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Archive for the ‘préfet/état’ Category

« Je veux faire barrage à cette droite agressive »

La Marseillaise – 06/03/2010

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Michel Vauzelle : « ce n’est pas évident de conserver cette région à gauche pour la troisième fois ». PHOTO MARIE-LAURE THOMAS

Michel Vauzelle : « ce n’est pas évident de conserver cette région à gauche pour la troisième fois ». PHOTO MARIE-LAURE THOMAS

MICHEL VAUZELLE. Candidat socialiste à sa succession, il évoque son bilan, son projet et sa volonté de rassembler la gauche au deuxième tour. Vous avez été maire d’Arles, ministre de la Justice, vous êtes député, vous présidez la région depuis 1998. Pourquoi une troisième candidature?
Après avoir effectué ces deux mandats, je me suis en effet posé la question d’une nouvelle candidature. Mais nous avons face à nous une droite extrême, agressive, dangereuse pour les institutions de la République, qui lamine les services publics et les acquis sociaux.
J’ai accepté d’être candidat pour faire barrage à cette droite, à Nicolas Sarkozy qui déclarait, il y a quelques mois, que notre région était la propriété de son camp. Depuis qu’il préside, peu à peu, le pouvoir est en train de passer des mains du peuple à celles des puissances d’argent.

Comment avez-vous perçu son aller-retour à Eurocoptère jeudi?
Cette visite en pleine campagne électorale avait aussi pour objet de donner un coup de main à Mariani. D’ailleurs, ce dernier ne l’a pas lâché d’une semelle.
Pour autant, j’ai été très surpris pas son discours sur l’industrie française. Il s’est présenté comme son sauveur. Mais quelle politique a-t-il mise en œuvre contre les délocalisations ? Chaque mois qui passe, la substance économique, industrielle du pays s’en va à l’étranger. Il ne fait rien pour s’y opposer.

Votre bilan est peu contesté par vos adversaires. De quoi êtes-vous le plus fier?
Je placerai au premier rang les trois milliards d’euros que nous avons investi en faveur des TER en dépit de l’attitude de la direction de la SNCF qui a supprimé des centaines de postes de cheminots. Il est indispensable qu’elle change d’attitude afin de permettre à nos efforts de se concrétiser pleinement. D’ailleurs, pendant ce prochain mandat, je poursuivrai dans cette même voie afin d’étendre la maillage en TER dans la région.
Ma seconde satisfaction tient à la politique conduite en faveur de la jeunesse. Nous avons poursuivi la construction et la rénovation des lycées, de grandes et belles qualités où les jeunes se sentent respectés. Nous avons également pris en compte les difficultés matérielles de nombreuses familles en prenant à notre charge les livres scolaires, les équipements des apprentis. Nous avons encore favoriser leur accès à la culture ou au sport.
Ma troisième satisfaction est plus immatérielle. Nous vivions dans une région qui n’avait pas conscience d’elle-même, de ses atouts. En multipliant les lieux de concertation, d’élaboration des politiques, nous avons travaillé à ce que les acteurs économiques, sociaux, culturels, sportifs… prennent conscience de leur communauté de destin. Aujourd’hui, je crois que nous avons atteint cet objectif.

La droite UMP soutient que la région est l’une des plus endettées de France. Que lui répondez-vous ?

Que c’est un mensonge électoral et qu’elle est très mal placée pour nous donner des leçons alors qu’elle soutient un gouvernement qui a aggravé comme jamais les déficits publics et la dette du pays.
La loi ne permet aux régions des déficits que sur les budgets d’investissement à la différence de l’Etat. Je puis vous assurer que notre capacité de remboursement est très grande. Bien meilleur que celle de grandes villes de la région dirigée par la droite.

Avant même la réforme en cours des collectivités locales, avez-vous ressenti que l’action de la région était freinée par la politique nationale?

Très souvent. Combien de fois avons-nous mis de l’argent sur la table pour faire avancer les dossiers sans que l’Etat ne réagisse. Cela a été vrai pour le tunnel de Tende, la L2 et bien d’autres. Je peux prendre encore l’exemple des subventions européennes où il a fallu que je me fâche avec le Préfet afin de récupérer les crédits de l’Europe.

Souhaitez-vous que la politique de la région agisse comme un contre-pouvoir aux orientations nationales ?

Je n’apprécie pas cette expression. Il n’y a pas de contre-pouvoir dans la République. Il n’existe qu’un pouvoir, celui de la Nation et de ses représentants.

Mais vous combattez les réformes des collectivités locales ?
Depuis les lois de décentralisation, les collectivités locales gèrent leurs propres affaires sans la cadre des lois de la République. Les projets prennent le contre-pied de cette logique. On va supprimer les conseils régionaux. On instaure des conseillers cantonaux dont on ne sait pas très bien ce qu’ils seront. On nous retire nos capacité de financement. On va instaurer des métropoles qui vont drainer les équipements vers Marseille et Nice pour prendre l’exemple de PACA. Que deviendront le Vaucluse, les territoires périphériques comme Arles, les départements alpins ?

Quelles sont les lignes forces de votre projet pour la prochaine mandature ?

En priorité, l’emploi. Nous entendons renforcer nos politiques. Ces dernières années, nous avons créé 36 000 emplois pour lutter contre la crise et aider les PME à hauteur de 750 millions d’euros.
Je me suis engagé pour la prochaine période de créer 10 000 emplois par an et de poursuivre l’effort en faveur des PME en danger. De même nous souhaitons développer les emplois aidés dans l’économie sociale et solidaire. Dans cette période de déshumanisation, ces emplois sont très précieux. Ils recréent de l’humanité, notamment à l’égard des personnes âgées.
Autres novations de cette prochaine mandature : la création d’un fonds régional d’investissement solidaire, la naissance des maisons régionales des services publics ou encore de maisons régionales de la santé, en particulier dans les lieux désertifiés.
Vous avez déjà évoqué votre attachement aux TER. Comment allez-vous réagir à l’entrée de la concurrence imposée par l’Europe ?
Je veux être franc. Si la SNCF continue à nous poser trop de problèmes, si elle persévère dans sa volonté de privilégier le TGV au détriment du rail régional, si on nous pousse à bout, nous réfléchirons à trouver des compagnies concurrentes qui assureront des trains à l’heure et respecteront les choix de l’autorité organisatrice qu’est la région.

A la différence de 1998 ou 2004, la gauche est représentée par plusieurs listes. Est-ce un handicap ou un atout qui permet à toutes les sensibilités progressistes de s’exprimer ?

J’étais et je reste partisan de l’union de la gauche dès le premier tour. Cette désunion peut favoriser l’abstention. Les gens ne comprennent pas cette division alors que nous avons gagné unis et que nous avons face à nous une droite extrême. Ils attendaient que comme en 1998 et 2004, la gauche soit mature et responsable en se rassemblant dès le premier tour.

Comment va se passer l’entre deux tours ?

Je souhaite l’union et le rassemblement, que le PC dépasse le score lui permettant de conserver sa place dans la région. Je formule le même souhait pour les écologistes.

Tous les sondages vous donnent gagnant. Est-ce la campagne la plus facile depuis 1998 ?

Certainement pas. Je la conduis avec beaucoup d’ardeur en en négligeant rien. Cette campagne est dure parce que l’adversaire est dur. Ce n’est pas évident de conserver cette région à gauche pour la troisième fois.

PROPOS RECUEILLIS CHRISTIAN DIGNE

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Côte-d’Azur : caméras dans les trains ?

AFP/Le Figaro – 06/03/2010

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Le préfet des Alpes-Maritimes Francis Lamy a demandé aujourd’hui à la SNCF d’installer des caméras de surveillance dans les gares de son département et les trains qui y circulent, cibles d’actes de vandalisme.

« Suite aux actes de vandalisme perpétrés dans la nuit du 23 au 24 janvier dernier sur sept trains en gare de Nice et aux dégradations commises vendredi 5 mars sur un train parti de Saint-Raphaël et arrivé à Nice à 19H00, M. Francis Lamy considère comme prioritaire l’installation de caméras dans les gares des Alpes-Maritimes et dans les trains qui y circulent », indique un communiqué de la préfecture.

Dans une lettre adressée à Guillaume Pépy, président de la SNCF, et à Michel Vauzelle, président du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, le préfet Lamy demande que les services de l’Etat, de la région, et de la SNCF se réunissent « dans les meilleurs délais » pour envisager ces installations.

Vendredi, un train assurant la liaison entre Saint-Raphaël et Nice était arrivé en gare de Nice avec 27 vitres brisées. Dans la nuit du 23 au 24 janvier, un groupe de jeunes gens avait saccagé des dizaines de voitures de TER, de TGV, ou de grandes lignes en gare de Nice pour un préjudice évalué à plus de 500.000 euros par la SNCF. Le 3 mars, M. Pépy avait présenté aux préfets un plan de développement de caméras de vidéo protection dans les gares et les trains.

La visite de N. Sarkozy versant politique (5 articles)

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A Marignane, Nicolas Sarkozy ne fait pas campagne pour les régionales, selon Jean-Claude Gaudin

Nouvel Obs – 04/03/2010

Le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a exclu toute portée électoraliste dans le déplacement du président Nicolas Sarkozy jeudi en région Provence-Alpes Côtes d’Azur (PACA), à l’occasion de la clôture des Etats généraux de l’industrie et à dix jours du premier tour des élections régionales.

« Nicolas Sarkozy fait son métier de président », a confié M. Gaudin à des journalistes, tandis que le chef de l’Etat visitait la chaîne de montage du Super Puma dans l’usine d’Eurocopter de Marignane, en bordure de l’aéroport marseillais.

« Il fait son boulot, il ne fait pas les élections. Les élections, c’est nous. Et on va vous surprendre parce qu’on va les gagner. Enfin je n’en suis pas si sûr… », a-t-il ajouté, tout sourire, au milieu dans la foule accompagnant le président de la République, où se mêlaient le député Thierry Mariani, chef de file UMP en PACA pour les régionales, et le socialiste Michel Vauzelle, président sortant du conseil régional. AP

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Nicolas Sarkozy présente sa nouvelle politique industrielle

L’Express – 04/03/2010 (voir fin de l’article)

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 MARIGNANE, Bouches-du-Rhône – Nicolas Sarkozy a présenté les grandes lignes d’une politique industrielle visant à enrayer l’érosion de l’industrie française et de l’emploi dans ce secteur.

Nicolas Sarkozy a présenté les grandes lignes d'une politique industrielle visant à enrayer l'érosion de l'industrie française et de l'emploi dans ce secteur. Le président de la République a tiré les conclusions des Etats généraux de l'Industrie devant près de 1.500 personnes réunis dans l'usine Eurocopter de Marignane, près de Marseille. (Reuters/Claude Paris/Pool)

Le président de la République a tiré les conclusions des Etats généraux de l’Industrie, lancés l’automne dernier, devant près de 1.500 personnes réunis dans l’usine Eurocopter de Marignane, près de Marseille.

« J’ai la profonde conviction qu’un pays qui n’a pas d’industrie n’a rien à vendre et finit par s’appauvrir« , a-t-il déclaré. « Je conteste l’idée qu’il convient de donner la priorité absolue aux services et d’abandonner l’industrie. »

La part de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée marchande est en France de 16%, alors que la moyenne est d’environ 22% dans la zone euro et atteint 30% en Allemagne.

(…)

L’organisation des Etats généraux de l’industrie avait été inspirée par les syndicaux, dont la CGT. Mais aucun des leaders des grandes centrales n’avait fait le déplacement de Marignane. Seule la présidente du Medef, Laurence Parisot était venue.

En revanche, les chefs de file du Parti socialiste et de l’UMP pour les élections régionales des 14 et 21 mars en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le président sortant du conseil régional Michel Vauzelle et Thierry Mariani, ont accompagné Nicolas Sarkozy dans sa visite de l’usine Eurocopter.

Le candidat socialiste a estimé que la venue de Nicolas Sarkozy à dix jours d’un scrutin difficile pour la majorité présidentielle était « électoral« . Ce que le sénateur maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin s’est empressé de démentir.

« Le président fait son boulot de président, il ne fait pas les élections. Les élections, c’est nous. Et on va gagner ! » a-t-il dit à des journalistes, avant d’ajouter en aparté: « Je n’en suis pas si sûr. »

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Aubry raille l’agitation de Sarkozy

AFP – 04/03/2010

Martine Aubry, première secrétaire du PS, a commenté les annonces du président Nicolas Sarkozy sur l’industrie en estimant que les « discours et l’agitation ne viendront pas compenser l’absence de politique industrielle depuis 2002 ».

Avec les secrétaires nationaux du PS Guillaume Bachelay (industrie), et Aurélie Filippetti (questions énergétiques), Mme Aubry a affirmé dans un communiqué que « les déclarations grandiloquentes, les coups de menton et les convocations à répétition des patrons de multinationales à l’Elysée ne remplaceront jamais une politique industrielle de long terme ».

« Cette politique manque à la France depuis 2002 et N. Sarkozy n’a rien fait depuis 2007 pour y remédier », juge Mme Aubry, pour qui ces dernières années, « un demi-million d’emplois industriels ont été détruits, alors que 70.000 avaient été créés entre 1997 et 2002, quand la gauche était au pouvoir, preuve qu’il n’y a pas de fatalité ».

« Ce énième discours présidentiel n’est pas d’intérêt général, mais de pure opportunité électorale », assure Mme Aubry.  « Personne n’est dupe, à commencer par les salariés et les entrepreneurs dans la tourmente : à dix jours des régionales, le président de la République cherche à occulter l’abandon industriel dont les libéraux sont responsables », juge-t-elle.

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Les déplacements très stratégiques de Nicolas Sarkozy

Blog Le Monde/La Campagne des Régionales – 05/03/2010

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Il l’a dit clairement, le 25 janvier, à Laurence Ferrari, puis devant les téléspectateurs de TF1 : Nicolas Sarkozy ne s’engagerait pas dans la campagne des régionales. “Non ! Le rôle du président de la République n’est pas de faire campagne pour les présidents de région”. Pourtant, les déplacements du chef de l’Etat depuis le début de l’année semblent l’amener fréquemment dans les régions où l’UMP place ses espoirs de conquête. Il suffit, pour le constater, de prendre l’agenda du président de la République:

– Le 18 janvier, il se rend à Mayotte, où il apporte “un soutien discret à Didier Robert”, tête de liste UMP en région Réunion, selon La Croix .

–  Le 2 février, le chef de l’Etat se rend en Corse, officiellement “sur le thème du développement durable”. En pratique, il profite du voyage pour tenir une réunion devant 600 militants UMP et les responsables du parti dans l’Ile de Beauté, en évoquant les régionales et la nécessité de se mobiliser. Il est d’ailleurs accompagné du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand. L’Express.fr avait interrogé l’Elysée sur ce déplacement. La présidence avait répondu que Nicolas Sarkozy avait eu “un déjeuner privé et une réunion privée” en marge de son voyage officiel, ce qui ne changeait “strictement rien au coût de son déplacement”. 

– Le 9 février, Nicolas Sarkozy est en déplacement “sur le thème de l’avenir des territoires ruraux”. Une fois encore, l’agenda officiel n’indique pas le lieu de ce déplacement. Il s’agit du Loir-et-Cher, en région Centre. L’accompagne, entre autres, le secretaire d’Etat au commerce, à l’artisanat et aux PME, Hervé Novelli. Qui se trouve être également tête de liste UMP dans la région, où il faisait figure de favori jusqu’à de récents sondages le plaçant en difficulté.

– Le 18 février, il se rend en Haïti et en Martinique. Mais aussi – l’agenda officiel ne l’indique pas – en Guyane, où Rodolphe Alexandre, maire UMP de Cayenne, a de sérieuses chances de l’emporter.

– Le 1er mars, jour de l’ouverture de la campagne officielle, Nicolas Sarkozy fait un déplacement exceptionnel en Vendée et en Charentes Maritimes après la tempête. Il visite la côte en compagnie du président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, qui n’est pas candidat, mais reste une figure de la droite. Arrivé à La Rochelle, le chef de l’Etat refuse que la présidente de région, Ségolène Royal assiste à la réunion de travail organisée à la préfecture.

– Le 2 mars, il est à Laon, dans l’Aisne pour un déplacement centré sur “l’avenir de la fonction publique”. L’UMP n’a que peu de chances de l’emporter en région Picardie, où le président socialiste sortant, Claude Gewerc, fait figure de grand favori. La candidate du parti présidentiel, Caroline Cayeux, est tout de même parmi les invités lors du discours du chef de l’Etat. Le matin même, il avait reçu à l’Elysée Valérie Pécresse, candidate UMP en Ile-de-France. Une convocation qui intervient au lendemain de la publication d’une longue interview du chef de l’Etat dans la revue Architecture d’Aujourd’hui, sur le thème… du Grand Paris.

– Le 4 mars, Nicolas Sarkozy part “en province” pour évoquer des Etats généraux de l’Industrie. Une fois encore, l’agenda ne précise pas le lieu de ce déplacement. Il s’agit d’une usine Eurocopter de Marignane (Bouches-du-Rhône), en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où il est accueilli par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, accompagné du candidat de l’UMP, Thierry Mariani. Un déplacement que M. Gaudin ne peut s’empêcher de justifier auprès de journalistes : “Nicolas Sarkozy fait son métier de président, il fait son boulot, il ne fait pas les élections. Les élections, c’est nous. Et on va vous surprendre parce qu’on va les gagner. Enfin je n’en suis pas si sûr…”

Cette série de coïncidences commence à faire grincer des dents au sein de certains partis. Jeudi 4 mars, un candidat MoDem a choisi d’évoquer franchement le sujet. Christophe Grudler, tête de liste de la formation centriste en région Franche-Comté, dit avoir appris par la presse que le chef de l’Etat viendrait mardi 9 à Morteau et à Pontarlier, deux communes du Haut-Doubs. La Franche-Comté est l’une des régions susceptibles de basculer à droite et la tête de liste de l’UMP n’y est autre qu’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération.

Christophe Grudler a donc écrit à l’Elysée une lettre ouverte expliquant que “si, en tant que Francs-Comtois, nous sommes toujours heureux d’accueillir le président de la République, président de tous les Français, nous sommes en revanche choqués de le voir transformé en ‘chef de bande’, venu promouvoir l’un des siens à la veille du scrutin, notamment en visitant deux villes, Morteau et Pontarlier, dont les maires figurent sur la liste régionale”. Un appel qui n’a pas eu beaucoup d’effet. Vendredi 5 mars, le journaliste Jean-Claude Bourdin, de RMC, annonce sur Twitter que Nicolas Sarkozy donnerait une interview au Figaro Magazine, qui sortirait le 13 mars, à la veille du scrutin.

Samuel Laurent

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« Nicolas Sarkozy n’est plus le Président des Français mais celui d’un parti : l’UMP »

vauzelle2010.fr – 05/03/2010

Aujourd’hui, à l’occasion de la clôture des Etats généraux de l’Industrie chez Eurocopter (Marignane), Michel Vauzelle est revenu sur la présence du chef de l’Etat à 10 jours du premier tour des élections régionales. Pour la tête de liste del’Alliance de l’Olivier : « Nicolas Sarkozy n’est plus le Président des Français mais celui d’un parti : l’UMP. »

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La visite de N. Sarkozy versus économique (7 articles)

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Après les mesures en faveur de l’industrie, les craintes d’un nouvel effet d’annonce

Le Monde – 04/03/2010

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Ni libérale, ni interventionniste, ni protectionniste. En déplacement à Marignane, jeudi 4 mars, Nicolas Sarkozy a exposé une politique industrielle qu’il veut nationaliste. « La priorité absolue [est] donnée au redressement de l’industrie française », a-t-il expliqué, en détaillant les propositions qu’il entend mettre en place.

Avec une enveloppe de 1 milliard d’euros – sous forme de financements et de prêts verts pour l’investissement, le développement des filières et une prime à la relocalisation, ainsi que des mesures d’allégement et de simplification – le gouvernement entend clairement baisser les charges (Lire le décryptage L’industrie française reste entravée par le poids des charges sociales). L’économiste Elie Cohen approuve cette politique, mais regrette qu’elle s’accompagne d’une main-mise de l’Etat sur l’industrie. « Il est illusoire de croire que l’Etat peut désigner les secteurs, les entreprises ou les technologies stratégiques », prédit-il. (Lire l’analyse d’Elie Cohen)

Jean-Luc Gaffard, professeur à Sciences Po, à Paris, salue globalement ces mesures qui facilitent le financement des PME (petites et moyennes entreprises) et simplifie les dispositifs légaux. Mais il prévient que ces aides ne doivent pas être ciblées sur telle ou telle entreprise, mais bien sur tout un secteur. « Des mesures d’aide individuelle aux entreprises resteraient inopérantes en raison, notamment, de la prégnance de comportements opportunistes », souligne-t-il. (Lire l’analyse de Jean-Luc Gaffard).

« ON NE VOIT PAS BIEN COMMENT CELA PEUT ÊTRE RÉALISÉ »

Du côté de l’opposition, l’avis est plus tranché. Martine Aubry estime ainsi que ce plan est « de pure opportunité électorale » et ne trace pas de perspectives stratégiques. « Les déclarations grandiloquentes, les coups de menton et les convocations à répétition des patrons de multinationale à l’Elysée ne remplaceront jamais une politique industrielle de long terme », déclare la première secrétaire du Parti socialiste dans un communiqué.

François Bayrou, ancien rival de M. Sarkozy à la présidentielle, partage pour sa part le diagnostic du président, mais diverge sur les remèdes. « Ce qui manque le plus, c’est un plan cohérent pour que notre industrie française et européenne réoccupe des secteurs entiers de production qui sont aujourdhui complètement abandonnés », a plaidé le patron du MoDem, estimant également que les objectifs fixés relèvent plus de « l’annonce ». « On ne voit pas bien comment elle peut être réalisée », constate-t-il.

Chez les partenaires sociaux – et notamment à la CGT, qui était à l’origine des états généraux de l’industrie desquels sont issues ces mesures – c’est la déception qui règne. Si le Groupe des fédérations industrielles (GFI) se dit  « en phase avec les orientations et les décisions » du président, la CGT regrette que « la question [de l’emploi] ne soit pas placée au premier rang des priorités, alors que c’est aux yeux de la CGT le levier principal d’une politique de développement industriel ». Pour la CFDT, « la désignation d’un médiateur de la sous-traitance, simple intermédiaire entre sous-traitants et donneurs d’ordres, ne répond pas au problème ». Lire la suite…

Les Français se plaignent d’une dégradation des services publics

Le Monde – 03/03/2010

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Mardi, en pleine campagne des élections régionales, Nicolas Sarkozy était à Laon (Aisne) pour tenter de mettre un peu de baume au coeur des fonctionnaires. La réforme de l’Etat les bouscule, sans pour autant donner satisfaction aux usagers.

Selon le rapport que le député UMP de Haute-Marne, François Cornut-Gentille devait remettre mercredi 3 mars au ministre du budget Eric Woerth, une écrasante majorité de français (66 %) fait le lien entre la réforme de l’Etat et la recherche d’économies budgétaires alors qu’une infime minorité (4 %) lie modernisation des services publics et amélioration de la qualité.

Près de trois ans après le lancement de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui se traduit sur le terrain par une réorganisation en profondeur des anciennes directions départementales (de l’équipement, de l’agriculture, de la jeunesse et des sports etc.), l’opinion publique n’est toujours pas convaincue, comme l’affirmait le 12 décembre 2007 M. Woerth que la réforme de l’Etat, « c’est également une qualité de services renforcée ».

Bien au contraire : plus de la moitié (53 %) ont l’impression que les services publics ont évolué plutôt mal au cours des dernières années. Leur ressenti recoupe largement les conclusions du dernier rapport annuel du médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye (Le Monde du 22 février). Ce sentiment de dégradation de la qualité de service est partagé par une majorité de Français : 57 %, selon l’étude réalisée le 17 février par Ipsos pour le compte de la Direction générale de la modernisation de l’Etat (DGME), et même 62 %, selon l’enquête réalisée du 12 au 15 février par Opinion Way pour M. Cornut-Gentille.

Certes, les Français reconnaissent nettement les progrès accomplis en matière de services en ligne et d’administration numérique (63 %), mais leur jugement est très négatif sur les temps d’attente à l’accueil, les délais de traitement ou encore la qualité de la réponse de l’administration. Lire la suite…

Dossier L’Express du 3 mars 2010 : La campagne électorale en PACA (5 articles)

Vauzelle, le faux tranquille

L’Express – 03 mars 2010

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Le président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelle, candidat à sa propre succession aux élections régionales de mars prochain.

AFP PHOTO MICHEL GANGNE Le président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelle, candidat à sa propre succession aux élections régionales de mars prochain.

Entouré de ses fidèles et de quelques nouveaux venus, l’élu arlésien sollicite un troisième mandat à la tête de la région. Malgré les affaires, il invoque la « morale républicaine » contre Sarkozy et la « droite dure ».

Dans son bureau lambrissé, entouré de ses tableaux et statues fétiches – « Je suis romain, vénitien, napolitain, grec, de culture jésuite, épris d’art religieux et d’émotion esthétique » – Michel Vauzelle s’accorde une pause. L’occasion d’évoquer Arles, où il a pris pied en 1976, avec son épouse et ses trois enfants alors petits, aujourd’hui grands, très présents à ses côtés, mais sans appétence aucune pour l’engagement politique. C’est dans la cité camarguaise qu’il a été élu la première fois, conseiller municipal (de 1977 à 2001). Il en a même été le premier magistrat au milieu des années 1990. Il en est devenu aujourd’hui le député.

De sa jeunesse, le natif de Montélimar retient sa scolarité chez les jésuites de Saint-Joseph, à Lyon, et l’espoir, comblé, de ses parents d’avoir un fils médecin et l’autre avocat – un barreau qu’il fréquentera fort peu, taraudé très tôt, lui, par les démons de la politique. Installé à la tête de la région depuis 1998, Michel Vauzelle sollicite aujourd’hui un troisième mandat. Il s’en va battre la campagne en toute confiance, satisfait de son bilan, sûr de la justesse de son combat et de ses valeurs. « Celles que m’ont inculquées mon père, ouvrier à 14 ans, et ma mère, fille de paysans, à savoir le respect de la personne humaine, la révolte contre l’injustice sociale et l’attachement à la culture républicaine française. Or je me retrouve face à Mariani, qui incarne une droite très dure, qui ne protège pas du tout la souveraineté du peuple contre les puissances mondiales de l’argent dans un pays qui se vide de son activité politique », s’insurge l’ancien garde des Sceaux. Et de s’en prendre à Sarko, l’ennemi n° 1 de sa campagne : « Il a veillé à siphonner les voix du FN et récupéré sa clientèle au travers d’une politique nationaliste et xénophobe. Seulement, aujourd’hui, son discours ne fonctionne plus et les électeurs regardent de nouveau en direction de Le Pen. » Il est vrai que Nicolas Sarkozy est allé jusqu’à lancer lui-même la campagne des régionales en Paca, il y a plus d’un an, avec Hubert Falco. « Un adversaire que j’aurais préféré, confie le candidat socialiste. Il aurait maintenu la campagne à un niveau moral et permis l’élévation de la pensée politique. » De quoi faire rosir le maire de Toulon…

Toujours très classique, ce jour-là, en pantalons de flanelle grise et blazer de velours noir, le président sortant est sur le point de présenter un colistier inattendu en la personne d’Avi Assouly, journaliste sportif, sexagénaire, exubérant et très populaire dans le landernau des supporters de l’OM. « Ce n’est pas un coup médiatique, assure-t-il, mais quand une société menace de se disloquer, le sport joue le rôle de rassembleur intergénérationnel. L’une des dernières manières de faire passer les valeurs. » Encore elles… On apprendra plus tard que la boxeuse Myriam Lamare rejoint, elle aussi, la très people Vauzelle team.

Réconciliation avec Patrick Mennucci

Autour du président du conseil régional, la garde rapprochée, fidèle, veille dans l’ombre. Homme de la première heure, Bernard Morel n’a jamais quitté le coeur du dispositif. Gravitent également dans le premier cercle Frédéric Rosmini, ex-député européen PS, l’universitaire Philippe Langevin, son ancien « dir’ com » Bruno James et Guillaume Thiriot, le directeur de cabinet. « Peu de politiciens pur jus, plutôt d’anciens compagnons, des administratifs fidèles », précise un élu socialiste. Lire la suite…

Emploi formation: le gouvernement en campagne (3 articles)

Laurent Wauquiez : «L’emploi n’est pas une préoccupation des régions socialistes»

Le Figaro – 03/03/2010

Laurent Wauquiez : «La région Languedoc-Roussillon dépense plus pour sa communication que pour l'apprentissage.» Crédits photo : Le Figaro

Le secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez, présente mercredi matin, au côté du secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand, le bilan des régions socialistes sur l’apprentissage.

Quel bilan dressez-vous de l’action des régions dans le domaine de l’emploi ?L’emploi est la première préoccupation des Français, mais pas des régions socialistes. Qu’ont-elles fait ? Rien ou pas grand-chose. Alors même qu’elles disposent de trois leviers majeurs : les aides aux entreprises, la formation des demandeurs d’emplois et l’apprentissage. Les socialistes nous sortent un joli slogan : le bouclier social. Mais depuis six ans, cela a plutôt été l’épée de Damoclès des impôts et de la dette dans les régions.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, explique que si l’emploi est bien une compétence régionale il ne vient qu’après les transports et les lycées. Que lui répondez-vous ?

C’est trop facile de répondre cela. L’emploi, c’est 30 % des budgets des régions. Pour le moment, la campagne s’est focalisée sur l’anecdotique. Il est temps de parler du bilan des régions socialistes et qu’elles rendent des comptes sur leur action. En 2004, elles avaient fait campagne sur les emplois tremplins. Six ans plus tard, à peine un tiers des emplois promis ont été réalisés.

Que leur reprochez-vous ?

De ne pas tenir leurs engagements. C’est également vrai en matière d’apprentissage. En 2004, les régions socialistes s’étaient engagées à porter à 487 000 le nombre d’apprentis. Fin 2009, elles étaient à 412 000. Ce qui signifie que 75 000 jeunes auraient pu trouver une solution si les régions avaient fait leur travail. L’Ile-de-France est la région française la plus riche mais c’est une de celles où l’apprentissage est le moins développé. Si M. Huchon avait fait le même travail qu’en Alsace, 25 000 jeunes franciliens auraient pu bénéficier d’un contrat d’apprentissage. La région Languedoc-Roussillon dépense plus pour sa communication que pour l’apprentissage. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, près de 30 millions d’euros prévus pour l’apprentissage ont été utilisés à autre chose, notamment aux frais de fonctionnement. Dans le fond, c’est une pratique habituelle. Songez qu’en 2008, sur les 800 millions d’euros octroyés par l’État aux régions, seulement 550 millions ont bel et bien été investis dans l’apprentissage. Lire la suite…