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Front National (4 articles)

Les électeurs du FN rentrent au bercail

L’Humanité – 16/03/2010
Remis en selle par le débat sur l’identité nationale, le FN a récupéré une partie des voix « siphonnées » par Nicolas Sarkozy en 2007, profitant du mécontentement et de la crise.

Annoncé comme cliniquement mort, du fait du « siphonnage » de ses voix par Nicolas Sarkozy en 2007, le Front national se maintiendra tout de même dans douze régions au second tour. Pour son dernier combat, Jean-Marie Le Pen a entonné, hier soir, le refrain qu’il affectionne tant  : « Le Front national a montré qu’il était toujours une force nationale, probablement de plus en plus grande. » Crédité de 20,8 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, de 18,31 % dans le Nord-Pas-de-Calais ou encore de 15,8 % en Picardie et en Champagne-Ardenne, le parti d’extrême droite a fait des petits sur l’ensemble du territoire. À ses côtés, le Parti de la France de Carl Lang a, par exemple, récolté 3,55 % des voix dans le Centre, la Ligue du Sud de Jacques Bompard a attiré à elle 2,3 % des suffrages en Paca, tandis que la liste Ch’tis de François Dubout recueille 3,02 % des voix. Ainsi, dans toutes les zones d’implantation traditionnelle du FN, où Nicolas Sarkozy avait réalisé de bons scores à l’élection présidentielle, les électeurs se détournent du parti majoritaire au profit du Front national. Ce qui n’était pas le cas aux européennes. En Paca, le FN, aux petits soins depuis les années 1980 avec les rapatriés d’Algérie, a continué sur sa lancée. En janvier dernier, avant son meeting de Toulon, Jean-Marie Le Pen avait déposé une gerbe devant le monument dédié « aux martyrs de l’Algérie française », pour les cinquante ans des barricades d’Alger. Dans la même veine, le mouvement de jeunesse du FN, le FNJ, a mené une campagne agressive, placardant des affiches aux minarets menaçants.

Preuve qu’il ne suffisait pas de récupérer le terreau idéologique sur lequel prospère l’extrême droite pour l’affaiblir. Si Nicolas Sarkozy a effectivement pu récupérer une partie des électeurs de l’extrême droite en 2007, on peut désormais présumer que le FN disposait d’une réserve non négligeable d’électeurs parmi les abstentionnistes du scrutin européen et dans l’électorat de droite traditionnel. Le FN, revigoré par le débat sur l’identité nationale, a profité de la « porte » ouverte par le chef de l’État, a estimé la première secrétaire du PS, Martine Aubry. Le Front national a également misé sur la crise en menant une campagne aux forts accents sociaux. Dans le Nord-Pas-de-Calais, en pleine polémique sur la fermeture de la raffinerie Total des Flandres, Marine Le Pen a multiplié les initiatives à la sortie des usines. « Le sentiment d’abandon des ouvriers, des classes populaires, la colère contre le pouvoir risquent, sur fond de divisions, de se cristalliser en votes en faveur du FN », alertait, pendant la campagne, Bernard Baude, maire (PCF) de Méricourt, au cœur du bassin minier.

À Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen recueille 39 % des voix, cette instrumentalisation de la désespérance sociale s’est conjuguée, pour le pire, au « Tous pourris » cher au FN, dans une ville où l’ex-maire socialiste, Gérard Dalongeville, avait été mis en examen et écroué en avril 2009 pour détournement de fonds publics et faux en écriture et favoritisme présumé. En renforçant son ancrage électoral, Marine Le Pen, également vice-présidente du FN, conforte sa crédibilité pour reprendre le flambeau du parti contre Bruno Gollnisch. Jean-Marie Le Pen n’a d’ailleurs pas hésité à se délecter  : « Ces scores prouvent que Le Pen est une bonne marque. »

Longtemps affaibli par ses divisions internes et par une hémorragie de cadres et de militants, le FN espère faire de ces élections régionales, un tremplin. Dans un contexte de crise économique et sociale qui donne des ailes aux formations d’extrême droite partout en Europe.

Rosa Moussaoui et Lina Sankari

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Le Pen: «On nous a enterrés trop tôt»

Libération – 15/03/2010

Jean-Marie Le Pen le 14 mars 2010 à NiceDécryptage – Fort de ses 11,6% au premier tour des régionales, le parti d’extrême droite impose 12 triangulaires dimanche prochain.

On le disait plombé politiquement depuis la présidentielle de 2007, noyé financièrement et vidé d’une grosse partie de sa masse militante… Et pourtant, le Front national, en créant la surprise, dimanche soir au premier tour des régionales avec un score de 11,6% (2,2 millions de voix), a montré qu’il était toujours capable d’empoisonner la vie politique française.

«Le FN est revenu au premier plan de la vie politique», claironne son président Jean-Marie Le Pen, ce lundi, en conférence de presse à son siège de Nanterre (Hauts-de-Seine), s’autorisant un calembour: «C’est Le Pénix qui renaît de ses cendres!» Fort d’un «succès indéniable», le leader d’extrême droite de bientôt 82 ans, croit son parti de nouveau en mesure de jouer, sinon les arbitres, du moins les trouble-fête dans les 12 régions où il peut imposer des triangulaires.

S’il est en net recul sur les régionales de 2004, (14,7% au premier tour, 3,56 millions de voix), le FN s’offre une remontée spectaculaire sur ses piètres scores des européennes (6,8% des voix) et des législatives de 2007 (4,29%). Dans le détail, ce sont en Paca et en Nord Pas-de-Calais, où les Le Pen père et fille tirent les listes, que le FN enregistre ses meilleurs scores.

Pour sa dernière bataille électorale, Jean-Marie Le Pen, passe même tout juste la barre des 20%. En Nord-pas-de-Calais, après s’être qualifiée pour le second tour aux législatives de 2007 et à la municipale partielle de 2009 à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen confirme son ancrage.

Avec 18,3%, elle talonne la tête de liste NC-UMP, Valérie Létard (19%). A Hénin-Beaumont, elle frôle les 40%. Viennent ensuite la Champagne-Ardenne (15,89%), la Picardie (15,81%), la Lorraine (14,87%), Rhône-Alpes (14,01%) où se présente Bruno Gollnisch, l’Alsace (13,49%) et la Franche-Comté (13,14%). Le Front national est aussi en mesure de se maintenir en Bourgogne, Haute-Normandie, Centre et Languedoc-Roussillon.

Pourquoi le FN remonte-t-il?

A Nanterre où il a convoqué la presse ce lundi, Le Pen se délecte de l’effet de surprise, pas peu fier d’avoir fait mentir les sondages dont il critique les «erreurs tellement grossières qu’elles apparaissent volontaires: en Ile-de-France, on donnait Marie-Christine Arnautu à 4 [contre 9,29% dimanche], en Paca, on me donnait à 13.»

Dès la veille, plusieurs politiques ont pointé les effets du très controversé débat sur l’identité nationale. Daniel Cohn-Bendit, félicitant ironiquement le ministre de l’Immigration Eric Besson, qui a «réussi son coup, c’est-à-dire de faire remonter le FN». Pour François Hollande (sur France 2), Nicolas Sarkozy en porte «la responsabilité à travers le débat qui a été particulièrement dangereux sur l’identité nationale».

Sur France Inter lundi, Martine Aubry accuse le Président d’avoir «rouvert une porte» à l’extrême droite avec son débat qui visait, selon elle, «à opposer les Français d’ici aux Français venus d’ailleurs ou aux étrangers». Le score du FN, dimanche, signe aussi l’échec de la stratégie de Sarkozy, testée en 2007, de tenter de syphonner l’électorat FN en piochant dans ses thématiques. «Le président de la République nous a volés, il ne nous a pas tués. On nous a enterrés trop tôt», soutient Le Pen.

Mais le déroulé du débat sur l’identité nationale et la déception de certains électeurs frontistes, séduits par Sarkozy en 2007, ne suffisent pas à expliquer cette poussée. Pour François Miquet-Marty, président de l’institut Viavoice, ce résultat tient à la fois à une «crise du sarkozysme, la crise économique et une crise de la démocratie». «Le cas du Nord-pas-de-Calais, une région ouvrière très touchée, est symptomatique». Le contexte économique et social y a sans doute amplifié l’effet Marine Le Pen.

Vote FN et abstention: mêmes symptômes?

Le vote FN ne se résume pas à un vote sanction contre la politique du gouvernement. Comme une part de l’abstention, il traduit une défiance des politiques, gauche et droite confondus. Pour certains qui ont boudé les urnes comme une partie de ceux qui votent FN, il y a, selon François Miquet-Marty, «l’idée d’un repli et d’un désenchantement de la politique».

Renvoyant dos à dos PS et UMP, Jean-Marie Le Pen joue à fond la carte anti-partis, soupçonnant même «un deal» entre l’opposition et «ceux qui nous dirigent: à vous, l’espace régional, à nous le reste». Il voit dans ce score non seulement un «désaveu pour les exécutifs socialo-communistes en place» mais «aussi un désaveu cinglant pour le gouvernement».

Dans cette logique du rejet du «système UMPS», le scénario pour le second tour est sans suspense, l’hypothèse d’une fusion de listes étant totalement écartée. «Il y aura» des triangulaires «partout où le Front national est présent», avait prévenu Marine Le Pen sur France info.

Soit un maintien dans 12 régions (le FN était au second tour dans 17 régions en 2004). La vice-présidente, qui forte de ses 18,31%, fait un pas de plus vers la prochaine succession du parti, fait mine de croire possible une victoire pour son père en Paca et rêve elle-même de devancer la secrétaire d’Etat, Valérie Létard. Mais elle veut surtout imposer le FN comme force d’opposition dans les conseils régionaux.

Dans les régions où le FN n’a pu se maintenir, Le Pen donne comme consigne de ne voter ni pour l’UMP ni pour la gauche autour du PS: «Ni l’un, ni l’autre. Nous sommes une force de recours et nous n’entendons pas nous impliquer dans une querelle qui sépare des gens qui, dans le fond, sont complices à tous les niveaux.»

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« Besson s’est conduit en ministre socialiste, utopiste et immigrationniste »

Le Monde – 16/03/2010

Jean-Marie Le Pen, tête de liste Front national en PACA, critique la politique sarkozyste et annonce qu'il ne sera probablement pas candidat à l'élection présidentielle en 2012.

AFP/MARTIN BUREAU

K ma reau : Que pensez-vous pouvoir apporter de neuf à la région PACA ?

Jean-Marie Le Pen : Rien n’est très nouveau dans ce que nous pouvons apporter, dans la mesure où nous sommes dans cette région depuis 1986 et dans l’opposition depuis douze ans. Si ce n’est, dans cette campagne, le constat que les problèmes principaux de la région sont presque tous d’origine nationale.

Sylvain : Lors de votre campagne, vous avez placardé des encarts représentant une femme en burqa devant une représentation de la France aux couleurs du drapeau algérien… Pourquoi le choix du drapeau algérien pour dénoncer l’islamisme ?

Jean-Marie Le Pen : C’est vrai que c’est paradoxal puisqu’on sait que le régime algérien est très hostile à l’islamisme, qu’il a même contré par la force. La raison de ce choix tient au fait que dans les rues de Marseille se promènent des jeunes gens avec des T-shirts qui portent cette représentation de la France aux couleurs du drapeau algérien.

Alexkid : Le FN devra-t-il toujours provoquer pour se faire entendre ?

Jean-Marie Le Pen : Si c’est le seul moyen pour se faire entendre, oui. Mais toute affiche ou tout instrument de communication a pour but d’attirer l’attention du public.

Guest : Faites-vous l’amalgame terrorisme-islam ?

Jean-Marie Le Pen : Le terrorisme n’est pas une exclusivité de l’islam. L’anarchisme en a théorisé l’usage, alors que les anarchistes étaient généralement athées. Il faudrait définir aussi ce qu’est le terrorisme. C’est, selon moi, la menace physique allant jusqu’à la mort sur des tiers. Je tiens par exemple que les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale étaient des bombardements terroristes car ils visaient des populations civiles sans défense pour faire plier des gouvernements.

Bretonsanspeur : Pensez-vous qu’il reste parmi les abstentionnistes suffisamment de voix pour vous faire remporter une région ?

Jean-Marie Le Pen : Non, je crois que ce serait illusoire. Il faudrait vraiment que cette semaine se produise un événement extraordinaire pour nous permettre de rattraper le retard du premier tour.

Cyril2804 : Quel score pensez-vous obtenir au second tour ?

Jean-Marie Le Pen : J’espère dépasser les 25 %, ce qui nous permettrait d’améliorer le nombre de nos élus.

Bregd1 : Pensez-vous que le fort taux d’abstention ait joué en votre faveur ?

Jean-Marie Le Pen : Je crois que non. En effet, le FN, à l’inverse de ses grands concurrents, ne dispose ni des mêmes moyens financiers ni de l’implantation que constituent les conseils généraux, les conseils régionaux, les conseils municipaux. A titre d’information, il y a en PACA 36 députés sur 40 qui sont UMP. Et le conseil régional est aux mains des socialo-communistes.

Evrard : Pourquoi persistez-vous à faire élire la gauche en vous maintenant au second tour, alors qu’un grand nombre de sujets vous rapprochent de la droite ?

Jean-Marie Le Pen : Ceci ne dépend pas du tout de nous. Cette responsabilité est exclusivement celle de M. Sarkozy et du gouvernement de droite, qui ont choisi le mode de scrutin proportionnel à deux tours, tout en excluant délibérément le Front national de toute alliance.

Bill : Le FN peut-il redevenir un allié possible pour le reste de la droite ?

Jean-Marie Le Pen : Il est évident que pour qu’il y ait alliance, il faut qu’il y ait au moins parallélisme des objectifs. Or, sur la plupart des sujets, le Front national développe une politique contraire à celle qui est menée par le gouvernement Sarkozy.

Guest : Selon vous, le débat sur l’identité nationale a-t-il joué en votre faveur lors de ces élections ?

Jean-Marie Le Pen : Il n’a joué en notre faveur, s’il a joué, que dans la mesure où il a permis de débattre d’un sujet – l’identité nationale – et de sujets adjacents comme l’immigration qui étaient jusque-là considérés comme tabous, et donc en dehors des débats.

Valmont : Que penser de M. Besson et de son action ?

Jean-Marie Le Pen : Je crois que M. Besson s’est conduit en ministre socialiste, c’est-à-dire utopiste, immigrationniste. Plus généralement, il me semble que les ministres socialistes du gouvernement n’ont pas été infidèles à leurs origines politiques et que la volonté du président de la République, c’est de se rapprocher de la gauche, réalisant volontairement une cohabitation à laquelle il n’était pas tenu par le résultat des élections.

Sébastien : Que pensez-vous de M. Frêche, est-ce un socialiste comme les autres ?

Jean-Marie Le Pen : Oui, avec une touche de Tartarin.

Alexkid : Est-ce votre dernière campagne avant de passer la main, sans doute à votre fille ?

Jean-Marie Le Pen : Je n’ai pas l’intention de me détacher de la politique, d’autant que je viens d’être élu au Parlement européen pour cinq ans et que je serai probablement conseiller régional pour quatre ans. De plus, il peut toujours intervenir une élection présidentielle inopinée, auquel cas, compte tenu de la brièveté de la campagne présidentielle, je serais contraint de monter en première ligne. Mais 2012 ? Raisonnablement non, exceptionnellement peut-être.

Sébastien : Ma femme et beaucoup de mes amis rejettent mon adhésion au FN. Que dois-je faire ?

Jean-Marie Le Pen : Caressez-les à rebrousse-poil. Essayez de les convaincre, ce qui ne devrait pas être trop difficile si vous partez de la réalité économique et sociale et des critiques que lui porte le Front national depuis de nombreuses années : vous constatez que Le Pen avait raison.

FMa : A quoi attribuez-vous le regain d’intérêt pour les candidats FN aux régionales ?

Jean-Marie Le Pen : Le Front national opère un redressement continu depuis les élections législatives de 2007, où 300 de ses candidats ont été au-dessus de la barre des 5 %. De surcroît, les promesses du président Sarkozy apparaissent de plus en plus évidemment fallacieuses au fur et à mesure que le temps passe.

Wilfried : Envisagez-vous de donner des consignes de vote dans les régions où vous n’êtes pas présent au second tour ?

Jean-Marie Le Pen : Le bureau politique du Front national a donné cette consigne hier : pas une voix au deuxième tour ni pour l’UMP ni pour la coalition glauco-socialo-communiste.

Seb_23a_tokyo : Pour quelles raisons êtes-vous attaché à la région PACA ?

Jean-Marie Le Pen : Parce que d’abord j’en suis l’élu et que j’ai été élu déjà conseiller régional en 1998. J’ai été candidat en 1988 à Marseille, aux élections législatives, à Nice en 1994.

Gary B : Que pensez-vous du projet du « Grand Paris » soutenu par Nicolas Sarkozy ?

Jean-Marie Le Pen : Je suis un adversaire résolu de l’extension des mégapoles, même quand elles s’appellent « Gross Paris ».

W.N. : Pouvez-vous me dire ce qu’il est prévu pour l’environnement dans votre programme ?

Jean-Marie Le Pen : Une répartition plus judicieuse, plus humaine des populations. En effet, elles sont concentrées sur un cordon littoral alors que l’arrière-pays est pratiquement désert. Il faudrait, pour irriguer cet arrière-pays et les départements alpins, des liaisons ferroviaires et surtout routières ou autoroutières auxquelles M. Vauzelle a renoncé, probablement sous la pression des Verts.

Magid : Quel est votre analyse quant à la mauvaise perception des sondeurs concernant votre score ?

Jean-Marie Le Pen : Je pense qu’il n’y a pas que de l’erreur dans le jugement des sondeurs. Il y a une hostilité délibérée et une manipulation de l’opinion. Le journal Télérama rapporte que les responsables de ces officines lui ont déclaré qu’il y avait, en ce qui concerne le Front national, une ligne rouge. En d’autres termes, une ligne qui ne leur permettait pas de travailler pour le Front national.

PHSB : La France étant un pays laïque, pourquoi s’opposer à la construction de minarets et pas à la construction d’églises ?

Jean-Marie Le Pen : La question des églises ne se pose pas pour l’instant. Celle qui se pose pour l’instant est plutôt la déconstruction d’églises que les municipalités n’arrivent plus à entretenir. La laïcité, c’est le respect des religions, mais c’est aussi le respect de la neutralité religieuse.

Mikala : Que pensez-vous de la politique migratoire de Nicolas Sarkozy ?

Jean-Marie Le Pen : Elle est haïssable, dans le droit-fil des politiques précédentes qui ont permis ou favorisé l’entrée de plus de dix millions d’étrangers en trente ans et de 400 000 nouveaux immigrés par an. Elle s’aggrave de la politique sarkozyenne de discrimination positive, qui est une forme de la préférence étrangère, alors que la préférence nationale, pourtant naturelle, est bannie.

Guest : Sarkozy a laminé votre parti lors de l’élection présidentielle, avez-vous une rancune contre lui ?

Jean-Marie Le Pen : « Laminé », c’est beaucoup dire. Je rappelle qu’à la présidentielle, j’ai fait 10,4 % des voix, soit près de 4 millions. Mais il est vrai qu’en empruntant les apparences de mon discours, M. Sarkozy a pu tromper un certain nombre d’électeurs qui aujourd’hui, semble-t-il, ne le lui pardonnent pas.

Polo :  Ne pensez-vous pas que le refus de toute alliance assure à M. Vauzelle de conserver à coup sûr son fauteuil ?

Jean-Marie Le Pen : Ce refus est principalement d’origine gouvernementale. L’UMP a constitué avec ses alliés une liste unique dont il a été déclaré qu’elle ne changerait pas entre le premier et le deuxième tour. Je le constate. Cela ne me permet pas de choix. D’autre part, c’est bien le gouvernement qui a imposé le système électoral à deux tours, ce qui suppose des regroupements au second tour. Regroupements impossibles, puisque l’UMP jette de surcroît l’anathème sur le Front national.

MICKAEL : Que pensez-vous du film La Rafle ?, êtes-vous d’accord avec le rôle de le France décrit dans ce film ?

Jean-Marie Le Pen : Je n’ai pas vu le film. Il m’est donc difficile de porter sur lui un jugement.

Sébastien : Le racisme anti-français existe-t-il vraiment selon-vous ?

Jean-Marie Le Pen : Oui, c’est très évident. Il est la base de ce qu’on appelle pudiquement les « incivilités » qui accompagnent ou précèdent les violences physiques, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Et qui sont, il faut le dire, presque toujours le fait des minorités visibles.

Guest : Votre fille a-t-elle définitivement pris l’ascendant sur M. Gollnisch pour votre succession à la tête du FN ?

Jean-Marie Le Pen : Je ne sais pas. La question ne s’est pas posée numériquement, si j’ose dire. Ils sont de deux générations différentes, et de formations différentes aussi. Il est donc assez normal que la présentation de Marine Le Pen soit plus moderne.

Laurent : Quelles sont vos réponses ou solutions au problème du système de cotisations et du paiement des retraites en France ?

Jean-Marie Le Pen : Il est navrant de constater que l’on s’attache à résoudre ce problème aujourd’hui, alors que ses composantes sont connues depuis de nombreuses années. Il n’y a que trois points d’action : soit l’augmentation des cotisations, soit l’augmentation de la durée de cotisation, soit la diminution des prestations. Compte tenu des résistances patronales ou syndicales, il est probable que la pression sera faite sur ceux qui sont les plus faibles et les plus désorganisés : les retraités.

Guenoun : Quel a été le moment le plus difficile de votre carrière politique ?

Jean-Marie Le Pen : Je vais vous répondre par une phrase d’Henri IV : « La violente amour que je porte à la France m’a toujours rendu tout facile. »

Nina :  Quel est votre auteur préféré ?

Jean-Marie Le Pen : Alexandre Dumas.

Georges : Aimeriez-vous voir un président noir en France comme Obama aux Etats-Unis ?

Jean-Marie Le Pen : Cela ne correspondrait pas à la sociologie générale de la France. A titre documentaire, cependant, mon deuxième de liste aux élections législatives de 1956 était noir, et en plus héros de l’Union soviétique, bien qu’il fût anticommuniste. Il s’agissait du commandant Roger Sauvage, de Normandie-Niemen.

Shakman : Bonjour, quelle est votre position par rapport au mariage gay ?

Jean-Marie Le Pen : Je crois que le mariage est une institution sociale de base destinée à assurer la perpétuation de l’espèce. Il devrait donc être réservé aux couples hétérosexuels, surtout depuis qu’il existe le PACS.

Quel est votre position sur le devoir de mémoire (ou de repentance) vis-à-vis des anciennes colonies ?

Jean-Marie Le Pen : La colonisation a été un moment de l’histoire du monde, elle a été très largement inspirée par la gauche républicaine, qui voulait ainsi aider à ce qu’elle croyait devoir être le progrès humain des civilisations indigènes. La France a fait beaucoup de sacrifices pour ses colonies. Des individus ou des groupements en ont tiré bénéfice. Je pense que, objectivement, si l’on compare Haïti aux colonies françaises, on ne peut pas dire que l’indépendance soit une panacée.

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Cohn-Bendit prédit que Marine Le Pen engagera « une stratégie d’ouverture » à droite

AFP – 16/03/2010

PARIS — Le leader d’Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit a prédit mardi que Marine Le Pen engagera le Front national dans « une stratégie d’ouverture » avec l’UMP et la droite si elle succède à son père à la tête du FN, comme c’est prévisible.

« Je suis sûr que si Marine Le Pen reprend les rênes du Front national – ce qui est vraisemblable après son succès, entre guillemets, dans le Nord aux régionales – elle tentera d’arrondir les angles pour faire du Front national un allié potentiel de l’UMP et de la droite », a déclaré M. Cohn-Bendit sur RMC et BFM-TV.

« Je crois que l’émancipation de la fille du père sera dans cette direction. Jean-Marie Le Pen avait embrigadé le Front national dans une position où il ne pouvait s’allier avec personne. Marine Le Pen aura une stratégie d’ouverture qui peut permettre à l’UMP et au Front national de faire alliance », a expliqué l’eurodéputé Vert.

Mais, selon lui, « il faut d’abord la défaite de la droite en 2012 (à la présidentielle) pour que la droite réfléchisse à comment reconquérir la majorité ».

« Avec le débat sur l’identité nationale, Nicolas Sarkozy et Eric Besson voulaient siphonner l’électorat du FN » et « c’est le contraire qui s’est produit », a par ailleurs souligné M. Cohn-Bendit.

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