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Région : Michel Vauzelle dévoile son état-major

La Provence – 10/04/2010

Quatorze délégations ont été distribuées hier

Avec la culture, Patrick Mennucci dispose d'un balcon sur Marseille.

Avec la culture, Patrick Mennucci dispose d'un balcon sur Marseille. Ph.P.N.

Trois semaines après avoir été réélu à la tête de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le socialiste Michel Vauzelle a dévoilé, hier, les délégations qui incomberont à ses quatorzevice-présidents. Quatorze, en attendant le quinzième, Jean-Marc Coppola, ex-tête de liste Front de gauche qui devrait entrer dans l’hémicycle lors de la prochaine session, le 29 avril. Deux vice-présidences ont été promises à l’allié du PS et une seule pour l’heure est pourvue, celle de Nathalie Lefebvre, qui s’occupera des services publics.

Jean-Marc Coppola pourrait-il avoir la charge des lycées, pour l’heure non attribuée? L’autre partenaire, Europe écologie, dont le score électoral était plus important à l’issue du premier tour (10,9% contre 6,1% au Front de gauche), glane quatrevice-présidences et une délégation particulièrement sensible:les transports. C’est Jean-Yves Petit, élu Verts à Gémenos, qui hérite du poste.

« On souhaitait en priorité les transports. C’est là qu’on pourra mettre en application un certain nombre de nos propositions, explique-t-il. On avait conscience de la difficulté de la tâche, l’objectif numéro un étant que les gens reprennent confiance dans leurs TER. En termes de fiabilité et de régularité déjà. »Les écologistes seront en terrain moins mouvant avec le « Développement soutenable, énergie et climat » qui revient à Annick Delhaye ou la délégation « Santé et alimentation » proposée à Anne-Marie Hautant. Ils devront aussi se concentrer sur le logement, délégué à André Aschiéri. Pour le reste, Michel Vauzelle a récompensé ses fidèles socialistes.

À commencer par Patrick Mennucci, unique vice-président marseillais. À l’ex-directeur de campagne échoient la culture, le patrimoine culturel et le tourisme. « Tout ce qui fait l’attractivité de la région », remarque celui qui dispose d’un balcon politique sur la capitale européenne de la culture 2013 et d’une jolie vue sur Marseille. Les occasions de marquer le territoire vont se multiplier pour le maire de secteur. Le Niçois Patrick Allemand garde, lui, la première vice-présidence de la Région et est chargé des relations internationales.

Le Vauclusien Jean-Louis Joseph jonglera entre finances et agriculture. Le maire de Forcalquier Christophe Castaner qui s’occupait des programmes de campagne aura fort à faire avec l’emploi, le développement économique régional, l’enseignement supérieur et la recherche. Tout comme la Mentonnaise Pascale Gérard qui garde la formation professionnelle et l’apprentissage.

En ayant à se soucier de l’aménagement du territoire, l’Avignonnaise Cécile Helle reçoit, elle, un soutien important dans la perspective d’autres élections dans la cité des Papes. À noter encore, les délégations « Mer, pêche et littoral » offerte à Mireille Peirano, « Solidarité, prévention et sécurité, lutte contre les discriminations » à Gaëlle Lenfant et « Action régionale pour le massif alpin » à Joël Giraud (PRG) dont les compétences sont régulièrement saluées par Michel Vauzelle.

François TONNEAU

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Levée d’immunité de Sylvie Andrieux: confusion et réaction de la députée

Affaire des subventions : imbroglio autour de l’immunité de Sylvie Andrieux

La Provence – 07/04/2010

Sylvie Andrieux, député PS des Bouches-du-Rhône. Photo Franck Pennant

Le bureau de l’Assemblée nationale a-t-il vraiment levé ce matin l’immunité parlementaire de Sylvie Andrieux à la demande du juge Landou, le nom de la député PS des Bouches-du-Rhône apparaissant dans le dossier instruit par le magistrat sur des détournements de subventions versées par la Région Paca ? La décision du bureau est plus complexe que ce que l’on a pu comprendre dans un premier temps, comme en témoigne un communiqué que le président UMP de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, vient d’adresser à La Provence.

« Le bureau s’est réuni ce matin pour examiner la demande faite par le Procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence d’autoriser l’audition de Mme Sylvie Andrieux sous le régime de la garde à vue et, au cas où elle serait mise en examen, la prise de mesures de contrôle judiciaire, explique Bernard Accoyer. Le bureau a écarté la demande de mise en garde à vue, au motif que Mme Sylvie Andrieux n’ayant pas été encore entendue, après plus de deux ans d’enquête, par le juge d’instruction, malgré sa propre volonté, cette mesure n’était pas justifiée. En revanche, le bureau a autorisé, en cas d’éventuelle mise en examen, la mesure d’interdiction de rencontrer certaines personnes. Cette mesure ne fait pas en effet obstacle à l’exercice du mandat parlementaire. Cette décision du bureau permet au juge de poursuivre ses investigations ».

En clair, il n’y a pas de levée d’immunité parlementaire mais une décision a minima de l’Assemblée nationale, qui est loin de donner satisfaction à la demande du juge. En effet, si elle lui donne un feu vert pour entendre la parlementaire marseillaise, c’est en rappelant qu’il s’agit d’une autorisation de pure forme, puisque la loi l’autorise à procéder ainsi sans passer par le bureau. En revanche, l’Assemblée nationale écarte l’éventualité d’une garde à vue, qui elle aurait nécessité une levée d’immunité parlementaire en bonne et due forme.

Selon un expert du droit électoral, cette décision du bureau de l’Assemblée nationale est « plus politique que juridique » : « La demande de Sylvie Andrieux d’être entendue par le juge n’aurait pas dû influer les travaux du bureau et en tout cas, l’Assemblée n’aurait pas dû s’en prévaloir dans son argumentaire ». A l’inverse, on ne manquera pas de s’étonner que le juge Landou ait demandé des mesures, comme l’audition et le contrôle judiciaire en cas de mise en examen, qu’il avait tout loisir d’effectuer de son propre chef. Peut-être était-il avant tout intéressé par une garde à vue, qu’il a glissée au coeur d’un dispositif moins tonitruant ?

Sylvie Andrieux avait été mise en cause dès l’été 2008 quand l’organisme Tracfin, qui lutte contre la délinquance financière, a pointé du doigt des malversations au sein du Conseil régional, pour un montant aujourd’hui évalué à 700 000 euros. Les enquêteurs de la brigade financière de la police judiciaire avaient alors mis au jour plusieurs subventions allouées à des associations, décrites comme des « coquilles vides ». Ce mécanisme de financement aurait servi la campagne électorale de Sylvie Andrieux, soupçonnée d’avoir « arrosé » les familles les plus influentes dans les cités des quartiers Nord.

Lorsque « La Provence » a révélé cette affaire en décembre 2008, Sylvie Andrieux avait expliqué qu’elle n’avait rien à voir avec les subventions suspectes, dont l’attribution dépendait selon elle des « responsables administratifs de la Région ».

En juillet 2009, deux anciens cadres du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, Franck Dumontel, ex-directeur de cabinet de Michel Vauzelle, et Jules Nyssen, ex-directeur général des services, ont été mis en examen par le juge Franck Landou pour « complicité de détournement de fonds publics ». Ils avaient été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec pour seule obligation de ne pas rencontrer les autres mis en cause dans le dossier.

Ce dossier a plané au-dessus de la campagne des élections régionales, la plupart des adversaires de Michel Vauzelle en ayant fait un axe d’attaque. Ce à quoi le président PS de la Région, répondait invariablement « avoir alerté le procureur en 2007, lorsque nous avons découvert ce problème ». Fin 2008, la Région s’est portée partie civile dans cette affaire.

Fred Guilledoux

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Sylvie Andrieux : « Je voudrais qu’on avance et passer à autre chose »

La Provence – 08/04/2010

Sylvie Andrieux, députée PS des quartiers nord de Marseille: "Je veux pouvoir en finir avec les procès d'intention". Photo C. Sollier

Le bureau de l’Assemblée nationale a rejeté certaines du juge à l’encontre de la députée PS.

Hier, le bureau de l’Assemblée nationale n’a pas levé explicitement l’immunité parlementaire de la députée PS de Marseille, Sylvie Andrieux. La demande avait été effectuée par la justice dans le cadre d’une enquête sur des détournements présumés de subventions du Conseil régional à des associations fictives. La décision écarte « la demande de mise en garde à vue au motif que Sylvie Andrieux n’ayant pas été entendue après plus de deux ans d’enquête par le juge d’instruction malgré sa propre volonté, cette mesure n’était pas justifiée ». En revanche, le bureau autorise, « en cas d’éventuelle mise en examen, la mesure d’interdiction de rencontrer certaines personnes. Cette mesure ne fait pas en effet obstacle à l’exercice du mandat parlementaire », conclut le communiqué du président UMP de l’Assemblée, Bernard Accoyer. Réaction de Sylvie Andrieux.

– Comment interprétez-vous la décision du bureau de l’Assemblée nationale ?
Sylvie Andrieux :
« Le bureau rejette les demandes du juge et sa demande de levée d’immunité. Il écarte la demande de mise en garde à vue, la caution et retient simplement, en cas de mise en examen, la mesure de contrôle judiciaire restrictive interdisant de recevoir ou de rencontrer certaines personnes. À ce jour, le juge n’a donc reçu aucune autorisation. J’ai pris acte de cette décision et je constate que les mesures de contraintes ont été refusées.

– Quel est votre état d’esprit ?
S.A. :
Je suis sereine. Je voudrais que l’on avance afin que l’on puisse passer à autre chose. Il y a des sujets bien plus importants à traiter comme la souffrance des gens au quotidien. Réitérez-vous votre demande d’être entendue que vous avez adressé au juge? Aujourd’hui, je suis toujours à la disposition de la police et de la justice. L’enquête a débuté il y a deux ans, mon nom a été cité dans cette affaire par voie de presse, des extraits de procès-verbaux de police ont été reproduits. J’ai, alors, fait la demande par écrit au juge d’être entendue. Rien ne s’est fait. Je veux pouvoir en finir avec les procès d’intention, pouvoir connaître les accusations portées contre moi pour en démonter la fausseté. Je répondrai point par point et avec précision aux allégations mensongères.

– Que répondez-vous à ceux qui vous accusent et ont été mis en examen dans cette affaire de subventions à des associations fictives ?
S.A. : S’expliquer sur un dossier suppose de savoir ce qu’il contient. Or je ne sais pas. Je réserve mes réponses à la police et à la justice.

– Ne pensez-vous pas que cette affaire puisse être préjudiciable au tissu associatif ?
S.A. : Ça l’est déjà! Nous possédons, à Marseille, un tissu associatif dynamique et très respectable. Je regrette qu’il souffre depuis deux ans. Encore une fois, ce sont les bons qui paient pour les mauvais.

– Craignez-vous pour votre image ?
S.A. : L’objectif, c’est de me nuire. Calomniez, il en reste toujours quelque chose! Cette affaire discrédite un peu plus la politique au moment où les gens s’abstiennent ou votent aux extrêmes. »

Propos recueillis par M. Ch. 

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Détails de la décision du Bureau de l’Assemblée Nationale sur Le blog de Sylvie Andrieux

PS : Vauzelle – Guérini – Mennucci, chronologie d’une guerre secrète

La Provence – 02/04/2010

Patrick Mennucci, Jean-Noël Guérini, Michel Vauzelle. Photos LP

Depuis trois semaines, les luttes d’influence qui secouent le Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône ont pris un tour nouveau. Après avoir marqué la campagne des élections régionales, les rivalités entre Guérini et Mennucci d’abord, puis entre Guérini et Vauzelle ensuite, provoquent une tempête comme le PS n’en avait plus connue depuis les années 80/90. Selon les derniers échos, l’heure serait toutefois à la détente.

Les acteurs

Jean-Noël Guérini : 59 ans, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, sénateur, candidat à Marseille lors des dernières municipales, l’homme fort du PS dans le département (voici quelques mois, il a pris la direction de la Fédération 13, concrétisant dans la forme une influence qui s’exprimait dans les faits). Mis en difficulté depuis l’automne dernier par une enquête sur les marchés publics des déchets, dans laquelle son frère Alexandre est largement cité.

Patrick Mennucci : 54 ans, maire des 1er et 7ème arrondissements de Marseille, directeur de campagne de Michel Vauzelle. S’il a beaucoup oeuvré pour Jean-Noël Guérini, notamment lors des dernières municipales, les deux hommes se sont éloignés. Parmi leurs différends, la future circonscription du centre-ville : promise un temps à Mennucci, Guérini n’exclue plus de s’y présenter ou d’y lancer Lisette Narducci, une de ses fidèles.

Michel Vauzelle : 65 ans, président du Conseil régional Paca depuis 1998, député, ancien Garde des Sceaux. Depuis plusieurs années, il se tient à l’écart de la Fédération PS des Bouches-du-Rhône. Ses relations ont toujours été distantes avec Jean-Noël Guérini, avec des périodes de mieux et de moins bien.

Eugène Caselli : 63 ans, premier secrétaire de la Fédération PS des Bouches-du-Rhône et président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole. Souvent considéré comme un homme-lige du président du Conseil général, il entretient avec lui des rapports plus complexes depuis la fin de l’année dernière, tant à cause de l’enquête sur les marchés publics que des difficultés de fonctionnement de MPM.

Dimanche 14 mars

11 heures, bureau de vote de Samatan, dans le 7e arrondissement de Marseille. Le téléphone de Patrick Mennucci, le directeur de campagne de Michel Vauzelle sonne. Au bout du fil, une tête de liste départementale. Qui lui demande s’il doit venir le soir à la permanence de campagne : « Bien sûr, répond PM. Qui c’est qui va a annoncer à tes gars ceux qui vont sortir des listes ? C’est toi ! ». Fin de l’appel. Mennucci évoque la fusion qui s’annonce avec les listes Europe écologie et Front de gauche, qui a déjà été préparée à l’occasion de discrètes entrevues. Il ne paraît pas inquiet : « Le seul truc avec eux, c’est que désormais, ils savent comment compter le nombre d’élus auxquels ils ont droit… ». Lire la suite…

Régionales : les cartes des résultats Paca décryptées

29 mars 2010 2 commentaires

La Provence – 29/03/2010

Après la mise en ligne par LaProvence.com de cartes expliquant le vote des élections régionales en Paca, Virginie Martin, politologue et professeur à l’école Euromed Management, analyse pour nous les résultats de ce scrutin

Le vote FN en PACA est multiple

Dans la région, le FN a réalisé un score de 22,87%. Infographie LP

Il existe un dénominateur commun dans les motivations du vote FN en PACA. C’est bien sûr le problème de l’immigration et de l’identité locale. Mais Virgine Martin veut distinguer deux types d’électeurs frontistes, selon les différents départements. D’abord, dans le Var et les Alpes Maritimes, ce sont des électeurs traditionnellement à droite, qui se sont extrêmisés, suite à la déception de la politique de Nicolas Sarkozy au niveau national : « Sarkozy n’a pas apporté de réponses assez fortes, et n’a pas pu appliquer nationalement la politique très à droite qu’il avait promis en 2007 » indique la politologue. Elle ajoute que « s’ils ont pu être séduits par le ministère de l’Identité nationale, l’ouverture à gauche, avec les entrées au gouvernement de personnalités comme Bernard Kouchner ou Fadela Amara, est quelque chose qu’ils ont eu du mal à digérer, (…) c’était un grand ecart impossible, et les électeurs ont donc basculé à l’extrême droite« . La formule de Jean-Marie Le Pen s’est donc avérée exacte et « les électeurs ont préféré l’originale à la copie« . Mais le très bon score du FN en Paca est aussi le fait d’électeurs moins marqués idéologiquement à droite. La désespérance sociale et économique explique aussi ce vote et, les villes avec de forts taux de chômage, autour de l’étang de Berre par exemple, ont massivement voté Le Pen. Ici on est passé d’un extrême à l’autre, et le passage du Parti communiste au Front national n’est pas quelque chose de rare. Ce sont des régions où l’abstention aussi a été très forte, et où le désespoir envers le monde politique est vivace.

Michel Vauzelle reforme la gauche plurielle

Sur l'ensemble de la région, le PS a recueilli 44,1% des suffrages.

Si après ses deux précédents mandats, Michel Vauzelle dispose d’un bilan correct, d’une assez bonne image et d’un réseau important, son large succès s’explique d’abord par l’alliance spontanée qu’il a su former. En effet l’électeur lambda n’a que très peu pris en compte ses résultats, les compétences du Conseil régional restant assez floues. C’est grâce au report presque intégral des voix du Front de gauche au second tour et à l’absence de calculs politiques trop visibles avec Europe écologie que Michel Vauzelle a pu forger sa victoire. « Le président sortant a profité d’un alignement quasi militaire du Front de gauche et a réussi à faire passer son alliance avec Europe écologie comme naturelle, il a formé une gauche plurielle renouvelée » constate Virginie Martin. Pour elle, Vauzelle a églement profité de « la fin du sarkozisme de gauche, interventionniste, les électeurs de gauche s’étant aperçu que Sarkozy appliquait en fait une politique de droite traditionnelle« .

Le jeu des vases communiquants peu favorable à l’UMP

Sur l'ensemble de la région, l'UMP a recueilli 33,02% des suffrages.

Dans ces conditions, Thierry Mariani a donc particulièrement souffert. Entre les déçus de la politique nationale de Nicolas Sarkozy et les bastions de l’UMP passés au Front national, l’élection semblait ingagnable. Là encore, les raisons semblent plus liées à la politique nationale qu’à un véritable faute du candidat Mariani. « L’ouverture à gauche a , je pense, était une erreur fondamentale, (…) le choix d’Eric Besson au ministère de l’identité nationale, par exemple, constitue une pirouette politique impossible et non comprise par l’électorat de l’UMP » note la politologue. Quant au thème de l’insécurité, il a été trop tardivement évoqué par la droite pour répondre aux inquiétudes de sa clientèle traditionnelle… d’autant que le terrain était déjà occupé par le FN. Le bilan catastrophique de Sarkozy sur ce point a donc coûté cher à l’UMP dans la région, les électeurs préférant se tourner vers Jean-Marie Le Pen.

Une abstention structurelle

La carte de l'abstention en Paca.

Même s’il y a eu un léger mieux lors du second tour, l’abstention lors de ces élections est l’un des grands enseignements à retenir. Si Virginie Martin en impute une bonne partie au manque de visibilité quand aux compétences des conseils régionaux et au fait que, cette fois, elles n’étaient pas couplées avec d’autres élections (cantonales par exemple), c’est  surtout une abstention structurelle, à laquelle on assiste depuis plus de vingt ans. « La forte participation aux présidentielles de 2007 n’était que la poudre aux yeux, largement explicable par la peopolisation des deux candidats et le cirque médiatique orchestré par des boites de communication spécialisées en consulting d’entreprise, (…) ce scrutin n’avait plus grand chose de politique » s’indigne-t-elle. « On est juste revenu à la normale » ajoute-t-elle « il y a une vraie crise de la représentation politique et les électeurs ont vraiment le sentiment que les hommes politiques ne peuvent plus agir pour les protéger contre le chomage, la mondialistions ou l’émergeance de nouveau pays industrialisés« . « Si on ajoute à ça les différentes affaires qui ont ébranlé le monde politique les 30 dernières années, on comprends mieux la véritable crise de confiance entre les citoyens et leurs élus ».

Pierre KOROBEINIK 

Extrême droite : Qui sont les électeurs du FN ? Le cas marseillais

L’Humanité – 24/03/2010

Le regain du parti d’extrême droite s’appuie sur 
les « petites classes moyennes » orientées à droite, qui constituent son socle depuis les années quatre-vingt. Décryptage.

Marseille, correspondant régional.

Lu dans la presse locale la semaine dernière  : « Comment ne pas comprendre le vote d’un électeur FN habitant un quartier sensible où les zones de non-droit s’étendent… ? » Au-delà de la douteuse compréhension, pas grand monde ne contestera l’image de cet électeur type du parti d’extrême droite, ce bon Français abandonné aux « lois » des cités, ce citoyen débordé par le cours des choses qui crie sa rage en glissant dans l’urne un bulletin de haine. Et pourtant, cet archétype, véhiculé par la thèse du « gaucho lepénisme », chère au politologue Pascal Perrineau, ne repose sur rien, si ce n’est sur l’apparence des choses et une volonté idéologique. La faute au « prolo ». La faute aux « cocos » qui, au moins, avant, savaient le canaliser, le « prolo ». Dès 2002, le chercheur Christophe Traïni dénonçait cette « théorie misérabiliste » du vote FN. Sous son autorité, Joël Gombin a rédigé son mémoire de master sur le vote FN dans les Bouches-du-Rhône et dans le Vaucluse. Il continue de travailler le sujet en vue d’une thèse. De son enquête, il ressort trois conclusions  : il n’y a pas de corrélation entre le vote FN et le vote ouvrier, ni avec la présence d’immigrés, pas plus de lien avec le vote communiste des années soixante-dix et quatre-vingt. L’apparition du vote FN dans les années 1984-86 est le fruit, selon lui, de « la radicalisation d’une frange de la droite ». « Le socle historique du FN en Paca, c’est la petite bourgeoisie (artisans, commerçants, petits chefs d’entreprise) et les rapatriés d’Afrique du Nord », ajoute-t-il. Aujourd’hui, « le vote FN est utilisé comme une manière de voter à droite quand on trouve la droite pas convaincante ».

Regardons les résultats des dernières élections régionales dans les Bouches-du-Rhône, département le plus peuplé de la région, à forte tradition ouvrière et dont la principale ville, Marseille, a souvent été présentée comme la « capitale » du FN. Jean-Marie Le Pen a recueilli 113 118 voix, soit 20,54 %, lors du premier tour et 147 846 voix, soit 22,99 %, lors du second tour.

À Marseille, les scores s’établissent ainsi  : 21,48 % et 22,75 %. Soit dans la moyenne départementale. Marseille la populaire qui fit longtemps figure de terre d’élection du FN  : le raccourci a entretenu le mythe du « gaucho lepénisme ». Pourtant, ce sont « les petites classes moyennes » qui ont fait le succès de Le Pen. La trame urbaine des quartiers Nord de Marseille entre noyaux villageois (part importante de seniors) et cités facilite la lecture « sociale » des élections. Dimanche dernier, dans le bureau du village de Sainte-Marthe, le FN a recueilli 33 % tandis que dans les deux bureaux voisins situés au cœur de l’une des plus fortes concentrations de logements sociaux de France, il a plafonné à 11 %, loin derrière la gauche et l’impressionnante cohorte d’abstentionnistes (59 % au deuxième tour). « Le vote FN est aussi un moyen de se distinguer des classes populaires, surtout lorsqu’elles sont perçues de manière ethnique », pointe Joël Gombin. En raccourci  : je ne suis pas ouvrier et je suis blanc. Il faut ajouter que, selon le sociologue André Donzel, la « propriété » de sa propre résidence est l’une des clés de compréhension de la carte électorale marseillaise. Nous voilà assez loin du brave travailleur assistant de son balcon à la dérive d’une société.

Le tableau devient encore plus lumineux aux portes de Marseille. Les Pennes-Mirabeau (20 390 habitants), Allauch (19 000 habitants), et Plan-de-Cuques (10 536). Entre 26 % et 30 % pour Le Pen lors du second tour. Pas de « quartier sensible » en vue, pas plus que de « zones de non-droit ». Alors  ? Il faut d’abord décrire le « modèle » de ces villes. Elles furent, jusque dans les années soixante-dix, des villages avant de « subir » le phénomène de « périurbanisation ». La croissance démographique a été spectaculaire. Aux catégories populaires – noyau dur originel de ces villages – sont venues s’ajouter des classes moyennes et supérieures. Aujourd’hui, ces villes périphériques représentent le rêve de la campagne près de la ville, ou pour le dire autrement, les avantages de la proximité de la ville sans ses « inconvénients ». Le revenu médian par ménage y est supérieur, voire largement supérieur, à la moyenne de l’aire étudiée. L’accroissement de la population est désormais bien inférieur à la moyenne départementale, illustrant un « entre-soi » concrétisé notamment par le refus, partagé par les édiles et une frange majoritaire de la population, de construire des logements sociaux. Leurs maires, deux sont membres du PS, l’un se définit comme « divers », cultivent un « anti-marseillisme » de bon aloi qui renforcent leurs réélections dans un fauteuil. Ces trois villes ont voté massivement pour Nicolas Sarkozy (entre 35 % et 42 % au premier tour, entre 64 % et 70 % au second) et, depuis de nombreuses années, elles ont accordé au FN des scores bien supérieurs à la moyenne départementale.

« Dans le périurbain, chacun a une “ bonne raison ” de vouloir se protéger », analyse Joël Mongin. Un « autochtone » a mal vécu l’intrusion de ces « cadres parisiens » (même si, pour la plupart, ils n’étaient pas plus parisiens qu’évêques de Canterbury) qui ont renchéri le coût du foncier, compliquant l’installation de ses enfants. Le cadre en question veut se protéger des dangers perçus (insécurité, déclassement). Cette double « bunkérisation » mentale trouve dans le discours « frontiste » de la peur comme un prolongement. Dans ce tableau, il y a presque un côté Désert des Tartares : la ville « périurbaine » en fort retranché face aux périls de la grande ville. « à chaque fois qu’un problème de sécurité se pose, le maire l’explique par la proximité des quartiers Nord de Marseille », relate un militant communiste des Pennes-Mirabeau. « Marseille »… 
ou le mot-clé pour tous les sous-
entendus  : les pauvres, les immigrés… Les « Giovanni Drogo » provençaux se rendront-ils compte trop tard que cela les divertit de l’essentiel  ? 
Reliront-ils avec profit la dernière page du roman de Dino Buzzati  : « Mais une question lui vint ensuite à l’esprit  : et si tout était une erreur  ? ».

Christophe Deroubaix

Régionales : Stéphanie Van Muysen (PCF) assume sa grossesse et son élection

La Provence – 24/03/2010

Interrogée par « La Provence », la communiste Stéphanie Van Muysen, conseiller régional, a écarté, mercredi matin, tout scénario de démission pour laisser la place à Jean-Marc Coppola, (PC) vice-président sortant qui n’a pas été élu dimanche dernier.« D’autres journaux que le vôtre ont écrit que mon statut de femme enceinte m’inciterait à laisser ma place. Cela fait des années que je me bats pour la parité, ce n’est pas une grossesse qui va me faire changer d’avis » a plaidé l’élue communiste, conseiller régional sortant, et conseillère municipale d’Arles parachutée entre les deux tours sur la liste Vauzelle du Vaucluse.

Stéphanie Van Muysen sera donc présente ce vendredi à Marseille, pour la première séance de la Région, avec son ventre rond de six mois de grossesse. En revanche, elle ne pense pas que Jean-Marc Coppola restera définitivement éloigné des affaires régionales : « C’est sûr qu’à terme, il rentrera ». Le leader du Front de gauche avait, entre les deux tours, intégré la liste Vaucluse de Michel Vauzelle, en neuvième position. Les huit premiers seulement ont été élus.

Régionales : la carte du vote Vauzelle en Paca

La Provence – 23/03/2010

Avec 44,11% des voix au second tour des régionales Paca, Michel Vauzelle a nettement devancé Thierry Mariani et Jean-Marie Le Pen. Ville par ville, département par département, LaProvence.com recense les zones de la région qui lui ont permis une troisième élection. Commen souvent, ce sont les Bouches-du-Rhône qui ont fait la différence.

Sur l'ensemble de la région, le PS a recueilli 44,1% des suffrages. Infographie La Provence

PAR DEPARTEMENT

Bouches du Rhône – 49,46% (29,46 au premier tour)

Hautes Alpes – 53, 92% (31,65 au premier tour)

Alpes Maritimes – 37,84% (20,84 au premier tour)

Alpes de Hautes Provence – 53,63% (31,55 au premier tour)

Vaucluse – 42,92% (24,92 au premier tour)

Var – 38,26% (23,12 au premier tour)

A Marseille (par arrondissement)

Moins de 40%

8eme arrondissement – 39,17% (21,32 au premier tour)

Entre 40 et 45%

12eme arrondissement – 41,85% (25,13 au premier tour)

9eme arrondissement – 42,95% (25,13 au premier tour)

Entre 45 et 50%

7eme arrondissement – 45,40% (27,48 au premier tour)

4eme arrondissement – 48,89% (27,17 au premier tour)

11eme arrondissement – 49,97% (31,12 au premier tour)

Entre 50 et 55%

6eme arrondissement – 51,34% (25,96 au premier tour)

13eme arrondissement – 52,07% (37,27 au premier tour)

5eme arrondissement – 53,11% (27,08 au premier tour)

Entre 55 et 60%

14eme arrondissement – 57,80% (37,27 au premier tour)

Entre 60 et 65%

15eme arrondissement – 60,36% (40,57 au premier tour)

3eme arrondissement – 61,70% (40,24 au premier tour)

2eme arrondissement – 62,41% (39,01 au premier tour)

16eme arrondissement – 63,69% (36 au premier tour)

Plus de 65%

1er arrondissement – 68,16% (34,56 au premier tour)

Dans les Bouches du Rhône

Moins de 40%

Marignane – 38,52% (24,40 au premier tour)

Entre 40 et 45%

Salon de Provence – 43,11% (27,22 au premier tour)

Entre 45 et 50%

La Ciotat – 46,56% (25,37 au premier tour)

Marseille – 49,95% (29,6 au premier tour)

Entre 50 et 55%

Aubagne – 51,28% (27,53 au premier tour)

Vitrolles – 52,95% (32,57 au premier tour)

Istres – 54,46% (33,61 au premier tour)

Entre 55 et 60%

Arles – 58,79% (45,43 au premier tour)

Plus de 60%

Martigues – 60,86% (31,26 au premier tour)
Dans les Hautes Alpes

Entre 50 et 55%

Embrun – 52,24% (28,03 au premier tour)

Gap – 54,16% (32,51 au premier tour)

Plus de 55%

Briançon – 59,48% (35,08% au premier tour)

Dans les Alpes de Hautes Provence

Moins de 50%

Barcelonnette – 44,43% (28,87 au premier tour)

Sisteron – 46,90% (29,95 au premier tour)

Entre 50 et 55%

Manosque – 50,47% (30,42 au premier tour)

Plus de 55%

Digne les Bains – 55,86% (32,55 au premier tour)
Dans les Alpes Maritimes

Cannes – 32,34% (20,24 au premier tour)

Antibes – 35% (18,82 au premier tour)

Nice – 39,12% (23,13 au premier tour)
Dans le Vaucluse

Moins de 40%

Orange – 34,41% (16,67 au premier tour)

Sorgues – 34,41 (16,92 au premier tour)

Carpentras – 35,41% (19,67 au premier tour)

Plus de 50%

Avignon – 50,66% (26,94 au premier tour)

Pertuis – 51,99% (31,30 au premier tour)
Dans le Var

Moins de 35%

Fréjus – 31,21% (20,19 au premier tour)

Entre 35 et 40 %

Hyères – 36,80% (21,46 au premier tour)

Toulon – 38,01% (23,4 au premier tour)

Plus de 40%

La Seyne sur Mer – 47,52% (27,46 au premier tour)