Archive

Posts Tagged ‘rousset’

Rousset réélu à la tête des Régions de France

France 3 – 07/04/2010

Le président de la région Aquitaine a largement été plébiscité à l’ARF par ses pairs.

Trois candidats socialistes briguaient les suffrages des présidents de région. Alain Rousset a été largement réélu ce matin à la présidence de l’ARF, l’Association des Régions de France, par 23 voix pour. Deux votants se sont abstenus.

Le vote intervient plus de deux semaines après les élections régionales qui ont vu la gauche remporter 21 des 22 régions métropolitaines. Face à M. Rousset se présentaient l’ancien ministre Michel Vauzelle, réélu président de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Jacques Auxiette, reconduit à la tête des Pays de la Loire.

.

Vauzelle ne présidera pas l’Association des Régions de France

La Provence – 07/04/2010

Il était, avec Jacques Auxiette et le sortant Alain Rousset, l’un des trois candidats socialistes à la présidence de l’Association des Régions de France (ARF). Réélu il y a quinze jours à la tête de la Région Paca, Michel Vauzelle a choisi, tout comme Jacques Auxiette (Pays de la Loire) de se désister en faveur d’Alain Rousset. Le président de la Région Aquitaine, patron de l’ARF depuis douze ans, est donc reconduit pour quatre ans. L’objectif étant de mener la lutte contre la réforme des collectivités territoriales.

Guerre des égos chez les présidents socialistes

Puzzle socialiste – 27/03/2010

C’est une saine émulation qui fait un peu désordre. Au lendemain de la victoire du 21 mars, pas moins de 719318.1269706913.jpgtrois socialistes se disputent la présidence de l’Association française des régions (ARF). Face au sortant Alain Rousset (Aquitaine), Michel Vauzelle (PACA) et Jacques Auxiette (Pays-de-Loire) sont d’ores et déjà en lice. Sans doute, fallait-il s’y attendre. A force d’être congratulés pour leurs scores mirifiques, présentés comme la fierté du parti et les éclaireurs de la reconquête, certains présidents de régions risquaient de se pousser du col. Il a suffi qu’Alain Rousset tarde à faire acte de candidature pour que la place soit considérée comme étant à prendre. Le premier à monter au créneau fut Michel Vauzelle, qui a annoncé ses ambitions dés le lendemain du second tour. « Le président de l’ARF doit être quelqu’un qui désire combattre contre Sarkozy et essayer de le faire reculer sur cette réforme des collectivités. Je m’en sens la force, le courage et les arguments » a-t-il très solennellement lancé lors d’une non moins solennelle conférence de presse dans sa permanence marseillaise. « Pendant 12 ans, on a eu un très bon président, mais je pense qu’il faut qu’on se fasse entendre davantage si on veut essayer de faire entendre raison au président de la République » a aimablement ajouté Vauzelle.

Samedi, lors du Conseil national qui se tenait à la Mutualité, ce fut au tour de Jacques Auxiette de monter à la charge. Le président des Pays de Loire s’est dirigé d’un pas décidé vers les tables de la presse pour annoncer sa candidature. « Le vrai 719024.1269706902.jpgproblème, ce sont les rapports entre l’Etat et les régions : le contrat a été rompu » 718950.1269706881.jpgassure Auxiette. La veille, au terme de son élection, il s’en était violemment pris au gouvernement, assurant avoir « pris l’initiative de la fronde des présidents de régions ». Peut-être, Alain Rousset regrette-t-il de n’avoir pas daigné répondre à la question de sa candidature lui avait été posée mardi 23 mars à l’issue de la photo de famille prise avec Martine Aubry. Dans son entourage, on assure en tout cas que le président de la région Aquitaine sera candidat.

Cette course à la présidence est lancée alors que, ces derniers jours, les grandes voix du parti se sont efforcées de mettre en garde ceux qui prendraient le risque de gâcher la fête en relançant la guerre des égos. Compte tenu de la forte confrontation qui s’annonce autour de la réforme territoriale engagée par le gouvernement, la présidence de l’ARF – qui n’a jamais vraiment coordonné l’action des régions alors que l’engagement avait été pris, en 2004, de rendre plus lisible l’action des présidents socialistes en assurant la promotion de dispositifs convergents – devient en effet une tribune de choix.

L’élection aura lieu lors de l’assemblée générale du 7 avril et les candidatures devront être déposées avant le jeudi 1er avril. D’ici là, les égos auront peut-être le temps de se redimensionner. Et la direction du PS l’occasion de faire preuve de sa capacité de conviction. A moins que d’autres vocations ne se manifestent. Pour l’heure, aucun signe annonciateur d’une candidature n’a été capté en provenance de Poitiers… Ségolène Royal n’avait-elle pas dans le passé vainement tenté de décrocher la présidence de l’ARF ?

Jean-Michel Normand

Martine Aubry s’entoure des présidents de région élus

Le Figaro – 24/03/2010

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a réuni, mardi,au siège du Parti socialiste, à Paris, les présidents de région socialistes vainqueurs du second tour des régionales.

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a réuni, mardi,au siège du Parti socialiste, à Paris, les présidents de région socialistes vainqueurs du second tour des régionales.

La première secrétaire du PS a réuni, rue de Solférino, les présidents de région de son parti. Ségolène Royal a brillé par son absence.

Comme prévu, elle n’est pas venue. Et comme prévu, cela s’est beaucoup vu. Ségolène Royal a brillé par son absence, mardi, lors de la réunion organisée Rue de Solferino entre Martine Aubry et les présidents de région socialistes élus ou réélus. Certains se sont efforcés de minimiser l’événement, à l’instar de Michel Vau­zelle : «Ségolène Royal est une grande fille. Alors, elle fait ce qu’elle veut.» D’autres se sont montrés plus polémiques. «J’espère qu’elle a de bonnes raisons de ne pas être là, a grincé François Patriat, réélu en Bourgogne. Je ne me satisferais pas d’un positionnement tactique de qui que ce soit.»

Officiellement, l’ex-candidate à la présidentielle avait une bonne excuse. Elle préparait son intervention sur TF1. Officieusement, son absence était plus calculée. Ségolène Royal ne voulait surtout pas s’offrir en trophée à la première secrétaire du PS. «Je ne crois pas que les Français qui nous regardent se demandent si je suis allée à Solferino pour faire une photo », a expliqué Ségolène Royal mardi sur TF1, en saluant «l’excellente campagne» de Martine Aubry.

«Dommage que tout le monde ne soit pas là»

«Chacun est libre de ses choix. La réunification de la famille aurait été meilleure. Il est dommage que tout le monde ne soit pas là», a regretté le Breton Jean-Yves Le Drian. Ségolène Royal les a retrouvés le soir pour un dîner dans un restaurant parisien, mais sans Martine Aubry. Au bout du compte, l’épisode a ravivé une grande crainte chez les socialistes : celle de voir repartir la guerre interne pour l’investiture présidentielle de 2012 alors que chacun est désormais persuadé qu’ils ne pourront gagner qu’unis face à Nicolas Sarkozy.

Finalement, l’absence obsédante de Ségolène Royal a surtout agacé les présidents de région qui étaient venus à Paris pour tirer les premiers enseignements de la campagne des régionales. Alors, que Royal soit là ou pas, «on s’en bat l’œil et le flanc gauche avec un métacarpe de dinosaure», a lâché Alain Rousset, réélu à la tête de l’Aquitaine et président de l’Association des régions de France.

Avec Aubry, Rousset a acté le principe d’une réunion trimestrielle à Solferino entre la direction du PS et les présidents de région. Par ailleurs, «le président de l’ARF sera systématiquement associé au travail du bureau national», a indiqué François Lamy, le bras droit de Martine Aubry. Via ses régions, le PS veut désormais porter le fer contre le gouvernement dans les territoires et plus seulement au niveau national.

Relations pas toujours simples

Pour illustrer cette volonté, le PS a demandé à tous ses présidents députés – Victorin Lurel, Michel Vauzelle, Alain Rousset – d’interpeller François Fillon dans l’Hémicycle. Après leur réunion avec Martine Aubry, ils ont ainsi assuré vouloir se montrer plus combatifs. «Aujourd’hui, l’État demande que nous cofinancions toutes ses politiques. Cela ne peut plus continuer, a prévenu Alain Rousset. Nous allons concentrer nos interventions sur nos compétences. Ça va faire du bruit dans les territoires.»

L’articulation entre la direction nationale et ses relais régionaux sera un atout pour la prochaine présidentielle, veut-on croire au PS. «Cette élection régionale prépare 2012», a glissé Rousset. Les relations n’ont pas toujours été simples entre Solferino et les régions. Ces dernières ne voulaient pas voir Paris s’immiscer dans leur campagne. Maintenant que la vague rose est passée, tous veulent croire avoir trouvé un meilleur mode de fonctionnement.

Réforme des collectivités – L’Institut de la décentralisation appelle à la constitution de régions plus fortes

Localtis – 24/03/2010

L’abstention record enregistrée lors des élections régionales des 14 et 21 mars ne signifie pas que les Français se désintéressent des régions, ont observé ce 24 mars, au cours d’une conférence de presse, les deux présidents de l’Institut de la décentralisation, les députés Jean-Pierre Balligand (PS) et Michel Piron (UMP). Pour eux, elle traduit en réalité « une appétence non satisfaite » par un débat politique dont les enjeux ont été – à tort – nationalisés. « Il y a une vraie victoire des présidents de région sortants », notent par ailleurs les deux élus, pour qui le bilan des régions a été jugé positif par une large partie de l’électorat.
Ce contexte n’a rien changé au projet de loi de réforme des collectivités territoriales, ont-ils encore souligné, déplorant ensemble que le texte demeure « très pauvre » concernant, d’une part, la relation entre le département et la région, d’autre part, l’idée d’un pouvoir régional fort. Sur ce point, il faut préciser que l’Institut de la décentralisation milite pour l’attribution aux régions d’un pouvoir normatif leur permettant d’adapter les règles nationales aux spécificités de leurs territoires. De plus, ses dirigeants verraient d’un assez bon œil le rapprochement de plusieurs régions entre elles, afin que les périmètres régionaux deviennent plus vastes. Sur le terrain, l’idée ne soulève pas de réticences fortes, a constaté Michel Piron à la suite d’une longue série de déplacements en province.

Le futur conseiller territorial en question

Lorsqu’il s’agit d’aborder la création du conseiller territorial voulue par le gouvernement, chacun des deux présidents prend sa casquette politique, sans toutefois se démarquer trop de l’autre. Principale crainte émise par Jean-Pierre Balligand à l’égard du nouvel élu appelé à siéger en 2014 au conseil général et au conseil régional : qu’il soit en permanence « en session de rattrapage ». « Ne parvenant pas à faire aboutir, le lundi, son projet au conseil général, il le soumettra, le vendredi, au conseil régional », explique-t-il. « Il ne faut pas arriver à ça », concède Michel Piron, qui veut faire le pari de la « vertu » des élus.
Le nouveau tandem dirigeant de l’Institut de la décentralisation s’avance à quelques pronostics sur l’avenir de la réforme des collectivités territoriales, qui doit être discutée au cours de ce printemps à l’Assemblée nationale : le principe de la suppression de la clause générale de compétence « va tomber à l’eau » et les dispositions sur les métropoles vont connaître de « grands changements » sous l’impulsion du rapporteur, l’UMP Dominique Perben. Si cela se réalisait, cela ne gênerait pas les deux élus. Michel Piron, en particulier, serait favorable à la création de villes-départements là où les agglomérations représentent la majorité de la population du département, comme c’est le cas à Lyon.

Thomas Beurey / Projets publics

La réforme des collectivités après les régionales : on en parle…

Alain Marleix, secrétaire d’Etat en charge des collectivités territoriales, a assuré mardi 23 mars lors de la séance des questions à l’Assemblée que le gouvernement serait « ouvert à toute amélioration » sur le mode de scrutin pour l’élection du futur conseiller territorial. « C’est d’ailleurs tout le sens de la mise en place des différents groupes de travail qui aujourd’hui y réfléchissent », a-t-il ajouté en réponse à Bruno Leroux. Répondant cette fois à Alain Rousset, il a également souligné que le « cinquième texte [qui] visera à clarifier le partage des compétences entre régions et départements » permettra à ces collectivités d' »exercer non seulement des compétences d’attribution, mais aussi un pouvoir d’initiative et des compétences partagées dans des domaines comme la culture et le sport ». Tandis que le président sortant de l’Association des régions de France (ARF) lui demandait de « retirer un texte qui fait l’unanimité contre lui », Alain Marleix a en revanche réaffirmé la volonté du gouvernement de mener cette réforme à son terme.

François Fillon, lors de cette même séance à l’Assemblée : « Votre parti présidera vingt-deux ou vingt-trois régions sur vingt-six. C’est une responsabilité considérable et je veux, dans un esprit républicain, saluer ceux et celles qui, demain, vont diriger les régions françaises. Ils vont le faire dans un contexte de crise économique et sociale qui rend cette responsabilité d’autant plus importante. Il est essentiel, dans ce contexte, que nous coordonnions le mieux possible les politiques économiques locales et les politiques économiques nationales. […] Les régions ne sont pas des contre-pouvoirs. Ce sont des éléments constitutifs de la nation et de l’Etat. Je prendrai dans les prochaines semaines des initiatives pour voir, avec les présidents de région, comment nous pourrions mieux coordonner nos efforts face à la crise économique et sociale. »

Alain Rousset a estimé mardi que « le fait régional sort renforcé » des dernières élections et qu' »il faut aller maintenant plus loin » dans la décentralisation. « Les deux grands axes d’activité sur lesquels les régions devaient maintenant développer leurs efforts sont les jeunes, avec leurs problèmes de formation, d’emploi, de logement, et l’innovation. » Il a aussi estimé que l’ARF devait « élever le ton face à la réforme territoriale prévue par le gouvernement » et mettre « en avant de nouveaux arguments ». « J’ai beaucoup fait pour qu’elle fonctionne de manière collégiale et si mes collègues estiment que je suis l’homme de la situation, je serai prêt », a-t-il poursuivi en évoquant la possibilité d’un nouveau mandat à la tête de l’association.

Michel Vauzelle, dont la liste a remporté les élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, a annoncé son intention de briguer la présidence de l’ARF. « Le président de l’ARF doit être quelqu’un qui désire combattre contre Sarkozy et essayer de le faire reculer sur cette réforme des collectivités. Je m’en sens la force, le courage et les arguments », a-t-il déclaré le 22 mars à sa permanence marseillaise. « On détruit la région au profit des conseillers cantonaux qui s’occuperont de leur canton ou de conseillers de métropole qui évidemment auront la tentation de tirer toute la richesse régionale vers Marseille d’un côté et Nice de l’autre. »

Bertrand Delanoë, maire de Paris, demande le retrait du projet de loi du Grand Paris qui revient au Sénat le 6 avril, jugeant qu’aux régionales, les Franciliens « ont sanctionné la démarche de l’Etat, technocratique, hyper centralisée, peu respectueuse de la légitimité des élus locaux ». Ses préconisations ? « Nous proposons une démarche constructive, consistant à réconcilier les territoires, agréger leurs atouts. Paris Métropole doit être le lieu démocratique de débat et d’élaboration de cette ambition. Il faut donc faire grandir cette instance en accueillant de nouveaux partenaires de toute sensibilité et faire évoluer le statut de ce syndicat, avec des modes de coopération souples. »

Michèle André, présidente de la délégation du Sénat aux droits des femmes, a indiqué qu’à l’issue des élections régionales, les conseils régionaux seront constitués de 47,98% de femmes, soit une « légère progression » par rapport aux 47,6% de femmes au scrutin de 2004. « La parité est maintenant bien ancrée dans les conseils régionaux grâce au mode de scrutin institué par la loi du 11 avril 2003, un scrutin de liste à deux tours assorti de l’obligation, pour chaque liste, d’être constituée alternativement d’un candidat de chaque sexe », souligne la sénatrice. Celle-ci continue en revanche de s’inquiéter des conséquences du mode de scrutin prévu pour l’élection des futurs conseillers territoriaux, lequel « ferait tomber la proportion des femmes en dessous des 20% ».

Martin Malvy, qui sera logiquement reconduit vendredi à la présidence de la région Midi-Pyrénées : « Souhaitons que la réforme territoriale connaisse le même sort que la taxe carbone. »

Nicolas Sarkozy… n’a en revanche pas mentionné la réforme des collectivités, ce 24 mars, dans son allocution prononcée devant la presse à l’issue du Conseil des ministres passant en revue les réformes qu’il compte amplifier ou poursuivre en priorité.

C.M.

Hésitante sur sa stratégie, Ségolène Royal joue à cache-cache avec le PS

 

Le Monde – 24/03/2010

La présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, sur le plateau de TF1, le 23 mars - AFP/THOMAS COEX

Mardi 23 mars, pour son retour sur la scène nationale après une campagne victorieuse sur ses terres de Poitou-Charentes, Ségolène Royal s’est d’abord livrée à l’un de ses exercices favoris : briller par son absence. Pour l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, éviter de participer à la photo de famille organisée dans l’après-midi au siège du PS, c’était créer l’événement.

Reçus par Martine Aubry, les présidents de région socialistes réélus le 21 mars ont diversement apprécié. Leurs réactions oscillaient entre l’agacement – « sans doute a-t-elle de bonnes raisons de ne pas être là, mais je ne me satisferai pas d’un positionnement tactique », a prévenu François Patriat, élu en Bourgogne – et l’indifférence polie – « c’est dommage que tout le monde ne soit pas là », a ironisé Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne.

Pour ne pas avoir à commenter l’absence de la présidente du Poitou-Charentes, Mme Aubry a préféré éviter les micros. Refusant d’entrer « dans le petit bal des personnalités », Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l’Association des régions de France (ARF), n’a pu réprimer un léger mouvement d’humeur. « On s’en bat l’oeil, le flanc gauche avec un métacarpe de dinosaure », a-t-il lancé.

Au cours de cette réunion, la direction du PS et les présidents de région socialistes ont décidé de resserrer leurs liens. Une rencontre aura lieu une fois par trimestre et le président de l’ARF – Alain Rousset est candidat à sa propre succession mais Michel Vauzelle, président de PACA, a également fait acte de candidature – sera désormais associé aux travaux du bureau national.

Si Ségolène Royal a fait faux bond à l’invitation de la première secrétaire, c’est, explique son entourage, qu’elle préparait son passage au journal de 20 h 00 de TF1. Une apparition télévisée au cours de laquelle elle n’a pas vraiment clarifié son positionnement et sa stratégie. « Je peux être candidate à l’élection présidentielle (…) mais je peux aussi ne pas l’être », a-t-elle indiqué avant de constater qu’à l’heure actuelle elle n’était « pas candidate ».

« Peser très fortement »

Mme Royal, qui a fait part de son « intention de peser très fortement sur le débat d’idées », a finalement rejoint ses collègues au dîner organisé à la présidence du conseil régional d’Ile-de-France par Jean-Paul Huchon. L’eurodéputé Harlem Désir représentait la direction du Parti socialiste en l’absence de Martine Aubry. Les agendas des deux grandes figures féminines du PS, qui ne se sont plus croisées depuis un meeting commun en mai 2009 à Rezé (Loire-Atlantique) pendant la campagne des européennes, sont décidément difficilement conciliables.

Selon un sondage publié mercredi 24 mars par BVA, la première secrétaire apparaît comme la principale bénéficiaire de la nette victoire remportée par la gauche lors des élections régionales. Une large majorité (65 %) des personnes interrogées considère que Martine Aubry sort davantage renforcée de ce scrutin que Ségolène Royal. Un tiers (32 %) estime au contraire que c’est à cette dernière que profite le plus la vague rose du 21 mars.

Jean-Michel Normand

Les régionales passées, Royal se singularise

 

Les Echos – 24/03/10 

Dix-huit présidents de région socialistes ont répondu hier à l’invitation de Martine Aubry qui souhaitait les réunir au siège du PS deux jours après leur victoire aux élections. Les élus ont posé avec la première secrétaire pour une photo de famille. Mais manquait à l’appel une invitée de marque : Ségolène Royal. « Il y aura d’autres occasions de faire des photos  ! », a-t-elle ironisé le soir sur le plateau du journal de TF1, expliquant son absence en raison d’un « autre engagement ». Plusieurs présidents de région avaient auparavant regretté son absence. « Chacun est libre de ses choix, la réunification de la famille aurait été meilleure. Il est dommage que tout le monde ne soit pas là », avait commenté le Breton Jean-Yves Le Drian. Interrogée au journal de TF1 sur 2012, Ségolène Royal a déclaré : « Je peux être candidate.  Je peux aussi ne pas l’être.  A l’heure où je vous parle, je ne le suis pas ».  « Vous ne me verrez jamais dans la guerre des chefs », a-t-elle aussi déclaré juste avant de rejoindre ses collègues pour « un dîner convivial ». Selon plusieurs sources, Ségolène Royal aurait l’ambition de postuler à la présidence de l’Association des régions de France (ARF). Avec 21 présidents de région de gauche sur 22 régions en France métropolitaine, l’ARF offre une visibilité importante à celui ou celle qui la dirige. Mais Alain Rousset, président depuis de nombreuses années, n’aurait pas l’intention de passer la main. Et, en outre, peu (ou pas) de présidents de région sont enclins à offrir cette tribune à Ségolène Royal. Michel Vauzelle convoiterait également le poste. 

PS: belle photo de famille des présidents de région, une absente Ségolène Royal

Afp – 23/03/2010

Martine Aubry, au centre, avec des présidents de région socialistes, le 23 mars 2010 à Paris au siège du PS

PARIS — La photo de famille était belle pour les dix-huit présidents de région socialistes réunis mardi autour de Martine Aubry tout sourire, au siège du PS, au lendemain de leur écrasante victoire aux régionales, mais une absence a été remarquée, celle de Ségolène Royal.

La présidente de la région Poitou-Charentes, restée concentrée sur sa région pendant la campagne, fait un retour fracassant sur la scène médiatique, deux jours après son beau succès (60,6%).

Intervention au 20H00 de TF1 et présence annoncée au dîner des présidents de région socialistes, prévu initialement dans un restaurant parisien, mais qui devait avoir lieu ailleurs pour échapper à la curiosité des journalistes.

En revanche, point d’apparition au siège du parti, au côté de Martine Aubry.

Elle « veut prendre le temps de bien préparer » son intervention télévisée, argumente son porte-parole, le député-maire de Laval, Guillaume Garot.

La patronne du PS, elle, ne participera pas à ce dîner, retenue par un autre engagement, selon son entourage mais Harlem Désir, numéro deux du PS, la représentera.

Accueillis devant les grilles de Solférino par une nuée de journalistes les pressant de commenter l’absence de l’ex-candidate à la présidentielle, certains présidents ont manifesté leur agacement.

« Sans doute Mme Royal a-t-elle de bonnes raisons de ne pas être là. Je ne me satisferai pas d’un positionnement tactique de qui que ce soit », a prévenu François Patriat (Bourgogne). « Dommage de se focaliser sur cette question de personnes », a regretté Marie-Guite Dufay (Franche-Comté).

Sur le perron de la cour pavée, la photo de famille a réuni ensuite au côté de Martine Aubry les présidents de région pour immortaliser le succès socialiste. La parité n’était pas au rendez-vous: 17 présidents et seulement une femme, Mme Dufay.

Après une courte réunion à huis clos, Alain Rousset (Aquitaine), président de l’Association des régions de France, a voulu stopper les commentaires: « Comment peut-on connaître les régions si on parle de la présence d’une telle ou d’un tel à telle réunion? On s’en bat l’oeil, le flanc gauche avec un métacarpe de dinosaure! », a-t-il lancé, suscitant les rires.

Martelant « ce n’est pas le sujet », il a averti: « Vous me faites entrer dans quelque chose dont les Français ont horreur: ce petit bal des personnalités », assurant que Mme Royal a « une parole forte » et qu' »elle a sa place ».

Les présidents de région ont décidé avec la patronne du PS de « rencontres régulières, une fois par trimestre », a indiqué le député François Lamy, conseiller politique de Mme Aubry.

Alors que les baronies socialistes ont la réputation d’autonomie par rapport à la direction centrale, M. Rousset a fait valoir que, dorénavant, les régions pourraient apporter « au parti toutes expérimentations nouvelles » (recherche, innovation sociale….).

Candidat à sa réélection à la tête de l’ARF, alors que Michel Vauzelle (PACA) est également postulant, M. Rousset assure que l’association « sera demain plus combative. On a besoin de hausser le ton à l’égard du gouvernement ». Il a de nouveau réclamé le retrait de la réforme territoriale et demandé que l’Etat « apprenne à travailler autrement avec les régions ».

Pour lui, la victoire des socialistes « prépare très clairement 2012 ». La loi territoriale « c’est la fin des régions » et « les ressources des Régions sont aujourd’hui totalement garrottées par l’Etat ». « On est en train de leur serrer le kiki », a plaisanté Laurent Fabius, qui était présent.

De Christine POUGET et Elahe MEREL (AFP)