PS : Vauzelle – Guérini – Mennucci, chronologie d’une guerre secrète

La Provence – 02/04/2010

Patrick Mennucci, Jean-Noël Guérini, Michel Vauzelle. Photos LP

Depuis trois semaines, les luttes d’influence qui secouent le Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône ont pris un tour nouveau. Après avoir marqué la campagne des élections régionales, les rivalités entre Guérini et Mennucci d’abord, puis entre Guérini et Vauzelle ensuite, provoquent une tempête comme le PS n’en avait plus connue depuis les années 80/90. Selon les derniers échos, l’heure serait toutefois à la détente.

Les acteurs

Jean-Noël Guérini : 59 ans, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, sénateur, candidat à Marseille lors des dernières municipales, l’homme fort du PS dans le département (voici quelques mois, il a pris la direction de la Fédération 13, concrétisant dans la forme une influence qui s’exprimait dans les faits). Mis en difficulté depuis l’automne dernier par une enquête sur les marchés publics des déchets, dans laquelle son frère Alexandre est largement cité.

Patrick Mennucci : 54 ans, maire des 1er et 7ème arrondissements de Marseille, directeur de campagne de Michel Vauzelle. S’il a beaucoup oeuvré pour Jean-Noël Guérini, notamment lors des dernières municipales, les deux hommes se sont éloignés. Parmi leurs différends, la future circonscription du centre-ville : promise un temps à Mennucci, Guérini n’exclue plus de s’y présenter ou d’y lancer Lisette Narducci, une de ses fidèles.

Michel Vauzelle : 65 ans, président du Conseil régional Paca depuis 1998, député, ancien Garde des Sceaux. Depuis plusieurs années, il se tient à l’écart de la Fédération PS des Bouches-du-Rhône. Ses relations ont toujours été distantes avec Jean-Noël Guérini, avec des périodes de mieux et de moins bien.

Eugène Caselli : 63 ans, premier secrétaire de la Fédération PS des Bouches-du-Rhône et président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole. Souvent considéré comme un homme-lige du président du Conseil général, il entretient avec lui des rapports plus complexes depuis la fin de l’année dernière, tant à cause de l’enquête sur les marchés publics que des difficultés de fonctionnement de MPM.

Dimanche 14 mars

11 heures, bureau de vote de Samatan, dans le 7e arrondissement de Marseille. Le téléphone de Patrick Mennucci, le directeur de campagne de Michel Vauzelle sonne. Au bout du fil, une tête de liste départementale. Qui lui demande s’il doit venir le soir à la permanence de campagne : « Bien sûr, répond PM. Qui c’est qui va a annoncer à tes gars ceux qui vont sortir des listes ? C’est toi ! ». Fin de l’appel. Mennucci évoque la fusion qui s’annonce avec les listes Europe écologie et Front de gauche, qui a déjà été préparée à l’occasion de discrètes entrevues. Il ne paraît pas inquiet : « Le seul truc avec eux, c’est que désormais, ils savent comment compter le nombre d’élus auxquels ils ont droit… ». Lire la suite…

Publicités

Thierry Mariani & Nicolas Sarkozy

Mariani, un furieux en Sarkosie

Le JDD – 02/04/2010

Thierry Mariani a l'impression d'avoir été trahi par Nicolas Sarkozy. (Reuters)

Thierry Mariani s’attendait, comme Nicolas Sarkozy lui aurait promis, à entrer au gouvernement lors du dernier remaniement. Recalé, le député du Vaucluse est furieux et a le sentiment d’avoir été « pris pour un con« . L’Elysée est plus qu’agacée par cette saillie d’un fidèle du chef de l’Etat. Les députés, eux, font part de leur malaise au JDD.fr.

« Comme beaucoup d’autres, Sarkozy m’a pris pour un con. Je reste un con mais je sais ce qu’il me reste à faire. » Ce qu’il fait, Thierry Mariani, c’est évacuer sa colère, comme le rapporte le Canard enchaîné. Ce qu’il a fait, aussi, c’est boycotter la rencontre des députés avec Nicolas Sarkozy. Ce qu’il va faire demain? Bien malin celui qui détient la réponse. Des élus affirment qu’il est injoignable depuis plusieurs jours. LeJDD.fr confirme. Même son répondeur est indisponible. Thierry Mariani est en colère, et chercherait un peu de calme pour retrouver ses esprits et décider de son avenir. En sarkosie, ou ailleurs.

Compagnon de route de Nicolas Sarkozy depuis longtemps, Thierry Mariani a franchi la ligne blanche. Après la défection d’Hubert Falco, le maire de Toulon, il avait accepté -à la demande du chef de l’Etat- de monter au front dans les régionales, dans la difficile région PACA, où il a perdu au second tour avec un score honorable (33,02%). En échange de ce « sacrifice », le chef de l’Etat lui aurait promis un maroquin. « Je ne pense pas qu’une entrée au gouvernement se fasse sur une promesse orale« , confie anonymement un député au JDD.fr. Thierry Mariani pense le contraire, et vit l’entrée au gouvernement de François Baroin et George Tron –un chiraquien et un villepiniste qui n’ont pas hésité à critiquer l’action présidentielle par le passé- comme une trahison.

« Sarkozy va le tuer politiquement »

A l’Elysée, sa colère agace au plus haut point. Le député du Vaucluse, fidèle parmi les fidèles, est désormais dans le viseur. « Ce qu’il a dit n’est pas très judicieux. Il a commis une erreur« , assure un collaborateur de Nicolas Sarkozy, dans des propos rapportés par France Inter, vendredi matin. « Sarkozy va le tuer politiquement« , pronostique un autre.

Parmi les députés, on se serait bien passé de cette énième polémique, alors que leurs rapports avec le chef de l’Etat sont pour le moins délicats. Peu osent aborder le sujet. Marc Lefur, député des Côtes d’Armor, consent à admettre qu’il « comprend sa déception car il s’est beaucoup battu aux côtés de Nicolas Sarkozy« . Il n’en dira pas plus. Hervé Mariton sera encore moins bavard. Les critiques à l’encontre de Nicolas Sarkozy? « Je n’ai pas d’avis. » Le boycott des réunions des députés? « Je n’ai pas d’avis. » Les attaques contre son ami villepiniste Georges Tron, nouvellement entré au gouvernement? « Je n’ai toujours pas d’avis. » D’autres refusent carrément la conversation. Le sujet est brûlant. « Même en off, je ne peux rien vous dire. Comprenez-moi…« , conclut un dernier.

La révolte réfléchie de Thierry Mariani

La Provence – 02/04/2010

L’ex-tête de liste UMP aux régionales a pris ses distances mais… reste présent

Thierry Mariani, candidat malheureux en Paca, a zappé, hier, le dîner avec toutes les têtes de liste des régionales.

Thierry Mariani, candidat malheureux en Paca, a zappé, hier, le dîner avec toutes les têtes de liste des régionales. Photo Patrick Nosetto

Il a déserté le paysage et sa famille politique. Mais continue d’agiter le microcosme. Après avoir été absent à la réunion de groupe des députés UMP mardi, boycotté la rencontre entre le Président et ses élus mercredi, Thierry Mariani, candidat malheureux à la région Paca a également zappé, hier soir, le dîner à l’Élysée avec l’ensemble des têtes de liste des régionales.

Digérant, en solo, sa colère et son extrême amertume d’avoir été écarté du remaniement gouvernemental qui aurait pu lui profiter. Mais ses proches l’affirment : « Il se repose et sera de retour mardi à l’Assemblée » . D’autres vont jusqu’à murmurer que le député du Vaucluse aurait pris du recul à l’étranger pour ce week-end pascal. Qu’importe. Il y a des silences assourdissants. Surtout après avoir parlé très fort.

« Quand on est pris pour un con, il faut savoir terminer les choses »
, a-t-il lancé sibyllin, avant-hier, comme une pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy. Une semaine avant, ce sarkozyste pur jus avait déjà exprimé sa déception de voir entrer villepinistes et chiraquiens au gouvernement alors que des promesses lui avaient été faites entre les deux tours. Regrettant, dans les colonnes de La Provence, « que les trois promus au gouvernement ont toujours été très critiques ».

À l’Élysée, ses sorties ont fini par agacer. « On n’est pas dans une cour de récréation » a rétorqué sans détour le Président. « Une logique du rapport des forces qui prévaut sur l’affect et le dévouement », commente-t-on dans les coulisses du parti présidentiel. Fidèle parmi les fidèles, Thierry Mariani, grognard de la « Sarkozie », avait accepté, à la demande présidentielle, après la défection du secrétaire d’État à la Défense et maire de Toulon Hubert Falco, de prendre la relève et de battre la campagne des régionales.

Un scrutin perdu avec les honneurs. Thierry Mariani relevant le défi avec énergie. « Il a fait le job, il faut savoir montrer les crocs », explique un parlementaire des Bouches-du-Rhône. « C’est un homme courageux et la vie politique est difficile », remarque le député marseillais Renaud Muselier qui, après avoir également tapé du poing sur la table avec son fameux « lorsqu’on est fidèle, on voit toujours passer les trains », lancé à l’attention de Jacques Chirac, a finalement été nommé secrétaire d’État aux Affaires étrangères en 2002.

« Des aigreurs, cela peut arriver mais il saura passer outre
« , affirme de son côté Bernard Deflesselles, élu à ses côtés au Conseil régional. Reste que le bon soldat Mariani, prêt à servir, et qui s’était déclaré « disponible » un jour d’octobre 2009, risque bien de l’être un peu moins.

Marjory CHOURAQUI

Paca: Mariani (UMP) a déposé un recours contre l’élection de Vauzelle

AFP – 02/04/2010

Le député Thierry Mariani (UMP) le 14 mars 2010 dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur

MARSEILLE — Le député Thierry Mariani (UMP), candidat malheureux aux régionales en Paca, a déposé un recours en Conseil d’Etat visant à l’annulation de l’élection de son concurrent socialiste Michel Vauzelle, a-t-on appris vendredi auprès de son entourage.

« Ce recours porte exclusivement sur l’utilisation et la distribution massive du journal de la Région à des fins électorales, y compris dans la dernière semaine de la campagne », a expliqué à l’AFP Alexandre Sérina, ancien directeur de campagne de M. Mariani.

Selon lui, 1,2 million d’exemplaires du magazine du conseil régional « Notre Région » auraient ainsi été distribués en décembre, janvier, février sur 191 points de distribution dans les six départements de la région.

Pour Michel Vauzelle, cette plainte entre dans la lignée de la campagne électorale menée par M. Mariani et basée selon lui « sur l’injure et la diffamation ». « Ce n’est pas très intéressant », a-t-il dit à l’AFP.

« L’affaire sur le plan juridique ne pose aucun problème », a-t-il ajouté, relevant que la jurisprudence permet aux collectivités territoriales de poursuivre jusqu’en fin de mandat « les actions d’information qui doivent être les siennes ».

Le président de la Région indique aussi s’être entouré des plus grandes précautions, renonçant par exemple pour la campagne à son éditorial dans ce magazine.

A de nombreuses reprises, M. Mariani et ses colistiers de l’UMP, avaient accusé M. Vauzelle de se servir de ce journal mais aussi de ses fonctions de président de la région dans un but électoral. Ils avaient notamment souligné la proximité d’un des slogans de campagne de M. Vauzelle, « notre région, notre président » avec le titre du magazine régional.

Selon M. Sérina, cependant, « avec 200.000 voix d’écart (au second tour de l’élection régionale entre la liste de gauche et celle de l’UMP), il est peu probable de voir ce recours aboutir » à une annulation du scrutin.

En revanche, le député UMP de Vaucluse espère que le Conseil fera droit à ses autres requêtes.

Il demande que tous les coûts de conception, de réalisation, d’impression et de distribution du magazine en décembre, janvier et février soient intégrés dans les frais de campagne de M. Vauzelle, ainsi que le remboursement par celui-ci à la collectivité de tous les coûts engagés.

UMP : Mariani boycotte Sarkozy

Le Figaro – 31/03/2010

Le député UMP Thierry Mariani, longtemps fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, a annoncé qu’il boycotterait la rencontre, cet après-midi à l’Elysée, des élus UMP avec le chef de l’Etat en lançant : « quand on est pris pour un con, il faut savoir terminer les choses ».

Interrogé par l’AFP sur ses attentes par rapport à la rencontre, l’ancien candidat UMP à la présidence du Conseil régional de Paca a répondu : « je n’irai pas, tout comme je n’irai pas au dîner demain soir à l’Elysée avec l’ensemble des têtes de liste UMP des régionales ». « Quand on est pris pour un con, il faut savoir, à un moment, terminer les choses ! », s’est-il justifié, sans vouloir préciser les raisons de sa colère.

Alors qu’on lui demandait si cela voulait dire qu’il rompait définitivement avec Nicolas Sarkozy, dont il a longtemps été l’un des plus proches, le député du Vaucluse a répondu : « vous avez ma déclaration officielle ».

Robert Alfonsi (PS), le nouvel homme du président Vauzelle

Le Buzz des Régionales – 28/03/2010

Notre photo : Robert Alfonsi, nouveau président du groupe socialiste au conseil régional, au premier plan à droite, à côté de Patrick Allemand, reconduit au poste de 1er vice-président.

Deux vice-présidences en moins pour les élus varois au conseil régional (seule Mireille Peirano, secrétaire départementale du PS, conserve la 4e vice-présidence) mais un poste clé confié à Robert Alfonsi, vice-président sortant et tête liste varoise : la présidence du groupe socialiste au conseil régional.

Moins protocolaire que le poste de vice-président qu’il occupait jusqu’alors, le président du groupe socialiste est avant tout le référent politique de la majorité, l’homme du président de région avec qui il est en contact quasi permanent. « Je ne m’attendais pas à ce que l’on me propose ce poste, reconnait Robert Alfonsi, mais lorsque Michel Vauzelle m’en a parlé, j’ai bien entendu été très heureux de cette marque de confiance. » Un nouveau mandat qui ne sera pas de tout repos pour le socialiste varois qui devrait également être très prochainement sollicité pour prendre la présidence de l’AREA, la société d’économie mixte de la région qui gère entre autres tous grands chantiers et notamment les projets de construction de lycées.

 

 

Régionales : les cartes des résultats Paca décryptées

29 mars 2010 2 commentaires

La Provence – 29/03/2010

Après la mise en ligne par LaProvence.com de cartes expliquant le vote des élections régionales en Paca, Virginie Martin, politologue et professeur à l’école Euromed Management, analyse pour nous les résultats de ce scrutin

Le vote FN en PACA est multiple

Dans la région, le FN a réalisé un score de 22,87%. Infographie LP

Il existe un dénominateur commun dans les motivations du vote FN en PACA. C’est bien sûr le problème de l’immigration et de l’identité locale. Mais Virgine Martin veut distinguer deux types d’électeurs frontistes, selon les différents départements. D’abord, dans le Var et les Alpes Maritimes, ce sont des électeurs traditionnellement à droite, qui se sont extrêmisés, suite à la déception de la politique de Nicolas Sarkozy au niveau national : « Sarkozy n’a pas apporté de réponses assez fortes, et n’a pas pu appliquer nationalement la politique très à droite qu’il avait promis en 2007 » indique la politologue. Elle ajoute que « s’ils ont pu être séduits par le ministère de l’Identité nationale, l’ouverture à gauche, avec les entrées au gouvernement de personnalités comme Bernard Kouchner ou Fadela Amara, est quelque chose qu’ils ont eu du mal à digérer, (…) c’était un grand ecart impossible, et les électeurs ont donc basculé à l’extrême droite« . La formule de Jean-Marie Le Pen s’est donc avérée exacte et « les électeurs ont préféré l’originale à la copie« . Mais le très bon score du FN en Paca est aussi le fait d’électeurs moins marqués idéologiquement à droite. La désespérance sociale et économique explique aussi ce vote et, les villes avec de forts taux de chômage, autour de l’étang de Berre par exemple, ont massivement voté Le Pen. Ici on est passé d’un extrême à l’autre, et le passage du Parti communiste au Front national n’est pas quelque chose de rare. Ce sont des régions où l’abstention aussi a été très forte, et où le désespoir envers le monde politique est vivace.

Michel Vauzelle reforme la gauche plurielle

Sur l'ensemble de la région, le PS a recueilli 44,1% des suffrages.

Si après ses deux précédents mandats, Michel Vauzelle dispose d’un bilan correct, d’une assez bonne image et d’un réseau important, son large succès s’explique d’abord par l’alliance spontanée qu’il a su former. En effet l’électeur lambda n’a que très peu pris en compte ses résultats, les compétences du Conseil régional restant assez floues. C’est grâce au report presque intégral des voix du Front de gauche au second tour et à l’absence de calculs politiques trop visibles avec Europe écologie que Michel Vauzelle a pu forger sa victoire. « Le président sortant a profité d’un alignement quasi militaire du Front de gauche et a réussi à faire passer son alliance avec Europe écologie comme naturelle, il a formé une gauche plurielle renouvelée » constate Virginie Martin. Pour elle, Vauzelle a églement profité de « la fin du sarkozisme de gauche, interventionniste, les électeurs de gauche s’étant aperçu que Sarkozy appliquait en fait une politique de droite traditionnelle« .

Le jeu des vases communiquants peu favorable à l’UMP

Sur l'ensemble de la région, l'UMP a recueilli 33,02% des suffrages.

Dans ces conditions, Thierry Mariani a donc particulièrement souffert. Entre les déçus de la politique nationale de Nicolas Sarkozy et les bastions de l’UMP passés au Front national, l’élection semblait ingagnable. Là encore, les raisons semblent plus liées à la politique nationale qu’à un véritable faute du candidat Mariani. « L’ouverture à gauche a , je pense, était une erreur fondamentale, (…) le choix d’Eric Besson au ministère de l’identité nationale, par exemple, constitue une pirouette politique impossible et non comprise par l’électorat de l’UMP » note la politologue. Quant au thème de l’insécurité, il a été trop tardivement évoqué par la droite pour répondre aux inquiétudes de sa clientèle traditionnelle… d’autant que le terrain était déjà occupé par le FN. Le bilan catastrophique de Sarkozy sur ce point a donc coûté cher à l’UMP dans la région, les électeurs préférant se tourner vers Jean-Marie Le Pen.

Une abstention structurelle

La carte de l'abstention en Paca.

Même s’il y a eu un léger mieux lors du second tour, l’abstention lors de ces élections est l’un des grands enseignements à retenir. Si Virginie Martin en impute une bonne partie au manque de visibilité quand aux compétences des conseils régionaux et au fait que, cette fois, elles n’étaient pas couplées avec d’autres élections (cantonales par exemple), c’est  surtout une abstention structurelle, à laquelle on assiste depuis plus de vingt ans. « La forte participation aux présidentielles de 2007 n’était que la poudre aux yeux, largement explicable par la peopolisation des deux candidats et le cirque médiatique orchestré par des boites de communication spécialisées en consulting d’entreprise, (…) ce scrutin n’avait plus grand chose de politique » s’indigne-t-elle. « On est juste revenu à la normale » ajoute-t-elle « il y a une vraie crise de la représentation politique et les électeurs ont vraiment le sentiment que les hommes politiques ne peuvent plus agir pour les protéger contre le chomage, la mondialistions ou l’émergeance de nouveau pays industrialisés« . « Si on ajoute à ça les différentes affaires qui ont ébranlé le monde politique les 30 dernières années, on comprends mieux la véritable crise de confiance entre les citoyens et leurs élus ».

Pierre KOROBEINIK 

Guerre des égos chez les présidents socialistes

Puzzle socialiste – 27/03/2010

C’est une saine émulation qui fait un peu désordre. Au lendemain de la victoire du 21 mars, pas moins de 719318.1269706913.jpgtrois socialistes se disputent la présidence de l’Association française des régions (ARF). Face au sortant Alain Rousset (Aquitaine), Michel Vauzelle (PACA) et Jacques Auxiette (Pays-de-Loire) sont d’ores et déjà en lice. Sans doute, fallait-il s’y attendre. A force d’être congratulés pour leurs scores mirifiques, présentés comme la fierté du parti et les éclaireurs de la reconquête, certains présidents de régions risquaient de se pousser du col. Il a suffi qu’Alain Rousset tarde à faire acte de candidature pour que la place soit considérée comme étant à prendre. Le premier à monter au créneau fut Michel Vauzelle, qui a annoncé ses ambitions dés le lendemain du second tour. « Le président de l’ARF doit être quelqu’un qui désire combattre contre Sarkozy et essayer de le faire reculer sur cette réforme des collectivités. Je m’en sens la force, le courage et les arguments » a-t-il très solennellement lancé lors d’une non moins solennelle conférence de presse dans sa permanence marseillaise. « Pendant 12 ans, on a eu un très bon président, mais je pense qu’il faut qu’on se fasse entendre davantage si on veut essayer de faire entendre raison au président de la République » a aimablement ajouté Vauzelle.

Samedi, lors du Conseil national qui se tenait à la Mutualité, ce fut au tour de Jacques Auxiette de monter à la charge. Le président des Pays de Loire s’est dirigé d’un pas décidé vers les tables de la presse pour annoncer sa candidature. « Le vrai 719024.1269706902.jpgproblème, ce sont les rapports entre l’Etat et les régions : le contrat a été rompu » 718950.1269706881.jpgassure Auxiette. La veille, au terme de son élection, il s’en était violemment pris au gouvernement, assurant avoir « pris l’initiative de la fronde des présidents de régions ». Peut-être, Alain Rousset regrette-t-il de n’avoir pas daigné répondre à la question de sa candidature lui avait été posée mardi 23 mars à l’issue de la photo de famille prise avec Martine Aubry. Dans son entourage, on assure en tout cas que le président de la région Aquitaine sera candidat.

Cette course à la présidence est lancée alors que, ces derniers jours, les grandes voix du parti se sont efforcées de mettre en garde ceux qui prendraient le risque de gâcher la fête en relançant la guerre des égos. Compte tenu de la forte confrontation qui s’annonce autour de la réforme territoriale engagée par le gouvernement, la présidence de l’ARF – qui n’a jamais vraiment coordonné l’action des régions alors que l’engagement avait été pris, en 2004, de rendre plus lisible l’action des présidents socialistes en assurant la promotion de dispositifs convergents – devient en effet une tribune de choix.

L’élection aura lieu lors de l’assemblée générale du 7 avril et les candidatures devront être déposées avant le jeudi 1er avril. D’ici là, les égos auront peut-être le temps de se redimensionner. Et la direction du PS l’occasion de faire preuve de sa capacité de conviction. A moins que d’autres vocations ne se manifestent. Pour l’heure, aucun signe annonciateur d’une candidature n’a été capté en provenance de Poitiers… Ségolène Royal n’avait-elle pas dans le passé vainement tenté de décrocher la présidence de l’ARF ?

Jean-Michel Normand