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Le monde 12 mars 2010 : second tour, sondage, enjeux locaux, électorat de droite et négociations PS-EE (4 articles)

Le PS virerait en tête au premier tour des élections régionales

Le Monde – 12/03/2010

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A quelques encablures du premier tour des élections régionales, dimanche 14 mars, le Parti socialiste et Europe Ecologie grignotent encore quelques points supplémentaires dans les intentions de vote exprimées par les Français, selon la troisième vague de sondage (PDF) réalisée par TNS Sofres-Logica pour Le Monde, France-Inter, France 2 et France 3, les 9 et 10 mars.

Le PS s’empare ainsi de la première place, avec 30 % des voix, passant devant l’UMP et ses alliés (Nouveau Centre, CPNT, MPF), qui recueillent 29 % des voix.

Gain de 2 points pour les socialistes et les écologistes

Les listes socialistes sont créditées d’un gain de 2 points par rapport à la vague de sondage précédente, réalisée les 1er et 2 mars.

Le gain est également de 2 points pour les listes d’Europe Ecologie, qui totalisent désormais 14 % des intentions de vote. Elles sont certes encore un peu éloignées de leur score historique des élections européennes de juin 2009 (16,3 %), mais s’en rapprochent.

L’union gauche-écologistes majoritaire dès le premier tour

A la « gauche de la gauche », le Front de gauche (alliance entre le PCF et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon) connaît un tassement, perdant 1,5 point à 5,5 % des intentions de vote.

Réunies, les listes de gauche (PS, divers gauche, Front de gauche) et des écologistes sont majoritaires face à celles de la droite dès le premier tour, avec 51 % des intentions de vote. En 2004, les partis de  gauche et les écologistes qui étaient unis dès le premier tour avaient totalisé 40,3 % des voix

Les listes de la majorité présidentielle et divers droite recueillent, quant à elles, 30 % des intentions de vote pour le 14 mars, soit un repli de 1 point. En 2004, au premier tour, la droite avait totalisé 36,63 % des voix.

A l’extrême gauche, les listes du Nouveau Parti anticapitaliste demeurent stables, à 1,5 % des voix, et celles de Lutte ouvrière en légère progression (2 % des voix, soit un gain de 0,5 point).

A l’extrême droite, le Front national retrouve son niveau de début février, avec 8,5 % des intentions de vote. En 2004, lors des précentes élections régionales, il avait recueilli 15,05 % des voix.

Quant au MoDem, il progresse légèrement à 4,5 % des intentions de vote (+ 0,5 point).

Un peu plus d’intérêt pour le scrutin

L’intérêt exprimé par les Français pour ces élections s’est légèrement accru à l’approche du vote. Une majorité des personnes interrogées (54 %) se déclarent désormais intéressées par le scrutin. La proportion n’était que de 45 % début février.

L’intérêt est très majoritaire à gauche (62 %), alors que le désintérêt est majoritaire (51 %) à droite.

Un vote d’abord sur des enjeux locaux

Les Français confirment qu’à leurs yeux l’enjeu de ces élections est avant tout local. Ils sont 59 % à dire qu’ils voteront « en fonction de problèmes locaux », contre 38 % qui le feront « en fonction des problèmes nationaux ».

Début février, 52 % seulement disaient que leur vote serait déterminé par les problèmes locaux, contre 45 % par des problèmes nationaux.

Pour autant, la volonté d’« exprimer [une] désapprobation à l’égard du gouvernement et de Nicolas Sarkozy » gagne un peu de terrain : 33 % des personnes interrogées se disent dans cet état d’esprit, contre 31 % début février.

L’intention d’utiliser le bulletin de vote pour exprimer un « soutien » à l’exécutif reste quant à elle stable à 14 %, quand 48 % des personnes interrogées (contre 51 % lors du précédent sondage) disent que leur opinion à l’égard du gouvernement et de M. Sarkozy « n’aura pas d’influence » sur leur vote.

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Les enjeux locaux dominent le scrutin régional

Le Monde – 12/03/2010

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Comment les Français perçoivent-ils l’impact du résultat des élections régionales sur leur région et sur le pays ? Malgré une faible mobilisation et un intérêt limité pour ces élections, celles-ci ne sont pas totalement anodines aux yeux d’une large majorité.

Les personnes interrogées sont 69 % à estimer qu’elles auront un impact sur la situation de leur région. Et elles sont encore plus de la moitié (57 %) à penser que cette influence s’exercera aussi sur la situation générale du pays.

Les transports, l’une des compétences obligatoires des régions et l’un de leur premier poste budgétaire, sont le plus fréquemment cités. Près des trois quarts (73 %) des personnes interrogées et plus de 80 % des électeurs potentiels du PS et d’Europe Ecologie estiment que le résultat du scrutin aura un effet sur les transports dans leur région. Viennent ensuite les services publics (70 %), l’environnement (64 %), la fiscalité (59 %) et la sécurité (51 %).

Sous la barre des 50 %, on trouve « la politique de Nicolas Sarkozy », dont 42 % seulement pensent qu’elle sera influencée par le résultat des élections, la situation de l’emploi en France (37 % et 42 % chez les électeurs potentiels de l’UMP), la future réforme des retraites (31 %), le pouvoir d’achat (26 %).

Les Français semblent donc prendre cette élection pour ce qu’elle est : un scrutin local, non dépourvu d’effets sur la situation politique du pays et la santé du gouvernement mais centré sur des enjeux ciblés : transports, services publics, environnement.

Ce sont d’ailleurs prioritairement ces thèmes qui influenceront leur vote. Au moment de se rendre aux urnes, les personnes interrogées penseront d’abord à la situation des transports publics dans leur région (69 %), puis à l’environnement (67 %), aux transports (66 %), à la fiscalité régionale (63 %), à la situation de l’emploi (58 %), à la sécurité (56 %), au pouvoir d’achat (51 %).

Moins d’une personne interrogée sur deux (48 %) cite comme « important dans leur vote » « la politique menée par le gouvernement et Nicolas Sarkozy », mais c’est le cas de 59 % des électeurs potentiels du Front de gauche, 55 % de ceux du PS et 51 % de ceux de l’UMP. Enfin, 47 % tiendront compte de la future réforme des retraites.

Sur l’utilisation du produit des impôts locaux par les conseils régionaux, un thème dont la droite a fait l’un de ses principaux arguments de campagne, la satisfaction est très majoritaire. Quelque 62 % des personnes interrogées, y compris les électeurs potentiels de l’UMP (57 %) et du FN (55 %), jugent que leur argent a été bien utilisé par les conseils régionaux sortants.

Christine Garin

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Artisans, commerçants, paysans : l’électorat de la droite se dérobe

Le Monde – 12/03/2010

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C’est chez les « clientèles » électorales les plus favorables à la droite que la déperdition, à la veille des élections régionales, est la plus importante. Dans ces catégories, le pourcentage de soutien à Nicolas Sarkozy s’établit certes à 48 % chez les artisans, commerçants et chefs d’entreprise et à 47 % chez les agriculteurs, contre 37 % pour l’ensemble des Français, selon le baromètre IFOP-Journal du dimanche du mois de février.

Cependant, entre la mi-2007 et février 2010, la cote de popularité du chef de l’Etat chez les agriculteurs – qui avaient voté à 73 % pour M. Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle – a connu une chute vertigineuse, de 87 % à 47 %.

Selon l’enquête IFOP réalisée fin janvier auprès des professionnels du commerce, seuls 31 % d’entre eux se déclarent très ou plutôt satisfaits de la politique de M. Sarkozy à leur égard, contre 68 % d’avis contraires. Plus de la moitié (53 %) de l’échantillon consulté juge négativement l’assouplissement de la réglementation sur l’ouverture des magasins le dimanche, que le président de la République a pourtant fait passer aux forceps, malgré les réserves d’une partie de sa majorité.

La confiance dans l’action économique du gouvernement chez les dirigeants de petites entreprises enregistre la même érosion : selon la dernière vague du baromètre des TPE IFOP-Fiducial, réalisé fin janvier, ils n’étaient plus que 41 % à accorder leur confiance contre 65 % en juillet 2007. Six dirigeants de petites entreprises sur dix ne perçoivent pas de ligne directrice dans l’action du gouvernement, près de neuf sur dix estiment que celui-ci est prioritairement à l’écoute des très grandes ou grandes entreprises. Alors que plus de la moitié (54 %) des très petites entreprises porte en revanche un jugement positif sur l’action du conseil régional.

Bien que la majorité présidentielle cherche avant tout à mobiliser le coeur de son électorat pour le scrutin régional, celui-ci lui renvoie des signaux de détresse. Certaines mesures législatives emblématiques mises en oeuvre depuis le début du quinquennat sont sévèrement critiquées, le gouvernement étant accusé de ne pas en avoir mesuré les « effets pervers ».

Levées de bouclier

Les candidats de la majorité en campagne en font les frais. Dans les réunions publiques, les artisans et les très petits entrepreneurs dénoncent les conséquences de l’auto-entreprise, instituée par Hervé Novelli, le secrétaire d’Etat chargé du commerce, et dont le gouvernement ne cesse de vanter le succès. « Ça nous fait beaucoup de tort, c’est une concurrence déloyale », se plaignent-ils, accusant ce dispositif d’avoir entraîné « une légalisation du travail au noir ».

La loi de modernisation de l’entreprise (LME) suscite les mêmes levées de bouclier. « Les grands de la distribution ont trouvé immédiatement les moyens de la contourner. Mais, pour nous, ça s’est traduit par une multiplication des contraintes. On se tire une balle dans le pied », se plaint ainsi le patron d’une PME de la Manche. Les candidats de la majorité ne peuvent qu’en prendre note.

Patrick Roger
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Socialistes et Verts se préparent à des négociations rugueuses pour le second tour

Le Monde – 12/03/2010

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Comment négocier au plus serré tout en affichant une unité en béton pour le second tour des élections régionales ? Officiellement, tout le monde est serein. Au Parti socialiste comme à Europe Ecologie, on proclame une tranquillité à toute épreuve pour les négociations d’entre les deux tours. Les tensions auraient été apaisées par des contacts en amont.

Les négociations se dérouleront d’abord en régions avec une volonté partagée d’aboutir. Mais une « veille » sera assurée au niveau national. Aux manettes, côté PS, François Lamy, bras droit de Martine Aubry, Christophe Borgel, chargé des élections, et Claude Bartolone, responsable des relations extérieures ; côté écolo, pour les Verts, Jean-Marc Brûlé, responsable des élections, et Jean-Vincent Placé, numéro deux du parti ; et pour Europe Ecologie, Pascal Durand, délégué national, et André Gattolin, bras droit de Daniel Cohn-Bendit. Leur objectif : « Mettre de l’huile dans les rouages régionaux », selon François Lamy ; « veiller à ce que les négociations locales se passent dans le respect des uns des autres », renchérit Pascal Durand.

La réalité est moins rose. Les dernières semaines de campagne ont été émaillées d’incidents dans plusieurs régions. C’est le cas en Rhône-Alpes où Jean-Jack Queyranne a des relations tendues avec ses élus Verts ou en Midi-Pyrénées où, déjà en 2004, aucun accord n’avait été obtenu. On s’attend à des discussions ardues dans les régions où les socialistes ont passé des accords avec des écologistes indépendants. Comme en Bretagne, où Jean-Yves Le Drian a intégré des représentants de Bretagne écologie, et en Poitou-Charentes, où Ségolène Royal a été rejointe par trois élus sortants Verts. « Nous aussi, on a des socialistes sur nos listes. Mais la seule question, c’est : « Est-ce qu’on se rassemble ou pas ? » », prévient M. Durand. « Il y a eu beaucoup d’esbroufe. Depuis deux jours, on a éteint les feux un à un », assure M. Brulé.

Restent les points de désaccord programmatiques. Pour les Verts, pas question de ne pas tenir compte des signes envoyés par les électeurs. « Le PS doit comprendre qu’il faut cette fois-ci plus d’écologie dans le contrat de mandature », estime M. Placé. Certains dossiers régionaux continuent à achopper, tels l’ITER (projet de fusion thermonucléaire) en PACA, le nouveau réacteur nucléaire EPR en Basse-Normandie, la ligne grande vitesse en Aquitaine et la rocade de Rouen… autant de projets « productivistes » pour les écologistes, ou de développement régional pour les socialistes. « On n’en fera pas des points de blocage, mais on veut que ça avance », prévient M. Brûlé.

Mais c’est sur l’équilibre des majorités et la répartition des postes de responsabilité que les discussions seront les plus serrées. S’ils ne le claironnent pas, les dirigeants socialistes s’attendent à ce que ce scrutin engendre une nouvelle donne. Les rapports avec les « partenaires écologistes », en effet, vont changer de nature dès lors que ceux-ci auront confirmé leur capacité d’obtenir un score à deux chiffres.

Chez les écologistes, on précise que les discussions ne se passeront pas comme en 2004, avec des « petits postes et des budgets symboliques réservés aux partenaires ». « On demandera les transports, l’économie ou le budget, plus seulement l’environnement ou l’économie solidaire », insiste M. Brûlé. Au PS, on rappelle cependant qu’un accord « impose aussi aux écologistes un devoir de solidarité au sein de la future majorité »et qu’une « rigidité excessive des partenaires ne serait pas comprise par l’opinion ». Des rencontres informelles ont déjà permis de fixer les grandes règles. Les Verts ont obtenu que la proportionnelle soit appliquée, sans prime majoritaire régionale. Ils feront les mêmes demandes pour les postes de vice-présidents et les budgets affectés.

« Jusqu’ici tout va bien », disait une voix off dans le film La Haine. Mais « l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage », ajoutait son héros, Mathieu Kassovitz. M. Placé a passé la consigne à ses négociateurs : pas d’accord signé avant mardi 16 mars à midi et la réunion nationale prévue par les Verts. Le message de M. Lamy aux responsables régionaux du PS se veut sans ambiguïté : « Il y aura accord partout, c’est une obligation . »

Les négociations devraient être plus faciles avec l’autre partenaire, le Front de gauche. Au PS, on évoque « une culture commune du désistement » avec le PCF. Là aussi, des contacts ont été pris en amont et le principe de la proportionnelle sera appliqué. Mais on ne négociera pas une plate-forme commune. « On a un programme, celui du Front de gauche. On ira à la fusion et on continuera à défendre nos propositions tout au long de la mandature », précise Pierre Laurent, numéro un en Ile-de-France.

Jean-Michel Normand et Sylvia Zappi
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