TER saccagés (2 articles)

 

A Nice, le train des polémiques sécuritaires ne s’arrête pas

Le Monde – 08/03/2010

Les délinquants qui ont saccagé sept trains en gare de Nice, le 24 janvier, n’imaginaient pas que cet acte de vandalisme s’inscrirait dans la campagne des régionales. Si la polémique sécuritaire est un rituel de campagne, pour la première fois Eric de Montgolfier s’est invité dans le débat. Le procureur de Nice a vivement réagi à la mise en cause de la justice par Eric Ciotti, le président UMP du conseil général des Alpes-Maritimes.

La « non-incarcération » d’un des auteurs présumés du saccage de dizaines de voitures de TER, de TGV, ou de trains grandes lignes à l’arrêt en gare de Nice, dans la nuit du 23 au 24 janvier, pour un préjudice évalué à plus de 500 000 euros par la SNCF, a suscité la « stupéfaction » et la « colère » de M. Ciotti, dans Nice-Matin, samedi 6 mars. Un homme de 20 ans, suspecté d’avoir participé à ces actions, a été mis en examen, vendredi, pour « dégradations en réunion » et laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Surnommé par un militant « le plus sécuritaire d’entre nous », M. Ciotti, député, secrétaire national de l’UMP chargé des problèmes de sécurité, a saisi l’occasion. « Je peux mesurer la lassitude qui gagne les policiers qui mettent régulièrement leur vie en danger pour arrêter des malfaiteurs, face à une telle attitude. Notre pays ne pourra s’épargner un grand débat sur la réforme de la procédure pénale. »

Contacté par Le Monde, M. de Montgolfier rétorque que l’on ne doit pas se servir de la justice à des fins électorales : « Nous sommes tributaires des lois votées par le Parlement, dont M. Ciotti est membre. Il sait qu’on ne peut à la fois voter la loi et lui demander de la violer. En matière de détention provisoire, quel que soit le besoin exprimé au nom de l’opinion publique, on ne peut pas s’asseoir sur la loi. »

L’affaire n’en est pas restée là puisqu’un deuxième saccage ferroviaire a eu lieu. Vendredi 5, un train parti de Saint-Raphaël est arrivé en gare de Nice avec 27 vitres brisées. Le préfet des Alpes-Maritimes, Francis Lamy, a demandé à la SNCF d’installer des caméras de surveillance dans les gares de son département et les trains qui y circulent, cibles du vandalisme.

Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a estimé de son côté qu’« il est du devoir de la direction de la SNCF que davantage de moyens humains et techniques soient enfin mobilisés pour éviter que de tels actes se reproduisent sur le réseau TER ».

Avant d’être installées dans les gares, les caméras scrutent les rues niçoises. Ce n’est pas le fruit du hasard si Christian Estrosi, maire UMP de Nice, devait inaugurer, lundi matin, un centre ultramoderne de vidéosurveillance. Le centre de supervision urbain de nouvelle génération, qui pilote 250 caméras, en contrôlera plus de 600 d’ici à la fin 2010. Avec ces moyens, alliés à la géolocalisation des patrouilles, « Nice devient la ville la mieux équipée de France », selon le ministre de l’industrie, qui entend faire de sa cité « une ville plus sûre ». M. Estrosi s’appuie sur une baisse de la délinquance de plus de 7 % de janvier 2009 à janvier 2010.

M. de Montgolfier ne critique pas cet équipement, « à condition de prendre quelques précautions afin qu’il n’y ait pas d’abus et d’erreurs ». Le procureur estime cependant que seule une « présence policière dans les rues de Nice, plus que des caméras, peut décourager la délinquance ».

Paul Barelli

Un train de polémiques

Métro – 07/03/2010 

Un train en gare de Nice

Photo : AFP

L’unique suspect du saccage des trains en gare de Nice a été laissé en liberté. Cette décision met en « colère » le président du Conseil général. Le procureur dénonce une dérive électoraliste. 

Décidemment, le saccage de sept trains en gare de Nice n’en finit pas de créer la polémique. Sitôt les faits révélés, fin janvier, le président du Département avait accusé la Région et son président, Michel Vauzelle, de « refuser d’apporter des réponses concrètes à l’insécurité pour des raisons idéologiques ». 

Jeudi 4 mars, l’affaire a rebondi avec l’interpellation d’un premier suspect. Il a été mis en examen par un juge d’instruction mais laissé libre en attendant son procès. 

« Je ne peux qu’exprimer ma stupéfaction et ma colère devant la non-incarcération de l’auteur présumé du saccage » a dénoncé immédiatement Eric Ciotti, qui était dernièrement rapporteur de la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2) à l’Assemblée nationale. 

La réplique du procureur a aussitôt dénoncé « la réaction qu’au mépris de la loi et du principe de séparation des pouvoirs, a cru pouvoir publier M. Ciotti, élu et faiseur de lois qui plus est ». Joint hier par téléphone, Eric de Montgolfier rappelait que « la liberté est le principe et la détention provisoire l’exception ». 

Et le procureur de conclure : « le mieux, pour tous, est de respecter nos lois, même s’il est des périodes où la recherche des électeurs offre la tentation de s’en écarter ». Le premier tour des régionales, c’est dimanche. 

Michel Bernouin

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