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Régionales: Déjà 2012 ou juste une élection?

Lejdd – 14/03/2010

Les régionales auront-t-elles des conséquences sur 2012? (Reuters)

Le premier tour des élections régionales devrait être marqué par une abstention massive. Ce soir, selon les résultats, la droite voudra affirmer sa cohésion, et la gauche additionner ses chiffres pour souligner l’isolement du Président.

Avant-hier à Nice, Michel Vauzelle, président de la région Paca, a dévoilé la frustration des élus régionaux, simples prétextes d’un scrutin dont ils sont pourtant les acteurs. « C’est la dernière fois que vous invitez un président de région, a-t-il lancé sur Europe 1, ensuite vous inviterez les vrais vainqueurs, les chefs de parti. » Un zeste démago-girondine peut-être, la colère de Vauzelle? Sans doute. Mais compréhensible. Ce vétéran socialiste, qui ne s’intéresse plus guère à son parti, imagine déjà la rue de Solferino capitaliser sur son succès – le sien et celui de ses pairs, ces grands barons régionaux qui auront défendu leurs fiefs. Ce n’est pas le PS qui s’apprête à gagner les régionales, suggère Vauzelle, mais ses élus, entre prime au sortant et bonne gestion, qui auront sauvé la mise au parti!

C’est une version de l’histoire; pas sûr qu’elle fasse l’unanimité ce soir, après le premier tour, sur les plateaux télé. Car le système politico-médiatique a déjà tranché: cette élection régionale n’est lue que comme prologue à la séquence présidentielle: une manière d’agréger la droite pour protéger l’Elysée, vu de l’UMP; une occasion d’humilier le sarkozysme, et de le fissurer, vu de gauche. Les régions elles- mêmes n’ont pas eu droit de cité, au-delà des médias locaux. Et le taux de participation redouté, tragiquement bas, marque autant l’échec de la décentralisation française que le désintérêt pour la politique en elle-même.

Une moitié des électeurs risque de refuser le vote

C’est la première leçon decette élection, avant même le vote. La France reste jacobine, qui ne se vit pas d’autre enjeu que centralisé. La prégnance du président actuel (qu’il s’engage, puis fasse mine de se retirer, puis chapitre son camp et parle finalement à l’avant-veille du scrutin) joue son rôle. Mais l’obsession présidentialiste ne date pas de Nicolas Sarkozy, ni l’inflation verbale qui tient lieu de débat. Une fois encore, l ’élection se jouera moins dans les urnes que dans les médias, dans les commentaires et les narrations qui s’imposeront. Puisqu’une moitié des électeurs risque de refuser le vote, le véritable gain sera de propagande, quand chacun contera sa version de l’histoire. Le choix de Nicolas Sarkozy de re-régionaliser les débats, au moins verbalement, l’insistance des droites à parler du taux d’abstention, donnent un indice de la stratégie UMPist: ne pas faire de cette mésaventure probable un événement majeur.

La gauche, elle, additionnera ses scores sans aller au-delà, pour souligner l’isolement de l’adversaire sans s’interroger sur sa propre solidité. Voilà posé le tableau. Le reste est archiconnu. La gauche va gagner l’élection. Si ses électeurs la poussent, elle atteindra la semaine prochaine ce grand chelem auquel aspire Martine Aubry, qui peut sécuriser son statut de présidentiable. La droite se satisfera de sauvegarder l’Alsace, et pavoisera d’arracher Basse-Normandie ou Champagne-Ardenne, terres paraît-il prenables… L’important, pour la coalition UMPiste –de la pré-extrême droite de Villiers jusqu’aux ex-socialistes de Bockel– sera d’être, globalement, devant les socialistes. L’essentiel, pour le PS, sera de rester la force dominante de l’opposition. L’effondrement probable du MoDem comme la stagnation possible des Verts devraient permettre aux socialistes, dans les mois qui viennent, d’éliminer tous les doutes: ce sera l’un, l’une d’entre eux, qui affrontera Sarkozy ou tout autre champion de la droite en 2012. PS contre UMP, le clasico de notre politique, où les élections se suivent sans rien changer de fondamental.

Claude Askolovitch

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