprimera dans les colonnes du Figaro magazine, la veille du premier tour. Le PS apprécie peu.

Mis à mal dans les sondages, l’UMP va recevoir un soutien de poids. Selon Le Parisien, le « chef de l’Etat a prévu d’accorder une interview au Figaro Magazine » du 13 mars.

Intervenir à la veille du premier tour des régionales est un pari risqué pour le président de la République. Il en a néanmoins le droit comme l’indique le ministère de l’Intérieur.

« C’est la panique »

Interrogé par L’EXPRESS.fr, François Lamy, bras droit de Martine Aubry, s’indigne: « Sarkozy se cache pendant toute la campagne et mène une campagne insidieuse. Ce n’est pas digne d’un chef d’Etat. » Il revient sur les contradictions du chef de l’Etat: « Soit, il mène campagne ouvertement, en affirmant publiquement son soutien aux candidats UMP, soit il ne fait rien. » Il rappelle que »cette interview intervient après le recadrage de Valérie Pécresse à l’Elysée et après des déplacements en province pour soutenir des candidats. »

Pour Claude Bartolone, « quand un président a un comportement aussi hétéroclite, c’est que c’est la panique ». Selon le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, « cette intervention va, encore une fois, être très durement jugée ». Il souligne que « cette fébrilité de Sarkozy en campagne est mal vue par les Français ». Selon le député PS, cette intervention servira « à mobiliser l’électorat de droite, déçu par le sarkozysme, qui n’ira pas jusqu’à voter à gauche, mais qui pourrait s’abstenir le week-end prochain ».

Par Delphine Dyèvre, Marcelo Wesfreid

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Le maire, son discours et le secrétaire d’Etat

Blog Le Parisien/Ca reste entre nous – 28/02/2010

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Le maire de la commune s’est mis sur son « 31 ». Costume impeccable, manteau bleu nuit, cravate assortie et chaussures qui brillent. Ce matin-là, il reçoit un ministre. Enfin, un secrétaire d’Etat, en campagne pour les élections régionales. Pour le maire, c’est un grand jour. Une demi-heure avant le début de la réunion dans la salle des fêtes, il est fébrile. Il relit son discours. Ca fait sûrement des jours et des jours qu’il y travaille. Il l’explique d’ailleurs à la députée de la circonscription, en lui annonçant qu’il compte parler entre 5 et 6 minutes. « Pas question, le coupe-t-elle, deux maximum, On n’a pas le temps ». Décontenancé, le maire replonge dans son texte, dont il va devoir gommer les références historiques et les envolées lyriques. Il est contrarié, ça se voit. Le secrétaire d’Etat arrive, avale un café, écoute ce qu’on lui dit d’un air distrait. Les sondages sont mauvais, il a sa tête des mauvais jours. La réunion commence. Le maire bredouille son discours, improvise pour faire plus court, reprend son texte pour la conclusion, sur laquelle il a dû tant et tant souffrir: « un passé assumé, un présent revendiqué, un avenir prometteur » dit-il. Ca ne veut pas dire grand chose, mais il trouve que ça sonne bien. La parole est à la députée, aux présidents, vice-présidents, responsables divers. La réunion est terminée. Le maire veut montrer sa commune d’un peu plus près au secrétaire d’Etat, mais celui-ci répond aux questions d’un journaliste avant de repartir vers d’autres aventures électorales. C’est fini. A quoi pense-t-il, le maire de la commune? Est-il fier, déçu, frustré de n’avoir pas pu montrer davantage le travail de son équipe, ni finir son beau discours? Mystère. La scène se déroulait samedi matin à Azay-sur-Cher, en Indre-et-Loire, avec Hubert De La Cruz dans le rôle du maire, Claude Greff dans celui de la députée, Hervé Novelli dans celui du secrétaire d’Etat en campagne. Elle aurait pu se passer à la même heure partout en France, là où sont les milliers d’élus locaux qui font marcher la France, à raison de trois fois 35 heures par semaine et un smic par mois. Voire moins.

Béatrice Houchard

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Remaniement ?

Jean-François Achilli/Le Blog – 05/03/2010

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Que va-t-il se passer après les élections régionales ? Y aura-t-il un remaniement ?

Remaniement ?La question en tous les cas fait trembler les ministres. L’un d’eux, en campagne dans sa région hier, a poussé ce cri du cœur: « Oh comme c’est dur », a-t-il confié, « qu’est-ce que c’est difficile, ça s’est cristallisé, les votes sont figés. J’ai beau courir les meetings, ça ne vient pas, ça va être… terrible ».

Ils sont huit membres du gouvernement à être « têtes de listes régionales ». Vous ajoutez douze autres membres candidats plus ou moins exposés, dont tout de même sept « têtes de listes départementales ». Vous imaginez: ils sont vingt à être engagés dans la bataille. La moitié du gouvernement. Ce qui a d’ailleurs fait jaser: comment peut-on bien faire son job à Paris et mener campagne en même temps. C’est à se demander si, pour certains, « ministre » est un vrai boulot …

Un seul d’entre eux, d’ailleurs, y croit encore : Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération, engagé en Franche-Comté. Tiens, Nicolas Sarkozy s’y rend – par hasard – mardi prochain pour y parler du chômage. Le chef de l’Etat et ses experts réfléchissent même à une interview dans la presse avant le 1er tour, le Figaro Magazine est sur les rangs.

L’Elysée étudie le scénario du pire: le grand chelem socialiste, zéro victoire pour la majorité, avec donc les ministres battus le 21 mars au soir. Un conseiller présidentiel explique que le chef de l’Etat ne voudra pas remanier dès le lendemain. Il prendra le temps de consulter. Il ne faut pas céder à la panique et affaiblir les réformes en cours, comme celle des retraites. Si en revanche un ou deux ministres sont élus, ils seront élevés au rang d’intouchables et pourraient rester à la fois au gouvernement et à la tête de leurs régions, ce qui n’était pas prévu au départ.

Les autres ne devraient pas nécessairement être virés, sauf si la règle du 60/40 s’applique. A savoir que si le ministre est battu est au-dessus de 40%, sa défaite sera considérée comme « acceptable ». S’il ne dépasse pas les 30 ou 35%, il sera susceptible d’être remplacé. Nicolas Sarkozy ne pourra pas repartir avec une équipe de perdants. Il lui faudra envoyer un signal aux Français. Changer de Premier ministre? Pas de chance: François Fillon est plus populaire que lui dans les sondages. « C’est la prime à celui qui ne fait rien », s’irrite régulièrement le chef de l’Etat. Mais… pas touche. Si Nicolas Sarkozy remanie, ce devrait donc être à la marge, façon haute couture. « Mais avec lui, rien n’est jamais sûr », faisait remarquer hier un secrétaire d’Etat, qui a un peu la trouille…

Une défaite aux régionales serait un handicap pour la présidentielle en 2012. Mais attention: Martine Aubry et le PS ont leurs propres ennuis, au premier rang desquels le combat des chefs à gauche, ce ne sera pas simple. Au final, cette bérézina que redoute la majorité – attendons tout de même les résultats – ouvrirait la voie à une présidentielle… exceptionnelle ! Avec des concurrents dans les deux camps, une élection où rien ne sera écrit à l’avance, et où tout sera possible.

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