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Le monde judiciaire massivement mobilisé

Nouvel Obs – 09/03/2010

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Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris, Bordeaux, Nice, Toulon et Marseille, contre la « casse » de la justice.

Manifestants contre la "casse" de la justice à Paris, mardi 9 mars.

AFP

A l’appel d’une vingtaine de syndicats et d’organisations, plusieurs milliers d’avocats, magistrats, agents des services judiciaires et pénitentiaires ont manifesté mardi 9 mars à Paris et plusieurs centaines à Bordeaux, contre la « casse » de la justice, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Les libertés ne sont pas en solde »

Les manifestants, estimés à 2.300 par la préfecture de police, étaient partis vers 14h45 du Palais de justice de Paris derrière une banderole proclamant « la justice est en danger : unissons-nous ». Une autre banderole des avocats disait « pas de justice sans défense, pas de justice sans indépendance« .
Certains portaient des pancartes sur lesquelles était par exemple écrit « non à une justice aux ordres » ou encore « les libertés ne sont pas en solde » tandis que d’autres criaient des slogans comme « à ceux qui veulent enterrer les affaires, la justice répond on ne laissera pas faire ! » ou « justice au pas, on en veut pas ».
« On assiste à une casse de l’institution judiciaire, doublée d’une tentative de reprise en main », a assuré à l’AFP le président du syndicat des avocats de France, Jean-Louis Borie.
La manifestation parisienne se dirigeait vers 16h00 vers le ministère de la Justice, où une délégation doit être reçue.
Les manifestants souhaitent notamment protester contre la réforme de la procédure pénale, qui prévoit de supprimer le juge d’instruction et de confier toutes les enquêtes aux procureurs, magistrats du parquet subordonnés à la chancellerie. Les conditions de la garde à vue sont également visées.

Une « justice au service des citoyens »

A Marseille, l’ancien ministre de la Justice Michel Vauzelle (PS), actuellement en campagne pour sa réélection à la présidence du conseil régionale de Provence-Alpes Côte d’Azur, est venu soutenir les quelques 200 manifestants rassemblés devant le Tribunal de grande instance pour défendre « la justice au service des citoyens ».
« Depuis que nous avons un gouvernement qui donne de moins en moins de moyens pour travailler aux magistrats, notre justice est un instrument montré du doigt par les institutions européennes », a-t-il déclaré.
« On est le pays des droits de l’Homme et on a une justice en très mauvais état : manque de magistrats, manque de personnes, manque de moyens », a-t-il ajouté, qualifiant la situation de « catastrophique ».
Derrière la réforme de la procédure pénale, Michel Vauzelle a jugé qu’il y avait « la culture du président de la République, qui est un homme d’autorité, et qui donc, ne voit pas du tout pourquoi ceux qu’il a traité de ‘petits pois’, c’est-à-dire les magistrats du pays, ne seraient pas aux ordres ».
« On est surtout venus pour appeler l’opinion publique à se mobiliser pour défendre leur justice afin de garantir à chacun le droit d’être jugé dans la dignité », a déclaré Emmanuel Poinas, du syndicat FO des magistrats.

Report d’audience

A Nice, une cinquantaine de personnels de la justice étaient réunis en début d’après-midi devant le palais de justice, où une banderole avait été déployée proclamant: « Justice en danger ».
Ils avaient placé devant l’entrée du palais de justice « un étendoir à lois » où un certain nombre de textes de loi ont été suspendus avec des pinces à linge.
A Toulon, entre 150 et 200 manifestants se sont réunis en fin de matinée sur les marches du palais de justice ou l’intégralité des audiences du tribunal pour enfants et du tribunal d’instance ont été renvoyées.
Quelque quatre cents magistrats, auditeurs de justice, avocats et agents des services judiciaires et pénitentiaires, selon la police, cinq cents selon les syndicats, ont manifesté devant le TGI de Bordeaux.
Derrière une banderole, « justice en danger, auditeurs mobilisés », environ deux cents cinquante auditeurs de justice (des élèves magistrats de l’Ecole nationale de la magistrature de Bordeaux), selon les manifestants, se sont joints à la protestation aux côtés de magistrats des différentes juridictions (tribunal d’instance, tribunal de grande instance, cour d’appel et tribunal administratif).

« Problèmes d’effectifs »

« La justice est une administration qui ne tient que par la vocation et l’implication de ses membres », a indiqué à l’AFP le délégué régional de l’Union syndicales des magistrats et vice-procureur d’Angoulême, Gilles Fon rouge qui, comme quelques-uns de ses confrères, arborait sa robe de procureur.
De son côté, le représentant régional de la CFDT justice, Jean-Paul Latanier, a dénoncé « la souffrance au travail » notamment du fait « des problèmes d’effectifs ». « Rien que pour le TGI de Bordeaux, il manque 20 greffiers et fonctionnaires », a-t-il précisé.
A Agen, une centaine de manifestants selon les organisateurs, soixante-quinze selon la police, ont organisé un pique-nique sur les marches du palais de justice et ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire, « La justice en danger, unissons nous ». Il n’y a pas eu d’audience au TGI D’agen.

nouvelobs.com avec AFP

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