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Thierry Mariani : « J’ai pris une certaine distance »

 

La Provence – 07/04/2010

Après ses critiques contre Sarkozy, le député UMP du Vaucluse s’explique.

Après une éclipse de quatre jours, Thierry Mariani est réapparu hier matin à l'Assemblée nationale. Photo patrick nosetto

Sa sortie avait surpris. Le 31 mars, Thierry Mariani fut l’un des rares députés UMP à refuser l’invitation de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. « Quand on est pris pour un con, il faut savoir terminer les choses », avait asséné le vauclusien, avant de s’éclipser. Et de couper les ponts avec le président de la République dont il était proche, mais qui ne l’a pas vu non plus au dîner organisé le lendemain avec les têtes de liste UMP aux régionales. Thierry Mariani est réapparu hier matin à l’Assemblée nationale, mais n’a toujours pas digéré le remaniement ministériel où, malgré les promesses, il a vu des élus « plus critiques » prendre les portefeuilles.

– Comment expliquer la virulence de vos propos et le silence de quatre jours qui a suivi ?
Thierry Mariani :
« J’ai dit tout haut ce qu’un certain nombre de députés pensent tout bas. Plusieurs jours avant, j’avais évoqué ces élus qui crachent à la gueule du Président et qui sont récompensés, quand d’autres, plus fidèles, ne le sont pas. Presque personne n’avait relevé. J’ai reformulé ma remarque. Je ne regrette pas ce que j’ai dit, je le maintiens, mais je passe à autre chose.

– En voulez-vous à Nicolas Sarkozy à cause du remaniement ministériel ?
T.M. :
Ne pas être pris alors que des choses avaient été dites ne rend jamais heureux, mais on peut passer outre. Ce qui me choque, c’est de voir que sur trois ministres promus après les régionales, deux ne se sont pas illustrés par leur solidarité envers le gouvernement. C’est le moins que l’on puisse dire. Tout ça est une question d’attitude. Ce mardi matin, en réunion de groupe à l’Assemblée, on nous a encore demandé de serrer les rangs au sein de la majorité. Je veux bien, mais c’est l’inverse qui s’est produit.

– Y voyez-vous une forme d’injustice ?
T.M. : Le sentiment d’injustice est terrible. Et me procure le même type d’inquiétude que ce qui se passe dans la gendarmerie. Ces gens se font traiter de tous les noms tous les jours et personne ne dit rien. Là, un officier-chercheur se fait radier à vie pour avoir rendu un rapport autorisé. Je comprends les spécificités militaires, mais ce manque de tolérance et cette inégalité de traitement me choque. Et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle.

– Nicolas Sarkozy a paru agacé par votre sortie, parlant de « cour de récréation »…

T.M. : Sauf qu’on n’est justement pas dans une cour de récréation où l’on distribue des bons ou des mauvais points aux élèves. La liberté de pensée et de parole existe et est heureusement préservée. Simplement, nous sommes des gens respectables. Et quand on donne une parole, on doit justement la respecter.

– Les relations sont-elles rompues avec le chef de l’État ?

T.M. : Disons qu’une certaine distance a été prise et ce qui vient de se passer rendra cette distance durable. Maintenant, je me suis remis au travail. J’espère être rapporteur du futur projet de loi sur l’immigration.

– La parenthèse des régionales s’est-elle refermée ?
T.M. : On n’a rien à se reprocher sur la campagne. J’attends maintenant les suites de mon recours. J’espère que les dépenses de communication faites par l’équipe Vauzelle aux frais du contribuable, ce que j’ai dénoncé, constats d’huissier à l’appui, seront réintégrées dans ses comptes de campagne. Cela ferait jurisprudence. Mais je ne cherche pas l’invalidation. On a perdu, il faut être beau joueur. »

Recueilli par François TONNEAU 

Régionales : les cartes des résultats Paca décryptées

29 mars 2010 2 commentaires

La Provence – 29/03/2010

Après la mise en ligne par LaProvence.com de cartes expliquant le vote des élections régionales en Paca, Virginie Martin, politologue et professeur à l’école Euromed Management, analyse pour nous les résultats de ce scrutin

Le vote FN en PACA est multiple

Dans la région, le FN a réalisé un score de 22,87%. Infographie LP

Il existe un dénominateur commun dans les motivations du vote FN en PACA. C’est bien sûr le problème de l’immigration et de l’identité locale. Mais Virgine Martin veut distinguer deux types d’électeurs frontistes, selon les différents départements. D’abord, dans le Var et les Alpes Maritimes, ce sont des électeurs traditionnellement à droite, qui se sont extrêmisés, suite à la déception de la politique de Nicolas Sarkozy au niveau national : « Sarkozy n’a pas apporté de réponses assez fortes, et n’a pas pu appliquer nationalement la politique très à droite qu’il avait promis en 2007 » indique la politologue. Elle ajoute que « s’ils ont pu être séduits par le ministère de l’Identité nationale, l’ouverture à gauche, avec les entrées au gouvernement de personnalités comme Bernard Kouchner ou Fadela Amara, est quelque chose qu’ils ont eu du mal à digérer, (…) c’était un grand ecart impossible, et les électeurs ont donc basculé à l’extrême droite« . La formule de Jean-Marie Le Pen s’est donc avérée exacte et « les électeurs ont préféré l’originale à la copie« . Mais le très bon score du FN en Paca est aussi le fait d’électeurs moins marqués idéologiquement à droite. La désespérance sociale et économique explique aussi ce vote et, les villes avec de forts taux de chômage, autour de l’étang de Berre par exemple, ont massivement voté Le Pen. Ici on est passé d’un extrême à l’autre, et le passage du Parti communiste au Front national n’est pas quelque chose de rare. Ce sont des régions où l’abstention aussi a été très forte, et où le désespoir envers le monde politique est vivace.

Michel Vauzelle reforme la gauche plurielle

Sur l'ensemble de la région, le PS a recueilli 44,1% des suffrages.

Si après ses deux précédents mandats, Michel Vauzelle dispose d’un bilan correct, d’une assez bonne image et d’un réseau important, son large succès s’explique d’abord par l’alliance spontanée qu’il a su former. En effet l’électeur lambda n’a que très peu pris en compte ses résultats, les compétences du Conseil régional restant assez floues. C’est grâce au report presque intégral des voix du Front de gauche au second tour et à l’absence de calculs politiques trop visibles avec Europe écologie que Michel Vauzelle a pu forger sa victoire. « Le président sortant a profité d’un alignement quasi militaire du Front de gauche et a réussi à faire passer son alliance avec Europe écologie comme naturelle, il a formé une gauche plurielle renouvelée » constate Virginie Martin. Pour elle, Vauzelle a églement profité de « la fin du sarkozisme de gauche, interventionniste, les électeurs de gauche s’étant aperçu que Sarkozy appliquait en fait une politique de droite traditionnelle« .

Le jeu des vases communiquants peu favorable à l’UMP

Sur l'ensemble de la région, l'UMP a recueilli 33,02% des suffrages.

Dans ces conditions, Thierry Mariani a donc particulièrement souffert. Entre les déçus de la politique nationale de Nicolas Sarkozy et les bastions de l’UMP passés au Front national, l’élection semblait ingagnable. Là encore, les raisons semblent plus liées à la politique nationale qu’à un véritable faute du candidat Mariani. « L’ouverture à gauche a , je pense, était une erreur fondamentale, (…) le choix d’Eric Besson au ministère de l’identité nationale, par exemple, constitue une pirouette politique impossible et non comprise par l’électorat de l’UMP » note la politologue. Quant au thème de l’insécurité, il a été trop tardivement évoqué par la droite pour répondre aux inquiétudes de sa clientèle traditionnelle… d’autant que le terrain était déjà occupé par le FN. Le bilan catastrophique de Sarkozy sur ce point a donc coûté cher à l’UMP dans la région, les électeurs préférant se tourner vers Jean-Marie Le Pen.

Une abstention structurelle

La carte de l'abstention en Paca.

Même s’il y a eu un léger mieux lors du second tour, l’abstention lors de ces élections est l’un des grands enseignements à retenir. Si Virginie Martin en impute une bonne partie au manque de visibilité quand aux compétences des conseils régionaux et au fait que, cette fois, elles n’étaient pas couplées avec d’autres élections (cantonales par exemple), c’est  surtout une abstention structurelle, à laquelle on assiste depuis plus de vingt ans. « La forte participation aux présidentielles de 2007 n’était que la poudre aux yeux, largement explicable par la peopolisation des deux candidats et le cirque médiatique orchestré par des boites de communication spécialisées en consulting d’entreprise, (…) ce scrutin n’avait plus grand chose de politique » s’indigne-t-elle. « On est juste revenu à la normale » ajoute-t-elle « il y a une vraie crise de la représentation politique et les électeurs ont vraiment le sentiment que les hommes politiques ne peuvent plus agir pour les protéger contre le chomage, la mondialistions ou l’émergeance de nouveau pays industrialisés« . « Si on ajoute à ça les différentes affaires qui ont ébranlé le monde politique les 30 dernières années, on comprends mieux la véritable crise de confiance entre les citoyens et leurs élus ».

Pierre KOROBEINIK 

Régionales Paca : les cinq fautes de l’UMP

La Provence – 23/03/2010

Désigné après la défection d'Hubert Falco, Thierry Mariani a eu du mal à mettre la machine UMP en marche. Photo Cyril Sollier

La région Paca faisait partie des objectifs de conquête de l’UMP. Raté, Michel Vauzelle est réélu et Jean-Marie Le Pen revient en force… Si cet échec s’explique par le contexte national, plusieurs fautes locales rendaient la mission quasiment impossible pour Thierry Mariani.

1/ Hubert Falco, désigné avant l’heure

Pour tout le monde, c’était lui le candidat. Durant des mois, le maire UMP de Toulon a été présenté comme le meilleur champion pour battre Michel Vauzelle. Nicolas Sarkozy lui-même est allé jusqu’à l’adouber publiquement lors d’une visite en Provence. Problème, Hubert Toulon n’avait pas dit oui. Et lorsqu’il a fini par accepter, les conditions posées par l’Elysée l’ont poussé à jeter l’éponge. Une défection catastrophique à moins de six mois de l’élection, alors que Michel Vauzelle et Jean-Marie Le Pen battaient déjà la campagne.

2/ Thierry Mariani, volontaire malgré lui

Sans répéter tout le feuilleton que le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a pour le moins compliqué, il est clair que le processus qui a mené à la désignation du député UMP du Vaucluse a laissé des traces chez les élus et les militants. D’autant qu’il était évident pour beaucoup que Thierry Mariani avait aussi peu envie de se lancer dans la bataille qu’il était convaincu de partir à la défaite. Pas très motivant… Autre handicap, choisir un élu venu du nord-Vaucluse plutôt que des Bouches-du-Rhône en général et de Marseille en particulier, là où l’élection se gagne ou se perd. Un point qui a été longuement évoqué en fin de semaine dernière lors d’une réunion qui rassemblait les principaux élus de la cité phocéenne…

3/ Le casse-tête des listes

Qu’elles auront été longues à constituer, ces listes… « Pendant deux mois, on a parlé que de ça », déplore un membre de l’équipe Mariani. Pour un résultat jugé plutôt décevant : peu d’élus implantés dans les territoires, du communautarisme à deux vitesses (pas de représentant des Arméniens…), d’incessantes bagarres avec les alliés du Nouveau centre et du CNPT (qui a fini par se retirer) qui s’estimaient mal traités, des UMP qui se jugeaient négligés comme dans les Hautes-Alpes…

4/ Où sont les « barons » de l’UMP ?

Certains ont fait le job, d’autres beaucoup moins… Voulaient-ils éviter de porter le poids de la défaite ? Toujours est-il que nombre de « barons » de l’UMP ont été étrangement absents durant la campagne, si ce n’est lors de la venue d’un ministre. D’autres se sont trompés d’élection, profitant pour afficher en vue des législatives, comme Dominique Tian à Marseille dont la circonscription a été récemment redécoupée. Il faut dire aussi que des erreurs diplomatiques ont été commises : par exemple, des visites de terrain ont été parfois organisées par l’équipe Mariani sans que soit avisé l’élu du cru.

5/ La stratégie des affaires ? Pschiiiiittttt !

Attaque principale contre Michel Vauzelle, l’enquête actuellement en cours sur des subventions versées à des associations bidons et qui auraient servi à pratiquer du clientélisme électoral à Marseille. Problème, si cet argument tenait lieu d’axe de campagne, il a été employé de manière détournée, quasi-subliminale. Si Thierry Mariani n’a eu de cesse de parler d’argent, il n’a pas porté ses coups franchement. En fait, il préparait le terrain, attendant un tacle judiciaire… qui n’est jamais venu. Un argument d’autant moins efficace qu’en fin de campagne, l’affaire Beausoleil sur la Côte d’Azur et la garde à vue du maire de Tarascon (qui a été précipitamment retiré des listes) ont coupé le sifflet à l’UMP.

Fred Guilledoux

Analyses et réactions (suite : 15 articles)

 

Victoire responsable

La Marseillaise – 22/03/2010

C’est un Michel Vauzelle heureux qui a été accueilli au son de « Bandera Rossa », à sa permanence. Photo ML THOMAS

Permanence de Michel Vauzelle. La satisfaction est grande chez les militants présents. Mais c’est avec sérieux qu’ils appréhendent ce nouveau mandat, du fait de l’abstention et du FN.

C’est l’attente dans la permanence de Michel Vauzelle. L’ambiance est plus tendue que la semaine précédente. Qu’ont fait les abstentionnistes du premier tour ? Certes, la victoire est annoncée, attendue, mais, tant que le résultat n’est pas là, la messe n’est pas dite. Premier résultat annoncé, l’Alsace, la droite l’emporte largement. Moment de flottement dans l’assistance. Il sera bref, très vite, les tendances sont annoncées. Pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la victoire est nette et sans bavure, les applaudissements éclatent. La satisfaction est là. Mais, aussi, quasiment dans le même temps, le sérieux, le sens des responsabilités. L’importance du vote Front national et de l’abstention font dire, quasi unanimement, que l’heure est au travail du fait de la situation sociale. Elle est d’autant plus grave que la réforme des collectivités territoriales entraînerait la perte d’autonomie financière et la compétence générale ce qui aurait pour effet de ne plus pouvoir venir en aide aux associations. Tragique pour la société, pain béni pour le FN.

Alors, finalement, c’est peut-être Sébastien Barles, Europe écologie, qui résume le mieux le climat : « Trois mots qualifient mon état d’esprit : humilité, car 3/4 des citoyens se trompent de colère en se réfugiant dans l’abstention ou en faisant le choix de voter FN. Deuxièmement : félicitation pour cette victoire démocratique, écologique et sociale. Enfin, troisième mot : responsabilité. »
Pour Jean-Jacques, « ce soir, c’est encore 22% pour Le Pen et je continue à trembler. C’est aussi 44% pour Vauzelle et 50% d’abstention. Est-ce que cela signifie un ras-le-bol des politiciens ou cela signifie-t-il un renvoi dans les cordes du gouvernement ? »
Garo Hovsépian (PS) se réjouit « de la victoire de Michel Vauzelle ». Il s’inquiète de l’abstention et du score du FN, tout en notant : « Dans les 13/14, je remercie les électeurs qui, massivement, ont soutenu Michel Vauzelle. »
Jocelyn Zeitoun (majorité sortante) considère : « Au-delà de la victoire, annoncée par les sondages mais qui devait se concrétiser dans les urnes, je suis extrêmement inquiet devant le score du FN. Nous sommes là devant une élection qui interpelle. Nous avons gagné, c’est bien. Mais dans quel état est le pays ? Et la réforme des collectivités, la suppression de la clause de compétence générale risque d’aggraver la situation. » Avi Assouli ne dit pas autre chose : « Le FN continue de m’effrayer. Alors, il nous faut travailler pour le peuple, pour les valeurs humanistes. »

Même tonalité chez Myriam Lamare : « Il va falloir mettre cette victoire au service des citoyens. » Fatima Orsatelli, elle aussi nouvelle élue, ajoute : « Face au vote FN et à l’abstention, nous allons devoir encore plus faire et faire savoir. » Pierre Semeriva, Europe écologie, s’inquiète de voir le FN avoir progressé entre les deux tours. Alors que, pour Marie-Arlette Carlotti, « un vrai espoir naît à gauche. Attention, tout n’est pas arrivé, mais les bases sont là. Ceci dit, je ne suis pas dupe, l’abstention et le FN s’adressent au pouvoir, mais aussi, un peu, à nous ».
Christian Pellicani (PC) s’inquiète de l’abstention, du vote FN, il considère : « Cette élection risque d’être le chant du cygne si les mesures concernant les collectivités territoriales sont adoptées. »
Frédéric Rosmini (PS) se projette : « Avec la réforme du scrutin, au lieu de la victoire de la gauche nous aurions dès le premier tour, un grand chelem de la droite. Et la perte de la compétence générale serait une catastrophe pour le corps social. »

Michel Caire

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Le FN gâche le triplé de Vauzelle

Slate.fr – 22/03/2010

Avec 44,1% des voix au second tour, le président socialiste sortant entame un troisième mandat, marqué par un recul de la droite et un regain historique du Front national.

Sans surprise mais sans panache. Dimanche soir, Michel Vauzelle a largement devancé son challenger UMP Thierry Mariani (33,02%). Dans l’ambiance très tranquille de son QG marseillais, place du 4-septembre, il n’a pas versé dans le triomphalisme, laissant la ferveur au Stade-Vélodrome, où l’OM a battu Lyon. Dominateur à Marseille ou Avignon, Vauzelle ne pavoise pas. Pendant quatre ans, l’ancien Garde des sceaux de Mitterrand sait qu’il devra se coltiner un FN puissant, qui a confirmé sa très grande forme avec 22,87% des suffrages.

Un score socialiste moins élevé qu’en 2004

Sur les 123 sièges du conseil régional, l’Alliance de l’olivier (PS-Front de gauche-Europe écologie) en remporte 72, soit un de moins qu’en 2004, l’UMP reste stable avec 30 élus et le FN en comptera 21, contre 11 actuellement. Au terme d’une campagne centrée sur la «résistance» à la politique du président Sarkozy, Michel Vauzelle réalise toutefois un score moins élevé qu’en 2004 (45,17%), malgré le report de voix de ses alliés d’entre deux tours, le Front de gauche (6,1% des voix) et Europe Ecologie (10,9% des suffrages). Le total théorique lui assurait 42,83% des suffrages. Avec 44,1% des voix, Michel Vauzelle n’a toutefois pas conquis les abstentionnistes, malgré un sursaut de quatre points de la participation en Paca (52,21%).

Qu’importe. «C’est toute la France des régions qui a dit non à la politique de Sarkozy, non à la destruction des libertés publiques et de la sécurité, s’est félicité Michel Vauzelle. La Provence n’est pas la propriété de la droite, mais une région de gauche.» Ne lui parlez pas de contre-performance par rapport à 2004. «Si le Front national n’avait pas, à cause de la droite, fait un score aussi préoccupant, nous aurions obtenu une plus large majorité», affirme Michel Vauzelle, qui fera de l’emploi et du logement ses priorités. De son côté, Laurence Vichnievsky, tête de liste Europe Écologie au premier tour appelle à «l’humilité»: «L’essentiel a été préservé grâce à notre rassemblement, il faut rester humble devant un taux d’abstention trop fort et un taux pour le FN trop fort également», a commenté la magistrate, pour qui la région devra «être très attentive à ces gestes de désespérance».

Le Pen guest star du conseil régional

Ironie du sort, vendredi, c’est le leader frontiste Jean-Marie Le Pen, élu le plus âgé (81 ans), qui conduira la séance d’investiture comme le veut la tradition. Et si Vauzelle rempile, le Front national est bien le vrai gagnant de ces élections régionales. Son score du premier tour (20,3%) avait étonné. Celui du second (22,8%), supérieur aux 21% obtenus en 2004 par Guy Macary, interroge alors que le parti avait été donné moribond après la présidentielle. Le probable report des voix issues de la Ligue du sud de Jacques Bompard (2, 69% au premier tour), n’explique pas tout. Jean-Marie Le Pen y voit «l’effondrement du sarkozysme».

Il est flagrant en Paca. «J’ai perdu et je l’assume», expliquait dimanche soir très tard Thierry Mariani, qui a mis un temps fou à commenter publiquement sa défaite. Nommé en urgence après le retrait du maire de Toulon Hubert Falco, le député UMP du Vaucluse, qui a fait campagne notamment sur la sécurité, n’aura pas réussi à mordre sur les terres du Front national, ni à convaincre un électorat de droite déboussolé. «Sur les marchés, les gens s’interrogeaient sur l’ouverture. Peut-être fallait-il expliquer les réformes qui se sont succédées depuis deux ans et demi», concède Thierry Mariani, pour qui «le contexte national fait que la France n’était pas prête à entendre» un message de mobilisation. Arrivé en tête au premier tour avec 26,6% de voix, il réalise le même score que le député Renaud Muselier en 2004, soit 33,8% des voix. Il se console en faisant les comptes. «Le PS baisse, le FN monte et nous, on reste stable.»

Estrosi battu dans son fief

Renaud Muselier voit dans le fort score du FN la marque d’une «exaspération» de l’électorat de droite: «Les gens se posent de vraies questions sur l’avenir du pays. Il y a un doute sur notre lisibilité. Nous sommes à mi-mandat. Il nous reste deux ans pour agir.» Reste que certains résultats sonnent comme une alerte. A Nice (Alpes-Maritimes), fief du ministre de l’Industrie Christian Estrosi, la gauche dame le pion à l’UMP avec 39,12% des voix contre 36,32% pour le parti présidentiel. «Ces mauvais résultats pour la majorité présidentielle appellent tous ses responsables et ses élus à de nouvelles initiatives en faveur des priorités réaffirmées par les Français, l’emploi et la sécurité notamment», estime le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Bref, une vraie remise en question.

Armelle Muraour

Photo: Jean-Marie Le Pen embrassé par sa petite fille Marion (à dr.) et une fan, le 21 mars 2010 à Nice. REUTERS/Eric Gaillard

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Trois hommes et un scrutin – La Provence 19 mars 2010

La Provence – 19/03/2010

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Vauzelle (PS) : « Je suis raisonnablement confiant »

 

Michel Vauzelle a recueilli 25,8% des suffrages au premier tour. Photo Guillaume Ruoppolo

Aujourd’hui dans La Provence, les trois têtes de liste, qui vont s’affronter au deuxième tour des élections régionales en Paca, répondent aux questions des journalistes. Michel Vauzelle (PS), Thierry Mariani (UMP) et Jean-Marie Le Pen (FN) se livrent avant le scrutin décisif de dimanche. La tête de liste socialiste veut, par exemple, convaincre les abstentionnistes du premier tour d’aller voter en affirmant que « dimanche sera l’occasion de dire qu’il y a un autre modèle de société que celui de Nicolas Sarkozy. »

– L’alliance signée avec Europe écologie concernant notamment Iter met le feu aux poudres. Quels en sont les termes précis ?
Michel Vauzelle :
La Région a rempli son contrat. Nous apporterons 152 millions d’euros comme prévu. Soixante-dix millions affectés à la « machine », au réacteur même, 60 millions pour le lycée international de Manosque, 15 millions à l’aménagement de la ligne ferroviaire Val de Durance, le reste consacré aux aménagements. Cette alliance ne remet pas en cause les 152 millions dont 80 à 90 millions ont déjà été débloqués. Si la Région doit rajouter de l’argent pour des éléments de confort des habitants ou l’accueil des industries induites, on interviendra. En ce qui concerne la machine elle-même, nous ne paierons plus les surcoûts éventuels.

– Comment réagissez-vous à la polémique déclenchée par l’UMP ? Lire la suite…

L’UMP décroche son téléphone pour séduire les électeurs

Le Figaro – 18/03/2010

Christian Estrosi a prêté sa voix pour personnaliser le démarchage téléphonique en Provence-Alpes Côte d'Azur.

Christian Estrosi a prêté sa voix pour personnaliser le démarchage téléphonique en Provence-Alpes Côte d’Azur. Crédits photo : AFP

Dans la dernière ligne droite avant le second tour, le parti majoritaire n’hésite pas à mobiliser les abstentionnistes en les appelant directement à leur domicile. Une technique jugée efficace et peu coûteuse, mais qui ne plaît pas à la Cnil.

«Bonjour, c’est Thierry Mariani ! Si vous voulez écouter mon message, tapez 1 !» Voilà en substance ce qu’ont pu entendre un million d’habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur en décrochant leur téléphone cette semaine. A l’autre bout du fil, la tête de liste UMP pour les régionales n’est pas là. L’interlocuteur est en réalité un automate qui diffuse un message préenregistré d’une minute, pour lequel le député a prêté sa voix. Et à chaque département sa voix : à Nice, c’est celle de Christian Estrosi qui retentit. A Toulon, celle d’Hubert Falco. Quatre autres têtes de listes UMP ont opté pour cette technique de démarchage téléphonique : Valérie Pécresse en Ile-de-France, Bruno Le Maire en Haute-Normandie, Christophe Béchu dans les Pays de la Loire et Jean-Luc Warsmann en Champagne-Ardennes. Dans les autres partis, seul Jean Lassalle, tête de liste MoDem en Aquitaine, a eu recours à cette technique.

L’objectif est clair : mobiliser les abstentionnistes. Dans tous les messages, les candidats rappellent les grands points de leur programme et appellent les électeurs à se rendre aux urnes. «On veut donner aux gens l’envie d’adhérer aux idées de notre candidat», explique Jean-Claude Wetzler, qui gère la campagne de Bruno Le Maire. Il précise que l’expérience est «plutôt bien ressentie par les personnes ciblées», tout en avouant que «certaines le prennent moins bien».

Moins cher que les tracts

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), elle aussi, reste très sceptique sur le recours à la prospection par téléphone. Elle déconseille clairement aux partis politiques d’utiliser cette technique jugée «particulièrement intrusive». Pour indisposer au minimum les personnes démarchées, certaines règles ont donc été imposées. L’automate n’appelle que les numéros fixes de la circonscription disponibles sur l’annuaire. Et en dehors des heures de repas. Les personnes sur liste rouge ayant fait part de leur refus d’être importunées par des opérations de publicité ne sont pas sollicitées. Enfin, aucun appel n’est réalisé la veille du scrutin.

Du côté des équipes de campagne de l’UMP, on assure ne pas vouloir déranger les personnes sollicitées : «C’est pour ça qu’elles ont toujours le choix entre écouter le message ou pas», explique Alexandre Serina, directeur de campagne de Thierry Mariani. Mais l’exigence d’efficacité et de rentabilité reste présente. Les statistiques transmises par la société sous-traitée chargée d’exécuter les appels sont ainsi épluchées de très près. «Avant le premier tour, par exemple, 15 à 25% des personnes démarchées ont écouté le message de Thierry Mariani jusqu’au bout. Au dessus de 10%, c’est un bon score». La technique de mobilisation semble donc marcher. Mieux, elle permet à l’UMP de réaliser des économies : «C’est bien moins cher que faire imprimer un tract et le glisser dans les boîtes aux lettres», avoue Thierry Serina, qui précise que le budget de l’opération est prélevé sur les fonds de campagne.

Efficace et pas cher, donc. A tel point que la méthode, importée des Etats-Unis, semble de plus en plus privilégiée par l’UMP. «Les premières expériences de ce type ont eu lieu lors des législatives de 2007», explique le directeur des opérations du leader français des démarchages téléphoniques, qui a travaillé avec l’UMP pour les régionales. «Le mouvement s’est amplifié avec les européennes. Pour les régionales, ça n’arrête pas : on en est déjà à 4 ou 5 millions d’appels». Soit près de 10% de la population française.

Jim Jarrassé

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Cliquez ici pour écouter (ou réécouter) le message téléphonique de Thierry Mariani

Meeting de l’Alliance de l’Olivier

La puissance de toutes les forces de la Gauche

La Marseillaise – 18/03/2010

Photo MLT

Photo MLT

Meeting. Imposante démonstration de la famille progressiste hier soir à Marseille autour des listes conduites par Michel Vauzelle.

C’est devant une salle enthousiaste, brandissant les drapeaux du PS, d’Europe-Ecologie, ainsi que ceux du PCF, du Parti de Gauche et de la Gauche unitaire (piliers du Front de Gauche) qu’un Patrick Mennucci, plus combatif que jamais, a lancé le meeting régional tenu hier soir à Marseille autour des listes conduites par Michel Vauzelle.
Cette diversité des bannières reflétait la diversité des femmes et des hommes (voir également page suivante) qui s’engagent dans le rassemblement pour faire gagner la Gauche dimanche comme ils se sont engagés, durant la campagne précédant le premier tour, dans une pluralité affichée sans complexe qui les rend, aujourd’hui, plus fort encore pour aborder le scrutin du second tour face à la droite et au Front national.
Le maire des 1er et 7e arrondissements de la cité phocéenne, dont il a loué la diversité socio-culturelle, a affirmé que « Marseille doit amplifier le vote de dimanche dernier » dans « la bataille que nous menons pour une autre société ».
Cette diversité politique et citoyenne engagée sur un socle de valeurs communes autour de Michel Vauzelle s’est également manifestée par les interventions des huit représentants des partenaires de « l’Alliance de l’Olivier » pour « une Région rassemblée, solidaire et écologique ».
Ainsi Anne Mesliand (Front de Gauche) qui souligne « que les luttes sociales ont besoin de rencontrer un projet politique face au néo-libéralisme ».
Ainsi Aïcha Sif (Europe-Ecologie) qui s’exclame que « nos valeurs sont clairement compatibles et ce qui nous rapproche est plus fort que ce qui nous différencie ».
« Etre à la hauteur »
Aïcha Sif lira un message de Laurence Vichnievsky, chef de fille d’Europe-Ecologie, retenue à Paris par ses obligations professionnelles.
Ainsi Jean-Marc Coppola (Front de Gauche) qui martèle que « nous voulons et nous devons être à la hauteur pour répondre à la colère et la désolation qui se manifestent dans l’abstention(…), pour répondre à l’exigence sociale qui monte dans notre peuple ».
Jean-Marc Coppola se dira « fier de ce qu’apporte le Front de Gauche », et il lancera un fort « vous pouvez contez sur nous, sur moi » ovationné par le public.
Ce sont également exprimés avec des mots forts et une grande détermination, Ladislas Polski (MRC), Joël Giraud (PRG), Philippe Chesneau (Europe-Ecologie.
La championne de boxe Myriam Lamare se félicite de son côte « de la présence des acteurs la société civile » avec les progressistes.
Devant de très nombreux élus de différentes collectivités territoriales de la région, il revenait à Michel Vauzelle (voir ci-dessous) de clôturer cette soirée porteuse d’une très forte « dynamique de gagne », pour reprendre l’expression circulant dans les travées.
Le président du Conseil régional mettant au centre de son intervention les valeurs de la République et la nécessité de la défendre. « Nous sommes le bouclier de la République » s’exclamera-t-il.

Michel Del Picchia

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Marseille: la gauche certaine de gagner

France 3 – 18/03/2010

Meeting de fin campagne de la gauche unie hier à Marseille

Meeting de fin campagne de la gauche unie hier à Marseille

Hier les Docks des Suds de Marseille ont accueilli le meeting de fin de campagne d’une gauche certaine de l’emporter.

Autour de Michel Vauzelle, les alliés socialistes, écologistes et du front de gauche ont affiché leur union pour le second tour des élections régionales. Des alliés qui ne doutent pas de leur victoire au soir du 21 mars.

Lundi un accord a été trouvé entre le Parti Socialiste, Europe Ecologie et le Front de gauche pour présenter dimanche prochain la liste commune pour le 2eme tour des élections régionales en PACA.

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Regardez le reportage sur le site de France 3