Accueil > 2nd tour, éco/emploi, coppola/fdg/pc, paca, politique, société, territoires, transport > « D’abord mettre la balle au fond »

« D’abord mettre la balle au fond »

La Marseillaise – 19/03/2010

Pierre Dharreville : « nous serons dans la majorité pour construire une gauche offensive, une gauche qui se bat et qui agit pour renverser l'ordre des choses » PHOTO ML THOMAS

Pierre Dharreville : « nous serons dans la majorité pour construire une gauche offensive, une gauche qui se bat et qui agit pour renverser l'ordre des choses » PHOTO ML THOMAS

Un accord a été signé entre les forces de gauche pour le deuxième tour. Quel est votre état d’esprit ?
D’abord, il faut mettre la balle au fond. Je ne suis pas certain que la droite ait bien compris l’avertissement de dimanche dernier. Elle doit se retrouver minoritaire dans les urnes dimanche parce que sa politique est minoritaire. Depuis la privatisation de La Poste jusqu’à la réforme des retraites, en passant par la destruction programmée des communes et de la démocratie locale, ça ne passe pas. Nous sommes déterminés à tout faire pour battre la droite et l’extrême droite. Et comme nous l’avons dit dès le départ, nous serons dans la majorité pour construire une gauche offensive, une gauche qui se bat et qui agit pour renverser l’ordre des choses.

L’abstention a été très forte dimanche dernier, comment analysez-vous ce phénomène ?
Durant toute la campagne, nous nous sommes battus pour convaincre que la politique pouvait changer les choses, s’il y avait une vraie volonté d’agir et de s’en prendre à la racine des problèmes. Nous avons rencontré beaucoup d’hommes et de femmes gagnés par la résignation, une résignation accentuée par la crise et par la violence de la politique de la droite. Mais cette résignation, il faut bien reconnaître que la gauche y a aussi eu sa part lorsqu’elle n’a pas su sortir des logiques d’accompagnement du système et qu’elle a manqué d’audace pour faire face aux défis. C’est pour cela que nous avons initié le Front de gauche. Et nous allons porter cette ambition majeure jusque dans les institutions au sein de la gauche rassemblée. Pour nous donner de la force, il faut que la victoire de dimanche soit sans appel, il faut que Nicolas Sarkozy ne puisse pas se prévaloir d’une majorité silencieuse. Et il faut que Le Pen soit renvoyé d’où il vient. La droite explique que les abstentionnistes lui sont favorables. Tout le monde sait que c’est loin de la vérité. C’est pour cela que nous appelons les abstentionnistes à venir s’exprimer dimanche massivement en votant pour la gauche.

Quelle est votre réaction devant le score du Front National ?
La remontée de l’extrême droite est très préoccupante. Elle est autant le résultat de la crise qui produit de la peur et du repli sur soi, que des chiffons nauséabonds agités par le gouvernement avec l’identité nationale. Le désespoir qui habite de nombreuses vies conduit à ces gestes extrêmes que nous ne pouvons accepter. Plus que jamais, il faut travailler au vivre ensemble, à la démocratie, au développement de la culture et des échanges. Mais aussi à dépasser le capitalisme, que le Front National défend avec un acharnement qui donne la nausée. Il ne faut pas banaliser ce vote. C’est grave voter Front National, parce qu’on le veuille ou non, c’est un vote de haine et de rejet de l’autre. Cela ne règle jamais rien.

Etes-vous satisfait des propositions qui ont été retenues dans la plateforme commune ?

Nous avions dit dès le départ que nous n’abandonnerions pas nos propositions au soir du premier tour. Et ces propositions, qui sont sur la place publique, nous allons agir pour les faire avancer. Le texte qui a été signé nous permet cela. Il donne de grandes directions et affirme par exemple que la gratuité des TER sera mise en débat, il annonce le Fonds Régional d’Investissement ou la Maison de l’eau. La majorité aura des chantiers devant elle et des débats à mener, toujours avec la population. C’est aussi de cette façon nouvelle que l’on pourra renouveler l’image et la pratique de la politique.

La fusion des listes vous a amenés à déplacer des candidats dans les départements. Jean-Marc Coppola se retrouve dans le Vaucluse. Comment expliquer cela ?
Ce n’est pas seulement la cas pour nous-mêmes, et ce n’est pas franchement l’essentiel. La règle à calcul a été appliquée entre les deux tours, nous verrons si c’est la bonne façon de construire la gauche dont nous avons besoin. Le débat n’est plus là. Nous sommes dans une liste régionale. Elle est organisée en sections départementales, mais il y a d’autres paramètres qui entrent en jeu : la parité, la représentation des forces politiques, la diversité des candidatures…Nous étions convenus d’un ordre de priorité au sein du Front de gauche, et nous avons essayé de le mettre en musique dans des conditions difficiles. Il ne faut pas chercher plus loin. Parce qu’il a été le dépositaire de l’ambition du Front de gauche durant toute cette campagne, Jean-Marc Coppola a décidé d’aller chercher face à Thierry Mariani, le siège que la gauche peut gagner dans le Vaucluse. Je pense que toutes les forces de gauche sauront se mobiliser pour honorer ce courage.

Le Front de gauche vient de vivre sa deuxième bataille électorale, quelles leçons en tirez-vous ?
Nous avons réinstallé dans le paysage l’idée d’alternative politique, d’alternative au capitalisme. Ce n’était pas gagné d’avance. Il nous faudra inventer ensemble la suite, amplifier le mouvement pour se hisser à la hauteur des défis que nous avons pointés. Mais je crois que déjà, nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait, car nous avons redonné espoir à beaucoup. Nous allons continuer à agir pour bousculer l’ordre des choses.

Propos recueillis par Michel DEL PICCHIA

  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :