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National: extraits interview Nicolas Sarkozy (Le Figaro), hagiographie de François Fillon (Le Monde)

 

Sarkozy : pas de remaniement avant la réforme des retraites

Le Figaro – 11/03/2010

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Crédits photo : Élodie Grégoire pour le Figaro Magazine Crédits photo : ELODIE GREGOIRE

EXCLUSIF – Une «nouvelle étape politique» envisageable après la réforme des retraites, des mesures importantes sur l’identité nationale annoncées en avril : dans une interview au Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy confie ce qu’il prépare dans les mois à venir. Extraits.

Sur son rôle dans la campagne régionale

Le président de la République se défend de s’être engagé dans cette campagne, y compris pendant ses déplacements en province .«Je n’ai pas donné de consigne de vote et je ne le ferai pas. Mais convenez qu’il serait étrange que je sois le seul à ne pouvoir expliquer l’enjeu des élections régionales !». Quant à l

a convocation des chefs de file de la campagne en Ile-de-France, le président s’agace de «ces polémiques permanentes qui font perdre un temps précieux à la France» :«Qu’y a t-il d’étonnant à ce que je rencontre des élus d’Ile-de-France alors que je suis moi même un élu de cette région depuis 1977 ?». Préoccupé par le taux record d’abstention annoncé pour ce scrutin, Nicolas Sarkozy demande aux Français d’aller voter : «C’est aussi un devoir civique».

Sur les conséquences du scrutin

« Je serai bien sûr attentif à ce que les Français diront». Mais Nicolas Sarkozy est très clair : «Le scrutin des 14 et 21 mars est un scrutin régional : ses conséquences seront donc régionales». Insistant sur la nécessité d’une certaine stabilité pour l’action gouvernementale, le président cite en exemple le record de longévité de Christine Lagarde – seule ministre à être citée dans l’interview – au ministère des Finances : deux ans et demi. Le président envisage peut-être une «nouvelle étape» mais seulement après la réforme des retraites – un texte devrait etre deposé au parlement en septembre – , même s’il n’exclut pas d’ici là «quelques adaptation gouvernementales».

Sur le débat sur l’identité nationale

Se défendant d’avoir arrêté le débat sur l’identité nationale avant les régionales, Nicolas Sarkozy promet

«des mesures importantes» qu’il annoncera en avril. Citant la phrase de Claude Lévi-Strauss «l’identité n’est pas une pathologie», le président estime utile pour le rassemblement du pays de «réfléchir ensemble à la direction vers laquelle doit aller notre nation, à son projet, à ses valeurs».

Sur la politique économique et fiscale

Persuadé que la statégie économique actuellement suivie portera ses fruits dès 2010, notamment en matière d’emploi, le président est en revanche préoccupé par la question des deficits publics. « La vérité, c’est que nous tenons la dépense publique et que c’est la crise qui a fait chuter nos recettes fiscales» analyse-t-il. Mais hors de question d’augmenter les impôts, promet-il une nouvelle fois, «ni aujourd’hui, ni demain». «Je ne crois pas à une politique de rigueur qui n’a jamais fonctionné et qui est contre-productive». Le président n’a cependant pas renoncé à l’idée d’une «TVA sociale» – expression qu’il réprouve – car il faut continuer à réfléchir au moyen de financer la protection sociale autrement qu’en taxant le travail. La taxe carbone verra aussi le jour, après une concertation au niveau national et européen.

Sur la réforme des retraites

A l’issue des concertations avec les syndicats, le gouvernement fera des propositions pour qu’un texte soit déposé au Parlement en septembre. Nicolas Sarkozy rappelle son engagement : la réforme concernera les 21 millions de salariés du privé et les 5 millions du public. Et si allongement de la durée de cotisation il doit y avoir, elle concernerait aussi bien le privé que le public. En revanche, sur le mode de calcul des retraites (sur la base des six derniers mois dans le public et des 25 meilleures années dans le privé), le président rappelle que les primes des fonctionnaires ne sont pas intégrées alors qu’elle le sont dans le privé. «Tous ces éléments doivent être sur la table».

Sur la popularité de François Fillon et un deuxième mandat.

«S’il n’était pas populaire, on me dirait : il faut le changer. S’il l’est, on me dit : c’est un problème pour vous. Tout cela, ce sont des conjectures vaines. Mon seul problème, c’est de mener à bien les réformes qu’attendent les Français. N’essayez pas de créer des problèmes là où il n’y en a pas». Quant à sa décision de se réprésenter en 2012, Nicolas Sarkozy repète que la question est prématurée. «Je prendrai position à la fin de 2011, en tenant compte d’un certain nombre de critères collectifs et personnels».

Avenir des réformes, autres grands chantiers, politique d’ouverture dossier brûlant du nucléaire… Retrouvez l’intégralité de l’interview de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine à paraître vendredi 12 mars. .

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François Fillon, l’équilibriste

Le Monde – 11/03/2010

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REUTERS/© Olivier Pon / Reuters - François Fillon, le 4 février 2010 à Mérignac, dans le sud de la France.

Le voilà arrivé au moment dangereux. Celui où la popularité du premier ministre paraît faire de l’ombre au président. Où de Gaulle décida de congédier Pompidou, où Pompidou se sépara de Chaban-Delmas et où Mitterrand renvoya Rocard.François Fillon était d’un naturel prudent. A 56 ans, il est devenu méfiant. Sourd à ceux qui s’étonnent des divergences sur la politique économique entre Elysée et Matignon. Indifférent aux flatteurs qui lui imaginent un destin présidentiel. Muet quand le sérail espère des confidences. « Il était introverti, s’amuse un sarkozyste, mais même avec de bons sondages, il sait bien qu’il ne doit pas toucher au grisbi ! »

La consigne a donc été donnée au sein même de Matignon : la popularité du premier ministre est une bonne nouvelle, mais elle ne doit pas devenir une source de tension avec l’Elysée. Prière de ne pas la commenter. A un journaliste qui se plaignait de ne pouvoir lui parler, le premier ministre a prévenu : « Vous n’avez rien vu ! » Il a refusé à plusieurs reprises de recevoir Le Monde. Son vieil ami, Jean de Boishue, qui continuait à distiller dans l’anonymat les formules assassines sur l’Elysée, a été tancé par M. Fillon :

« – C’est toi ?
– Oui.
– Alors, arrête de dire des conneries ! »

Même le secrétaire d’Etat au commerce, Hervé Novelli, s’est vu rappelé à l’ordre. A la mi-février, il avait eu l’imprudence d’expliquer sur Europe 1 qu’au cas où Nicolas Sarkozy renoncerait à se présenter en 2012 « François Fillon s’imposerait naturellement » comme candidat de la droite. Le lendemain, le premier ministre le croise… dans les toilettes de l’Assemblée nationale. Sourire bienveillant mais ton ferme : « Hervé, ne t’emballe pas ! »

La couverture de l’hebdomadaire Le Point qui, dans son édition du 4 mars, titrait avec provocation « Le président Fillon » a suscité autant de ravissement que de terreur au sein de la majorité. « C’est de l’ordre de la construction intellectuelle et du coup journalistique, assène Myriam Lévy, la directrice de la communication du premier ministre. Il n’y a aucun acte particulier qui puisse justifier une telle affirmation. »

Pressé de commenter son nouveau statut, mardi 9 mars sur le plateau du « 20 heures » de France 2, François Fillon n’a pas molli. « C’est de la science-fiction », a-t-il rétorqué, avant d’ironiser sur ces « commentateurs » qui l’ont tant piqué jusque-là : « Il y a deux ans, j’étais inexistant, il y a six mois j’étais sur le point de démissionner, et aujourd’hui je suis présidentiable. Tout cela n’a pas de sens ! » Fermez le ban.

Même lorsque les divergences sont grandes, François Fillon s’acharne à les gommer. Le 25 janvier, sur TF1, Nicolas Sarkozy affirmait avec superbe : « Vous verrez, le chômage va commencer dès cette année à reculer. » Un mois plus tard, le premier ministre, qui redoute au contraire une série de plans sociaux au lendemain des élections régionales, a été contraint de corriger l’optimisme du président, mais avec force contorsions.

La crise chez Total, début mars, a suscité les mêmes divergences et la même discrétion de François Fillon. Informés depuis janvier du projet de fermeture, par le pétrolier, de sa raffinerie de Dunkerque, Matignon et Bercy avaient donné leur accord au plan de reclassement des 370 salariés du site.

Avant que Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, et Raymond Soubie, conseiller social du président, tenaillés par un Nicolas Sarkozy paniqué par les mauvais sondages sur les élections régionales, n’obligent l’entreprise à modifier par trois fois la date de son comité d’entreprise. Prudemment, François Fillon a ensuite décidé de ne pas s’en mêler.

A Matignon, les sarkozystes ne sont pas traités en ennemis, mais presque en espions.

Le publicitaire Thierry Saussez, propulsé par le président de la République à la tête du service d’information du gouvernement, continue de rencontrer chaque semaine Nicolas Sarkozy pour organiser la communication sur les réformes. M. Fillon, dont il devrait normalement dépendre, préfère lui envoyer ses collaborateurs plutôt que le recevoir lui-même. « Je ne suis pas de sa maison. Il se méfie encore », constate M. Saussez. Quand aux ministres les plus proches du président, le premier ministre s’agace encore de les voir consulter – à l’instar de Christian Estrosi – le plus souvent l’Elysée en négligeant Matignon. Mais ses agacements restent volontairement feutrés.

Les ministres chargés de l’économie, autour de Christine Lagarde, savent qu’ils tiennent en François Fillon le meilleur soutien à leurs rappels à la rigueur budgétaire. Mais ils déplorent parfois qu’il ait si peu de poids. Frédéric Mitterrand, nommé à la culture par la seule volonté du prince, ne tarit plus d’éloges sur le premier ministre : « Au départ, je pense qu’il était sceptique sur ma nomination, moi le cultureux d’ouverture. Nos relations ont changé lorsque j’ai été pris dans la tourmente médiatique. Il a été un soutien formidable, attentif », s’enthousiasme-t-il. Mais le ministre de la culture décrit sans fard la réalité : « Le premier ministre gouverne. Je le consulte beaucoup. Mais je vois Sarkozy sur les dossiers délicats, comme la numérisation et pour les nominations. » L’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin observe avec malice que les grands arbitrages continuent d’être rendus à l’Elysée, du grand emprunt aux collectivités territoriales en passant par les listes des candidats de la majorité aux élections régionales !

Sa popularité, François Fillon, parlementaire expérimenté, l’a gagnée auprès des groupes UMP du Sénat et de l’Assemblée, largement composés d’hommes et de femmes élus il y a plus de quinze ans. Ces grognards lassés d’être bousculés par Nicolas Sarkozy et nostalgiques d’un Jacques Chirac qui savait si bien les flatter ont trouvé en François Fillon « un pédagogue, rond et jamais cassant », selon le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

Le premier ministre convie régulièrement, par petits groupes, des parlementaires à déjeuner à Matignon. Mais son charme reste celui des modérés. Et les convives ont vite compris que le pouvoir reste à l’Elysée. « Il a plutôt une relation de fraternité que d’autorité avec les parlementaires, reconnaît M. Raffarin. Ce n’est pas auprès de lui que les élus vont négocier mais chez M. Guéant. »

Tout se passe, au fond, comme si sa popularité n’avait pas modifié l’attitude du premier ministre. « Il a trente ans de vie politique dans les pattes, soutient son amie Roselyne Bachelot, il en a vu les tours et les détours. Ce qui le sauve de l’enfer de Matignon est son sang-froid et l’humour féroce qu’il garde sur lui-même. » Ce qui le « sauve » surtout, c’est son habileté d’équilibriste, gestionnaire de ses dossiers, mais sans revendication face à l’omniprésence présidentielle.

M. Fillon avait théorisé, bien avant sa nomination, l’effacement du premier ministre au bénéfice du seul chef de l’Etat dans le cadre du quinquennat. Il continue de la mettre en application. D’un naturel introverti et réservé, M. Fillon a pris soin, dès le lendemain de l’élection présidentielle de mai 2007, de ne jamais se plaindre. De ne jamais revendiquer. Et d’avaler les couleuvres sans rechigner. Il lui a fallu un an et demi pour obtenir que son entretien hebdomadaire avec M. Sarkozy, le mercredi avant le conseil des ministres, ait lieu en dehors de la présence du secrétaire général de l’Elysée, M. Guéant, dont les manières de vice-président l’agace. « Lorsque Fillon parle du président, remarque Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, il n’est jamais dans la vindicte, mais il y a toujours une distance, un peu ironique. » « C’est difficile d’être en crise avec Fillon », souligne son ami Roger Karoutchi.

Evidemment, le premier ministre paraît moins souffrir. Cette sciatique qui était apparue après ses premiers mois à Matignon, comme la manifestation somatique la plus claire de son exaspération, n’est pas revenue. Il s’est remis au sport, trois heures de gym par semaine, bat la campagne et fait recette. Les députés le disent « heureux ». Lui, le « Mister Nobody « , comme l’avaient aimablement surnommé les conseillers de Nicolas Sarkozy, est enfin reconnu. Mais face à cette popularité, il n’a commis aucune imprudence. Mi-février, quelques journalistes avides de recueillir ses confidences s’étaient précipités pour accompagner le chef du gouvernement en Syrie et en Jordanie. Las, après trois jours de voyage, les curieux sont repartis avec leurs carnets vides. Pas un éclair d’ambition dévoilé.

Son épouse, Pénélope, une Galloise rencontrée en 1970 au lycée de Sablé-sur-Sarthe, est à son image : discrète à l’excès. « Parce qu’on reconnaît mon mari, je marche souvent de l’autre côté de la rue », a-t-elle un jour confié au journal anglais The Sunday Telegraph. Elle a bien entrepris d’organiser à Matignon, une fois par mois, des dîners réunissant une dizaine d’industriels, d’intellectuels ou d’artistes, mais au premier écho dans la presse, elle s’est inquiétée que son initiative soit mal interprétée. Et lorsqu’elle décrit son mari, elle s’attache autant à souligner ses différences avec le président qu’à gommer toute rivalité : « Il est plus calme que Nicolas Sarkozy, conscient de la nécessité du dialogue et du compromis. Mais contrairement à beaucoup d’hommes politiques, ce n’est pas un tueur. »

François Fillon, pour sa part, se refuse à évoquer l’avenir. Même une éventuelle campagne pour prendre la Mairie de Paris en 2014 est un sujet tabou. « Il ne s’organise pas. Il s’y intéresse de manière variable », affirme Claude Goasguen, député UMP de la capitale. « Il a la capacité, les compétences, l’harmonie nécessaire pour aller à des combats difficiles. Mais ce qui lui manque pour le moment, c’est l’envie », regrette Roger Karoutchi. « Il a beaucoup de mal à organiser des réseaux autour de lui », reconnaît le président du Sénat, Gérard Larcher.

Sa discrétion est sa méthode : « Nous sommes des gens bien élevés. Nous n’aimons pas nous exposer. C’est vulgaire », affirme son entourage avec une pointe de snobisme. Son arme reste pour l’heure l’absence cruelle de vrais concurrents pour son poste. La meilleure garantie de sa longévité. Lorsqu’il arrive au président d’envisager de changer de premier ministre, il n’est jamais parvenu, jusqu’ici, à donner avec enthousiasme la réponse à la question : « Par qui remplacer François Fillon ? »

Raphaëlle Bacqué et Sophie Landrin

 

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