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Michel Pezet : « Donner du pouvoir aux Régions »

La Provence – 12/03/2010

Michel Pezet fut le premier président de la Région Paca. Photo Sophie Spitéri

Il fut, entre 1981 et 1986, le premier président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. À 67 ans, Michel Pezet, ancien député PS, toujours conseiller général des Bouches-du-Rhône, a pris du recul sur la politique. Avocat au barreau de Marseille, il a plaidé la semaine dernière en faveur de la Licra, dans le procès intenté contre le FN et ses affiches. Mais il n’a « pas envie d’être situé dans le cadre des régionales ».

Comment expliquez-vous le peu d’intérêt des électeurs pour ces régionales ?
Michel Pezet :
Cette campagne est jouée d’avance dans l’esprit des gens. Ce manque d’intérêt et d’identification pour la Région me chagrine énormément. Mais, c’est la même chose pour les Européennes, les politiques ne se réveillent qu’au moment des élections. Et font une campagne nationale, plutôt que de parler du quotidien ou de valoriser les bienfaits de la décentralisation.

– Fallait-il mettre l’accent sur la réforme des collectivités ?
M.P. :
Michel Vauzelle s’est agité sur ce sujet grave, mais pas le PS national. C’est un grand ratage, d’autant que si cette réforme se fait, il y aura un contentieux constitutionnel sur la privation des compétences générales inscrites. Sans compter que la création des métropoles va impliquer la reconstruction du système. Alors qu’il y a urgence sur l’emploi, c’est n’importe quoi.

– Que s’est-il passé, en 30 ans, pour en arriver à cette remise en cause du système actuel ?

M.P. : Il y a trop de lourdeurs administratives. Il faut réfléchir aux financements croisés. Mais recentraliser, c’est inquiétant. Quand je présidais la Région, l’idée était d’en faire une administration de terrain. On a réveillé les régions. On mangeait un sandwich entre midi et deux, mais on s’éclatait. Puis on a eu les lycées et il a fallu de plus en plus de concertation avec les services de l’État. On est tombé dans la gestion et on a perdu en efficacité.

– Que préconisez-vous ?
M.P. : Il faut donner plus de pouvoirs et de moyens aux Régions. Arrêter le scrutin départemental qui ne donne pas assez de hauteur de vue aux conseillers régionaux. Ils ont besoin de prérogatives plus larges pour travailler sur des projets structurants. Au lieu de cela, la réforme va faire bouger les colonnes d’un temple qui s’écroule. C’est une mascarade.

– Avez-vous envie de revenir aux affaires ?
M.P. : Parfois, la moutarde me monte au nez et j’ai envie de m’investir plus. Mais j’ai été président. Je vais plutôt me représenter aux cantonales 2011.

Propos recueillis par François Tonneau 

Il fut, entre 1981 et 1986, le premier président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. À 67 ans, Michel Pezet, ancien député PS, toujours conseiller général des Bouches-du-Rhône, a pris du recul sur la politique. Avocat au barreau de Marseille, il a plaidé la semaine dernière en faveur de la Licra, dans le procès intenté contre le FN et ses affiches. Mais il n’a « pas envie d’être situé dans le cadre des régionales ».

Comment expliquez-vous le peu d’intérêt des électeurs pour ces régionales ?
Michel Pezet :
Cette campagne est jouée d’avance dans l’esprit des gens. Ce manque d’intérêt et d’identification pour la Région me chagrine énormément. Mais, c’est la même chose pour les Européennes, les politiques ne se réveillent qu’au moment des élections. Et font une campagne nationale, plutôt que de parler du quotidien ou de valoriser les bienfaits de la décentralisation.

– Fallait-il mettre l’accent sur la réforme des collectivités ?
M.P. :
Michel Vauzelle s’est agité sur ce sujet grave, mais pas le PS national. C’est un grand ratage, d’autant que si cette réforme se fait, il y aura un contentieux constitutionnel sur la privation des compétences générales inscrites. Sans compter que la création des métropoles va impliquer la reconstruction du système. Alors qu’il y a urgence sur l’emploi, c’est n’importe quoi.

– Que s’est-il passé, en 30 ans, pour en arriver à cette remise en cause du système actuel ?

M.P. : Il y a trop de lourdeurs administratives. Il faut réfléchir aux financements croisés. Mais recentraliser, c’est inquiétant. Quand je présidais la Région, l’idée était d’en faire une administration de terrain. On a réveillé les régions. On mangeait un sandwich entre midi et deux, mais on s’éclatait. Puis on a eu les lycées et il a fallu de plus en plus de concertation avec les services de l’État. On est tombé dans la gestion et on a perdu en efficacité.

– Que préconisez-vous ?
M.P. : Il faut donner plus de pouvoirs et de moyens aux Régions. Arrêter le scrutin départemental qui ne donne pas assez de hauteur de vue aux conseillers régionaux. Ils ont besoin de prérogatives plus larges pour travailler sur des projets structurants. Au lieu de cela, la réforme va faire bouger les colonnes d’un temple qui s’écroule. C’est une mascarade.

– Avez-vous envie de revenir aux affaires ?
M.P. : Parfois, la moutarde me monte au nez et j’ai envie de m’investir plus. Mais j’ai été président. Je vais plutôt me représenter aux cantonales 2011.

Propos recueillis par François Tonneau

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