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Michel Vauzelle : « mon bilan est salué et reconnu depuis longtemps »

Marseille Premium – 18/03/2010

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Michel Vauzelle a obtenu 25,8% des voix au premier tour des régionales 2010 en PACA Crédits photo : Marseille Premium

Le président socialiste sortant de la région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, Michel Vauzelle, a obtenu 25,8 % des suffrages exprimés au premier tour des régionales. Il se place ainsi en seconde place derrière le candidat de l’UMP Thierry Mariani qui a récolté 26,6% des voix. Le candidat PS a accepté de répondre aux questions de Marseille Premium et de revenir sur son bilan et de nous parler de ses projets pour la région PACA.

Marseille Premium : Quels sont les grands thèmes de votre programme ?

Michel Vauzelle : Avant toute chose, il s’agit de répondre aux grandes préoccupations des citoyens de Provence-Alpes-Côte d’Azur. On ne peut pas faire comme si nous ne traversions pas une grave crise. On ne peut pas faire comme si notre pays dans son ensemble n’était pas affecté par la politique du Gouvernement, à la fois inefficace économiquement et injuste socialement. Le premier défi à relever, c’est donc l’emploi. La loi charge l’Etat de cette mission, mais le Gouvernement ne met pas en place les solutions pour stimuler l’activité et créer des emplois. Or, la Région est compétente dans le domaine du développement économique : nous agirons donc en priorité pour aider les entreprises qui embauchent, proposent des emplois durables et des conditions de travail décentes. Nous avons déjà créé 33 000 emplois en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il faut continuer l’effort de la Région et créer 10 000 emplois par an, grâce à notre Plan régional pour l’emploi, grâce à notre soutien aux entreprises, grâce à notre aide à l’économie sociale et solidaire, grâce à notre capacité d’investissement public… Nous pouvons le faire.

MP : Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels la région PACA devra faire face ces prochaines années ?

MV : Au-delà de l’urgence de l’emploi, que j’évoquais, la question qui se pose est celle du modèle de développement économique et social que nous souhaitons, pour nous et pour nos enfants. Actuellement, le Président de la République est arc-bouté sur des politiques archaïques, celles d’un monde ancien, qui date des années 1980 avec Margaret Thatcher au Royaume-Uni ou Ronald Reagan aux Etats-Unis. Cela est dépassé. Si nous regardons vers l’avenir, nous voyons qu’il nous faut replacer l’humain au centre de toutes nos décisions. C’est l’enjeu d’une société plus juste, d’un développement plus responsable, d’un aménagement plus équilibré de nos territoires. La Région porte cet espoir. Elle est en charge de la construction des lycées : nous équiperons l’ensemble des toits de nos établissements en panneaux solaires. Elle est en charge des Trains express régionaux : nous financerons intégralement les déplacements des jeunes de 12 à 25 ans, qui ont besoin de mobilité, et des plus démunis, qui ont besoin de la solidarité régionale. Ce ne sont que quelques exemples de ce que nous voulons et de ce que nous pouvons faire, mais ces initiatives contribueront, à l’échelle de la Région, à répondre concrètement à des enjeux vitaux.

MP : Quel bilan dressez-vous de vos deux mandats, Michel Vauzelle, à la tête du Conseil régional ?

MV : Ce n’est pas simplement le bilan de Michel Vauzelle, mais c’est celui de toute une Région, rassemblée, et qui travaille dans l’unique préoccupation de l’intérêt général. La Région ne peut pas tout faire toute seule. Elle ne peut pas non plus se réduire à une administration qui appliquerait les décisions du pouvoir parisien, comme semble le penser le candidat de l’UMP. C’est pourquoi ce bilan est partagé par l’ensemble des membres de l’Alliance de l’Olivier, des socialistes, du parti radical de gauche, du mouvement républicain et citoyen, des communistes et des Verts. Mais aussi de l’ensemble de la société civile, que nous avons consultée avant chacune de nos grandes décisions, avec le Conseil économique et social régional, les syndicats salariés et patronaux, les représentants des associations… D’ailleurs, ce bilan est aussi salué et reconnu depuis longtemps, y compris par les grands Maires de droite de la région, qu’il s’agisse de Jean-Claude Gaudin à Marseille, Christian Estrosi à Nice ou Hubert Falco à Toulon. Je les remercie pour cette attitude républicaine, même si la campagne électorale les oblige à modifier un peu leurs discours aujourd’hui. Cela passera.

MP : Quels sont les points forts de votre candidature ?

MV : Je connais bien la région. J’ai prouvé que l’on peut être Président de toute la région, et pas seulement d’une partie de son territoire. J’ai prouvé que l’on peut gérer la Région sans idéologie, mais en travaillant avec tout le monde, sans appartenir à un clan, comme celui de l’UMP qui détient tous les postes de pouvoir en Provence-Alpes-Côte d’Azur dans les Villes, les Départements et les Préfectures.

MP : Quel regard portez-vous sur les autres listes ? Quels sont leurs points positifs selon vous ?

MV : D’abord, il y a dix listes qui se sont présentées au premier tour. En soi, c’est un formidable signe de vitalité démocratique et cela doit enrichir le débat. Les listes d’Europe Ecologie et du Front de Gauche sont complémentaires de la nôtre, car elles se fondent sur les mêmes valeurs républicaines et la même volonté de les défendre à un moment où elles sont durement remises en cause. Ensuite, il y a d’autres listes qui reposent sur d’autres manières de voir le monde. La liste de l’UMP, par exemple, est très paradoxale : elle manifeste son soutien au projet de suppression des Régions et des libertés locales du Président de la République ; et pourtant, elles se présentent au suffrage des électeurs. Mais ce pluralisme est ce qui permet le débat et le choix des citoyens pour l’avenir de leur région.

MP : La campagne pour les régionales vous semble-t-elle plus difficile que les autres ?

Ce n’est pas une campagne difficile, car aller à la rencontre des citoyens pour proposer un véritable projet de société régionale, défendre des idées essentielles à la préservation des valeurs républicaines, porter l’existence même de la Région face à celles et ceux qui veulent la voir disparaître… tout cela est exaltant. Comme nous recevons en plus un excellent accueil de la part des personnes que nous rencontrons, la campagne est d’autant plus facile et agréable. Mais il est vrai aussi que l’enjeu est primordial, car il engage l’avenir de nos territoires comme de nos habitants. C’est une grande responsabilité et l’issue en est évidemment incertaine.

MP : Pensez-vous que les électeurs se sentent concernés par les régionales ?

MV : Les électeurs ne se sentent pas concernés par ce dont on ne leur parle pas. Les grands médias nationaux ne font pas leurs titres principaux sur les élections régionales. Le candidat de l’UMP lui-même connaît mal la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mais dès lors que l’on va vers les citoyens, qu’on leur parle, que l’on explique l’importance que la Région a dans leur vie quotidienne, les gens s’intéressent aux élections. Ils s’intéressent simplement à leurs conditions de vie aujourd’hui, à l’avenir de leurs enfants demain. Quand j’explique que, parce que le Gouvernement ferme les hôpitaux publics lorsqu’ils ne sont pas jugés rentables, je propose que la Région mette en place des Maisons régionales de santé pour lutter contre les déserts médicaux et garantir l’accès aux soins pour le plus grand nombre, y compris dans les territoires ruraux, y compris dans les quartiers urbains en difficulté… je pense que nous devons tous nous sentir effectivement concernés par ces élections, qui engagent notre avenir.

Sophie Amsili

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