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Posts Tagged ‘identité nationale’

Trois hommes et un scrutin – La Provence 19 mars 2010

La Provence – 19/03/2010

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Vauzelle (PS) : « Je suis raisonnablement confiant »

 

Michel Vauzelle a recueilli 25,8% des suffrages au premier tour. Photo Guillaume Ruoppolo

Aujourd’hui dans La Provence, les trois têtes de liste, qui vont s’affronter au deuxième tour des élections régionales en Paca, répondent aux questions des journalistes. Michel Vauzelle (PS), Thierry Mariani (UMP) et Jean-Marie Le Pen (FN) se livrent avant le scrutin décisif de dimanche. La tête de liste socialiste veut, par exemple, convaincre les abstentionnistes du premier tour d’aller voter en affirmant que « dimanche sera l’occasion de dire qu’il y a un autre modèle de société que celui de Nicolas Sarkozy. »

– L’alliance signée avec Europe écologie concernant notamment Iter met le feu aux poudres. Quels en sont les termes précis ?
Michel Vauzelle :
La Région a rempli son contrat. Nous apporterons 152 millions d’euros comme prévu. Soixante-dix millions affectés à la « machine », au réacteur même, 60 millions pour le lycée international de Manosque, 15 millions à l’aménagement de la ligne ferroviaire Val de Durance, le reste consacré aux aménagements. Cette alliance ne remet pas en cause les 152 millions dont 80 à 90 millions ont déjà été débloqués. Si la Région doit rajouter de l’argent pour des éléments de confort des habitants ou l’accueil des industries induites, on interviendra. En ce qui concerne la machine elle-même, nous ne paierons plus les surcoûts éventuels.

– Comment réagissez-vous à la polémique déclenchée par l’UMP ? Lire la suite…

Thierry Mariani, UMP, Chantal Eyméoud, Jean Claude Gaudin, Jean-Louis Borloo

  

Pour Mariani, « rien n’est joué » en terres UMP

20 minutes – 16/03/2010 

Mariani n'a rassemblé que 377 000 voix, loin du million recueilli par Sarkozy en 2007./ S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Appel tous azimuts : aux électeurs d’Europe Ecologie « dont la moitié ne veut pas d’une alliance » ; aux électeurs du FN dont « on a compris le message » ; et surtout aux 600 000 électeurs de Nicolas Sarkozy qui sont allés à la pêche dimanche. Arrivé en tête au premier tour mais affaibli par un FN fort et théoriquement devancé par une alliance de gauche, Thierry Mariani a répété hier que « rien n’est joué » en Paca. 

« Mouvement d’humeur »
« J’ai vécu plusieurs fois la même situation lors de législatives dans le Vaucluse. J’ai gagné à chaque fois », martèle la tête de liste. Car l’UMP n’a pas fait le plein de ses voix en Paca : à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy avait rassemblé un million d’électeurs dans la région au premier tour. Dimanche, ils n’ont été que 377 000 à voter pour Thierry Mariani. « On progresse en pourcentage par rapport aux régionales de 2004, mais on fait moins de voix. Donc beaucoup de nos électeurs se sont abstenus », avance Renaud Muselier, secrétaire du parti dans les Bouches-du-Rhône. Une désertion que l’UMP assure enrayer en une semaine. « Il ne s’agit pas d’un vote-sanction contre le gouvernement », tranche Christian Estrosi, ministre de l’Industrie et maire de Nice. Talonné par un FN à 20,3 %, Thierry Mariani assure « avoir compris le message ». « Les électeurs veulent nous dire : continuez à vous occuper des questions de sécurité et d’immigration », affirme Thierry Mariani. Mais au second tour, l’UMP les appelle à « voter utile » après ce qu’il qualifie de « mouvement d’humeur ». « Tout ce que veux Le Pen, ce sont des élus pour les parrainages à la présidentielle, tacle Thierry Mariani. Chaque voix qui se porte sur lui est une voix pour Michel Vauzelle. » 

Pas de changement de programme
La droite espère même récupérer des électeurs d’Europe Ecologie. « Un sondage publié ce matin montre que la moitié d’entre eux ne veut pas d’alliance au second tour, pointe Christian Estrosi. Ils peuvent se retrouver dans ce que nous avons fait, dans le Grenelle de l’environnement. » Dans la foulée, le ministre de l’Industrie attaque pourtant Laurence Vichnievsky, qui réclame au PS l’arrêt des subventions régionales au projet Iter. « Ce sont des milliers d’emplois directs et indirects pour notre région qui sont remis en cause, une compromission scandaleuse ! », tonne le maire de Nice.
Pour convaincre abstentionnistes, indécis et protestaires, Thierry Mariani mise sur « la continuité de nos listes et de notre programme. Nous n’allons pas changer entre les deux tours, alors qu’à gauche, c’est le marchandage, la grande période de soldes ». Le candidat UMP réclame aussi un débat avec Michel Vauzelle, que celui-ci a jusqu’à présent décliné. « Quand on parle de démocratie participative pendant douze ans et qu’on évite le débat en période électorale, c’est un signe de faiblesse, voire de lâcheté », tacle Renaud Muselier.F. L.

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REGIONALES 2010/HAUTES ALPES: La contre-attaque de l’UMP Chantal Eyméoud : un programme en 10 points « clair et honnête »

Le Dauphiné Libéré – 17/03/2010 

Vincent OLLIVIER / Le Dauphine Libere / Photopqr . EMBRUN ( hautes alpes) le 16 Mars 2010 . Conference de presse de Chantal EYMEOUD tete de liste UMP

« Nos listes ne changent pas, notre projet est unanimement apprécié. » Voilà résumée la position de l’UMP pour le second tour des élections régionales. Chantal Eyméoud, la tête de liste pour les Hautes-Alpes, l’affirme, soulignant que « c’est la liste de Thierry Mariani qui est arrivée en tête en Provence-Alpes-Côte d’Azur ». Une courte tête, + 0,9%, mais en pole position. Et de renvoyer les sondages et la presse dos à dos. « Ce premier tour n’a pas été la défaite annoncée. » 

«Pas d’augmentation des impôts pendant 4 ans»

De là à croire que la victoire est sinon assurée du moins à portée de main, Chantal Eyméoud ne s’y risque pas. Se limitant à fustiger l’accord conclu entre le président sortant Michel Vauzelle et la tête de liste Europe Ecologie, Laurence Vichnievsky, la candidate haut-alpine UMP semble s’inscrire déjà plus dans l’opposition que dans la proposition d’une alternative de gouvernance. 

« Notre programme est clair, honnête et tient en dix points », se défend Chantal Eyméoud, brandissant le document bleu roi qui le détaille. « Et nous nous engageons à ne pas augmenter les impôts pendant quatre ans », ajoute-t-elle. 

Iter et l’A51 comme arguments

Mais, visiblement, elle espère plus convaincre les nombreux abstentionnistes du premier tour et ces électeurs qui ont voté « par dépit » pour le Front national avec l’argument d’Iter et du désenclavement via la route et le rail. 

« Le projet Iter est remis en cause avec cet accord entre Michel Vauzelle et Europe Ecologie. La Région ne le financera plus. C’est gravissime. C’est notre indépendance énergétique et 5 000 emplois qui sont menacés. Ce projet a été sacrifié sur l’autel des négociations. » Quant à celui du prolongement de l’A51, « il passe à la trappe. Le désenclavement des Hautes-Alpes est compromis. On ne pensait pas que le PS serait obligé d’aller jusque-là pour être élu. On ne peut pas sacrifier des projets qui sont vitaux pour notre département ». 

Et si, effectivement, la liste emmenée par Michel Vauzelle l’emportait, Chantal Eyméoud met en garde. « Le conseil régional sera fait de bric et de broc. Comment pourra-t-il fonctionner ? » 

M.N.C.

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UMP : Gaudin dément la rumeur de son remplacement

La Provence – 17/03/2010 

Conséquence du mauvais premier tour des régionales pour l’UMP, Jean-Claude Gaudin perdra-t-il la présidence de la commission d’investiture de l’UMP ? Rapportée par Le Monde, la rumeur parisienne l’avance, le nom de Brice Hortefeux étant cité pour le remplacer. Des rumeurs qui ont le don de mettre en rogne le maire de Marseille, qui ne manque pas de démentir. 

Lors d’une réunion à Paris, hier, Jean-Claude Gaudin a donc souligné qu’« en 2004, les partenaires centristes de l’UMP ont obtenu 124 sièges, soit plus que le nombre de places éligibles cédées cette fois au titre de l’ouverture ». « J’ai fait le boulot, je n’ai pas l’intention de lâcher les postes qui m’ont été confiés », lance-t-il. Interrogé par Le Figaro, l’Élysée dément aussi la rumeur, du moins pour l’immédiat: « En période de crise, la réorganisation de l’UMP ne peut pas être la première réponse que Nicolas Sarkozy apporte aux Français ». 

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Pour Gaudin c’est Eric Besson et son débat sur l’identité nationale qui sont responsables du vote FN en Paca

Marsinfos – 17/03/2010 

Jean-Claude Gaudin se bat.Comme d’habitude dans ces ambiances de bérézina électorales, il faut que des têtes tombent.. Il faut des coupables. Et Gaudin ne veut pas payer pour les autres. Comme marsinfos vous l’a raconté hier, Gaudin en tant que Président du Comité des investitures est pourtant montré du doigt par ses petits camarades de l’UMP à la recherche d’un bouc émissaire. Car les listes UMP aux régionales, qui ont obtenues le score que l’on sait dimanche dernier, c’est lui qui les a faites. Du coup, la rumeur court, relayée hier par Le Monde, de son remplacement par Brice Hortefeux. Gaudin dément ce matin dans Le Figaro  » j’ai fait le boulot, je n’ai pas l’intention de lâcher les postes qui m’ont été confiés ». Toujours dans le Figaro de ce matin, l’Elysée dément aussi, mais plus mollement  » en période de crise, la réorganisation de l’UMP ne peut pas être la première réponse que Nicolas Sarkozy apporte aux français ».  

Lire la suite sur le site de marsinfos 

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Régionales : Borloo en visite pour soutenir Mariani

La Provence – 17/03/2010

Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, sera à Marseille cet après-midi pour soutenir la tête de liste UMP en Paca, Thierry Mariani. Accompagnés de Bernard Deflesselles, tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, et du député Renaud Muselier, ils traverseront le Vieux-Port à partir de 15h30, à bord du nouveau ferry-boat électro-solaire.

Un soutien de poids pour le candidat UMP, qui cherche à convaincre les électeurs d’Europe Ecologie en vue du 2nd tour des élections régionales, ce dimanche. Rappelons que la liste de Laurence Vichnievsky a trouvé un accord lundi avec celles de Michel Vauzelle (PS) et de Jean-Marc Coppola (Front de gauche).

 

 

 

Tchat : quel scénario pour les régionales ?

La Provence – 12/03/2010

A deux jours du premier tour, LaProvence.com invite donc Daniel van Eeuwen, professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, à répondre à vos questions sur ces élections, vendredi 12 mars de 15h30 à 16h30. Comme il l’avait fait en décembre dernier, en tout début de campagne.

Analyse des sondages, impact de l’abstention, retour sur la campagne et le programme de chacun, réserves de voix ou encore hypothèses d’alliances au second tour… Rien ne sera éludé.

laprovence.comBonjour à tous,
ce tchat avec Daniel van Eeuwen va pouvoir commencer.

Daniel van Eeuwen Bonjour, je suis heureux de vous retrouver ou de découvrir certains d’entre vous pour un nouveau dialogue.

polokiebobonjour,
en tant normal, si un grand patron d’entreprise avait les mêmes résultats que M.Vauzelle après un mandat de 6 ans, il ne serait pas reconduit dans ses fonctions.
Pourquoi n’en est-il pas de même en politique. Le bilan de M.Vauzelle n’est vraiment pas bon. il devrait être sanctionné dans les urnes.
Pourquoi fait-on de ce scrutin un enjeu national ? Ce n’est pas les présidentiels !

Daniel van Eeuwen Il appartient aux candidats et notamment aux adversaires de monsieur Vauzelle d’évaluer son bilan et ce sera bien évidemment l’un des éléments du vote de dimanche.
Ce scrutin est en effet pour partie un scrutin national car l’élection se situe au milieu du mandat présidentiel et c’est donc généralement une occasion que saisissent les électeurs pour envoyer un message aux gouvernants. Le plus souvent, il s’agit davantage d’exprimer un mécontentement qu’une approbation. Ce ne sont donc pas les élections présidentielles mais elles offrent une opportunité unique jusqu’en 2012 de se prononcer sur l’action du chef de l’Etat.

martine56Bonjour,
Pensez-vous que le score du Front National sera plus élevé que prévu (donc plus d’élus) ? Ce parti est-il en train de remonter à la surface ? Merci. Lire la suite…

Candidate du NPA dans le Vaucluse, Ilham Moussaïd au grand jour

La Provence – 09/03/2010

Pour son premier meeting, la candidate voilée et controversée du NPA se pose en résistante

Ilham Moussaïd a condamné hier soir, lors du meeting du NPA,

Ilham Moussaïd a condamné hier soir, lors du meeting du NPA, "tous les tous les systèmes de domination, qu'ils soient politiques, institutionnels ou religieux". Photo Ange Esposito

Même au NPA, on craignait la première grande sortie publique d’Ilham Moussaïd, hier soir à la bibliothèque Barraud, une date volontairement choisie par le « comité populaire » d’Avignon pour marquer la Journée internationale de la femme…

Par exemple, ce militant d’un autre et lointain comité était principalement là en tant qu’« observateur » du meeting ayant réuni près de 80 personnes pour traquer un « un éventuel faux pas » de la candidate voilée sur la liste vauclusienne aux Régionales, à qui il avait été conseillée de faire profile pas après la polémique nationale suscitée par son foulard et l’irruption tapageuse du fait religieux dans le débat public.

« Il faut que le soufflé retombe ! Mais si quelqu’un cherche vraiment une face cachée du NPA, c’est par exemple moi. Sa présence n’est pas un coup médiatique et encore moins électoraliste ! Si c’était le cas, on ne serait pas si divisés », expliquait-il avant de juger la prestation, très applaudie, d’Ilham Moussaïd : « Elle aurait pu s’abstenir de parler d’islamophobie, sinon ça collait à la ligne du parti. »

Considérant certainement que l’attaque était la meilleure des défenses, la jeune Avignonnaise, qui devait parler de racisme, a d’abord voulu (à nouveau) riposter aux attaques de « Ni putes Ni Soumises ». Fustigeant « tous les systèmes de domination », elle considère que leur combat est dépassé : en matière de religion comme ailleurs, chacune des femmes doit, à ses yeux, « pouvoir disposer de son corps comme il l’entend » et la lutte pour leur émancipation ne « doit pas conduire à choisir à leur place »...

Pour le reste, elle s’est employée à se présenter comme une figure de la modernité et du combat pour la dignité dans les banlieues. Presque tous les « isme » (colonialisme, capitalisme, sionisme…) en ont pris pour leur grade, notamment « l’islamophobisme » qui  » ne cesse de monter » et que nos politiques tenteraient « à légimitimer » avec par exemple « l’existence officielle » du FN ou le « ministère de la honte » qu’est celui de l’Intégration et de l’Identité nationale…

Le sens de son engagement, a-t-elle conclu, est « celui de la résistance ». Pierre Jourlain, professeur d’université et qui milite depuis des années au sein du NPA, estimait, hier soir, qu’il faudra un grand débat après les Régionales pour « trancher » cette question du signe ostentatoire qu’est le voile et « qui fait tant débat, même au sein du parti », ce dont aurait « pâti » la campagne pour les Régionales. « Il est vrai que c’est un parti athée, mais qui a décidé d’accueillir les croyants. A partir de là, je crois qu’il y aurait contradiction à refuser que des femmes musulmanes puissent se présenter. »

Axel PLESSIER

Abstention, Ushuaïa, Tchat Libé et La Tribune se lâche …

Régionales : le désintérêt des Français souligne la perte de confiance dans le politique

Le Monde – 04/03/2010

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L’un des enseignements majeurs des élections régionales, qui auront lieu les 14 et 21 mars, ne sera-t-il pas l’abstention ? A seulement dix jours du scrutin, la plupart des instituts de sondages prévoient qu’elle atteindra un niveau très élevé, qui pourrait dépasser la barre symbolique des 50 % au premier tour. En 2004, lors des dernières régionales, seuls 39,2 % des Français inscrits sur les listes électorales avaient boudé les urnes.

Lors de l’élection présidentielle de 2007, le duel entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, au second tour, avait convaincu 84 % des électeurs de se déplacer. Assiste-t-on au grand retour de la défiance des Français pour le politique, après cette courte parenthèse ? Eléments d’explication, avec des spécialistes de l’opinion.

Un désenchantement accru par la crise. « L’abstention a une raison majeure : l’impuissance supposée des politiques à résoudre les problèmes de la société française, et, en particulier, le problème du chômage », estime Brice Teinturier, de TNS-Sofres. En 2007, les candidats à l’élection présidentielle avaient su créer un espoir. La crise économique a douché les enthousiasmes. « La déception est à la hauteur des attentes », juge M. Teinturier.

En janvier, les conclusions du premier « baromètre de la confiance politique », élaboré par le centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), disaient ce désenchantement. Selon cette étude, menée auprès de 1 500 personnes, 67 % des Français n’ont désormais confiance « ni dans la droite ni dans la gauche » pour gouverner le pays.

Un enjeu mal identifié. Les élections régionales, en général, sont peu mobilisatrices, par rapport aux municipales ou à la présidentielle. « Il y a un déficit d’incarnation de l’institution et des présidents de région », constate M. Teinturier. Et ce scrutin souffre d’un handicap nouveau. « Les régionales étaient traditionnellement couplées aux élections cantonales, ce qui favorisait la mobilisation. Cette fois, ce n’est pas le cas », observe Jérôme Fourquet, de l’IFOP.

Autre difficulté : « Il n’y a pas de suspense », note M. Fourquet. Les sondages se suivent et se ressemblent puisqu’aucune étude, à ce jour, ne donne la droite en mesure de gagner une région métropolitaine. « En 2004, les sympathisants de la gauche, qui avaient encore l’élection (présidentielle) de 2002 en mémoire (où Lionel Jospin avait été sorti au premier tour), se sont fortement mobilisés », analyse M. Fourquet. Et « ce n’est pas pareil de pouvoir renverser des régions de droite que de simplement prolonger des sortants », ajoute M. Teinturier. Même s’il apparaît le plus motivé, l’électorat de gauche devrait l’être moins que quatre ans auparavant.

Le calendrier, lui aussi, est peu favorable. « Il peut y avoir un phénomène de lassitude, car les élections européennes ont eu lieu il n’y a pas très longtemps, en juin 2009 », estime M. Fourquet.

Une campagne qui ne répond pas aux attentes. Selon M. Teinturier, « il y a un décalage abyssal entre ce qu’attendent les Français et ce qu’on leur propose ». En cause, une campagne phagocytée par les « affaires » – Georges Frêche évincé par le PS en Languedoc-Roussillon après ses propos sur Laurent Fabius, accusations en grande partie infondées de l’UMP contre Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val-d’Oise… – et sans relief sur le fond. « Les Français attendent des réponses sur l’emploi, un débat sur la politique économique à mener en temps de crise. Mais il n’y en a pas. Frêche, Soumaré, c’est dérisoire par rapport à ce que vivent les gens », estime M. Teinturier. « Il n’y a pas de grande proposition, comme les emplois tremplins, que prônait le PS en 2004 », note Jean-Daniel Lévy, de CSA. « Le spectacle n’est pas terrible », juge M. Fourquet.

A qui la faute ? Aux politiques et aux médias, disent les sondeurs. L’institut CSA a étudié le temps d’antenne consacré aux élections régionales. Selon M. Lévy, le résultat est sans appel : « Le temps accordé à cette campagne est le plus faible depuis 1986, lorsque nous avons lancé notre baromètre. En 2004, il y avait eu un sursaut. »

La droite déboussolée. « Selon le schéma habituel, une abstention élevée profite surtout à la droite, qui s’appuie sur les personnes âgées, qui votent avec plus de constance. Là, ce n’est pas le cas », note M. Teinturier. Les électeurs fidèles de l’UMP qui sont mécontents de la politique menée par M. Sarkozy ne changeront pas de bord, mais ne se rendront pas aux urnes. « On observe que même les électeurs âgés deviennent critiques », note M. Teinturier.

Finalement, à qui devrait profiter une faible participation ? « En général, l’opposition mobilise mieux. Et l’abstention touche plus les classes populaires et les jeunes, ce qui devrait desservir les extrêmes, de droite comme de gauche », estime M. Fourquet.

Pierre Jaxel-Truer Lire la suite…

Dossier L’Express du 3 mars 2010 : La campagne électorale en PACA (5 articles)

Vauzelle, le faux tranquille

L’Express – 03 mars 2010

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Le président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelle, candidat à sa propre succession aux élections régionales de mars prochain.

AFP PHOTO MICHEL GANGNE Le président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelle, candidat à sa propre succession aux élections régionales de mars prochain.

Entouré de ses fidèles et de quelques nouveaux venus, l’élu arlésien sollicite un troisième mandat à la tête de la région. Malgré les affaires, il invoque la « morale républicaine » contre Sarkozy et la « droite dure ».

Dans son bureau lambrissé, entouré de ses tableaux et statues fétiches – « Je suis romain, vénitien, napolitain, grec, de culture jésuite, épris d’art religieux et d’émotion esthétique » – Michel Vauzelle s’accorde une pause. L’occasion d’évoquer Arles, où il a pris pied en 1976, avec son épouse et ses trois enfants alors petits, aujourd’hui grands, très présents à ses côtés, mais sans appétence aucune pour l’engagement politique. C’est dans la cité camarguaise qu’il a été élu la première fois, conseiller municipal (de 1977 à 2001). Il en a même été le premier magistrat au milieu des années 1990. Il en est devenu aujourd’hui le député.

De sa jeunesse, le natif de Montélimar retient sa scolarité chez les jésuites de Saint-Joseph, à Lyon, et l’espoir, comblé, de ses parents d’avoir un fils médecin et l’autre avocat – un barreau qu’il fréquentera fort peu, taraudé très tôt, lui, par les démons de la politique. Installé à la tête de la région depuis 1998, Michel Vauzelle sollicite aujourd’hui un troisième mandat. Il s’en va battre la campagne en toute confiance, satisfait de son bilan, sûr de la justesse de son combat et de ses valeurs. « Celles que m’ont inculquées mon père, ouvrier à 14 ans, et ma mère, fille de paysans, à savoir le respect de la personne humaine, la révolte contre l’injustice sociale et l’attachement à la culture républicaine française. Or je me retrouve face à Mariani, qui incarne une droite très dure, qui ne protège pas du tout la souveraineté du peuple contre les puissances mondiales de l’argent dans un pays qui se vide de son activité politique », s’insurge l’ancien garde des Sceaux. Et de s’en prendre à Sarko, l’ennemi n° 1 de sa campagne : « Il a veillé à siphonner les voix du FN et récupéré sa clientèle au travers d’une politique nationaliste et xénophobe. Seulement, aujourd’hui, son discours ne fonctionne plus et les électeurs regardent de nouveau en direction de Le Pen. » Il est vrai que Nicolas Sarkozy est allé jusqu’à lancer lui-même la campagne des régionales en Paca, il y a plus d’un an, avec Hubert Falco. « Un adversaire que j’aurais préféré, confie le candidat socialiste. Il aurait maintenu la campagne à un niveau moral et permis l’élévation de la pensée politique. » De quoi faire rosir le maire de Toulon…

Toujours très classique, ce jour-là, en pantalons de flanelle grise et blazer de velours noir, le président sortant est sur le point de présenter un colistier inattendu en la personne d’Avi Assouly, journaliste sportif, sexagénaire, exubérant et très populaire dans le landernau des supporters de l’OM. « Ce n’est pas un coup médiatique, assure-t-il, mais quand une société menace de se disloquer, le sport joue le rôle de rassembleur intergénérationnel. L’une des dernières manières de faire passer les valeurs. » Encore elles… On apprendra plus tard que la boxeuse Myriam Lamare rejoint, elle aussi, la très people Vauzelle team.

Réconciliation avec Patrick Mennucci

Autour du président du conseil régional, la garde rapprochée, fidèle, veille dans l’ombre. Homme de la première heure, Bernard Morel n’a jamais quitté le coeur du dispositif. Gravitent également dans le premier cercle Frédéric Rosmini, ex-député européen PS, l’universitaire Philippe Langevin, son ancien « dir’ com » Bruno James et Guillaume Thiriot, le directeur de cabinet. « Peu de politiciens pur jus, plutôt d’anciens compagnons, des administratifs fidèles », précise un élu socialiste. Lire la suite…

Régionales : quand Jacques Bompard s’autotraite de menteur

La Provence – 01/03/2010

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LES BOBARDS DE LA CAMPAGNE. Jusqu’au scrutin des régionales, LaProvence.com repère et décrypte les petits arrangements avec la vérité des candidats et de leurs équipes. Aujourd’hui, Jacques Bompard (Ligue du sud) dit qu’il ne fait pas ce qu’il fait…

Jacques Bompard avait dit : "Ceux qui font de l'immigration leur argument majeur de campagne sont des menteurs". Il a menti... - Photo Cyril Hiély

INTOX – Invité en tchat sur LaProvence.com le 9 février dernier, la tête de liste de la Ligue du sud aux élections régionales, Jacques Bompard, est interrogé sur la question de l’immigration, un thème sur lequel il intervient réguièrement. Pourtant, ce jour-là, celui qui a été élu maire d’Orange en 1995 sous les couleurs du Front national jure qu’il ne fait pas campagne sur ce thème, pas plus que sur le débat sur l’identité nationale. Interviewé par LaProvence.com, il explique que « l’immigration n’est pas de la compétence régionale », en ajoutant que « ceux qui en font leur argument majeur de campagne sont des menteurs ». Et d’enfoncer le clou : « Se battre sur une compétence que l’on a pas, c’est se moquer des gens »… Un tacle qui, on s’en doute, vise Jean-Marie Le Pen…

DESINTOX – Mais alors, comment expliquer l’appel de la Ligue du Sud et des identitaires, un groupuscule d’extrême droite, à manifester ce samedi 6 mars – soit huit jours avant le premier tour – contre « la grande mosquée » et « l’islamisation de Marseille » ? A coups de tracts sur lesquels on peut lire « Ici c’est Marseille… pas Alger ! », Jacques Bompard et son parti donnent rendez-vous à 14 heures sur le parvis de Notre-Dame de la Garde « à tous ceux qui veulent manifester leur attachement à l’identité provençale de la cité phocéenne ». Et pour prouver que jamais il ne lui viendrait à l’esprit de faire de l’immigration un « argument majeur de campagne », celui qui a rompu les ponts avec Jean-Marie Le Pen et pris ses distances avec Philippe de Villiers n’hésite pas à employer les grands moyens en mettant à disposition des bus aux départs de Toulon, Orange et Nice. « L’identité nationale n’est pas un bon thème de campagne pour nous », avait ajouté Jacques Bompard à l’occasion du tchat, laissant probablement au passage quelques électeurs dans leur scepticisme. Heureusement, avec cette illustration (photo 2), c’est beaucoup plus clair… Quand le Jacques d’Orange défend « l’identité provençale », c’est bien parce qu’il a les immigrés en travers de la gorge !