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Régionales : les cartes des résultats Paca décryptées

29 mars 2010 2 commentaires

La Provence – 29/03/2010

Après la mise en ligne par LaProvence.com de cartes expliquant le vote des élections régionales en Paca, Virginie Martin, politologue et professeur à l’école Euromed Management, analyse pour nous les résultats de ce scrutin

Le vote FN en PACA est multiple

Dans la région, le FN a réalisé un score de 22,87%. Infographie LP

Il existe un dénominateur commun dans les motivations du vote FN en PACA. C’est bien sûr le problème de l’immigration et de l’identité locale. Mais Virgine Martin veut distinguer deux types d’électeurs frontistes, selon les différents départements. D’abord, dans le Var et les Alpes Maritimes, ce sont des électeurs traditionnellement à droite, qui se sont extrêmisés, suite à la déception de la politique de Nicolas Sarkozy au niveau national : « Sarkozy n’a pas apporté de réponses assez fortes, et n’a pas pu appliquer nationalement la politique très à droite qu’il avait promis en 2007 » indique la politologue. Elle ajoute que « s’ils ont pu être séduits par le ministère de l’Identité nationale, l’ouverture à gauche, avec les entrées au gouvernement de personnalités comme Bernard Kouchner ou Fadela Amara, est quelque chose qu’ils ont eu du mal à digérer, (…) c’était un grand ecart impossible, et les électeurs ont donc basculé à l’extrême droite« . La formule de Jean-Marie Le Pen s’est donc avérée exacte et « les électeurs ont préféré l’originale à la copie« . Mais le très bon score du FN en Paca est aussi le fait d’électeurs moins marqués idéologiquement à droite. La désespérance sociale et économique explique aussi ce vote et, les villes avec de forts taux de chômage, autour de l’étang de Berre par exemple, ont massivement voté Le Pen. Ici on est passé d’un extrême à l’autre, et le passage du Parti communiste au Front national n’est pas quelque chose de rare. Ce sont des régions où l’abstention aussi a été très forte, et où le désespoir envers le monde politique est vivace.

Michel Vauzelle reforme la gauche plurielle

Sur l'ensemble de la région, le PS a recueilli 44,1% des suffrages.

Si après ses deux précédents mandats, Michel Vauzelle dispose d’un bilan correct, d’une assez bonne image et d’un réseau important, son large succès s’explique d’abord par l’alliance spontanée qu’il a su former. En effet l’électeur lambda n’a que très peu pris en compte ses résultats, les compétences du Conseil régional restant assez floues. C’est grâce au report presque intégral des voix du Front de gauche au second tour et à l’absence de calculs politiques trop visibles avec Europe écologie que Michel Vauzelle a pu forger sa victoire. « Le président sortant a profité d’un alignement quasi militaire du Front de gauche et a réussi à faire passer son alliance avec Europe écologie comme naturelle, il a formé une gauche plurielle renouvelée » constate Virginie Martin. Pour elle, Vauzelle a églement profité de « la fin du sarkozisme de gauche, interventionniste, les électeurs de gauche s’étant aperçu que Sarkozy appliquait en fait une politique de droite traditionnelle« .

Le jeu des vases communiquants peu favorable à l’UMP

Sur l'ensemble de la région, l'UMP a recueilli 33,02% des suffrages.

Dans ces conditions, Thierry Mariani a donc particulièrement souffert. Entre les déçus de la politique nationale de Nicolas Sarkozy et les bastions de l’UMP passés au Front national, l’élection semblait ingagnable. Là encore, les raisons semblent plus liées à la politique nationale qu’à un véritable faute du candidat Mariani. « L’ouverture à gauche a , je pense, était une erreur fondamentale, (…) le choix d’Eric Besson au ministère de l’identité nationale, par exemple, constitue une pirouette politique impossible et non comprise par l’électorat de l’UMP » note la politologue. Quant au thème de l’insécurité, il a été trop tardivement évoqué par la droite pour répondre aux inquiétudes de sa clientèle traditionnelle… d’autant que le terrain était déjà occupé par le FN. Le bilan catastrophique de Sarkozy sur ce point a donc coûté cher à l’UMP dans la région, les électeurs préférant se tourner vers Jean-Marie Le Pen.

Une abstention structurelle

La carte de l'abstention en Paca.

Même s’il y a eu un léger mieux lors du second tour, l’abstention lors de ces élections est l’un des grands enseignements à retenir. Si Virginie Martin en impute une bonne partie au manque de visibilité quand aux compétences des conseils régionaux et au fait que, cette fois, elles n’étaient pas couplées avec d’autres élections (cantonales par exemple), c’est  surtout une abstention structurelle, à laquelle on assiste depuis plus de vingt ans. « La forte participation aux présidentielles de 2007 n’était que la poudre aux yeux, largement explicable par la peopolisation des deux candidats et le cirque médiatique orchestré par des boites de communication spécialisées en consulting d’entreprise, (…) ce scrutin n’avait plus grand chose de politique » s’indigne-t-elle. « On est juste revenu à la normale » ajoute-t-elle « il y a une vraie crise de la représentation politique et les électeurs ont vraiment le sentiment que les hommes politiques ne peuvent plus agir pour les protéger contre le chomage, la mondialistions ou l’émergeance de nouveau pays industrialisés« . « Si on ajoute à ça les différentes affaires qui ont ébranlé le monde politique les 30 dernières années, on comprends mieux la véritable crise de confiance entre les citoyens et leurs élus ».

Pierre KOROBEINIK 

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Régionales : la carte du vote Vauzelle en Paca

La Provence – 23/03/2010

Avec 44,11% des voix au second tour des régionales Paca, Michel Vauzelle a nettement devancé Thierry Mariani et Jean-Marie Le Pen. Ville par ville, département par département, LaProvence.com recense les zones de la région qui lui ont permis une troisième élection. Commen souvent, ce sont les Bouches-du-Rhône qui ont fait la différence.

Sur l'ensemble de la région, le PS a recueilli 44,1% des suffrages. Infographie La Provence

PAR DEPARTEMENT

Bouches du Rhône – 49,46% (29,46 au premier tour)

Hautes Alpes – 53, 92% (31,65 au premier tour)

Alpes Maritimes – 37,84% (20,84 au premier tour)

Alpes de Hautes Provence – 53,63% (31,55 au premier tour)

Vaucluse – 42,92% (24,92 au premier tour)

Var – 38,26% (23,12 au premier tour)

A Marseille (par arrondissement)

Moins de 40%

8eme arrondissement – 39,17% (21,32 au premier tour)

Entre 40 et 45%

12eme arrondissement – 41,85% (25,13 au premier tour)

9eme arrondissement – 42,95% (25,13 au premier tour)

Entre 45 et 50%

7eme arrondissement – 45,40% (27,48 au premier tour)

4eme arrondissement – 48,89% (27,17 au premier tour)

11eme arrondissement – 49,97% (31,12 au premier tour)

Entre 50 et 55%

6eme arrondissement – 51,34% (25,96 au premier tour)

13eme arrondissement – 52,07% (37,27 au premier tour)

5eme arrondissement – 53,11% (27,08 au premier tour)

Entre 55 et 60%

14eme arrondissement – 57,80% (37,27 au premier tour)

Entre 60 et 65%

15eme arrondissement – 60,36% (40,57 au premier tour)

3eme arrondissement – 61,70% (40,24 au premier tour)

2eme arrondissement – 62,41% (39,01 au premier tour)

16eme arrondissement – 63,69% (36 au premier tour)

Plus de 65%

1er arrondissement – 68,16% (34,56 au premier tour)

Dans les Bouches du Rhône

Moins de 40%

Marignane – 38,52% (24,40 au premier tour)

Entre 40 et 45%

Salon de Provence – 43,11% (27,22 au premier tour)

Entre 45 et 50%

La Ciotat – 46,56% (25,37 au premier tour)

Marseille – 49,95% (29,6 au premier tour)

Entre 50 et 55%

Aubagne – 51,28% (27,53 au premier tour)

Vitrolles – 52,95% (32,57 au premier tour)

Istres – 54,46% (33,61 au premier tour)

Entre 55 et 60%

Arles – 58,79% (45,43 au premier tour)

Plus de 60%

Martigues – 60,86% (31,26 au premier tour)
Dans les Hautes Alpes

Entre 50 et 55%

Embrun – 52,24% (28,03 au premier tour)

Gap – 54,16% (32,51 au premier tour)

Plus de 55%

Briançon – 59,48% (35,08% au premier tour)

Dans les Alpes de Hautes Provence

Moins de 50%

Barcelonnette – 44,43% (28,87 au premier tour)

Sisteron – 46,90% (29,95 au premier tour)

Entre 50 et 55%

Manosque – 50,47% (30,42 au premier tour)

Plus de 55%

Digne les Bains – 55,86% (32,55 au premier tour)
Dans les Alpes Maritimes

Cannes – 32,34% (20,24 au premier tour)

Antibes – 35% (18,82 au premier tour)

Nice – 39,12% (23,13 au premier tour)
Dans le Vaucluse

Moins de 40%

Orange – 34,41% (16,67 au premier tour)

Sorgues – 34,41 (16,92 au premier tour)

Carpentras – 35,41% (19,67 au premier tour)

Plus de 50%

Avignon – 50,66% (26,94 au premier tour)

Pertuis – 51,99% (31,30 au premier tour)
Dans le Var

Moins de 35%

Fréjus – 31,21% (20,19 au premier tour)

Entre 35 et 40 %

Hyères – 36,80% (21,46 au premier tour)

Toulon – 38,01% (23,4 au premier tour)

Plus de 40%

La Seyne sur Mer – 47,52% (27,46 au premier tour)

Régionales : les élus qui arrivent, ceux qui partent

La Provence – 22/03/2010

Les noms des 123 élus de Provence-Alpes-Côte d’Azur

(avec une * ceux déjà élus en 2004)

PS – Europe Ecologie – Front de Gauche UMP FN
13 Michel Vauzelle*
Aïcha Sif
Patrick Mennucci*
Myriam Lamare
Alain Hayot*
Annick Delhaye*
Jean-Louis Canal*
Gaëlle Lenfant
Jean-Yves Petit
Marie-Arlette Carlotti
Jocelyn Zeitoun
Anne Mesliand
Gérard Frisoni*
Sophie Degioanni*
Pierre Souvet
Fatima Orsatelli
Avi Assouly
Nathalie Lefebvre*
Georges Hovsépian*
Françoise Floupin*
Luc Léandri
Nadia Boulainseur
Hervé Guerrera
Karima Rezoug
Mohamed Rafai*
Heidia Maoui
Bernard Morel
Sophie Camard
Jacques Lerichomme
Michèle Tregan*
Sébastien Jibrayel
Bernard Deflesselles*
Arlette Fructus*
Jean Chorro*
Monique Robineau*
Daniel Sperling
Mireille Benedetti*
Maurice Battin
Catherine Giner*
Bruno Genzana
Nora Remadnia-Preziosi
Stéphane Ravier
Joëlle Melin*
Stéphane Durbec*
Marie-Claude Aucouturier*
Gérald Gérin
Valérie Laupies
Laurent Comas
Elisabeth Philippe
Bernard Marandat
84 Jean-Louis Joseph*
Cécile Helle
Jacques Olivier*
Stéphanie Van Muysen*
Pierre Meffre*
Christine Lagrange
Alain Gabert
Anne-Marie Hautant
Jean-Michel Ferrand
Bénédicte Martin
Thierry Mariani*
Thibaut de la Tocnaye*
Marie-Odile Rayé
05 Joël Giraud*
Christine Nivou*
Bernard Jaussaud
Chantal Eymeoud
04 Christone Castaner*
Colette Charriau
Jean-Yves Roux
Eliane Bareille Jean-Marie Berkhoff
06 Patrick Allemand*
Christine Mirauchaux*
André Aschiéri
Anne-Julie Clary*
Gérard Piel*
Joëlle Faguer
Ladislas Polski
Pascale Gérard*
Philippe Mussi
Marie Tarbouriech
Marc Orsatti
Annabelle Jaeger
Charles Laugier*
Gaston Franco
Dominique Estrosi-Sassone*
Jean-Pierre Gonzalez*
Danièle Tubiana*
Richard Galy
Joëlle Martinaux
Pierrre-Paul Léonelli
Jean-Marie Le Pen
Lydia Schenardi
Hubert de Mesmay
Monique Lartigue
Sébastien Copin
83 Robert Alfonsi*
Laurence Vichnievsky
Marc Vuillemot
Mireille Peirano*
Alain Bolla
Sylvie Massimi
Philippe Chesneau*
Elsa Di Méo
Joël Canapa*
Martine Carriol*
Christian Desplats
Christine Sandel*
Claude Mesangroas
Marie Bouchez*
Hubert Falco
Josette Pons
Elie Brun
Isabelle Bourgeois*
Yannick Chevenard
Nadine Cabiten*
Olivier Audibert-Troin*
Sandra Torres
Jean-Louis Bouguereau*
Armelle de Pierrefeu
David Rachline
Danièle Le Gac*

Les élus de 2004 qui perdent leur siège

04 Eliane Barreille (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Serge Gloaguen (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
05 Pierre Bernard Reymond (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
06 Sonia Arrouas (Non inscrit)
André Aschieri (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Max Baeza (Groupe Front national)
Bernard Baudin (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Pierre Bernasconi (Groupe communistes et partenaires)
Josette Filippi (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Juliette Chesnel-Le Roux (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Juliana Chichmania Delpy (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Appoline Crapiz (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Jules Luccioni (Non inscrit)
Micaëla Darmon-Vassileff (Groupe des élus Verts et apparentés)
Jean Nicolas (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Adeline Mouton (Groupe communistes et partenaires)
Daniel Mansanti (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Eliane Guigo (Groupe communistes et partenaires)
Marie-Rose Prat (Non inscrit)
Jean-Pierre Mangiapan (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Edgar Malausséna (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
13 Gérard Azibi (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Sylvia Barthelemy (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Alain Belviso (Non inscrit)
François-Noël Bernardi (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Jackie Blanc (Groupe Front national)
Françoise Brassart (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Michel Caillat (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Michèle Carayon (Non inscrit)
Marie-José Cermolacce (Groupe communistes et partenaires)
Jean-Marc Coppola (Groupe communistes et partenaires)
Yves Vidal (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Claude Filippi (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Karim Ghendouf (Groupe communistes et partenaires)
Ronald Perdomo (Non inscrit)
Chantal Patricot (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Marie-Françoise Palloix (Groupe communistes et partenaires)
Christine Mendelsohn (Groupe communistes et partenaires)
Aline Marrone (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Patrick Magro (Groupe communistes et partenaires)
Catherine Levraud (Groupe des élus Verts et apparentés)
Catherine Lecoq (Groupe communistes et partenaires)
René Giorgetti (Groupe communistes et partenaires)
Catherine Guigli (Groupe communistes et partenaires)
Marie-Odile Raye (Groupe Front national)
Jean-Pierre Reveau (Groupe Front national)
Andrée Reversat (Groupe des élus Verts et apparentés)
Jacques Rocca-Serra (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Fleur Skrivan (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Léon Vachet (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
83 Andrée Alberelli (Groupe communistes et partenaires)
Bernard Barbagelata (Groupe communistes et partenaires)
Youssef Ben Saada (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Michèle Joyan (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Yannick Chenevard (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Henri Couilliot (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Philippe de David Beauregard (Non inscrit)
Laroussi Oueslati (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Michèle Dutoya (Groupe Front national)
Dominique Quentin (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Bruno Ravaz (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Christian Martin (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Sylvie Guerin (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
84 Guy Macary (Groupe Front national)
Nadine Peris (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Chantal Lamouroux (Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés)
Jean-Claude Andrieu (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Nicette Aubert (Groupe communistes et partenaires)
Marie-Françoise Rozenblit (Groupe UMP, Nouveau centre et apparentés)
Nadine Ephrem-Bellier (Non inscrit)
Frédéric Meyer (Groupe communistes et partenaires)

Analyses et réactions (suite : 15 articles)

 

Victoire responsable

La Marseillaise – 22/03/2010

C’est un Michel Vauzelle heureux qui a été accueilli au son de « Bandera Rossa », à sa permanence. Photo ML THOMAS

Permanence de Michel Vauzelle. La satisfaction est grande chez les militants présents. Mais c’est avec sérieux qu’ils appréhendent ce nouveau mandat, du fait de l’abstention et du FN.

C’est l’attente dans la permanence de Michel Vauzelle. L’ambiance est plus tendue que la semaine précédente. Qu’ont fait les abstentionnistes du premier tour ? Certes, la victoire est annoncée, attendue, mais, tant que le résultat n’est pas là, la messe n’est pas dite. Premier résultat annoncé, l’Alsace, la droite l’emporte largement. Moment de flottement dans l’assistance. Il sera bref, très vite, les tendances sont annoncées. Pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la victoire est nette et sans bavure, les applaudissements éclatent. La satisfaction est là. Mais, aussi, quasiment dans le même temps, le sérieux, le sens des responsabilités. L’importance du vote Front national et de l’abstention font dire, quasi unanimement, que l’heure est au travail du fait de la situation sociale. Elle est d’autant plus grave que la réforme des collectivités territoriales entraînerait la perte d’autonomie financière et la compétence générale ce qui aurait pour effet de ne plus pouvoir venir en aide aux associations. Tragique pour la société, pain béni pour le FN.

Alors, finalement, c’est peut-être Sébastien Barles, Europe écologie, qui résume le mieux le climat : « Trois mots qualifient mon état d’esprit : humilité, car 3/4 des citoyens se trompent de colère en se réfugiant dans l’abstention ou en faisant le choix de voter FN. Deuxièmement : félicitation pour cette victoire démocratique, écologique et sociale. Enfin, troisième mot : responsabilité. »
Pour Jean-Jacques, « ce soir, c’est encore 22% pour Le Pen et je continue à trembler. C’est aussi 44% pour Vauzelle et 50% d’abstention. Est-ce que cela signifie un ras-le-bol des politiciens ou cela signifie-t-il un renvoi dans les cordes du gouvernement ? »
Garo Hovsépian (PS) se réjouit « de la victoire de Michel Vauzelle ». Il s’inquiète de l’abstention et du score du FN, tout en notant : « Dans les 13/14, je remercie les électeurs qui, massivement, ont soutenu Michel Vauzelle. »
Jocelyn Zeitoun (majorité sortante) considère : « Au-delà de la victoire, annoncée par les sondages mais qui devait se concrétiser dans les urnes, je suis extrêmement inquiet devant le score du FN. Nous sommes là devant une élection qui interpelle. Nous avons gagné, c’est bien. Mais dans quel état est le pays ? Et la réforme des collectivités, la suppression de la clause de compétence générale risque d’aggraver la situation. » Avi Assouli ne dit pas autre chose : « Le FN continue de m’effrayer. Alors, il nous faut travailler pour le peuple, pour les valeurs humanistes. »

Même tonalité chez Myriam Lamare : « Il va falloir mettre cette victoire au service des citoyens. » Fatima Orsatelli, elle aussi nouvelle élue, ajoute : « Face au vote FN et à l’abstention, nous allons devoir encore plus faire et faire savoir. » Pierre Semeriva, Europe écologie, s’inquiète de voir le FN avoir progressé entre les deux tours. Alors que, pour Marie-Arlette Carlotti, « un vrai espoir naît à gauche. Attention, tout n’est pas arrivé, mais les bases sont là. Ceci dit, je ne suis pas dupe, l’abstention et le FN s’adressent au pouvoir, mais aussi, un peu, à nous ».
Christian Pellicani (PC) s’inquiète de l’abstention, du vote FN, il considère : « Cette élection risque d’être le chant du cygne si les mesures concernant les collectivités territoriales sont adoptées. »
Frédéric Rosmini (PS) se projette : « Avec la réforme du scrutin, au lieu de la victoire de la gauche nous aurions dès le premier tour, un grand chelem de la droite. Et la perte de la compétence générale serait une catastrophe pour le corps social. »

Michel Caire

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Le FN gâche le triplé de Vauzelle

Slate.fr – 22/03/2010

Avec 44,1% des voix au second tour, le président socialiste sortant entame un troisième mandat, marqué par un recul de la droite et un regain historique du Front national.

Sans surprise mais sans panache. Dimanche soir, Michel Vauzelle a largement devancé son challenger UMP Thierry Mariani (33,02%). Dans l’ambiance très tranquille de son QG marseillais, place du 4-septembre, il n’a pas versé dans le triomphalisme, laissant la ferveur au Stade-Vélodrome, où l’OM a battu Lyon. Dominateur à Marseille ou Avignon, Vauzelle ne pavoise pas. Pendant quatre ans, l’ancien Garde des sceaux de Mitterrand sait qu’il devra se coltiner un FN puissant, qui a confirmé sa très grande forme avec 22,87% des suffrages.

Un score socialiste moins élevé qu’en 2004

Sur les 123 sièges du conseil régional, l’Alliance de l’olivier (PS-Front de gauche-Europe écologie) en remporte 72, soit un de moins qu’en 2004, l’UMP reste stable avec 30 élus et le FN en comptera 21, contre 11 actuellement. Au terme d’une campagne centrée sur la «résistance» à la politique du président Sarkozy, Michel Vauzelle réalise toutefois un score moins élevé qu’en 2004 (45,17%), malgré le report de voix de ses alliés d’entre deux tours, le Front de gauche (6,1% des voix) et Europe Ecologie (10,9% des suffrages). Le total théorique lui assurait 42,83% des suffrages. Avec 44,1% des voix, Michel Vauzelle n’a toutefois pas conquis les abstentionnistes, malgré un sursaut de quatre points de la participation en Paca (52,21%).

Qu’importe. «C’est toute la France des régions qui a dit non à la politique de Sarkozy, non à la destruction des libertés publiques et de la sécurité, s’est félicité Michel Vauzelle. La Provence n’est pas la propriété de la droite, mais une région de gauche.» Ne lui parlez pas de contre-performance par rapport à 2004. «Si le Front national n’avait pas, à cause de la droite, fait un score aussi préoccupant, nous aurions obtenu une plus large majorité», affirme Michel Vauzelle, qui fera de l’emploi et du logement ses priorités. De son côté, Laurence Vichnievsky, tête de liste Europe Écologie au premier tour appelle à «l’humilité»: «L’essentiel a été préservé grâce à notre rassemblement, il faut rester humble devant un taux d’abstention trop fort et un taux pour le FN trop fort également», a commenté la magistrate, pour qui la région devra «être très attentive à ces gestes de désespérance».

Le Pen guest star du conseil régional

Ironie du sort, vendredi, c’est le leader frontiste Jean-Marie Le Pen, élu le plus âgé (81 ans), qui conduira la séance d’investiture comme le veut la tradition. Et si Vauzelle rempile, le Front national est bien le vrai gagnant de ces élections régionales. Son score du premier tour (20,3%) avait étonné. Celui du second (22,8%), supérieur aux 21% obtenus en 2004 par Guy Macary, interroge alors que le parti avait été donné moribond après la présidentielle. Le probable report des voix issues de la Ligue du sud de Jacques Bompard (2, 69% au premier tour), n’explique pas tout. Jean-Marie Le Pen y voit «l’effondrement du sarkozysme».

Il est flagrant en Paca. «J’ai perdu et je l’assume», expliquait dimanche soir très tard Thierry Mariani, qui a mis un temps fou à commenter publiquement sa défaite. Nommé en urgence après le retrait du maire de Toulon Hubert Falco, le député UMP du Vaucluse, qui a fait campagne notamment sur la sécurité, n’aura pas réussi à mordre sur les terres du Front national, ni à convaincre un électorat de droite déboussolé. «Sur les marchés, les gens s’interrogeaient sur l’ouverture. Peut-être fallait-il expliquer les réformes qui se sont succédées depuis deux ans et demi», concède Thierry Mariani, pour qui «le contexte national fait que la France n’était pas prête à entendre» un message de mobilisation. Arrivé en tête au premier tour avec 26,6% de voix, il réalise le même score que le député Renaud Muselier en 2004, soit 33,8% des voix. Il se console en faisant les comptes. «Le PS baisse, le FN monte et nous, on reste stable.»

Estrosi battu dans son fief

Renaud Muselier voit dans le fort score du FN la marque d’une «exaspération» de l’électorat de droite: «Les gens se posent de vraies questions sur l’avenir du pays. Il y a un doute sur notre lisibilité. Nous sommes à mi-mandat. Il nous reste deux ans pour agir.» Reste que certains résultats sonnent comme une alerte. A Nice (Alpes-Maritimes), fief du ministre de l’Industrie Christian Estrosi, la gauche dame le pion à l’UMP avec 39,12% des voix contre 36,32% pour le parti présidentiel. «Ces mauvais résultats pour la majorité présidentielle appellent tous ses responsables et ses élus à de nouvelles initiatives en faveur des priorités réaffirmées par les Français, l’emploi et la sécurité notamment», estime le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Bref, une vraie remise en question.

Armelle Muraour

Photo: Jean-Marie Le Pen embrassé par sa petite fille Marion (à dr.) et une fan, le 21 mars 2010 à Nice. REUTERS/Eric Gaillard

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Régionales 2010 : national et international (7 articles)

  

Une «déculottée» analysée par la presse

Libération – 22/03/2010 

Revue de presse 

Les journaux français reviennent largement sur les élections. Morceaux choisis. 

La presse française constatait lundi que la «déculottée» du second tour des élections régionales, largement imputée à Nicolas Sarkozy, avait enfin fait sortir l’UMP du déni de réalité qu’elle avait montré au soir du premier tour, et qui lui a peut-être coûté cher. 

«La sanction du bilan de Nicolas Sarkozy, les doutes sinon les rejets de sa politique ne sont plus discutables», estime Patrick Apel-Muller dans L’Humanité 

Pour Le Figaro  (Etienne Mougeotte), cette défaite «va marquer un tournant dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy», qui doit «envoyer des signaux forts» aux électeurs de droite, car ils «ont le sentiment d’avoir été laissés sur le bord de la route». 

Henri Gibier (Les Echos)  est du même avis: «Le grand défi de la rue de Solferino, (…) c’est de se donner un programme qui ne se résume pas à l’antisarkozysme». 

D’autant que grâce à cette victoire écrasante, «Martine Aubry fait désormais figure de leader de l’opposition et de présidentiable bien placée pour 2012» (Gérard Carreyrou, France-Soir ). 

Patrick Planchenault (Est-Eclair ) renchérit sur les «galons de présidentiable» gagnés par la première secrétaire du PS, tandis que Nicolas Sarkozy «sort affaibli de l’épreuve», ajoute Patrick Pépin (Nord-Eclair ). 

Evidemment, «rien sur le plan des institutions n’impose au chef de l’Etat de tirer des conséquences de ce vote», rappelle François Ernenwein (La Croix ). 

Mais ces «résultats envoient partout en France le même message et imposent au chef de l’État de le lire comme une sanction nationale et donc d’apporter des réponses aux inquiétudes des électeurs», martèle Daniel Ruiz (La Montagne ). 

«Après un échec aussi personnalisé, un remaniement de grande ampleur s’imposerait», mais «l’ajustement sera modeste», se désole Philippe Waucampt dans le Républicain Lorrain 

Car Nicolas Sarkozy a été «sanctionné» dans ce scrutin, assène Erik Izraelewicz dans La Tribune , «sur sa manière de décider» et «sur la direction prise». 

Dans Le Progrès de Lyon , Francis Brochet, toujours mordant, se moque de «l’hyperprésident» devenu «l’hyperperdant». Ses confrères ne sont pas moins acerbes envers «l’autiste de l’Elysée» (Libération Champagne , Jorge d’Hulst), jugé «autocratique, trop tourné vers (son) ego» (Le Télégramme,  Christine Clerc). 

Ouest-France  résume: «derrière le trompe-l’oeil des pourcentages» et l’abstention, «la gauche doit beaucoup sa victoire à la défaite de la droite». 

Du moins cette bérézina aura-t-elle permis de faire sortir l’UMP du «discours de refoulement des vérités du premier tour» et laisser la place «à plus d’humilité», relativise Jacques Camus (La République du Centre ). 

Dans la Presse de la Manche, Jean Levallois se souvient lui aussi de «l’extravagant numéro d’autiste des leaders nationaux de la majorité présidentielle» du 14 mars, qui «a abouti à renforcer la sanction» dimanche. 

Au final, «pour Nicolas Sarkozy, (…) les choses se compliquent singulièrement», constate Jacques Guyon (La Charente Libre). Car «dès maintenant s’ouvre le boulevard qui mène à la présidentielle et aux législatives» de 2012, rappelle Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne. 

(Source AFP)  Lire la suite…

Résultats Régionales PACA 2010 : 1ères réactions et analyses (13 articles)

Régionales : Michel Vauzelle réussit la passe de trois en Paca

La Provence – 22/03/2010

Michel Vauzelle est réélu président de Région Paca. Infographie LP

Avec 44,11%, le président sortant assure sa réélection. Il devance Thierry Mariani (33,02%) et Jean-Marie Le Pen (22,87%).

Le ministère de l’Intérieur vient de communiquer les chiffes définitifs des élections régionales en Paca. Avec 44,11%, le président sortant assure sa réélection. Il devance Thierry Mariani (33,02%) et Jean-Marie Le Pen (22,87%). L’abstention est de 47,79%.

Conduite par Michel Vauzelle (PS), la liste de gauche qui a fusionné avec Europe écologie et le Front de gauche obtient un score légérement inférieur à celui de 2004. L’alliance UMP-Nouveau centre-MPF représentée par Thierry Mariani ferait un score juste en dessous de celui de Renaud Muselier en 2004 (33,82%).

Avec 22,87%, Jean-Marie Le Pen améliore son score du premier tour qui était de 20,29%. Il a largement récupéré les voix qui s’étaient portées sur Jacques Bompard la semaine dernière. Traditionnellement, le Front national recule de quelques points au second tour. Il n’en a rien été cette fois…

A la lecture de ces chiffres, les listes Vauzelle obtiendraient 72 conseillers régionaux (contre 73 en 2004). L’UMP en aurait 30 et le Front national 21.

Alpes-de-Haute-Provence

Le président de la Région a obtenu 53,60% dans les Alpes-de-Haute-Provence. Thierry Mariani est loin derrière avec 29,10% des voix, suivi par Jean-Marie Le Pen (17,20%).

Alpes-Maritimes

En tête, on trouve Thierry Mariani avec 38,31%, suivi de Michel Vauzelle (37,84%) et de Jean-Marie Le Pen (23,85%). L’abstention a été de 49,28%.

Bouches-du-Rhône

Michel Vauzelle, le président de la région, est arrivé largement en tête dans les Bouches-du-Rhône avec 49,46% des suffrages. Il est suivi de Thierry Mariani qui a obtenu 27,55% des voix. Jean-Marie Le Pen arrive dernier avec 22,99% des suffrages. Dans le département, l’abstention a été forte avec 48,35%.

Hautes-Alpes

Michel Vauzelle reste en tête avec 53,90% des voix. Le candidat UMP, Thierry Mariani, a obtenu 31,80% des suffrages. Jean-Marie Le Pen, lui, est troisième avec 14,30% des suffrages.

Var

Thierry Mariani arrive en tête des élections régionales dans le Var avec 39,70% des suffrages contre 38,30% pour Michel Vauzelle. Jean-Marie Le Pen, réalise également un bon score avec 22,10% des voix. Le taux d’abstention a été de 48,6% dans le département.

Vaucluse

Jean-Marie le Pen (FN) a obtenu un important résultat dans le Vaucluse avec 26,50% des suffrages. Mais Michel Vauzelle reste en tête (42,90%), suivi de loin par Thierry Mariani (UMP) avec 30,50% des voix.

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La parole des citoyens

La Marseillaise – 22/03/2010

Editorial
Les électeurs ont tranché : la quasi totalité des régions métropolitaines sera gérée par une gauche rose, verte et rouge. Victorieuse car rassemblée le plus souvent.  La droite ne conserve désormais qu’une seule région.
Après la gifle infligée par les Français il y a une semaine, le second tour a non seulement confirmé mais surtout amplifié le profond désaveu des électeurs face aux choix politiques de Matignon, de l’Elysée et de leurs amis en régions.
Plus que jamais, sauf à s’inscrire dans un déni de démocratie, le message sorti des urnes doit être entendu. Le premier signe que devrait donner l’Elysée ne saurait ainsi se résumer à un ravalement de façade consistant en un quelconque remaniement de gouvernement. Plus que jamais, la question des réformes engagées ou programmées par l’Elysée doit être posée. Non pas pour évoquer une pause mais pour mettre au rebut les projets d’attaques des retraites ou autres sujets de remise en cause des droits des citoyens.
A gauche, les responsabilités confiées par les électeurs sont ainsi immenses. Dans les régions, bien sûr, afin de mettre en œuvre des politiques audacieuses répondant aux attentes des populations locales.
Au niveau national, aussi, la gauche devra répondre au message des électeurs. Rassemblée et porteuse d’ambitions nouvelles qui se dessinent, la gauche a montré qu’elle peut gagner, forte de ses valeurs plurielles en matière sociale et écologique.
Pour l’avenir qui débute aujourd’hui, le travail reste immense afin de ne plus décevoir la parole citoyenne. D’autant que la droite et son extrême restent à l’affût.

PIERRE BASTIEN

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Résultats Régionales PACA 2nd tour

elections.interieur.gouv.fr – 22/03/2010

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RESULTATS 2nd TOUR*

Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 3 347 144
Abstentions 1 599 747 47,79
Votants 1 747 397 52,21
Blancs ou nuls 53 238 1,59 3,05
Exprimés 1 694 159 50,62 96,95
Liste conduite par Voix % Exprimés Sièges
M. Jean-Marie LE PEN (LFN) 387 481 22,87 21
M. Thierry MARIANI (LMAJ) 559 381 33,02 30
M. Michel VAUZELLE (LUG) 747 297 44,11 72